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A SAVOIR SUR NOTRE MONDE

A SAVOIR SUR NOTRE MONDE

A SAVOIR SUR NOTRE MONDE

1-Qu’ont en commun les guerres en Ukraine, à Gaza, en Irak, en Syrie et en Libye ?

2-La guerre de religion a commencé

3-Comment les Saoudiens ont largement contribué à enflammer le Moyen-Orient à grands coups de wahhabisme

4-L’Irak accuse l’Etat islamique d’avoir assassiné au moins 500 Yézidis, dont certains enterrés vivants

5-Irak : l’ONU prend des mesures contre les djihadistes

6-Qui sont les Yézidis, nouvelle cible de l’Etat islamique en Irak ?

7-Syrie : l’État islamique filmé en exclusivité par Vice News

8-Pourquoi les jihadistes de l’Etat islamique coupent-ils la tête de leurs adversaires ?

9-Irak : les djihadistes contrôlent le barrage de Mossoul

10-Irak : les peshmergas tentent de reprendre le barrage de Mossoul

11-Obama de retour en Irak malgré des réticences affichées

12-Pourquoi les pays occidentaux veulent armer les Kurdes irakiens

13-Le silence et la trahison qui valaient 3 milliards de dollars

14-Combats et bataille de propagande à la frontière entre l’Ukraine et la Russie

15-La Russie assure avoir repoussé un sous-marin américain

16-Comment la Russie compte se nourrir pendant l’embargo imposé à l’Occident

17-L’article à lire pour comprendre l’épidémie d’Ebola

18-Dix ans après le tsunami, un couple d’Indonésiens retrouve sa fille miraculée

19-La médaille Fields 2014 pour une femme et un Français

20-Brésil : De fausses boîtes noires dans l’avion où s’est tué le candidat socialiste

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1-Qu’ont en commun les guerres en Ukraine, à Gaza, en Irak, en Syrie et en Libye ?

http://www.voltairenet.org/article185018.html

7 août 2014 par Alfredo Jalife-Rahme

Pour le géopoliticien mexicain Alfredo Jalife-Rahme, la simultanéité des événements éclaire leur signification : après avoir annoncé la création d’une alternative au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, donc au dollar, la Russie doit faire face en même temps à l’accusation d’avoir détruit le vol de la Malaysian Airlines, à l’attaque de Gaza par Israël soutenu par les renseignements militaires US et britanniques, au chaos en Libye et à l’offensive de l’Émirat islamique au Levant. En outre, sur chacun de ces théâtres d’opération, les combats tournent autour du contrôle des hydrocarbures, dont le marché était jusqu’ici exclusivement opéré en dollars.

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Les jeux vidéos « Call of Duty : Modern Warfare » (les plus vendus dans le monde) opposent les États-Unis à la Russie sur fond de guerre pour le pétrole.

Les calendriers, les organigrammes, les schémas d’information et les généalogies sont des plus utiles à l’analyse géopolitique. Ainsi, deux jours avant que le mystérieux missile ne fasse exploser en l’air l’avion de la Malaysia Airlines – événement aussi nébuleux que ce qui s’est passé avec ses deux vols récents – a pris fin le sixième sommet des BRICS et de certains pays membres de l’UNASUR, notamment la Colombie et le Pérou [].

Un jour avant le tir du missile mortel, Obama a augmenté la pression exercée contre la Russie et ses deux ressources inextricables que sont les banques et les ressources énergétiques. « Pure coïncidence », le jour où le mystérieux missile a été tiré en Ukraine, « Nétanyahu, à la tête d’un État possédant l’arme nucléaire, a donné l’ordre à son armée d’envahir la bande de Gaza », comme l’a si bien fait remarquer Fidel Castro dans sa dénonciation du gouvernement putschiste ukrainien qu’il a accusé d’avoir manié une « forme inédite de provocation » sous la férule des États-Unis [].

Que peut bien donc savoir de cette affaire le vieil empêcheur de tourner en rond des Antilles ?

Alors que le mystérieux missile mettait en miettes l’avion de la Malaysia Airlines, Israël, un État raciste et ségrégationniste, envahissait la bande de Gaza, contrevenant ainsi aux résolutions de l’ONU et « se mettant à dos l’opinion publique internationale », comme l’a déclaré l’ex-président Bill Clinton [].

Simultanément à la « coïncidence » (dixit Castro) des objectifs géopolitiques concernant l’Ukraine et la bande de Gaza, les affrontements de type confessionnel et pour le contrôle des ressources énergétiques ont pris de l’ampleur dans les trois pays arabes jugés « défaillants » par les stratèges états-uniens que sont la Libye, la Syrie et l’Irak, sans parler des guerres au Yémen et en Somalie.

En Libye, pays balkanisé et anéanti en raison de l’intervention « humanitaire » menée par la Grande-Bretagne et la France sous la supervision hypocrite des États-Unis, les milices rebelles des brigades Zintan ont barré, rien que deux jours avant le tir du mystérieux missile en Ukraine, tous les accès à l’aéroport international de Tripoli (la capitale), tandis que se sont multipliés les affrontements entre les clans rivaux à Benghazi d’où provenaient les armes destinées aux djihadistes de Syrie et d’Irak et où l’ambassadeur des États-Unis a bizarrement été assassiné.

Au-delà de l’interconnexion des flux d’armes entre la Libye, la Syrie et l’Irak dans la région d’Al-Qaïda/Al-Nusra et du nouveau califat de l’Émirat islamique (Daesh) [], l’essentiel pour les multinationales du pétrole, du gaz et de l’eau états-uniennes, britanniques et françaises est de contrôler les matières premières (gaz et eau douce) de la Libye où la Russie et la Chine se sont naïvement fait avoir [].

