A SAVOIR SUR L’EUROPE


1-Artus : l’économie de la zone euro est bien partie pour rechuter
2-L’Italie en récession : Matteo Renzi se prend une claque
3-Sanctions russes : l’autopunition européenne
4-La Finlande veut demander une «compensation» à l’UE si les sanctions contre Moscou lui causent du tort
5-Gaz: l’Europe peut se dégager de l’étau russe
6-Embargo russe: L’Europe prévoit de rembourser les producteurs
7-Confident de Poutine : « il y aura la guerre en Europe »
8-L’Ukraine et la Russie au bord de la cyberguerre
9-Le London Times refuse de publier une annonce contre le Hamas
10-Les rues anglaises bientôt à la merci des djihadistes, prévient Cameron
11-Trois banques américaines se prépareraient au « Brexit »
12-Turquie : le réveil ottoman
13-Turquie : Les idées politiques sinueuses de Recep Tayyip Erdogan
14-Fuyant la « Corée du Nord africaine », des Erythréens affluent en Europe
15-Des équipes protégées contre l’Ebola viennent au secours de près de 300 migrants à Gibraltar
16-L’Espagne et l’Italie face à une arrivée de migrants sans précédent


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1-Artus : l’économie de la zone euro est bien partie pour rechuter

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/patrick-artus/artus-l-economie-de-la-zone-euro-est-bien-partie-pour-rechuter-07-08-2014-1852012_1448.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Matinale]-20140807
Le Point.fr – Publié le 07/08/2014

Même si les prévisionnistes attendent une normalisation de la croissance, de sérieuses raisons laissent à penser que l’économie de la zone euro va rechuter.


Y a-t-il des raisons solides pour lesquelles l’économie de la zone euro pourrait rechuter ? Oui, dit Patrick Artus.

Les derniers indicateurs économiques de la zone euro sont défavorables. Si on regarde les évolutions des indicateurs conjoncturels, on observe un retournement à la baisse de la production industrielle en Allemagne <http://www.lepoint.fr/tags/allemagne> , en France <http://www.lepoint.fr/tags/france> , en Italie <http://www.lepoint.fr/tags/italie>  et dans la zone euro globalement ; la stagnation des commandes de biens d’équipement sauf en Espagne ; l’affaiblissement des exportations, le retournement à la baisse des importations dans tous les pays. Ceci pose la question suivante : peut-il y avoir une rechute de l’économie de la zone euro alors que les prévisionnistes attendent une normalisation de la croissance ?

Y a-t-il des raisons solides pour lesquelles l’économie de la zone euro pourrait rechuter ? La réponse est positive. Il s’agit d’abord de la fin de l’effet stimulant de la désinflation. La désinflation (l’inflation de la zone euro est passée de 3 % en 2011 à 0,5 % aujourd’hui) soutient à court terme la demande en faisant progresser les salaires réels. Mais, ultérieurement, les salaires nominaux s’ajustent à la baisse (ils n’ont augmenté pour l’ensemble de la zone euro que de 1,2 % sur un an), les salaires réels reculent, et il apparaît l’effet négatif de la hausse des taux d’intérêt réels due à la désinflation. Le taux d’intérêt réel à 10 ans (corrigé de l’inflation) de la zone euro est aujourd’hui proche de 2 %, c’est-à-dire bien supérieur à la croissance.

Le second mécanisme défavorable est la réduction des déficits publics. Les déficits publics de la zone euro hors Allemagne restent excessifs (4 % du PIB en 2014) et ont peu été réduits depuis 2012 (5 % du PIB en 2012). Même si davantage de souplesse est acceptée par l’Europe, il faudra quand même continuer à réduire les déficits.

L’économie allemande pas aussi forte qu’on l’imagine
La poursuite du désendettement du secteur privé est évidemment aussi pénalisante. L’évolution récente des crédits aux ménages et aux entreprises montre que le désendettement se poursuit, de façon brutale en Espagne, globalement pour la zone euro ; l’encours de crédits aux ménages de la zone euro a baissé de 1 % sur un an, il est stable pour les entreprises.
On sait aussi que les problèmes d’offre ne sont pas résolus en France et en Italie. L’écrasement des marges bénéficiaires de l’industrie se poursuit en France et en Italie, ce qui explique la faiblesse de l’investissement productif, le recul de l’emploi manufacturier.

Enfin, l’économie allemande n’est pas aussi forte qu’on l’imagine. L’Allemagne est caractérisée par le poids très élevé des exportations (53 % du PIB) et par le lien entre exportations et investissement des entreprises. La faiblesse du commerce mondial (qui stagne) pénalisera donc nécessairement l’Allemagne. Par ailleurs, la croissance de l’Allemagne a été tirée par la demande des ménages, consommation et investissement logement (celui-ci augmente de 7 % en un an). On a vu une baisse du taux d’épargne des ménages et une forte progression de la construction résidentielle. Cette poussée de la demande des ménages allemands ne devrait pas pouvoir être permanente, car elle est incompatible avec le vieillissement démographique de l’Allemagne, malgré l’immigration qui stabilise la population totale : le poids des plus de 60 ans par rapport à la population en âge de travailler va passer de 45 % aujourd’hui à 60 % en 2013.

Les dernières évolutions nous incitent donc à réfléchir à la possibilité d’une rechute de l’économie de la zone euro. Celle-ci ne serait pas anormale avec la fin de l’effet positif de la désinflation, les politiques budgétaires qui doivent rester restrictives, la poursuite du désendettement du secteur privé, les problèmes d’offre non résolus en France et en Italie, l’effet négatif sur l’Allemagne de la stagnation du commerce mondial et du vieillissement démographique. Ce serait un choc pour les gouvernements, les opinions et les marchés financiers.

Lire aussi :
L’économie de la zone euro à l’arrêt au 2e trimestre
http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20140814.REU7552/l-economie-de-la-zone-euro-a-l-arret-au-2e-trimestre.html

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2-L’Italie en récession : Matteo Renzi se prend une claque
http://www.lepoint.fr/monde/l-italie-en-recession-matteo-renzi-se-prend-une-claque-06-08-2014-1851944_24.php#xtor=[EPR-34]
Le Point.fr – Publié le 06/08/2014

Les chiffres de la croissance au 2e semestre sont tombés : l’Italie est officiellement en récession. Le président du Conseil doit revoir sa copie économique.


Matteo Renzi, président du Conseil italien, s’était concentré sur les réformes institutionnelles. Il est rattrapé par la réalité économique.

C’était dans l’air, mais les chiffres officiels de la croissance italienne révélés mercredi vont au-delà des pires prévisions de Matteo Renzi. Le PIB de la péninsule a chuté de 0,2 % au second trimestre 2014, alors qu’il avait déjà baissé de 1 % au premier semestre. L’Italie est donc techniquement en récession <http://www.lepoint.fr/monde/italie-un-ete-de-chien-pour-matteo-renzi-01-08-2014-1850691_24.php> . Et c’est toute sa copie économique que le gouvernement doit revoir.

Alors que l’exécutif comptait sur une croissance de 0,8 % pour 2014, cette dernière ne sera que de 0,3 %… si tout va bien.
Le ministre de l’Économie Carlo Padoan a exclu un correctif budgétaire ou la mise en place de nouveaux impôts pour 2014 et affirmé que le rapport déficit/PIB ne dépasserait pas le seuil fatidique des 3 %. Mais son vice-ministre a déjà quantifié « entre 6 et 8 milliards » d’euros le trou qu’il faudra combler en 2015 pour boucler le budget.

Une situation de préalarme que le Trésor avait anticipée en levant des capitaux avant que les taux d’intérêt ne sanctionnent les incertitudes qui pèsent sur l’économie italienne – la Bourse a chuté mercredi de 2 % et le différentiel avec les bons du Trésor allemand (le « spread ») grimpé de 10 points. Les regards se portent désormais sur le déficit, qui a déjà atteint en mai le chiffre record de 2 166 milliards d’euros, soit 100 milliards de plus qu’en décembre 2013. Pour l’opposition, ce ne sont pas 6 ou 8 milliards qu’il faudra trouver en 2015, mais 30 milliards, et les fonctionnaires de la Troïka (Union Européenne, BCE et FMI) sont sur le point de demander des comptes à Rome.

Douche froide
Une douche froide pour Matteo Renzi. Depuis son arrivée au pouvoir en février dernier, la stratégie du président du Conseil a consisté à investir son prestige et le poids politique de son succès aux élections européennes dans la réalisation rapide de grandes réformes constitutionnelles, réforme du Sénat et de la loi électorale en tête. Il entendait démontrer ainsi à Bruxelles sa capacité à transformer le pays et obtenir en échange un assouplissement de l’application des traités européens.

Avec l’approbation de la réforme du Sénat avant le 8 août et l’accord passé avec Silvio Berlusconi sur la loi électorale, qui sera adoptée à la rentrée, Renzi est en passe de réussir son pari sur la partie institutionnelle. Mais devant l’aggravation de la crise économique, ce chantier compte bien peu. Seulement 3 % des Italiens s’y intéressent et l’Europe du Nord n’entend pas faire de cadeau sur les finances publiques au petit prodige florentin.

Jusque-là bluffée par l’activisme du président du Conseil, l’intelligentsia économique le somme désormais de se remonter les manches et de se présenter à Bruxelles au mois de septembre avec des réformes « sérieuses » : marché du travail, fonction publique, privatisations, économie budgétaires. Un message reçu par Renzi. Son horizon politique n’est plus une bataille éclair « de 100 jours », mais une guerre de tranchées « de 1 000 jours ». Le sprinter devient marathonien et s’apprête à mettre les mains dans le cambouis de la dure réalité des chiffres.

