Kosovo : Carla Del Ponte avait (hélas) raison !

Kosovo : Carla Del Ponte avait (hélas) raison !

Publié: 12 septembre 2014

Kosovo : Carla Del Ponte avait (hélas) raison !

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/kosovo-1-carla-del-ponte-avait-86066

par morice
vendredi 17 décembre 2010

delponte_caccia200-2-6f064Souvenez-vous, c’était il n’y a pas si longtemps. L’une des femmes parmi les plus admirables de cette planète, l’intransigeante Carla del Ponte, lançait un énorme pavé dans la mare médiatique en décrivant dans son livre « La chasse, les criminels de guerre et moi » le comble de l’horreur sur ce qui avait bien pu se passer au Kosovo avec les responsables de l’UCK, qui se seraient livrés à du trafic d’organes, à partir des prisonniers qu’ils abattaient, pour leur prélever aussitôt leurs reins, notamment. Tollé général dans les médias, la voilà quasiment dépeinte comme une folle par les partisans du Kosovo, toujours aussi soucieux de leur honneur. Or, aujourd’hui, on en a la preuve, et surtout des aveux des personnes qui y ont participé : tout ce qu’avait affirmé la procureure du TPI était véridique, et l’horreur décrite bel et bien au rendez-vous, et à un très haut degré. Ce soir, en effet, 14 décembre 2010, le Guardian accuse nommément le premier ministre actuel du Kosovo, Hashim Taçi (ici au milieu de ses troupes), celui-là même que soupçonnait Carla Del Ponte, d’avoir été l’organisateur de cet immonde trafic d’organes ! Le Guardian, premier a révéler le contenu d’un rapport échafaudé pendant ces deux dernières années, et qui est sans aucune ambiguité. Le premier ministre actuel du Kosovo est bel et bien un criminel de guerre. Slobodan Milosevic, et son effroyable nettoyage ethnique, avait été hélas, l’arbre qui cachait la forêt. Dans une prison secrète, au Nord de Tirana, on a abattu des prisonniers pour leur subtiliser leurs reins. Et les auteurs de ce forfait étaient les gens de l’UCK.

Que n’aura-t-on pas caché, au nom du Kosovo ? Que n’aura-t-on pas raconté comme fables, aujourd’hui que l’atroce vérité éclate ? C’est bien là la question aujourd’hui, en effet, fort bien résumé ici, car il aura toujours été délicat d’en parler : “dans les conférences de rédaction, oser mentionner le passé terroriste de Thaci, c’est courir le risque de se faire traiter de néo-nazi, étant donné que seule la presse d’extrême droite en parle. Et pourtant, Human Rights Watch et Amnesty International ont publié des dossiers détaillés sur les exactions de l’Armée de libération du Kosovo”. Des dossiers que les rédactions n’ont jamais sorti sous quelles pressions ? Sous les yeux des soldats de la KFOR, qui n’ont jamais rien dit, “en deux ans, sous le commandement de Thaci, l’UCK (KLA) a brulé plus d’églises et de monastères orthodoxes qu’au cours des 500 ans de domination ottomane” raconte pourtant Tim Carr. Tout le dilemme était là, en effet : “Si l’on s’en tient au narratif simpliste sur la guerre en Yougoslavie, fabriqué par les US dans les années 1990 et repris sans broncher par la majorité de la presse à travers le monde, les Kosovars sont des gentils kosovophotoguerilleros qui ont gagné contre des méchants nazis Serbes. Si on ose sortir de l’image d’Epinal, voire tenter de creuser la réalité des affirmations de la presse sur la guerre au Kosovo, on est immédiatement soupçonné de “sympathies pro-Serbes” voire d’être un “rouge-brun”. Alors tout le monde préfère suivre la ligne officielle” Et tout le monde, effectivement, a suivi une ligne dictée…par les Etats-Unis ! Le 8 février 2008, dans Le Figaro, Thaçi, dont on sait qu’il va remporter les élections est ainsi décrit : c’est “l’ancien guérillero en passe de réaliser son rêve”… encore un peu et on lui aurait dressé un portrait à la Che Guevara : dans l’article élogieux signé Isabelle Lasserre, pas un seul mot sur ses exactions passées. Pas un seul ! Ce n’est pourtant pas une débutante dans le métier !

Une image lissée, donc, pour le bourreau des serbes, dictée en effet par les américains qui encore une fois avaient “pacifié” le pays, en le débarrassant d’une belle ordure à vrai dire, nommée Milosevic, quitte à masquer le plus possible les crimes commis par leur infréquentable allié Thaçi, qui porte aujourd’hui costume il est vrai, et a appris trois mots d’anglais, paraît-il. Ce n’était pas la première fois que les USA succombaient à ce genre de pragmatisme de l’horreur : leurs liens étroits avec les dictatures d’Amérique du Sud sont là pour le prouver : en ce moment, le procès qui se tient à Paris est là pour nous rappeler le rôle de la CIA dans la prise de pouvoir du général Pinochet, et du rôle d’individu tels queJohn Negroponte, et la “philosophie” qui aura animé toute sa carrière. Pas tellement éloignée du nazisme, à voir les exactions, les tortures et les viols commis sous ses ordres dans toute l’Amérique centrale et du Sud.

Des hommes, cependant, dont l’auteur de l’article, ont essayé quand même de toucher un ou deux mots aux responsables US : ce fut pour se faire envoyer paître dans les grandes largeurs. Milosevic chassé, il n’y avait plus rien à voir, ne restait qu’à déguerpir ou à fermer les yeux. Il faut dire que les USA avaient alors tressé un tableau idyllique de leur intervention ; comme il l’avaient fait en Irak en “chassant le dictateur”. Le Sénateur Joe Lieberman ira même jusque déclarer avec emphase, cite l’auteur, que : “les Etats-Unis d’Amérique et l’Armée de Libération du Kosovo défendent les mêmes valeurs et principes . . . Se battre avec l’UCK (note : la Kosovo Liberation Army ou KLA en albanais devient Ushtria Çlirimtare e Kosovës ou UCK) c’est se battre pour les droits de l’homme et les valeurs de l’Amérique.” Voilà qui sonne étrangement aujourd’hui : les valeurs de l’Amérique consistent aussi à fermer les yeux sur de pareilles atrocités ? Car, avec la panoplie de matériel de renseignement dont disposait à l’époque, comme aujourd’hui encore, la première puissance militaire mondiale, difficile d’imaginer qu’elle n’ait pas pû être au courant de ses exactions ! Les USA ont-ils été au Kosovo complices de crimes contre l’humanité, à n’avoir rien dit tout en le sachant, voilà aussi la question que révèle cette incroyable histoire ! Voilà aussi qui rappelle le choix de l’avant 1989 en Afghanistan, ou l’allié américain était… taliban, à qui les USA offraient des missiles derniers cri, pour s’apercevoir 15 ans après qu’ils pouvaient abattre les hélicoptères US !

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