Quant à l’appropriation du pétrole irakien par le couple Grande-Bretagne–États-Unis, qui a valu à l’Irak, pays également balkanisé et anéanti, « une guerre de 30 ans », il serait mortellement ennuyant de revenir sur cette évidence.

Lors de mon récent séjour à Damas où j’ai été interviewé par Thierry Meyssan, le président du Réseau Voltaire, celui-ci m’a confié que la soudaine volte-face de « l’Occident (quoi que l’on entende par là) » contre Bashar El Assad est due en grande partie – en plus des gisements de gaz se trouvant sur la côte méditerranéenne – à la pléthore de gisements de pétrole que possède la Syrie à l’intérieur du pays, gisements qui sont désormais contrôlés par le « nouveau califat du XXIe siècle (Daesh) ».

L’interdépendance entre le pétrole et le gaz refait surface à Gaza cinq ans après l’opération « Plomb durci », dont l’opération « Bordure protectrice » (sic) en cours a repris la stratégie sans qu’une enquête ait établi de manière concluante qui sont les responsables de l’horrible assassinat de trois jeunes israéliens – comme l’avait prévu, de manière prémonitoire, Tamir Pardo, le chef « visionnaire » du Mossad [] – et qui a servi de prétexte à une énième invasion israélienne de la bande de Gaza et causé la mort d’un grand nombre d’enfants.

Pour le géographe Manlio Dinucci, du journal italien Il Manifesto  [], la pléthore de gisements de gaz dont regorge la zone maritime de la bande de Gaza est l’une des raisons de l’irrédentisme israélien.

Tout comme la pléthore de gisements de gaz de schiste dont regorge la République autonome de Donetsk, qui cherche à se séparer de l’Ukraine ou à se fédérer avec elle, est à l’origine de la féroce guerre psychologique que se livrent les médias pro-UE et prorusses pour rejeter sur l’adversaire la responsabilité de l’explosion de l’avion de la Malaysia Airlines. Ne pourrait-il pas s’agir d’une opération montée par le gouvernement ukrainien pour incriminer les séparatistes à l’aide « d’enregistrements » qui peuvent très bien avoir été trafiqués pour pouvoir les accuser de « terrorisme » et ainsi les anéantir ?

Cela fait deux mois que la chaîne Russia Today (RT), de plus en plus regardée en Amérique latine pour contrer la désinformation des médias israélo–anglo-saxons —ce qui lui a valu d’être vouée aux gémonies par le secrétaire d’État John Kerry— souligne l’importance du gaz de schiste dans la région de Donetsk (la partie orientale de l’Ukraine qui veut obtenir son indépendance) et se demande si « les intérêts des pétrolières occidentales ne seraient pas derrière la violence » [].

En effet, la partie orientale de l’Ukraine, aujourd’hui en pleine guerre civile, regorge « de charbon et d’une myriade de gisements de gaz de schiste dans le bassin de Dnieper-Donets ». En février 2013, la pétrolière britannique Shell a signé avec le gouvernement ukrainien (le précédent, celui qui a été déposé par un coup d’État néonazi soutenu par l’UE) un accord de répartition des profits d’une durée de 50 ans pour la prospection et l’extraction du gaz de schiste dans la région de Donetsk [].

D’après la chaîne RT, « les profits que Kiev ne veut pas perdre » sont tels que le gouvernement ukrainien a entrepris une « campagne militaire [disproportionnée] contre sa propre population ».

L’année dernière, Chevron a signé un accord similaire (avec le même gouvernement déposé) d’une valeur de 10 milliards de dollars.

Hunter Biden, le fils du vice-président des États-Unis, vient d’être nommé au conseil d’administration de Burisma, le plus gros producteur de gaz privé (supersic) en Ukraine [], ce qui « donne une nouvelle perspective à l’exploitation du gaz de schiste ukrainien » dans la mesure où « il est détenteur de permis qui couvrent le bassin de Dnieper-Donets ». John Kerry ne demeure pas en reste en ce qui a trait à la répartition des profits et Devon Archer, son ancien conseiller et colocataire de son beau-fils, s’est joint en avril à Burisma, cette entreprise qui suscite la polémique.

Les « permis » d’aliénation cadastrale pour exploiter le gaz de schiste ukrainien peuvent-ils servir de « permis de tuer » des innocents ?

La fracturation hydraulique est-elle en train de fracturer l’Ukraine ? Telle a été une constante de la tragique histoire de l’exploitation des hydrocarbures par les pétrolières « occidentales » au XXe siècle.

Force est de constater que les hydrocarbures constituent le dénominateur commun des guerres en Ukraine, en Irak, en Syrie et en Libye.

Alfredo Jalife-Rahme

Traduction

Arnaud Bréart

Source

La Jornada (Mexique)

[] « Vers une nouvelle architecture financière », par Ariel Noyola Rodríguez, Réseau Voltaire, 1er juillet 2014. Sixth BRICS Summit : Fortaleza Declaration and Action Plan”, Voltaire Network, 16 July 2014. « Momento BRICS en Fortaleza », par Alfredo Jalife-Rahme, 17 juillet 2014.

[] « Fidel Castro : El derribo de avión malasio es una « provocación insólita » de Ucrania », Russia Today (canal espagnol), 17juillet 2014.

[] AFP, 17/07/14.

[] « Un djihad mondial contre les BRICS ? », par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Arnaud Bréart, La Jornada (Mexique), Réseau Voltaire, 18 juillet 2014.

[] « El botín del saqueo en Libia : « fondos soberanos de riqueza« , divisas, hidrocarburos, oro y agua », par Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 28 août 2011.

[] « Le chef du Mossad avait prédit l’enlèvement de trois jeunes Israéliens », par Gerhard Wisnewski, Traduction Hélène, Réseau Voltaire, 8 juillet 2014.