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3-Sanctions russes : l’autopunition européenne
http://www.bvoltaire.fr/jeanmichelvernochet/sanctions-russes-lautopunition-europeenne,98140?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=51a10e81c1-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-51a10e81c1-30435665&mc_cid=51a10e81c1&mc_eid=a7169a51f0 <http://www.bvoltaire.fr/jeanmichelvernochet/sanctions-russes-lautopunition-europeenne,98140?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&amp;utm_campaign=51a10e81c1-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&amp;utm_medium=email&amp;utm_term=0_71d6b02183-51a10e81c1-30435665&amp;m>
9 août 2014

Jusqu’où faudra-t-il démolir nos économies pour complaire à l’hybris expansionniste de « l’hyperclasse euraméricaine » ?


L’Europe – enfin, ce qu’il convient de nommer ainsi –, cette hydre informe et sans tête pensante, a-t-elle décidé de se punir elle-même pour avoir tenté de suborner l’Ukraine, encouragé la crise du Maïdan, l’éviction de Ianoukovitch et l’actuelle guerre civile du Donbass ? La sagesse eût pourtant voulu que l’on s’efforçât de calmer le jeu. Au lieu de ça, après le retour de la Crimée à sa terre d’origine (de grâce, cessons de parler d’annexion), la surenchère verbale et militaire n’a cessé d’aller crescendo. Ainsi les sanctions de niveau trois qui nous font entrer de plain-pied dans la guerre économique. Au demeurant, une arme à terrible double tranchant.

En visant désormais les secteurs vitaux de l’économie russe, Bruxelles prend à l’évidence des risques non exactement calculés. Car ce qui paraît habile sur le papier peut avoir de curieuses incidences. Ainsi, les économies russe et européenne étant étroitement liées, le COREPER (Comité des représentants permanents de l’Union européenne) évalue les dommages immédiats consécutifs aux sanctions à 23 milliards d’euros pour l’économie russe, et à près de 40 milliards d’euros pour les pays de la zone euro. Est-ce très judicieux en période de stagnation ? Il est vrai que la différence entre les deux ensembles économiques rend incomparables des pertes du simple au double. Il n’empêche !

Prenons quelques chiffes pour mieux comprendre les enjeux et les non-profits à venir. En 2013, 47 % des obligations émises par la Fédération de Russie l’ont été sur les marchés européens, soit 7,5 milliards d’euros. Le volume des ventes d’équipements militaires entre la Russie et l’Union européenne se monte, bon an mal an, à 3,2 milliards d’euros dont 300 millions d’euros d’importations par la Russie. En outre, l’Union européenne exporte pour 4 milliards d’euros de biens à double usage (militaire et civil), notamment électroniques, et aussi pour 150 millions de matériels sensibles à destination des pétroliers. Quant à la guerre agricole, cela peut prêter à rire, mais elle fera assurément des dégâts. Sont prohibés « lait, fromage, oignons d’Ukraine, pêches de Grèce, prunes de Serbie, pommes et choux de Pologne, viande d’Espagne, poulets nord-américains, tous produits qui contiennent des substances nocives ou sont infectés par des bactéries potentiellement dangereuses ou encore ne respectant pas les normes réglementaires », dixit l’Agence de sécurité alimentaire russe.

Autre exemple. Le 6 août, Moscou annonçait ses propres mesures de rétorsion dans le domaine aérien suite aux restrictions imposées à Dobrolet (Добролёт), filiale économique d’Aeroflot (Аэрофлот). Or, en deux jours seulement, les compagnies aériennes américaines et européennes supportent déjà un manque à gagner de quelque 4,5 milliards de dollars, soit les pertes liées à la baisse de leur cotation en Bourse. Si Aeroflot doit renoncer à 300 millions de dollars cette année, Lufthansa doit, elle, s’attendre à la perte d’un milliard de dollars… par trimestre. Les fins stratèges de la guerre économique n’ont, en effet, apparemment pas tenu compte de l’immensité géographique russe, 1/7 des terres émergées… et en conséquence de sa place dans les échanges mondiaux en tant qu’espace de transit. Prudents, les dirigeants russes n’entendent cependant pas interdire en totalité leur espace aérien, mais renouveler au compte-gouttes certaines autorisations temporaires de vol, en particulier pour les charters de passagers et de marchandises.

En dernier lieu, la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe indique que 1.200 sociétés françaises sont implantées en Russie et 6.000 autres y exportent… Qu’en sera-t-il dans quelques mois, sachant que les sanctions votées par l’Union européenne réduisent notablement l’accès des investisseurs étrangers aux banques d’État. Cela se chiffrera à n’en pas douter par un supplément de chômeurs, 150.000 dit-on. Alors jusqu’où faudra-t-il démolir nos économies pour complaire à l’hybris expansionniste de « l’hyperclasse euraméricaine » ?

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4-La Finlande veut demander une «compensation» à l’UE si les sanctions contre Moscou lui causent du tort
http://www.sudinfo.be/1072781/article/2014-08-06/la-finlande-veut-demander-une-compensation-a-l-ue-si-les-sanctions-contre-moscou
6 Août 2014 internet@lesoir.be (Avec les rédactions du Soir en ligne, du Soir, d’AFP, d’AP et de Belga)


Le Premier ministre de la Finlande Alexander Stubb s’est dit prêt mercredi à demander « une certaine forme de compensation » à l’Union européenne si les sanctions frappant la Russie devaient causer du tort à l’économie finlandaise. « Il ne fait pas de doute que si les sanctions frappent la Finlande de manière disproportionnée, nous chercherons un soutien de nos partenaires européens », a déclaré M. Stubb à la presse à Espoo, dans la banlieue d’Helsinki. « Nous devons nous conformer au principe de solidarité économique. En pratique, cela signifie que les États membres les plus touchés par les sanctions recevront aussi une certaine forme de compensation », a-t-il ajouté. M. Stubb n’a pas précisé quel type de contrepartie il souhaitait.

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5-Gaz: l’Europe peut se dégager de l’étau russe
http://www.slate.fr/story/90769/gaz-europe-russie-etau
11.08.2014

La Russie joue un rôle de premier plan sur le marché mondial du gaz. Mais en privilégiant l’union et en diversifiant ses approvisionnements, l’Europe peut réduire sa dépendance au gaz russe.

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Le siège de Gazprom à Moscou.

La montée des tensions entre l’Union européenne et la Russie sur fond de conflit ukrainien va immanquablement avoir des répercussions dans l’énergie. Moscou ne peut pas rester sans réagir aux sanctions économiques <http://www.consilium.europa.eu/homepage/highlights/adoption-of-agreed-eu-sanctions-over-crimea-and-eastern-ukraine?lang=fr>  prises fin juillet par Bruxelles à l’encontre d’intérêts russes, visant à un étouffement financier. La Russie a déjà commencé en s’attaquant aux exportations agro-alimentaires européennes <http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/russie-embargo-total-contre-la-plupart-des-produits-alimentaires-europeens-et-americains_1564679.html> . Mais l’énergie, dans ce bras de fer, est le véritable talon d’Achille de l’Europe compte tenu de sa dépendance <http://www.slate.fr/story/90341/europe-dependance-gaz-russe>  aux hydrocarbures russes. Notamment pour le gaz.

En outre, le temps  travaille pour Moscou dans la mesure où, les réserves de la Mer du Nord s’épuisant (elles ne représentent que le dixième <http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&amp;ref_id=CMPTEF11337>  des réserves russes), l’Europe va se trouver de plus en plus à la merci de ses fournisseurs d’énergie, Russie en tête. Raison de plus pour envisager sans tergiverser des solutions alternatives, car elles existent.

L’Europe aux abois
Quelle est la situation? Les 27 pays membres de l’Union européenne importent globalement environ la moitié du gaz qu’ils consomment. Et alors que la Russie assurait 45% de ces importations de gaz en 2002 et 32% en 2010 selon Eurostat <http://epp.eurostat.ec.europa.eu/statistics_explained/index.php?title=File:Main_origin_of_primary_energy_imports,_EU-27,_2002-2010_%28%25_of_extra_EU-27_imports%29-fr.png&amp;filetimestamp=20130930142003> , elle en a fourni 39% en 2013 selon la Commission européenne. Mais l’UE ne possède que 2,2% des réserves mondiales de gaz alors qu’elle intervient pour près de 18% de la consommation mondiale. De sorte qu’à horizon de 2030 <http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/gaz-naturel-quels-approvisionnements-pour-l2019europe>  selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’Europe devrait importer 80% de ses besoins. Un déséquilibre qui constitue une véritable rente de situation pour son grand voisin de l’est qui détient, lui, 23% des réserves mondiales prouvées de gaz naturel.

En théorie, la part de la Russie dans l’approvisionnement de l’Europe part devrait donc augmenter compte tenu de la hausse de la demande <http://www.grtgaz.com/le-gaz-naturel/le-marche-europeen-du-gaz-naturel/situation-et-perspectives.html>  européenne anticipée par l’AIE. Ce qui semble placer l’UE dans une situation complexe de dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou.

Mais tous les pays membres <http://www.gasinfocus.com/focus/la-russie-un-fournisseur-de-gaz-naturel-incontournable/>  ne sont pas logés à la même enseigne: le Royaume Uni et l’Espagne n’importe pas de gaz russe, la Belgique n’est qu’à 2% de sa consommation, la France en dépend pour 14% et l’Italie pour 20%, l’Allemagne pour 37% alors que la République tchèque, la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, les Pays baltes… et la Finlande sont à 90% ou plus.

Développer les infrastructures pour faciliter les échanges intra-européens
Pour desserrer l’étau du gaz russe, la première disposition à prendre consiste donc à développer les infrastructures gazières pour favoriser les échanges entre les pays membres, afin que les plus dépendants du gaz russe puissent couvrir leur consommation par d’autres circuits d’approvisionnement.