[] « Gaza : le gaz dans le viseur », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 17 juillet 2014.

Shale gas and politics : Are Western energy giants’ interests behind Ukraine violence ? », Russia Today (canal anglais), 17 mai 2014.

[] « L’Ukraine brade son secteur énergétique aux Occidentaux », par Ivan Lizan, Traduction Louis-Benoît Greffe, Однако (Russie), Réseau Voltaire, 2 mars 2013.

[] « En Ukraine, le fils de Joe Biden joint l’utile à l’agréable », Réseau Voltaire, 14 mai 2014.

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2-La guerre de religion a commencé

http://www.thierry-desjardins.fr/2011/01/la-guerre-de-religion-a-commence/

03/01/11

Il serait grand temps que nous nous apercevions –enfin- qu’une nouvelle guerre de religion a éclaté et, cette fois, à l’échelle planétaire. Les Islamistes massacrent les Chrétiens en Egypte, en Irak, aux Philippines, en Indonésie, au Pakistan, au Nigéria, un peu partout.

http://blog.rc.free.fr/blog_invites/thierry%20desjardins.jpg

Thierry Desjardins

Journaliste et Reporter, né en 1941,

Directeur général adjoint du Figaro.

Auteur d’un nombre considérable d’ouvrages politiques.

Lauréat de l’Académie française.

Prix Albert Londres 1975.

Prix Louis Pauwels 2000.

Malraux avait dit : « Le XXIème siècle sera religieux ou il ne sera pas ». On a bien l’impression que ce siècle qui commence va voir le déchaînement sans pitié d’un Islam renaissant voulant dominer le monde et faire payer à la civilisation chrétienne les quelques siècles pendant lesquels elle a régné sur la planète.

Cette haine du chrétien dépasse de beaucoup tous les problèmes de la foi. En s’attaquant aux églises, aux prêtres, aux religieuses, aux fidèles, les Islamistes veulent abattre la civilisation occidentale, la démocratie, le capitalisme, ce qu’ils appellent le « néo-colonialisme », la parité hommes-femmes, les Droits de l’Homme, le progrès tel que nous le concevons.

Le XXème siècle a été marqué par l’affrontement est-ouest, le bloc communiste contre les pays « libres ». Marx, Lénine et Staline se sont effondrés d’eux-mêmes sous les incohérences, bien souvent monstrueuses, de leur idéologie. Mais ils ont aussitôt été remplacés par Allah et son Prophète. Le Coran a pris la place du Capital, le drapeau vert de l’Islam celle du drapeau rouge, les imams prédicateurs des mosquées celle des commissaires politiques. Le XXIème siècle sera une guerre sans merci car les foules immenses du Tiers-monde islamisé (et des banlieues de nos grandes métropoles) sont autrement plus dangereuses que ne l’ont jamais été les chars du Pacte de Varsovie.

Nous pleurons, avec nos larmes de crocodiles habituelles, les Coptes massacrés à Alexandrie et les Chrétiens assassinés à Bagdad. Mais nous restons les bras ballants.

Il faut bien dire qu’on voit mal ce que nous pourrions faire. Ce n’est plus guère le temps des croisades et nos dernières expériences en Afghanistan ou en Irak (où nous commençons à regretter la belle époque de Saddam Hussein qui savait, lui, au moins, faire respecter la laïcité baasiste) n’ont pas été très concluantes c’est le moins qu’on puisse dire. Il est bien loin le temps où Napoléon III pouvait envoyer un corps expéditionnaire protéger les Maronites du Liban que massacraient les Druzes.
Mais au moins restons lucides et surtout arrêtons de ressortir une fois de plus la fameuse « repentance » qui nous sert désormais pour maquiller toutes nos lâchetés.

Hier, un imbécile de service nous a longuement expliqué à la télévision que si les Islamistes égyptiens massacraient les Coptes c’était parce que ces Chrétiens de la vallée du Nil étaient « les représentants de l’Occident », « les ambassadeurs de la culture européenne », les symboles vivants du capitalisme, du néocolonialisme, du dollar et du coca-cola. En un mot, les ultimes survivants de l’époque coloniale. Autant dire, à l’en coire, que les Islamistes avaient parfaitement raison de vouloir éliminer ces survivances d’un passé détesté.

L’imbécile était, en plus, un inculte. Les Coptes sont les descendants du peuple des Pharaons. « Copte » veut dire « égyptien ». Ils étaient sur les bords du Nil bien avant la conquête arabe et musulmane. S’ils sont plus nombreux au sud, entre Assiut et Assouan, c’est précisément parce qu’ils ont fui les cavaliers conquérants venus d’Arabie. Ils avaient leurs églises bien avant que nous ne construisions nos cathédrales.

On peut d’ailleurs dire exactement la même chose de tous les Chrétiens d’Orient qu’ils soient catholiques (de rite d’Antioche, de rite syriaque comme les Maronites libanais, de rite byzantin, de rite arménien, de rite d’Alexandrie) ou « non chalcédoniens » comme les Coptes, ou Orthodoxes (ayant leur patriarcat soit à Istanbul, soit à Alexandrie, soit à Jérusalem, soit à Damas). Tous sont « chez eux » dans ces pays-là depuis des millénaires, certains parlant encore l’araméen, la langue du Christ. En faire des ambassadeurs de l’Occident, des représentants du capitalisme colonial est évidemment une absurdité. Même si, en effet, ils sont « de culture chrétienne ». Mais ils l’étaient avant nous.

Nous ne pouvons rien faire pour les protéger mais au moins ne les trahissons pas en reprenant à notre compte les accusations odieuses de leurs assassins. Nous pouvons les accueillir, comme nous nous devons d’accueillir tous ceux qui sont persécutés. Beaucoup ont déjà fui leur pays. Mais, en tous les cas, ne continuons pas à nous boucher les yeux, à parler de « l’amitié islamo-chrétienne », d’un « Islam à l’occidental », de « la cohabitation harmonieuse des trois monothéismes ».

Soyons intransigeants avec les règles de notre laïcité (qui ne doit rien avoir de « positif », quoi qu’en pense Sarkozy) mais ne nous laissons entraîner ni vers la stigmatisation ni vers la discrimination (surtout si elle devait être « positive », comme le souhaite encore le même Sarkozy) car ce serait, évidemment, faire le jeu des fanatiques.

Aujourd’hui, la grande mode est d’évoquer, d’invoquer à tout bout de champ « les années les plus sombres de notre histoire ». C’est souvent absurde et parfois odieux. Mais s’il y a une leçon qu’il ne faut jamais oublier c’est bien celle de Munich. Churchill avait dit : « Ils ont préféré le déshonneur à la guerre et ils auront les deux ». Il ne faut jamais tenter de pactiser avec ceux qui vous ont déclaré la guerre.

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3-Comment les Saoudiens ont largement contribué à enflammer le Moyen-Orient à grands coups de wahhabisme

http://www.atlantico.fr/decryptage/comment-saoudiens-ont-largement-contribue-enflammer-moyen-orient-grands-coups-wahhabisme-1703173.html#yfiOlsg6pGdcvY0u.03

13 Août 2014

En contribuant au développement d’un islam radical dans le monde, l’Arabie saoudite s’est rendue responsable de la montée en puissance de l’Etat islamique en Irak et au Levant, celui-là même qui la menace aujourd’hui.

Comment les Saoudiens ont largement contribué à enflammer le Moyen-Orient à grands coups de wahhabisme

Le roi Abdallah

Atlantico : Depuis la fin de la Guerre Froide, de nombreuses mosquées et écoles coraniques wahhabites ont été financées par l’Arabie saoudite dans les Balkans, modifiant ainsi la culture musulmane locale d’inspiration soufie vers le wahhabisme, pratique radicale de l’islam, rapporte un article du Financial Times (lire ici en anglais). Dans quelle mesure l’Arabie saoudite, dans son approche du wahhabisme, a-t-elle participé au développement d’un terrain favorable pour des groupes comme l’Etat islamique en Irak et au levant ? Quels sont les précédents historiques ?

Alain Rodier : Le financement des groupes djihadistes par l’Arabie saoudite a débuté lors de la guerre menée contre les soviétiques qui ont envahi l’Afghanistan en 1979.

Le but était de bouter les infidèles russes hors de ce pays musulman. Cela s’est fait avec la coopération des Pakistanais avec lesquels Riyad a toujours entretenu d’excellentes relations. Toutefois, les Saoudiens ont également soutenu par la suite des mouvements islamistes opposés au pouvoir en place à Islamabad. Il est vrai que cette aide destinée aux populations des zones tribales pakistanaises (situées au nord-ouest du pays) était parfois détournée à l’insu de ses donateurs.

Par contre, Riyad n’a pas apprécié le fait qu’Oussama Ben Laden, qui était en contact avec les services spéciaux saoudiens, commence à « ruer dans les brancards » après la fin de la guerre. A noter que sa notoriété de l’époque venait du fait de son appartenance à une importante famille qui était proche de la famille royale saoudienne. Son passé « héroïque » n’est qu’une construction qui est venue étayer sa légende après coup. Riyad l’a déclaré indésirable et il est allé se réfugier au Soudan en 1993. La rupture totale est intervenue lorsque les Américains se sont installés en Arabie saoudite lors de la guerre du Golfe en 1990/1991. Il n’a pas compris la realpolitik menée par la famille royale qui avançait son wahhabisme pur et dur mais tolérait la présence de soldats impies en terre sainte.

Parallèlement à cela, l’Arabie saoudite finançait dans l’ensemble du monde musulman la construction de mosquées via des organisations caritatives afin d’y étendre son influence, en particulier pour contrecarrer celle de Téhéran et des Frères musulmans, déjà considérés comme des adversaires. Ces opération se sont poursuivies jusqu’à ce jour, même en Occident. Il convient de comprendre ce fait dans la lutte sourde que Riyad mène contre les Frères musulmans (en particulier bien représentés au Qatar).

En Syrie, Riyad s’est vite rendu compte du danger représenté par l’EIIL et a créé le « Front Islamique » (FI) pour faire barrage. Force est de constater que cette initiative n’a pas été couronnée de succès malgré la campagne de désinformation qui a eu lieu en 2013. A savoir que la propagande de la rébellion prétendait que l’EIIL était en retrait alors que ce mouvement qui s’était étendu géographiquement très (trop?) rapidement, ne faisait que se regrouper sur des positions où il était en force. Depuis, il est reparti à l’offensive et devrait encore gagner du terrain dans ce pays. A noter que Damas, qui avait favorisé l’émergence de l’EIIL à des fins tactiques (pour affaiblir les rebelles en les divisant) en libérant nombre de prisonniers qui l’ont rejoint et en ne le combattant pas énergiquement, s’en mord les doigts aujourd’hui. Il faut dire qu’au départ, l’EIIL n’était pas présent dans des zones jugées comme stratégiques par le régime syrien.

En quoi le califat menace-t-il aujourd’hui l’Arabie saoudite ? 