«Il nous faut achever le marché intérieur de l’énergie, améliorer l’infrastructure, être plus rationnels dans l’utilisation des ressources énergétiques et mieux exploiter celles dont nous disposons», insiste la Commission européenne <http://europa.eu/rapid/press-release_IP-14-606_fr.htm> , semblant oublier que le dossier du marché européen de l’énergie est à porter au nombre de ses échecs les plus cuisants.

Mais au-delà des bilans, il convient de lancer des actions concrètes. Bruxelles a déjà recensé «33 projets d’infrastructures critiques pour la sécurité énergétique de l’UE». Ils font partie d’une liste de 250 projets <http://europa.eu/rapid/press-release_IP-13-932_fr.htm>  essentiels d’infrastructures transeuropéennes pour lesquels un budget de 5,85 milliards d’euros a déjà été alloué sur la période 2014-2020.

Pour le court et moyen terme, l’Europe peut donc commencer par augmenter le taux d’utilisation de ses capacités de stockage, employées à moins de 50% aujourd’hui. Elle peut surtout en créer de nouvelles. Et mettre en place des stocks stratégiques de gaz pour faire face aux crises comme il en existe pour les carburants.

Crise ou pas, le marché du gaz se déplace vers l’Asie
Mais où s’approvisionner? D’abord, la Russie elle-même, dont l’économie est de plus en plus dépendante des exportations d’hydrocarbures, n’a aucun intérêt immédiat à fermer les robinets vers l’Europe.

Certes, il ne manque pas de clients potentiels vers qui elle peut réorienter ses exportations de gaz. A commencer par la Chine <http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/05/21/gaz-mega-accord-entre-la-chine-et-la-russie_4422950_3244.html>  à la suite de l’accord pour trente ans qui a été conclu entre Pékin et Moscou en mai dernier, et qui n’est pas sans rapport avec la crise ukrainienne. Les besoins de la Chine sont gigantesques: elle est l’acteur principal de la hausse de la demande en Asie qui, selon l’AIE <http://www.worldenergyoutlook.org/pressmedia/recentpresentations/LondonNovember12.pdf> , représentera les deux tiers de la croissance mondiale de la demande en énergie primaire. Moscou joue sur ce registre pour faire planer une menace sur l’approvisionnement de l’Europe. Mais tout basculement des exportations réclame du temps. En outre politiquement, il pourrait être aussi dangereux pour la Russie de devenir trop captif d’un client tel que la Chine.

Dans ces conditions, Moscou a aussi intérêt à diversifier ses débouchés. En Asie, le Japon <http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article8854>  qui importe la quasi-totalité de ses besoins en énergie, fait partie de ses cibles. Et Tokyo n’est pas insensible aux propositions russes, surtout depuis la catastrophe de Fukushima. Mais la tension qui persiste entre les deux pays à propos de leur différend territorial sur les îles Kouriles constitue un frein à un fort développement de leurs relations commerciales. Et le conflit avec la Chine pour le contrôle des îles Senkaku <http://www.lemonde.fr/japon/article/2014/02/17/nouvelle-incursion-chinoise-pres-des-iles-disputees_4367679_1492975.html>  empêche le Japon de baisser la garde sur les îles Kouriles, sous peine de voir Pékin durcir le ton pour faire plier Tokyo.

Là encore, la conquête d’un nouveau marché peut prendre du temps à la Russie, l’empêchant de tourner le dos à ses anciens clients.

Quoi qu’il en soit, le centre de gravité du marché mondial de l’énergie primaire va se déplacer vers l’Asie, avec une demande qui pèsera quatre fois plus lourd qu’en Europe en 2035. La Russie suivra le mouvement. Crise ou pas, l’Union européenne est donc acculée à diversifier ses sources d’approvisionnement.

D’autres sources d’approvisionnement possibles
L’Algérie et la Libye sont aux portes de l’Europe, des gazoducs <http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;frm=1&amp;source=web&amp;cd=7&amp;ved=0CEEQFjAG&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.ifri.org%2Fdownloads%2Ft4.pdf&amp;ei=iUTjU6WaNuem0AW13IGoBQ&amp;usg=AFQjCNE-VInIFKQ9NzAQ2RToIrzUXHNWBA&amp;sig2=Pp6iLe3i>  la relient aux pays du Maghreb via l’Espagne et l’Italie, et la coopération entre les deux rives de la Méditerranée est ancienne. La France, par exemple, importe de longue date du gaz d’Algérie qui est aujourd’hui son quatrième fournisseur <http://www.connaissancedesenergies.org/le-gaz-consomme-en-france-vient-principalement-de-russie-120222> , précise le site Connaissance des énergies. Il existe dans cette direction des opportunités à exploiter, à condition que les pays producteurs améliorent eux-mêmes leurs capacités de production et la gestion de leurs installations.

Un peu plus loin au Moyen-Orient, notamment au Qatar et en Arabie saoudite, les importantes réserves de gaz mises en valeur dans le rapport 2014 de l’Opep <http://www.opec.org/opec_web/static_files_project/media/downloads/publications/ASB2014.pdf>  offrent des opportunités pour l’approvisionnement de l’Europe par le biais d’importations de gaz naturel liquéfié (GNL). Le transport par navires méthaniers est facilité dans la mesure où le gaz liquéfié occupe un volume 600 fois plus faible qu’à l’état naturel. Déjà, 15% <http://www.grtgaz.com/le-gaz-naturel/le-marche-europeen-du-gaz-naturel/situation-et-perspectives.html>  des besoins de gaz en Europe sont assurés par des importations de GNL. C’est moins que la part du gaz liquéfié dans le commerce mondial de gaz, (31% en 2013 <http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/gaz-naturel-liquefie-gnl> ) et laisse donc d’importantes marges de croissance à cette technique et à des approvisionnements plus diversifiés qu’aujourd’hui.

Remarquons seulement que si la part des importations de GNL en Europe était seulement à la moyenne mondiale, 60% de l’approvisionnement actuel en gaz russe serait solutionné.

Aujourd’hui, compte tenu du dumping russe sur le gaz, certains producteurs du Moyen-Orient préfèrent attendre un relèvement des prix du marché pour développer leurs exportations. Mais l’AIE estime que, à horizon 2030, les pays de l’Opep reviendront en force sur le marché des hydrocarbures. Et du gaz en particulier, via le GNL. A l’Europe de se préparer à ce retour, en augmentant ses réserves de stockage de gaz liquéfié.

En France par exemple, en plus des deux terminaux méthaniers de Fos sur mer en région PACA et de celui de Montoir de Bretagne en Pays de Loire qui totalisent à eux trois 840.000 m3 de stockage, deux autres centres sont en cours de construction, à Fos et à Dunkerque dans le nord.

Dans l’immédiat, l’arrivée du gaz de schiste sur le marché bouleverse la donne. L’Amérique du nord, Etats-Unis et Canada confondus, a exporté l’an dernier presqu’autant de gaz (12% des exportations mondiales) que le Qatar et les Emirats arabes réunis, selon les statistiques de l’Opep <http://www.opec.org/opec_web/static_files_project/media/downloads/publications/ASB2014.pdf> . Si la Russie reste le premier pays exportateur avec 21% du total mondial, il existe donc des alternatives qui passent  là-encore, s’agissant de l’Amérique du Nord, par le GNL.

Une partie du problème est interne à l’UE
D’où l’intérêt pour les membres de l’Union européenne de se doter des infrastructures adéquates, en terminaux méthaniers, centres de stockage et interconnexions de gazoducs, pour être moins dépendants des livraisons de gaz russe. Ces capacités de diversification seront d’autant plus utiles qu’elles devraient inciter la Russie à ne pas pratiquer la politique du pire, sans véritable intérêt géopolitique dès l’instant où des solutions de rechange deviendraient possibles.

Mais les moyens de cette diversification ont un coût pour l’Union. Et ils supposent que les 28 membres progressent vers une Europe de l’énergie <http://www.slate.fr/story/84247/crise-ukrainienne-politique-europeenne-energie> , ce qu’ils ne surent faire jusqu’à présent. Vaut-il mieux être dépendant du gaz russe que des partenaires de l’Union dans le cadre d’approvisionnements diversifiés? C’est un peu la question qui est aujourd’hui posée aux pays les plus exposés. Avec en toile de fond, un peu moins de souveraineté contre un peu moins de dépendance.

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6-Embargo russe: L’Europe prévoit de rembourser les producteurs
http://www.challenges.fr/europe/20140814.CHA6759/embargo-russe-l-europe-prevoit-de-rembourser-les-producteurs.html
14 août 2014

Les fonds de réserve de l’UE seront utilisés pour rembourser les producteurs à hauteur de 50% des pertes imputables à la décision de Poutine.


L’UE a annoncé jeudi août qu’elle prendrait la semaine prochaine de nouvelles mesures exceptionnelles pour soutenir les maraîchers de l’UE touchés par l’embargo russe frappant les produits agroalimentaires occidentaux, auquel un conseil de crise des ministres de l’Agriculture doit aussi être consacré le 8 septembre.

Ces mesures de stabilisation des marchés et d’indemnisation des producteurs devraient concerner concombres, choux-fleurs, poivrons, champignons et certains types de tomates, autant de produits périssables identifiés comme prioritaires lors d’une réunion à Bruxelles des experts agricoles de la Commission européenne et des 28 Etats membres, a précisé une source européenne.

Piocher dans le fonds de réserve
A l’issue de ce premier échange de vues sur l’impact des rétorsions russes, le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, a indiqué qu’il dévoilerait ces nouvelles mesures « dès le début de la semaine prochaine », en ciblant « des fruits et légumes clairement en difficulté ».

A la demande de plusieurs pays, dont la Lituanie, très touchée, la présidence italienne tournante de l’UE a aussi convoqué jeudi 14 août pour le 8 septembre un conseil exceptionnel des ministres de l’Agriculture consacré aux sanctions russes contre l’UE, a indiqué une source européenne.

La Commission avait déjà décidé lundi 11 août d’un coup de pouce en faveur du secteur des pêches et nectarines, dont les difficultés dues au mauvais temps venaient d’être aggravées par l’embargo décrété pour un an par Moscou en représailles aux sanctions européennes pour ses atteintes à la souveraineté de l’Ukraine.

Le dispositif, qui peut être financé par le fonds de réserve de plus de 420 millions d’euros dont dispose l’UE pour faire face à des crises sur les marchés agricoles, prévoit d’accroître le volume des produits pouvant être retirés des marchés et d’indemniser les producteurs à hauteur de 50%.

Pour évaluer au mieux l’addition de l’embargo russe, chiffrée par de premières estimations à quelque 5,2 milliards d’exportations agricoles, l’UE mettra aussi en place un « mécanisme renforcé de surveillance des marchés », et prévoit un point hebdomadaire avec les Etats membres, a indiqué la Commission dans un communiqué.

Trouver des marchés alternatifs
Pour la Commission, il s’agit de réagir « étape par étape », sans céder à d’éventuelles surenchères des producteurs et Etats touchés, au premier rang desquels la Pologne et la Lituanie pour les fruits et légumes, l’Allemagne pour la viande et les Pays-bas pour le fromage.

« Le plan A consiste à trouver des marchés alternatifs » aux débouchés russes, a souligné un source européenne.
Mais pour « rassurer les producteurs à travers l’Europe <http://www.challenges.fr/tag/europe> « , Dacian Ciolos a souligné qu’il était prêt « à proposer des mesures européennes élargies si nécessaire ». Elles pourraient prendre la forme d’aide au stockage pour les produits non périssables, comme viande ou fromage.

Parallèlement, l’UE se prépare à des pressions diplomatiques pour empêcher des pays tiers de s’engouffrer dans la brèche en tentant de rafler les marchés russes fermés à ses producteurs, a indiqué un haut responsable européen, citant parmi ces rivaux potentiels le Brésil et l’Egypte.

Une nouvelle réunion d’évaluation des dégâts provoqués par l’embargo russe, réunissant cette fois les experts commerciaux de la Commission et des 28 devait se tenir jeudi 14 août au soir à Bruxelles.

D’une durée d’un an, l’embargo russe concerne le boeuf, le porc, la volaille, le poisson, le fromage, le lait, et les fruits et légumes en provenance de l’UE, des Etats-Unis de l’Australie, du Canada et de la Norvège.

En 2013, les exportations de produits agricoles européens vers la Russie représentaient 11,8 milliards d’euros, soit 9,9% du total de ces exportations, dont 1,2 milliard pour la viande.

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7-Confident de Poutine : « il y aura la guerre en Europe »
http://reseauinternational.net/confident-poutine-il-y-aura-guerre-en-europe/
03 août 2014 (Les nouvelles économiques allemandes : publié : 29.07.14)

Le Président russe Vladimir Poutine prévoit une guerre en Europe. Il s’agit d’un commentaire d’un confident de Poutine dans le cadre de la décision d’Ioukos. Les américains spéculent déjà sur le renversement de M. Poutine. Le Ministre allemand des affaires étrangères Steinmeier voit menacée la paix en Europe. Le rouble est à nouveau sous pression.



À Moscou, le pessimisme se répand : un confident de Poutine pour la première fois mentionne explicitement la possibilité d’une guerre en Europe.

Les Russes ont pris acte du verdict contre la nationalisation du groupe pétrolier d’Ioukos avec une indifférence évidente. La raison pourrait être que l’on estime à Moscou, que les relations avec l’Occident sont déjà en panne.
Pour la première fois, un fonctionnaire russe a mentionné dans ce contexte un conflit militaire en Europe comme une possibilité.

Le Financial Times a rapporté :
« Un confident de Poutine a déclaré que le jugement d’Ioukos à la seule lumière du conflit géopolitique ukrainien n’est déjà plus pertinent: «il y aura une guerre en Europe. « Vous pensez vraiment que cet épisode joue encore un rôle? »
Il convient de noter que cette citation est dans un discours direct. Ce qui suggère, que Poutine est sûr, que trouver un accord entre la Russie et l’Occident n’est plus possible.

Les américains semblent supposer que la possibilité d’une guerre en Europe pourrait conduire à un coup d’État contre Poutine. Ils cherchent clairement la fin de l’ère Poutine .Comme l’ Intelligence Agence STRATFOR privée a analysé la situation de Poutine il y a seulement quelques jours et en est venu à la conclusion que Poutine pourrait avoir dépassé son zénith (« Est-ce que Poutine peut survivre? »).

Apparemment  le consultant de la Gazprom Gerhard Schröder au Kremlin a aussi obtenu du ministre des affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier des signaux semblables : il a dit dans une interview avec Der Spiegel, que la paix en Europe est en péril. Le développement en Ukraine pourrait conduire à des conséquences imprévisibles « pour l’Europe », a-t-il déclaré.
Dans ce contexte, la monnaie russe a poursuivi sa descente. Le dollar a progressé jusqu’à 0,5 % à un maximum de trois mois de 35,7045 roubles. Les indices de blue chips de la bourse de Moscou sont, cependant, presque stables.

Sources :
http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/08/02/confident-de-poutine-il-y-aura-la-guerre-en-europe/
http://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2014/07/29/putin-vertrauer-es-wird-krieg-in-europa-geben/ .

Lire aussi :
Russie : un concours de « bébés patriotes » pour doper la natalité
http://www.francetvinfo.fr/monde/russie/video-le-concours-de-natalite-en-russie-pour-booster-le-nombre-de-bebes-patriotes_667681.html

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8-L’Ukraine et la Russie au bord de la cyberguerre
http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/08/13/l-ukraine-et-la-russie-au-bord-de-la-cyberguerre_4470184_4408996.html
Le Monde.fr | 13.08.2014

Le virus s’appelle « Snake ». Cet espion très sophistiqué, ultraciblé, a réussi à infiltrer les bureaux du premier ministre ukrainien, a révélé jeudi 7 août le Financial Times, s’appuyant, entre autres, sur un rapport <http://www.symantec.com/connect/blogs/turla-spying-tool-targets-governments-and-diplomats>  de l’entreprise de sécurité informatique Symantec. Une soixantaine d’ordinateurs auraient ainsi été infectés depuis 2012, rendant accessible la totalité de leur système. Une dizaine d’ambassades ukrainiennes auraient aussi été touchées.


Des informations diplomatiques sensibles sont donc tombées entre les mains des espions, dans un contexte de conflit entre l’Ukraine et la Russie. Qui est à l’origine de ce virus ? Plusieurs indices pointent vers Moscou : le code source, par exemple, contient des mots russes et le fuseau horaire de la région. Mais rien ne permet d’affirmer avec certitude que la Russie est bien à l’origine de cette attaque.

Et pourtant, ce virus, qui existe depuis 2006, s’est déployé en 2013 de façon plus agressive, et plus particulièrement contre le réseau ukrainien. Sur 56 cas répertoriés depuis 2010 dans le monde, 44 ont été enregistrés depuis l’an dernier, selon un rapport du groupe britannique de défense BAE Systems. La moitié touchait l’Ukraine. Et le rythme s’est accéléré en même temps que la crise avec la Russie, puisque, depuis le début de l’année, 14 cas ont été recensés.

GUERRE DES NERFS
Un élément de plus à ajouter à la guerre des nerfs qui se joue en ligne entre les deux pays. Car, depuis le début de la crise ukrainienne, les pirates des deux camps s’affrontent à coups d’attaques plus ou moins spectaculaires, revendiquées ou non, sur le champ de bataille numérique. Leur arme la plus commune : l’attaque par déni de service, ou attaque DoS, qui consiste à saturer de requêtes un site.

Le 16 mars, jour du référendum d’autodétermination de la Crimée, le site créé par les autorités séparatistes pour suivre le scrutin a été bloqué. Un peu plus tôt, c’est le site de l’OTAN qui fut attaqué <http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/03/16/les-sites-de-l-otan-vises-par-une-cyberattaque_4383866_3214.html>  et inaccessible plusieurs heures durant par le groupe de pirates ukrainiens « CyberBerkout » – leur nom faisant référence aux « Berkout », la police antiémeute venue réprimer les troubles à Kiev.

Contrairement au virus Snake, les attaques de ce genre sont fréquentes mais, selon Nicolas Caproni, spécialiste en cybersécurité, il s’agit simplement d’« escarmouches numériques qui accompagnent comme d’habitude les conflits réels. Leur impact est très limité ». Selon lui, elles n’ont « pas d’impact opérationnel, seulement un impact d’image. Ça aide à la déstabilisation, à la démonstration de force ».

DÉSINFORMATION
La guerre en ligne est avant tout une guerre de propagande et de désinformation. Quitte, pourquoi pas, à inventer de faux piratages. En février, en pleine révolte de Maïdan, des sites russes ont par exemple affirmé qu’Anonymous avait piraté les e-mails du leader de l’opposition Vitali Klitschko prouvant que l’Occident finançait la révolte. « Il n’y avait aucune preuve. On peut dès lors considérer <http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/consid%C3%A9rer>  que c’est une méthode de désinformation pour promouvoir la vision russe du conflit », suggère Nicolas Caproni.

Pour semer la pagaille dans les esprits, des méthodes plus artisanales ont aussi été utilisées. Après le crash du vol MH 17, la page Wikipédia consacrée au drame a été modifiée depuis le siège de VGTRK, un groupe de médias d’Etat russe, affirmant que l’avion avait été abattu par des soldats ukraniens.