Comme Al-Qaida, l’EI conteste la famille royale saoudienne en prétendant que ses membres sont des corrompus aux ordres des Etats-Unis et d’Israël. Le souhait du calife Ibrahim est de renverser la famille royale pour y étendre son califat. Cette terre de djihad n’est pas aujourd’hui à l’ordre du jour du califat qui essaye de consolider sa « base arrière »située à cheval sur la Syrie et l’Irak. Ses objectifs à moyen terme sont plus le Liban, la Jordanie et le Sinaï. De cette dernière terre, il pourra s’en prendre au régime égyptien et à Israël, la cause palestinienne semblant être un de ses moteurs alors qu’Al-Qaida ne s’y est jamais vraiment intéressé. Le problème pour l’EI est qu’ Al-Qaida est encore très influent au Yémen, qui sera la « base d’assaut » pour conquérir l’Arabie saoudite. Il est possible que l’EI tente de faire basculer les forces djihadistes qui y sont actives pour récupérer cette bataille à son compte.

Il ne faut pas oublier que c’est un combat de longue haleine. La notion du temps n’est pas la même en Orient qu’en Occident. Ce n’est pas un hasard si l’on voit des jeunes enfants dans les rangs de l’EI. Ils constituent la génération qui poursuivra le djihad de leurs pères. Ces derniers n’ont aucun espoir d’en voir le bout.

En revanche, ne peut-on pas considérer que l’Arabie Saoudite joue avec le feu, sachant que certains de ses citoyens financent le califat ?

Riyad a décidé, depuis un an environ, de condamner ceux qui vont mener le djihad en Syrie sans son approbation. Il faut inclure les combattants mais aussi les financiers. La menace est considérée comme trop importante par le régime pour qu’il persiste à tergiverser. D’ailleurs, il semble que les « riches donateurs » sont maintenant plus issus du Koweït que de l’Arabie saoudite. Cela dit, il est difficile de contrôler étroitement tous les cheikhs saoudiens dont certains ne portent pas la famille royale dans leur coeur.

Si le djihad mené par Abou Bakr al-Baghdadi, le calife autoproclamé, menace l’Arabie Saoudite, d’un point de vue théologique, l’islam revendiqué par le califat est-il réellement différent de l’orthodoxie wahhabite ?

Sur le plan théologique, c’est identique. Riyad fait preuve de pragmatisme, c’est tout. La différence entre wahhabisme et salafisme est ténue.

Quelles sont les autres sources du développement d’un islam radical au Moyen Orient ? 

De moins en moins d’instances étatiques soutiennent l’islam radical combattant au Moyen Orient car elles savent qu’elles sont considérées comme « corrompues ». L’objectif des djihadistes internationalistes est de les abattre. Cela dit, des individus isolés semblent encore y trouver leur compte. L’EI tire beaucoup de ses revenus des productions des installations pétrolière qu’il a saisies.

Quelle importance les tensions entre les chiites et les sunnites ont-elles dans ce développement ?

Globalement, les sunnites haïssent les chiites, considérés comme des « apostats », c’est-à-dire des traîtres à l’islam. L’inverse n’est pas vrai, mais les chiites, via l’Iran, ont tenté d’étendre leur influence dans le monde, ce qui a été très mal perçu par les sunnites. Ces derniers se sont sentis agressés. Le phénomène de « peur » est une récurrence dans l’Histoire.  

Quel fut le rôle joué par la révolution islamique chiite de 1979 en Iran dans l’attitude prosélyte de l’Arabie saoudite ? Qu’en est-il de l’invasion de l’Irak en 2003 ?

L’Arabie saoudite n’a pas apprécié la volonté expansionniste de l’Iran après la révolution de 1979

En réalité, sa première réaction a été défensive (le fameux phénomène de « peur »). Mais la meilleure défense étant dans l’attaque …

L’invasion de l’Irak en 2003 par les Etats-Unis a été provoquée et aidée par les services de renseignement iraniens. Le pouvoir en place à Téhéran était ravi de voir les Etats-Unis s’embourber en Irak (la menace que Washington faisait peser sur l’Iran avait diminué d’autant) et surtout, cela leur permettait de se débarrasser de leur vieil ennemi Saddam Hussein.

Les Etats-Unis, et plus largement l’Occident, alliés de Riyad, n’ont-ils pas également une part de responsabilité dans la situation actuelle ? 

Tout le monde a une responsabilité dans ce qui se passe aujourd’hui. La visiondroit de l’hommiste sélective occidentale (qui s’est inquiété d’un quelconque respect des règles démocratiques en Arabie saoudite et dans les Etats du Golfe persique ?) a provoqué des déstabilisations de bon nombre d’Etats. En fait, les dirigeant occidentaux raisonnent à l’émotion, ce qui ne fait pas la base d’une politique étrangère. La prospective à long terme semble être absente des préoccupations des dirigeants occidentaux.

Lire aussi :

L’État islamique, le « Projet Califat » et la « Guerre mondiale contre le terrorisme »

http://www.mondialisation.ca/letat-islamique-le-projet-califat-et-la-guerre-mondiale-contre-le-terrorisme/5390077

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4-L’Irak accuse l’Etat islamique d’avoir assassiné au moins 500 Yézidis, dont certains enterrés vivants

http://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/offensive-jihadiste-en-irak/l-irak-accuse-l-etat-islamique-d-avoir-assassine-au-moins-500-yezidis-dont-certains-enterres-vivants_666923.html#xtor=EPR-51-[l-irak-accuse-l-etat-islamique-d-avoir-assassine-au-moins-500-yezidis-dont-certains-enterres-vivants_666923]-20140810-[titre]

10/08/2014

Ils auraient été ensevelis dans des fosses communes par les combattants jihadistes.

Des milliers de Yézidis fuient les combattants de l'Etat islamique à travers les monts Sinjar, dans le nord de l'Irak, le 9 août 2014.

Des milliers de Yézidis fuient les combattants de l’Etat islamique à travers les monts Sinjar, dans le nord de l’Irak, le 9 août 2014.

Le gouvernement irakien accuse, dimanche 10 août, les combattants de l’Etat islamique d’avoir assassiné plus de 500 membres de la minorité yézidie en Irak, avant de les ensevelir dans des fosses communes. Le ministre irakien aux droits de l’homme, Mohammed Shia al-Sudani, dit détenir la preuve selon laquelle des enfants et des femmes yézidis ont été enterrés vivants par les jihadistes.

Le ministre a confirmé qu’environ 300 femmes avaient été capturées afin d’en faire des esclaves.

Persécutée depuis des siècles, la minorité kurde yézidie est l’une des plus anciennes communauté du nord de l’Irak. Les racines des Yézidis (qui compteraient 500 000 à 600 000 membres) remonteraient à plus de 6 000 ans. Ils sont considérés comme des païens par la loi islamique (charia) et même comme des « adorateurs de Satan » par l’Etat islamique.

Lire aussi :

L’Etat islamique a enterré vivants 500 yazidis

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/08/10/97001-20140810FILWWW00068-l-etat-islamique-a-enterre-vivants-500-yazidis.php

Etat islamique en Irak : décapités, crucifiés ou exécutés, les yézidis sont massacrés par les djihadistes

https://fr.news.yahoo.com/etat-islamique-irak-d-capit-s-crucifi-s-123246274.html

Irak : des centaines de femmes yézidies otages des jihadistes, selon le gouvernement irakien

http://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/ikra-des-centaines-de-femmes-yezidies-otages-des-jihadistes-selon-le-gouvernement-irakien_666139.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20140809-[lestitres-coldroite/titre3]

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5-Irak : l’ONU prend des mesures contre les djihadistes

http://www.lepoint.fr/monde/irak-l-onu-prend-des-mesures-contre-les-djihadistes-16-08-2014-1854203_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Mi-journee]-20140816

Le Point.fr – Publié le 16/08/2014

La résolution adoptée vendredi soir est la mesure la plus concrète prise à ce jour par le Conseil de sécurité devant l’avancée des djihadistes.

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Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité une résolution qui vise à empêcher le recrutement et le financement des djihadistes en Syrie et en Irak.

L’ONU a adopté vendredi soir une résolution visant à contrer la progression fulgurante des djihadistes en Irak, et les États-Unis ont mené plusieurs frappes contre des positions de l’État islamique, soupçonné de nouvelles attaques meurtrières contre la minorité yazidie dans le nord du pays. La résolution du Conseil de sécurité, adoptée peu après que le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki a accepté de céder le pouvoir, réclame le désarmement et la dissolution immédiats de l’État islamique (EI) ainsi que du Front al-Nosra en Syrie, et des autres formations liées à al-Qaida.

La résolution vise à empêcher le recrutement et le financement des djihadistes en Syrie et en Irak. Le Conseil de sécurité de l’ONU a aussi ajouté les noms de six extrémistes, parmi lesquels des responsables de l’EI et du Front al-Nosra originaires d’Arabie saoudite ou du Koweït, sur une liste d’individus soumis à des sanctions internationales pour leurs liens avec al-Qaida. Ces sanctions consistent en un embargo sur les armes, des gels d’avoirs et une interdiction de voyager. Il s’agit de la mesure la plus concrète et la plus étendue prise à ce jour par le Conseil devant l’avancée de l’EI. Le texte est placé sous le chapitre VII de la charte des Nations unies, ce qui permet de recourir à des sanctions, voire à la force, pour le faire appliquer, mais n’autorise pas pour l’instant d’opération militaire.

 Parallèlement, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, réunis en urgence vendredi sous la pression de la France, se sont mis d’accord à Bruxelles sur la livraison d’armes aux forces kurdes qui combattent l’EI dans le nord de l’Irak.

Une attaque djihadiste de grande ampleur à Kawju

Sur le terrain, les États-Unis ont annoncé qu’un drone avait détruit deux véhicules de l’EI au sud de la ville de Sinjar (nord). Ces frappes font suite à des informations émanant des forces kurdes sur une attaque djihadiste de grande ampleur dans le village de Kawju, au sud de la ville de Sinjar, a expliqué Washington.

Par ailleurs, des responsables kurdes et yazidis, cités par plusieurs médias occidentaux, ont fait état d’un massacre qui aurait été perpétré vendredi par l’EI dans le village de Kocho, à une quarantaine de kilomètres de Sinjar. Les djihadistes auraient tué ou enlevé plusieurs dizaines de Yazidis après les avoir sommés de se convertir à l’islam, selon ces informations qui n’ont pas pu être confirmées de façon indépendante dans la nuit de vendredi à samedi.

Des dizaines de milliers de Yazidis, kurdophones non-musulmans, avaient trouvé refuge dans cette zone des monts Sinjar. La progression des djihadistes en Irak a poussé début août des dizaines de milliers de personnes, appartenant notamment aux minorités chrétienne et yazidie, à la fuite, après la chute de plusieurs villes proches du Kurdistan autonome.

« Grand pas en avant »

Devant cette avancée foudroyante et l’incapacité des forces gouvernementales à la stopper dans un pays miné par les divisions, les pressions internes et internationales se sont accrues sur Nouri al-Maliki, pour le pousser à céder le pouvoir. Ses détracteurs l’accusent d’avoir alimenté le chaos, surtout la montée en force des djihadistes, en menant une politique autoritaire excluant la minorité sunnite dans un pays majoritairement chiite.

Lâché par ses alliés américain et iranien, des membres de son propre bloc chiite et la plus haute autorité religieuse chiite du pays, Nouri al-Maliki a annoncé jeudi soir qu’il renonçait à un troisième mandat, cédant le pouvoir au Premier ministre désigné Haïdar al-Abadi, membre du même bloc politique appelé à former un gouvernement d’union. La décision de Nouri al-Maliki a été qualifiée de « grand pas en avant » par les États-Unis et de « pas historique » par l’ONU.