« Créer un brouillard d’information permet de dominer l’espace informationnel » souligne Daniel Ventre, chercheur au CNRS spécialiste de la cyberdéfense. Ce qui permet d’« imposer sa narration des faits, influencer l’opinion des politiques, du public, les soutiens à l’intérieur et à l’international… »

HACKERS TÉLÉGUIDÉS
Mais « la dimension  »informationnelle » ne passe pas uniquement par l’exploitation des réseaux sociaux <http://www.lemonde.fr/reseaux-sociaux/> ou plus conventionnellement des médias », poursuit-il.
« Mener des cyberattaques produit aussi un effet psychologique : cela peut servir à dire aux commandements adverses “voyez, nous sommes maîtres de vos systèmes, nous pouvons faire des dégâts, vous n’avez pas assez de sécurité, un incident majeur est envisageable…” »

Quel que soit le type d’attaque, difficile de s’y retrouver parmi leurs auteurs, entre « hacktivistes » isolés, groupes de hackers organisés et structures d’Etat. Ces dernières n’ayant jamais revendiqué aucune attaque. « Le Kremlin peut être à l’origine de ces opérations, tout comme le gouvernement ukrainien », affirme Daniel Ventre.
« Et, quand les autorités elles-mêmes ne disposent pas directement des capacités ni ne veulent pas les mettre directement en œuvre pour ne pas risquer d’être officiellement impliquées, elles peuvent toujours recourir à des acteurs tiers prêts à travailler pour elles. »
Le groupe CyberBerkout est ainsi soupçonné d’être téléguidé, directement ou indirectement, par le Kremlin.

PARALYSER LES RÉSEAUX
Peut-on alors parler de « cyberguerre » ? Aujourd’hui, le conflit en ligne reste encore contenu, et si la Russie, un des pays les plus puissants au monde dans ce domaine, avait voulu lancer une offensive sérieuse, les conséquences auraient été bien plus graves. On se souvient des cyberattaques massives perpétrées contre l’Estonie  <http://www.lemonde.fr/europe/article/2007/05/19/les-cyberattaques-massives-d-origine-russe-contre-l-estonie-preoccupent-l-alliance-atlantique_912244_3214.html> en 2007, qui avaient paralysé une partie du pays.

La Russie, accusée par les autorités estoniennes d’avoir commandité cette opération, avait toujours démenti en être à l’origine.
Risque-t-on d’atteindre ce niveau dans le conflit ukrainien ? Pour Nicolas Caproni, si cela doit arriver, ce sera en lien avec les opérations terrestres :
« Si la Russie décide d’envahir l’Ukraine, comme il en est question, ils pourront utiliser l’arme informatique pour accompagner l’attaque. Ils pourront par exemple paralyser les réseaux. »
On pourrait alors, sans utiliser de guillemets, parler de cyberguerre.

Lire aussi :
«Le cynisme des Russes est sans bornes»
http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/-Le-cynisme-des-Russes-est-sans-bornes–22232683

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9-Le London Times refuse de publier une annonce contre le Hamas
http://fr.timesofisrael.com/le-london-times-refuse-de-mettre-une-annonce-contre-le-hamas/#.U-yfEIAEhTg.email
JTA 6 août 2014

Le journal craint que cette publicité ne « crée une polémique au sein d’un nombre significatif des lecteurs du Times »


Le London Times a refusé de publier une annonce du Prix Nobel Elie Wiesel qui dénonce l’utilisation d’enfants comme boucliers humains par le Hamas.

Cette publicité est parrainée par The Values Network [le Réseau des valeurs], qui a été fondé par le rabbin Shmuley Boteach. Elle a été publiée dans le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal et d’autres journaux américains. Ce refus a été signalé en premier par le New York Observer.

Le Times de Londres a refusé l’annonce parce que « l’opinion exprimée est trop ferme et trop catégorique et créera une polémique au sein d’un nombre significatif des lecteurs du Times », selon une déclaration d’un représentant du journal, écrit l’Observer.

Des centaines d’enfants palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza, selon des sources de Gaza, contrôlée par le Hamas, lors du dernier conflit entre le Hamas et Israël. Le Hamas a été accusé de placer des munitions et des combattants dans des zones à proximité des enfants.

Intitulé « Les Juifs ont rejeté le sacrifice des enfants il y a 3 500 ans. Maintenant, c’est au tour du Hamas », l’annonce a commencé à être publiée la semaine dernière.
En voici un extrait : « Durant ma vie, j’ai vu des enfants juifs jetés au feu. Et maintenant, je vois des enfants musulmans utilisés comme boucliers humains, dans les deux cas, par les adorateurs du culte de la mort qui ne se distingue pas de celle des Molochites ».

« Ce que nous subissons aujourd’hui n’est pas un combat des Juifs contre les Arabes ou d’Israéliens contre les Palestiniens. Il s’agit plutôt d’une bataille entre ceux qui célèbrent la vie et ceux qui défendent la mort. C’est un combat entre la civilisation et la barbarie ».

Répondant à la déclaration du London Times, Boteach a fait sa propre déclaration : « Elie Wiesel est l’un des êtres humains les plus respectés encore en vie, un lauréat du prix Nobel de la paix et est le visage vivant de l’Holocauste. Il n’existe pas de plus grand expert sur ​​le génocide dans le monde entier ».

« Son appel à mettre fin au sacrifice des enfants par le Hamas, qui utilisent les enfants comme boucliers humains, et à en finir avec leur charte génocidaire, qui appelle à assassiner les Juifs partout, ne peut heurter la sensibilité que des personnes haineuses les plus irréductibles qui sont anti-Israël et antisémites », affirme Boteach.

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10-Les rues anglaises bientôt à la merci des djihadistes, prévient Cameron
http://www.lepoint.fr/monde/les-rues-anglaises-bientot-a-la-merci-des-djihadistes-previent-cameron-17-08-2014-1854391_24.php#xtor=[EPR-34]
Le Point.fr – Publié le 17/08/2014

Le Premier ministre britannique appelle à agir « pour endiguer l’assaut » de l’État islamique qui pourrait prochainement « cibler les rues du Royaume-Uni ».


Le Premier ministre britannique David Cameron

Les djihadistes de l’État islamique (EI) en Syrie et en Irak représentent une menace directe pour le Royaume-Uni, qui doit employer toutes ses « capacités militaires » pour arrêter leur avancée, a déclaré dimanche le Premier ministre britannique David Cameron. Selon le leader conservateur, qui publie une tribune dans le Sunday Telegraph, le pays ne devrait pour autant pas déployer de troupes en Irak, mais réfléchir à la possibilité de coopérer avec l’Iran pour combattre la menace djihadiste.

David Cameron a prévenu que l’Occident faisait face à une « lutte générationnelle » : « Si nous n’agissons pas pour endiguer l’assaut de ce mouvement terroriste extrêmement dangereux, il va continuer de se renforcer jusqu’à ce qu’il puisse nous cibler dans les rues du Royaume-Uni. » « Je reconnais que nous devrions éviter d’envoyer des armes pour combattre ou dans un but d’occupation, mais nous devons admettre que l’avenir meilleur que nous voulons requiert un plan à long terme », a-t-il estimé.
La sécurité peut être garantie seulement « si nous employons toutes nos ressources – aide, diplomatie, nos aptitudes militaires », a-t-il dit, ajoutant que le Royaume-Uni devait coopérer avec des pays comme l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Égypte, la Turquie « et peut-être même avec l’Iran ».

« Pas d’approche cohérente »
Un évêque anglican de haut rang a vilipendé dimanche la politique de David Cameron au Moyen-Orient dans une lettre soutenue par l’archevêque de Canterbury Justin Welby. « Nous n’avons pas, semble-t-il, d’approche cohérente ou globale de l’extrémisme islamique tel qu’il se développe dans le monde », a écrit l’évêque de Leeds, Nicholas Baines, dans la lettre envoyée au journal The Observer.

Le ministre de la Défense Michael Fallon a indiqué samedi que le Royaume-Uni allait continuer à effectuer des vols de surveillance au-dessus du nord de l’Irak afin de protéger les minorités des attaques djihadistes. Jeudi, le bureau de David Cameron avait affirmé que le Royaume-Uni examinerait « favorablement » la possibilité d’armer les forces kurdes qui combattent les djihadistes en Irak si la demande lui en était faite, marquant un changement dans la position britannique.
Jusqu’alors, Londres s’était contenté d’aider à transporter des fournitures militaires données par d’autres États aux forces kurdes, mais s’était gardé de jouer un rôle plus direct.

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11-Trois banques américaines se prépareraient au « Brexit »
http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/20140818trib000844787/trois-banques-americaines-se-prepareraient-au-brexit.html#xtor=AL-13
18-08-2014

Londres hors de l’UE? A Wall Street, cette hypothèse semble être prise au sérieux. Bank of America, Citigroup et Morgan Stanley auraient même déjà prévu de s’installer en Irlande au cas où Londres choisirait de quitter l’Union européenne. C’est du moins ce qu’ont évoqué des sources citées par le Financial Times ce lundi.


Un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l’UE sera organisé par le Premier ministre David Cameron s’il est réélu, en 2015.

Porte d’entrée vers le Vieux Continent
Pourquoi une telle option? De nombreux établissements financiers extra-européens ont installé des bureaux à la City afin de bénéficier d’une entrée pour leurs activités dans les autres pays membres de l’UE. Mais un « Brexit »  – contraction de « Britain » et « exit » qui fait référence à un départ du Royaume-Uni de l’Union – , risquerait de fermer cette porte.

Or, une telle éventualité ne serait pas à exclure. Le Premier ministre britannique David Cameron a en effet promis qu’en cas de réélection en mai 2015, il organiserait un référendum sur le sujet. Fin juin, lors de la nomination de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, la presse britannique avait largement soulevé la question.

>> Le Brexit est inévitable pour la presse britannique

L’Irlande et l’attractivité fiscale
Si le sujet reste apparemment tabou parmi les grands banquiers américains comme l’indique le Financial Times, certains, sous couvert d’anonymat acceptent cependant d’évoquer leurs craintes. Lesquelles sont liées aux discussions sur l’union bancaire qui, selon certains d’entre eux, serait de nature à isoler le Royaume-Uni.