Au lendemain de son départ, d’importantes tribus sunnites ont pris les armes vendredi dans la province d’Al-Anbar frontalière de la Syrie (ouest) contre les insurgés, a affirmé le cheikh Abdeljabbar Abouricha, un chef tribal. Le général Ahmed Saddak, de la police d’Al-Anbar, a fait état du soutien des forces de sécurité gouvernementales à ce mouvement, affirmant : « Nous n’arrêterons pas avant la libération d’Al-Anbar », où les insurgés contrôlent plusieurs secteurs depuis janvier.

Depuis le 9 juin, l’EI s’est également emparé de pans entiers du territoire au nord de Bagdad, ne rencontrant presque aucune résistance des forces armées. Fort de ses succès en Irak et en Syrie, il a proclamé un califat à cheval entre les deux pays sur les zones qu’il contrôle et où il est accusé de persécution des minorités, d’exécutions sommaires et de viols.

« Aidez-nous ! »

Il y a une dizaine de jours, ce groupe extrémiste a avancé vers la région autonome relativement calme du Kurdistan (nord), chassant des dizaines de milliers de chrétiens et Yazidis de leurs villes. Les forces kurdes dépassées tentent, non sans grande peine, de les freiner.

Pour leur venir en aide ainsi qu’aux déplacés yazidis, les États-Unis, dans leur premier engagement militaire en Irak depuis le retrait de leurs troupes fin 2011, ont lancé le 8 août des frappes aériennes dans le Nord. À la faveur des raids, le président Barack Obama a annoncé jeudi que le « siège de l’EI a été brisé » dans les monts Sinjar. Il n’y aurait plus que 4 000 à 5 000 Yazidis dans cette zone, selon le Pentagone.

Des milliers de déplacés sont installés désormais dans des conditions très difficiles dans des camps au Kurdistan ou à la frontière syrienne, sans espoir d’un retour rapide chez eux. « Je suis peut-être en sécurité maintenant, mais j’ai perdu mon âme dans cette fuite », raconte Juno Khalaf, un Yazidi réfugié dans un camp en Syrie. « S’il vous plaît, aidez-nous. »

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6-Qui sont les Yézidis, nouvelle cible de l’Etat islamique en Irak ?

http://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/offensive-jihadiste-en-irak/qui-sont-les-yezidis-nouvelle-cible-de-l-etat-islamique-en-irak_665763.html

09/08/2014

La prise par l’Etat islamique de Sinjar, dans le nord de l’Irak, a poussé les Yézidis à fuir vers le Kurdistan, de crainte d’être persécutés.

Des Yézidis fuient la ville de Sinjar, le 3 août 2014, après des attaques de l'Etat islamique dans le nord de l'Irak.

Des Yézidis fuient la ville de Sinjar, le 3 août 2014, après des attaques de l’Etat islamique dans le nord de l’Irak.

L’armée américaine a bombardé les positions d’artillerie de l’Etat islamique en Irak, qui menaçaient leur personnel situé dans la région d’Erbil, vendredi 8 août. Plus tôt dans la journée, Barack Obama avait en outre autorisé des « frappes ciblées » pour « éviter un éventuel génocide ».

L’annonce du président américain intervient après une nouvelle offensive de l’Etat islamique, qui a poussé des centaines de milliers de Yézidis à quitter la région pour la région autonome irakienne du Kurdistan. Une partie de cette minorité religieuse menacée d’extermination par les jihadistes est toutefois coincée dans les montagnes de Sinjar, encerclées par les forces de l’Etat islamique. Des centaines de femmes yézidies ont par ailleurs été kidnappées, selon un porte-parole du ministère irakien des Droits de l’homme, dans le but d’être « mariées » ou « vendues » à des jihadistes.

Une minorité kurde vivant dans le nord de l’Irak

Les Yézidis constituent une des plus anciennes communautés du nord de l’Irak : leurs racines remonteraient à plus de 6 000 ans, selon le Telegraph (en anglais). On recense de 500 000 à 600 000 membres de cette minorité kurde dans tout le pays, selon France Inter.

Les Yézidis vivent principalement dans la vallée de Lalish, située au nord de Mossoul, rapporte Orient XXI. D’autres habitent les régions voisines de Ninive et du mont Sinjar. Une partie de la communauté yézidie a enfin migré vers la Syrie ou vers les pays du Caucase, comme la Géorgie et l’Arménie, au cours du XIXe siècle.

Des « adorateurs de Satan », selon l’Etat islamique

Les Yézidis pratiquent une religion syncrétique. Elle mêle un héritage soufi – un courant mystique de l’islam – et des éléments du judaïsme, du christianisme – les croyants sont baptisés – ou encore du zoroastrisme – la prière se fait face au soleil et non face à La Mecque.

La particularité des Yézidis réside dans leur supposée adoration de « Satan », selon les accusations des chrétiens et des musulmans. Ils vénèrent en effet Malek Taous, un « ange-paon » qui aurait déclenché une rébellion au paradis, explique le Telegraph. Une croyance qui rappelle la chute de Lucifer, précipité aux enfers par Dieu après s’être révolté, dans le christianisme et l’islam. Les Yézidis vouent en outre un culte aux serpents, traditionnellement associés au mal dans les religions monothéistes.

Les Yézidis sont considérés comme des païens selon la charia, la loi islamique, à cause de leur culte de l’ange-paon. Contrairement aux chrétiens ou aux juifs, qui peuvent obtenir un droit de cité à condition de se soumettre et de payer un impôt (c’est le statut de dhimmi), les Yézidis ne peuvent ni se convertir à la religion musulmane ni rester dans les zones contrôlées par les islamistes. « Ils sont (…) la minorité la plus détestée, méprisée et diabolisée au niveau religieux, pas parce qu’ils sont ‘alliés de l’Occident’ comme les juifs et les chrétiens, mais parce qu’ils sont les plus ‘mécréants' », explique le géopolitologue Alexandre Del Valle, interrogé par Atlantico.