Nouvelle terre d’accueil, l’Irlande serait attractive pour son faible niveau d’imposition. Un cadre d’une banque américaine à Londres a d’ailleurs confié au quotidien financier qu’il envisageait d’y transférer des activités, davantage pour ces conditions que pour un éventuel « Brexit ».

Francfort ou Paris comme solutions de repli?
Dans ce dernier cas, malgré le coût très élevé d’un éventuel transfert des activités d’une ville à une autre, Francfort et Paris représenteraient également des solutions de repli pour les établissements financiers non européens sur le Vieux Continent.

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12-Turquie : le réveil ottoman
http://www.herodote.net/Turquie_le_reveil_ottoman-article-1108.php
2014-08-14 Joseph Savès

4 juin 2010 – 10 août 2014, La Turquie change. Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan (AKP, islamiste) a mis au pas l’armée, s’est rapproché de l’Iran et éloigné d’Israël et de l’Europe. La nostalgie de l’empire ottoman revient en force…


L’empire Ottoman à son apogée en 1683

Les Européens croyaient avoir affaire à un État pauvre, désireux de se fondre dans l’Union européenne et de bénéficier de sa manne financière, comme en d’autres temps la Grèce, l’Espagne et le Portugal.

En cette année 2010, ils découvrent un peuple « fier et sûr de lui », qui défie les Occidentaux en débattant avec le Brésil et l’Iran de l’avenir nucléaire de ce dernier (17 mai 2010) puis jette aux orties son amitié avec Israël et défie l’État hébreu en tentant de forcer le blocus de Gaza <http://flash.herodote.net/?p=1567>  avec une flottille « humanitaire » (31 mai 2010).

Ces événements prennent tout leur sens dès lors qu’on les rattache à l’Histoire longue de la Turquie (75 millions d’habitants sur 780.000 km2 en 2010, avec une densité comparable à la France).

L’oeuvre d’Atatürk
La République turque a été fondée <http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19231029>  le 23 octobre 1923 sur les décombres de l’empire ottoman par le général Moustafa Kémal <http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=180> . Surnommé Kémal Atatürk (« Père des Turcs ») ou le Ghazi (le « Victorieux »), cet émule de Mussolini voulait libérer son peuple de l’emprise de l’islam et bâtir un État-Nation sur le modèle occidental. Son principal soutien était l’armée, qui lui était reconnaissante de ses victoires sur les Grecs.

En 1937, un an avant sa mort, Atatürk fit inscrire le principe de laïcité dans la Constitution. Ses successeurs peinèrent toutefois à le mettre en application. Mécontents des dérives du régime, les généraux commirent trois coups d’État en 1960, 1971 et 1980.
– 1980 : la tentation européenne
Encore instable et fragile, la Turquie kémaliste joue à fond la carte occidentale. Elle ne perçoit pas d’autre choix, avec une économie en dents de scie, une rébellion persistante dans les régions kurdes (25% de la population totale) et la montée des mouvements islamistes dans les campagnes.
Membre de l’OTAN et du Conseil de l’Europe, partenaire privilégiée d’Israël, elle voit sa candidature à l’Union européenne agréée au sommet d’Helsinki en décembre 1999. Ses élites, à Instanbul et Ankara, rêvent à haute voix d’une prochaine entrée dans l’Union européenne, comme la Grèce voisine, rivale jalousée.
– 1990 : la tentation « pantouraniste »
Suite à l’éclatement de l’URSS <http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19911221>  et à l’émancipation des républiques turcophones d’Asie centrale, la Turquie a, brièvement, la tentation de renouer avec le « pantouranisme » d’Enver Pacha, rival malheureux de Moustafa Kémal : il s’agirait d’unir tous les peuples issus des nomades turcs originels, si différents soient-ils par leur histoire, leur environnement culturel et même leur apparence physique !
– 2002 : le renouveau avec Erdoğan
Là-dessus, coup de théâtre. Le Parti de la Justice et du Développement (AKP), qualifié d’« islamiste conservateur » ou « islamiste modéré », arrive au pouvoir à la faveur des élections législatives du 3 novembre 2002. Les militaires y voient une menace pour la République laïque de Moustafa Kémal.

L’oeuvre d’Erdoğan
Le nouveau Premier ministre Recep Tayyip Erdogan peut compter sur le soutien populaire. Il consolide les institutions démocratiques. Il fait des ouvertures en direction des Kurdes et autorise les langues minoritaires dans les médias. Il impose l’élection au suffrage universel du président de la République, contre l’avis de l’armée.

À l’extérieur, il pacifie les relations de la Turquie avec ses frères ennemis, la Grèce et l’Arménie, pour ne plus les avoir contre lui et couper l’herbe sous le pied des militaires. Il donne aussi quelques gages à l’Europe en abolissant la peine de mort mais se montre ferme sur la question chypriote <http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=281> . Ainsi la Turquie, prétendûment candidate à l’Union, maintient-elle en état de guerre l’un des États de cette Union…

Il modernise la Turquie avec un doublement du Produit Intérieur Brut et du revenu par habitant depuis 2002. L’Anatolie se dote d’infrastructures modernes tandis qu’Istamboul et Ankara feraient pâlir d’envie bien des métropoles de la vieille Europe par leur modernisme tonitruant. Cela montre que le pays n’a pas besoin de faire allégeance à l’Union européenne pour prospérer. Le revers de cette modernisation est la montée de la corruption, jusque dans l’entourage du Premier ministre et président…

Fort de ces succès, Erdogan met l’armée au pas. Pas moins de 200 arrestations en deux ans jusqu’au coup de force du 22 février 2010. Ce jour-là, la justice turque arrête cinquante officiers de haut rang. Ce coup de filet sans précédent met un point final à la guerre d’escarmouches que mène l’état-major laïciste contre le gouvernement islamiste.

Erdogan a dès lors les mains libres pour mener une diplomatie selon ses vœux : rapprochement avec l’Iran, rupture avec Israël, éloignement de l’Europe… Dans le même temps, le Premier ministre turc exalte le « glorieux passé » de la Nation et invite ouvertement ses compatriotes établis dans les pays occidentaux, en France comme en Allemagne, à rester fidèles à leurs racines. « L’assimilation est un crime contre l’humanité », lance-t-il à ses compatriotes de Cologne, en 2008.

Retour aux racines ottomanes
On assiste au retour en force d’un « néo-ottomanisme » qui magnifie le passé ottoman et la prise de Constantinople par les Turcs <http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=14530529>  (29 mai 1453). Ce courant orientalisant était déjà manifeste dans l’exposition « De Byzance à Istanbul », qui s’est tenue en 2009 au Grand Palais, à Paris.

Seul de tous les médias français, nous nous étions étonnés dans la lettre d’Herodote.net que la conservatrice turque de cette exposition ait souligné à gros trait la césure de 1453 et omis d’évoquer Sainte-Sophie <http://www.herodote.net/27_decembre_537-evenement-5371227.php> , trait d’union majeur entre toutes les civilisations qui se sont succédé dans la ville. Cet « oubli » reflétait tout simplement le point de vue dominant dans la Turquie d’aujourd’hui, à savoir que celle-ci est fille de l’empire ottoman, en opposition avec l’Occident.
D’Atatürk à Erdogan


Erdogan serait-il en train de ressusciter l’empire ottoman ?

Par ses choix politiques, Erdogan se pose en héritier d’Atatürk plus sûrement que ses officiers d’état-major.
Atatürk a créé la Turquie sur le modèle des prestigieux États-Nations européens d’avant 1914 pour lui éviter de sombrer dans le chaos moyen-oriental. Il n’a pas craint non plus de défier les vainqueurs de la Grande Guerre en déchirant le traité de Sèvres <http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19200810> .
Erdogan, quant à lui, encourage l’islamisation de son pays pour prévenir sa dissolution et la perte de sa singularité dans l’Europe anomique d’aujourd’hui. Tout musulman qu’il soit, c’est, comme Atatürk, un nationaliste résolu, aux antipodes de l’internationalisme d’al-Qaida.

C’est aussi, sans doute, un démocrate, mais qui aspire à une démocratie vigoureuse, respectueuse des intérêts nationaux et de l’identité religieuse ; tout le contraire des démocraties européennes actuelles.

D’ailleurs, les cercles dirigeants européens pourraient-ils sérieusement s’accommoder d’une « laïcité » turque qui interdit à tout citoyen né dans la religion d’État (l’islam) de renoncer à celle-ci et oblige tout citoyen de cette même religion qui épouse un(e) non-musulman(e) à élever ses enfants dans l’islam ?…

Dans ses rapports avec Chypre, l’Iran et Israël, Erdogan ne craint pas de défier les Occidentaux lorsqu’il y va selon lui de l’intérêt national. Autant de raisons qui lui valent une grande popularité non seulement en Turquie mais aussi dans les pays arabes.

Équivoque européenne
Arrivé au pouvoir alors que la Turquie était déjà en train de négocier son entrée dans l’Union européenne <http://www.herodote.net/articles/article.php?ID=18> , Erdogan a laissé le processus se poursuivre cahin-caha pour ne contrarier ni l’armée ni la bourgeoisie d’affaires d’Istanbul. Il n’a rien fait non plus pour hâter les choses et, aujourd’hui, a tout lieu de s’en féliciter.

Beaucoup de Turcs, il y a dix ans, fondaient leurs espoirs sur la générosité de l’Union européenne. Ils attendaient d’en profiter comme, avant eux, la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande. Submergés par l’argent « gratuit » de Bruxelles, ces pays sont aujourd’hui au bord de la faillite et sous tutelle de la Commission et du FMI. L’Union est elle-même à la dérive <http://www.herodote.net/articles/article.php?ID=1099>  après avoir désarmé les États-Nations qui faisaient sa force.

Revenus de leurs illusions devant le désastre grec, les Turcs ne rêvent plus d’une intégration dans l’Union européenne mais se gardent de le dire à haute voix à leurs homologues européens. Ces derniers supportent sans protester les piques turques, y compris l’organisation d’une filière d’immigration clandestine via la frontière gréco-turque (voir ci-dessous).

Plaque tournante de l’immigration vers l’Europe
Le gouvernement Erdogan a sciemment transformé la Turquie en plaque tournante de l’immigration clandestine vers l’Union européenne.
Année après année, quelques centaines de milliers d’Africains et d’Orientaux traversent le pays avec la complaisance des autorités qui les poussent vers la frontière grecque. Les migrants accèdent ainsi à la zone Schengen de libre circulation sur tout le territoire européen.

Tétanisés par la crainte de déplaire à un gouvernement qu’ils persistent à voir comme un allié et même un futur membre de l’Union européenne, les dirigeants du Vieux Continent n’osent réagir. Erdogan qui, lui, ne mâche pas ses mots quand l’identité turque ou islamique est en cause, a tout lieu de se féliciter de ce jeu de dupes qui affaiblit l’Union.

Usure du pouvoir ou rebond ?
Les Turcs ont découvert de nouveaux motifs de satisfaction dans les offensives diplomatiques de leur Premier ministre qui en ont fait, au moins pour Herodote.net, la personnalité de l’année 2010 <http://www.herodote.net/articles/article.php?ID=1230>   (rapprochement avec l’Iran ou encore le Brésil, tentative de briser le blocus de Gaza, soutien ambigu au Syrien Assad etc).

On a pourtant pu croire – nous les premiers <http://www.herodote.net/Erdogan_le_De_Gaulle_turc_-article-1428.php>  – que Recep Tayyip Erdogan allait être ébranlé par les manifestations des citadins de la place Taksim, à Istamboul, en 2013 (comme de Gaulle en son temps). Mais il a montré une étonnante capacité de rebond grâce au soutien du « pays réel » jusqu’à se faire élire au suffrage universel dès le premier tour à la présidence de la République, ce dimanche 10 août 2014.

Lire aussi :
Qu’est-ce la Grande Turquie d’Erdogan?
http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/251390-r%C3%AAve-d-erdogan-grande-turquie-voisine-de-grand-isra%C3%ABl

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13-Turquie : Les idées politiques sinueuses de Recep Tayyip Erdogan
http://www.jforum.fr/forum/international/article/les-idees-politiques-sinueuses-de
jeudi 14 août 2014

Le nouveau président turc est arrivé à ses fins, occuper le poste présidentiel de son pays, comme le père fondateur de la Turquie moderne, avant lui, mais avec des idées en opposition aux siennes. Au fond, jusqu’ici, tout est normal, même si cette évolution n’est guère souhaitable, le programme politique du nouvel élu étant, comme on dit, islamo-conservateur, ce qui heurte frontalement les idées laïques du kémalisme.


Un mot du succès du chef de l’AKP qui a tout de même à son actif quelques grandes réalisations. M. Erdogan a aidé son pays à sortir du marasme économique, redonnant des moyens de subsistance à des millions de ses concitoyens, arrachés à la pauvreté. Il a permis un taux de croissance qui ferait pâlir d’envie nos pays occidentaux, même si cette croissance a fortement baissé, elle reste tout de même autour de 4%. Ce qui constitue, incontestablement, un record.

Mais sur le plan des libertés intérieures et de la démocratie en général, le régime de cet homme accuse de très nombreux et très graves déficits. Le premier point négatif est évidemment la dérive autoritaire, la purge du corps judiciaire et des services de sécurité, accusés, à demi-mot, de comploter contre le régime alors que leurs membres ne faisaient qu’enquêter sur l’entourage de nouveau président. Dans ce même contexte, la Turquie est actuellement le pays qui a embastillé le plus de journalistes.

Quant à la question kurde, en dépit de quelques timides avancées, le problème reste au point mort, car cette forte minorité de la Turquie moderne n’est pas réussi à faire valoir ses droits légitimes. Et je n’évoque même pas le contentieux avec le peuple arménien…

Les points les plus préoccupants relèvent de la politique étrangère. M. Erdogan sait bien que l’Europe ne l’admettra jamais en son sein, comme un partenaire à égalité avec la France, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne… C’est une évidence, en dépit des pantalonnades de l’intéressé qui, sans le dire vraiment, se réoriente vers d’autres horizons moins glorieux, mais qui sont à sa portée : le monde arabo-musulman et les anciennes républiques de la défunte URSS. Et dans cette tentative de s’ériger en puissance régionale incontestée, M. Erdogan a commis quelques erreurs qui trahissent son amateurisme et son caractère emballé et tempétueux.

À la lumière de ce qui se passe aujourd’hui à Gaza, on voit que M. Erdogan n’a pas choisi le bon camp et qu’il a dangereusement défié l’Égypte, puissance régionale naturelle au Proche Orient. Le maréchal-président identifie désormais clairement le président turc comme un allié des islamistes alors que lui-même combat fermement les Frères musulmans sur son territoire.

Aux yeux des Égyptiens, M. Erdogan veut ressusciter l’ancien Empire ottoman qui régnait jadis sur toutes les capitales arabes de la région. Cela rappelle aux Arabes de mauvais souvenirs, eux qui ne veulent pas d’un leadership néo-ottoman… Al-Sissi lance un projet pharaonique de doublement du canal de Suez, renouant avec les grands travaux que les régimes qui veulent durer entreprennent généralement. C’est aussi un défi aux projets du président turc.

Dans ses envolées lyriques et brouillonnes qui tournent le dos à la logique des relations internationales, commandant une analyse froide et claire des intérêts bien compris de son pays, M. Erdogan s’est trompé vis-à-vis de la Syrie. Il a d’abord commencé par s’en rapprocher pour s’en éloigner ensuite avec éclat. Il faut dire qu’au début, il a suivi la voie d’une alliance militaire avec Israël dont les pilotes de chasse s’entraînaient dans le ciel turc, à proximité de la frontière syrienne. Le nouveau président a mis fin à tout cela, même s’il laisse son état-major militaire prendre livraison des drones commandés à l’industrie israélienne de l’armement ! Au fond, sa main droite ignore ce que fait sa main gauche.. Et je rappelle que les échanges commerciaux entre les deux pays sont inversement proportionnels à leurs relations politiques et diplomatiques. Mais un tel paradoxe ne gêne guère M. Erdogan qui n’est pas un disciple de René Descartes.

Et la liste des errements de M. Erdogan est encore longue, lui qui se laisse aller à des rêves inconsistants : renouant avec l’ancienne pratique des sultans de la Sublime Porte ( al-Bab al-‘ali) qui allaient rendre grâce à Dieu dans une mosquée du voisinage, lors de leur accession au trône, l’homme fort du pays est donc allé faire ses dévotions… N’importe quel étudiant de première année de Sciences-Po le lui aurait déconseillé au niveau de la communication et de la bonne image ! Mais l’aurait il écouté ?

Enfin, il y a l’irritation des USA. Car même M. Obama, qui est loin d’être un foudre de guerre ou un homme déterminé et résolu, a jugé bon de refroidir un peu les ardeurs de son homologue turc, lequel laisse entendre qu’une nouvelle flottille va tenter de forcer le blocus de Gaza. Il est peu probable que cela se fasse, mais dans ses visées de domination du monde arabe, M. Erdogan a compris que le meilleur moyen de réaliser ses objectifs était d’instrumentaliser la cause palestinienne..

Tout cela ne serait pas très inquiétant s’il n’y avait, en perspective, un grave conflit intérieur qui se prépare. Le bouillonnant président veut réformer la constitution de son pays et se refuse à inaugurer les chrysanthèmes… Il ne veut pas régner mais gouverner, comme il le faisait du temps où il était Premier ministre… Or, pour y arriver, il faut une majorité des deux tiers au parlement, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. L’opposition est abattue, mais elle réagira face à la menace d’une changement de régime : en agissant ainsi, ce président islamiste veut donner le coup de grâce aux séquelles du kémalisme.

Mais ici se pose une grande question : l’armée, bien qu’expurgée de ses éléments les plus laïcs et surveillée de près, laissera-t-elle faire , elle qui a toujours été la muraille protectrice de la Turquie moderne ? C’est peu probable.

Il y a près d’un an, on disait M. Erdogan très préoccupe par le syndrome égyptien où l’armée, justement, a décidé de se défaire d’un régime antinational, enfonçant le pays dans une crise sans fin. Mais comme l’écrivait Karl Marx, l’histoire ne se répète pas. L’avenir n’est pas très rassurant. A moins que… à moins que M. Erdogan, une fois au pouvoir, s’assagisse et revienne à de meilleurs sentiments et à une meilleure appréciation de la situation. À ce niveau-là, les erreurs commises ne pardonnent jamais.

 


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14-Fuyant la « Corée du Nord africaine », des Erythréens affluent en Europe
http://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/fuyant-la-coree-du-nord-africaine-les-erythreens-affluent-en-europe_663893.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20140806-[lestitres-coldroite/titre6]
05/08/2014

Le nombre de migrants originaire de ce petit pays de la Corne de l’Afrique a fortement augmenté en 2014 en France. Arrivés d’Italie, ils transitent le plus souvent vers le nord de l’Europe.


Ils fuient une des pires dictatures du monde. Les Erythréens immigrent en masse en Europe et notamment en France, un phénomène qui s’est surtout intensifié ces derniers mois, et qui inquiéterait la Police aux frontières, selon un rapport que s’est procuré Le Figaro <http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/08/04/01016-20140804ARTFIG00275-immigration-la-police-s-alarme-de-l-arrivee-massive-de-clandestins.php> , lundi 4 août. Voici ce que l’on sait de ces flux migratoires.

Le nombre de migrants arrivés en Italie explose
Le phénomène part d’Italie. Entre le 1er janvier et le 30 juin, le pays a accueilli plus de 60 000 migrants en situation irrégulière, contre 8 000 l’an passé sur la même période. Près d’un tiers de ces migrants viennent d’Erythrée. Ils traversent la Méditérranée par voie maritime : le bateau naufragé <http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/naufrage-a-lampedusa/les-rescapes-du-naufrage-de-lampedusa-prives-d-obseques_440830.html>  le 3 octobre 2013 au large de l’île de Lampedusa, faisant 366 morts, transportait en grande partie des Érythréens.

Cet afflux se reporte ensuite en partie sur la France. Alors que 65 Erythréens avaient été interpellés en France entre janvier et mars, ce chiffre est passé à 694 en avril, 1 845 en mai, et 2 628 en juin. Des migrants qui arrivent « principalement par TGV, avec des billets en règle » selon un agent « en poste dans la région niçoise » et cité par le quotidien national.

La France, destination de transit pour les Erythréens
« Ils ne cherchent pas une demande d’asile en France, selon le préfet des Alpes-Maritimes. On voit qu’ils cherchent à gagner des pays d’Europe du Nord », comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou la Suède. Si ces migrants ne créent selon lui pas d’incidents particuliers, des heurts entre Erythréens et Soudanais ont fait plus de 50 blessées entre lundi et mardi 5 août à Calais, où les candidats à la traversée de la Manche sont devenus « trop nombreux » de l’aveu même des associations de soutien aux migrants.

Ce phénomène est la conséquence « du refus de l’Union européenne de venir en aide à l’Italie, qui l’a demandée », sans réponses, d’après le porte-parole de l’association France Terre d’Asile. Pour lui, Rome « laisse passer un certain nombre » de migrants. Et, côté italien comme côté français, on rechigne à renvoyer les Erythréens dans leur pays. Selon le préfet des Alpes-Maritimes, les deux tiers des interpellés sont « réadmis en Italie », et, explique Le Figaro <http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/08/04/01016-20140804ARTFIG00275-immigration-la-police-s-alarme-de-l-arrivee-massive-de-clandestins.php> , plus de 800 d’entre eux ont fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français « libres », c’est-à-dire par eux-mêmes.

Un régime qui viole les droits de l’Homme
Il faut dire que l’Erythrée, petit Etat de la Corne de l’Afrique, est considéré comme un des pays les plus fermés et secrets du monde, souvent comparé à la Corée du Nord. Fin mai, l’ONU a adopté une résolution condamnant fermement « la poursuite des violations généralisées et systématiques des droits de l’Homme et des libertés fondamentales commises par les autorités érythréennes ». Arrestations et exécutions arbitraires, torture, restrictions de la liberté d’expression, service militaire forcé et à durée indéterminée : la liste des exactions du pouvoir de l’inamovible Isaias Afwerki est longue, et la situation aurait empiré depuis une tentative ratée de coup d’état il y a deux ans.

Ils sont donc nombreux, plus de 4 000 par mois selon l’ONU, à tenter de quitter le pays, bravant les gardes-frontières qui ont pour consigne de « tirer à vue ». Des camps de réfugiés répartis entre l’Ethiopie et le Soudan accueillent plus de 200 000 Erythréens, mais pour ceux qui voient plus loin, la région est de plus en plus inhospitalière. La Libye, l’Egypte ou Israël sont des destinations de moins en moins accueillantes <http://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/video-israel-des-demandeurs-d-asile-africains-manifestent-devant-la-knesset_500130.html> , ce qui explique que les Erythréens arrivent, de plus en plus nombreux, aux portes de l’Europe.

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15-Des équipes protégées contre l’Ebola viennent au secours de près de 300 migrants à Gibraltar
http://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/ebola/pres-de-300-migrants-secourus-a-gibraltar-par-des-equipes-protegees-contre-l-ebola_667983.html
12/08/2014

Les rescapés, d’origine subsaharienne, ont été pris en charge par des membres de la Guardia Civil équipés de gants et de masques de protection.


Le détroit de Gibraltar est situé au sud de l’Espagne et au nord du Maroc, le 13 août 2013

Environ 300 migrants d’Afrique subsaharienne, qui se trouvaient à bord de bateaux pneumatiques, ont été secourus dans la nuit de lundi à mardi 12 août dans le détroit de Gibraltar. Au total, plus de 370 immigrants clandestins ont été secourus par les services de secours maritimes espagnols en trois jours.

Si dans un premier temps, les services de secours ont annoncé sur leur compte Twitter qu’ils avaient découvert dans la nuit trois bateaux pneumatiques avec 32 personnes dont trois femmes et un enfant à bord, un porte-parole de ces services a précisé un peu plus tard qu’au total 299 immigrés avaient été secourus dont 253 hommes, 42 femmes et quatre enfants, dont l’âge n’a pas été révélé.

Protections anti-Ebola
Les rescapés sont pris en charge par des membres de la Guardia Civil équipés de gants et de masques de protection en raison de l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola dans plusieurs pays d’Afrique qui a déjà fait près de 1 000 morts. Les deux bateaux de secours qui ont patrouillé toute la journée avec l’aide d’un hélicoptère dans cette zone sont rentrés au port de Tarifa, dans le sud de l’Espagne.

Le nombre d’immigrants clandestins qui tentent d’entrer en Espagne ou en Italie a fortement augmenté ces derniers mois. En Espagne, ils arrivent par bateaux de fortune dans le sud du pays ainsi que par Ceuta et Melilla, les enclaves espagnoles au Maroc.

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16-L’Espagne et l’Italie face à une arrivée de migrants sans précédent
http://www.liberation.fr/monde/2014/08/13/l-espagne-et-l-italie-face-a-une-arrivee-de-migrants-sans-precedent_1080130
AFP 13 août 2014

Près de 1 300 migrants sont arrivés en Espagne, et quelques 3 400 autres en Italie depuis samedi.


Des migrants africains sont accueillis dans un gymnase après avoir été repêché par des sauveteurs espagnols, à Tarifa, le 12 août.

L’Espagne et l’Italie font face à une nouvelle vague d’immigration clandestine ces derniers jours, avec l’arrivée en Espagne de près de 1 300 migrants et de quelque 3 400 en Italie depuis samedi.

Le ministère de l’Intérieur espagnol a convoqué une réunion d’urgence mercredi et décidé du renforcement du dispositif sécuritaire de 475 membres des forces de l’ordre dans les enclaves espagnoles au Maroc de Ceuta et de Melilla, ainsi qu’à Algésiras, ville du sud de l’Espagne donnant sur le détroit de Gibraltar.

Du «jamais vu» pour la Croix Rouge
C’est dans le détroit que plus de 900 personnes, dont des bébés, sont arrivées à bord de bateaux de fortune en une seule journée mardi et transportées à Tarifa, en Andalousie (sud), du «jamais vu» selon la Croix Rouge. Ils ont été accueillis notamment dans des gymnases mais certains devaient être évacués vers d’autres centres, ont affirmé les autorités locales. «Jamais nous n’avions vu ça jusqu’à présent en un seul jour», a affirmé mardi un porte-parole de la Croix-Rouge à la radio publique espagnole.

«Il s’est passé la même chose l’année dernière vers les mêmes dates, à la fin du ramadan. Il est vrai que cette année c’est exceptionnel», a reconnu le préfet d’Andalousie, Carmen Crespo, à la radio Cadena Ser. Le ministère de l’Intérieur espagnol affirme avoir «maintenu des contacts étroits avec les autorités marocaines pour trouver la solution la plus rapide possible», alors que la presse, citant des sources policières, affirme que le Maroc a relâché ses contrôles face à la pression migratoire.

Situation tendue à Melilla
Le nombre de personnes secourues en mer et prises en charge par la Garde civile a atteint près de 1 300 en quatre jours. Dans le même temps, la pression migratoire s’est également accrue dans l’enclave espagnole de Melilla dans le nord du Maroc. Mercredi matin, plus de 600 migrants d’Afrique subsaharienne ont tenté de franchir la frontière grillagée qui sépare le Maroc de l’enclave, au lendemain d’une tentative similaire de 800 migrants.

Mercredi, une soixantaine de migrants a réussi à se hisser sur la clôture où ils sont restés plusieurs heures. Quatre d’entre eux qui étaient blessés ont toutefois pu descendre pour être conduits à l’hôpital. Un deuxième groupe d’une trentaine de personnes a ensuite été intercepté par les forces de police marocaine. La veille, ce sont près de 800 candidats à l’immigration qui s’étaient lancé à l’assaut de la triple barrière, et quelque 80 avaient réussi à passer du côté espagnol.

1 400 migrants secourus en 24 heures en Italie
En Italie, la marine nationale a annoncé mercredi que près de 1 400 immigrés avaient été secourus au cours des dernières 24 heures. L’un des navires italiens a pris à son bord 686 immigrés et se trouve dans l’attente d’instructions pour savoir où débarquer ces personnes.

La marine italienne avait annoncé lundi avoir secouru plus de 2.000 migrants au cours de diverses opérations effectuées pendant le week-end dans le canal de Sicile, le bras de Méditerranée qui sépare l’Afrique du nord des côtes italiennes.

Un responsable du ministère de l’Intérieur italien a affirmé qu’en tenant compte de ces nouvelles arrivées, plus de 98 000 personnes ont été secourues en mer depuis le début de l’année. «Ce sont des personnes qui ne viennent pas en Italie pour faire du tourisme mais par désespoir. Un grand nombre d’entre eux continuent à perdre leur vie au cours des traversées, en dépit de nos efforts».

L’Italie a lancé en octobre 2013 l’opération Mare Nostrum pour secourir les migrants embarqués sur des bateau de fortune, après deux naufrages ayant fait plus de 400 morts près de Lampedusa et de Malte. Lors d’une réunion début juillet à Milan, la commissaire européenne aux Affaires Intérieures Cecilia Malmström a appelé les pays membre

 

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