Une minorité persécutée depuis des siècles

Les Yézidis d’Irak ont été persécutés dès le XIIIe siècle, rapporte Orient XXI. L’avancée des jihadistes de l’Etat islamique, réputés pour leur violence contre les chrétiens de Syrie, a donc provoqué la panique chez les membres de cette communauté. Selon Donatella Rovera, conseillère d’Amnesty Internationalpour les situations de crise, en mission en Irak, l’Etat islamique « utilise un mode d’action qui consiste à cibler délibérément les minorités irakiennes et d’autres personnes qu’il soupçonne de s’opposer à lui, et d’en enlever et séquestrer les membres ».

En plus des enlèvements rapportés par Amnesty International, les jihadistes auraient tué une trentaine de personnes lors de la prise de Sinjar, rapporte Rue89. Dans un tweet, Donatella Rovera cite un Yézidi bloqué dans les montagnes qui lui aurait déclaré : « L’Etat islamique a tiré sur mes deux filles alors que nous fuyions. L’une est morte sur le coup et l’autre ne reçoit aucun soin médical. » « Dans notre histoire, nous avons enduré 72 massacres. Nous craignons que Sinjar ne soit le 73e », a mis en garde une députée yézidie, elle aussi citée par la conseillère d’Amnesty.

Les jihadistes ont en outre détruit un sanctuaire yézidi, comme ils l’ont fait pour les lieux de culte d’autres minorités religieuses, selon une vidéo postée le 3 août :http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=F7bjTBLGOkE

Les Yézidis ont fait partie des premières communautés persécutées par les jihadistes, au même titre que les chrétiens d’Orient. Mais n’ayant « pas de relais en Occident », leur situation est restée méconnue de la communauté internationale, souligne France Inter.

Une communauté en exode

La prise de la principale ville de la communauté, Sinjar, dimanche 3 août, a provoqué l’exode de dizaines de milliers de Yézidis. Les combattants kurdes qui défendaient la ville étaient apparemment moins bien armés que les jihadistes, explique Rue89. La majorité des 200 000 Yézidis de la région a trouvé refuge au Kurdistan irakien, dont les combattants peshmergas constituent le dernier rempart contre l’Etat islamique.

Quelque 50 000 membres de la communauté sont toutefois coincés dans les montagnes désertiques de Sinjar, rapporte Bloomberg (en anglais). Ils ne disposent ni de nourriture, ni d’eau selon l’Unicef, qui signale que la moitié des Yézidis sur place sont des enfants. Plusieurs seraient déjà morts de déshydratation, selon le Washington Post (en anglais).

Les Yézidis ne peuvent quitter le mont Sinjar, toutes les routes alentour étant contrôlées par l’Etat islamique. Les peshmergas ont entrepris de libérer une route menant des montagnes à la ville de Rabia, qu’ils contrôlent, mais la contre-offensive prendra du temps, explique encore le Washington Post. Mais le temps est précisément ce dont les Yézidis ne disposent pas.

Lire aussi :

En Irak, « la situation des réfugiés est insoluble »

http://www.lemonde.fr/proche-orient/video/2014/08/14/en-irak-la-situation-des-refugies-est-insoluble_4471909_3218.html

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7-Syrie : l’État islamique filmé en exclusivité par Vice News

http://www.lepoint.fr/monde/syrie-l-etat-islamique-filme-en-exclusivite-par-vice-news-12-08-2014-1853235_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Mi-journee]-20140812

Le Point.fr – Publié le 12/08/2014

DOCUMENTAIRE VIDÉO. Le journaliste et réalisateur Medyan Dairieh a passé trois semaines avec les combattants du califat islamique. Des images angoissantes.

http://www.lepoint.fr/images/2014/08/12/irak-etat-islamique-2782145-jpg_2412401_652x284.JPG

Dans un documentaire en cinq parties, Vice News suit le quotidien de l’État islamique (EI).

Un reportage inédit à découvrir sur le site de Vice News et dont nous vous proposons un extrait. Attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes et des personnes non averties : http://bcove.me/55wcyyd0 .

Tirs au mortier, exécutions publiques, courses-poursuites armées et déambulation de la force militaire dans les rues… Dans un documentaire en cinq parties diffusé sur le site d’information Vice News, Medyan Dairieh est le premier et le seul journaliste à avoir pu suivre le quotidien de l’État islamique (EI), auparavant connu sous le nom d’État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Tournées caméra à l’épaule, les images de scènes de combat sont brutales et le rythme est soutenu. Medyan Dairieh a pu ainsi enquêter sur le fonctionnement interne de l’organisation et rendre compte de l’endoctrinement des enfants dans le djihad.

Au nord de la Syrie, depuis la ville de Racca, à 200 kilomètres à l’est d’Alep, l’État islamique – un groupe djihadiste sunnite extrémiste anciennement lié à al-Qaida – a récemment pris le contrôle d’une large bande de territoire en Irak et en Syrie. Le groupe, qui adhère à la forme la plus stricte de la charia, a annoncé son intention de recréer un « califat » de l’époque médiévale qui s’étend à travers le Moyen-Orient et dans le reste du monde musulman. Dans cet État, qui ignore les frontières actuelles reconnues par l’ONU, le mystérieux Abou Bakr al-Baghdadi a été élevé au rang de calife.

« Tous veulent participer à l’établissement du califat »

« La vitesse et l’efficacité avec lesquelles ils ont avancé de Syrie en Irak ont surpris le monde entier. Ils ont capturé les villes de Mossoul et Tikrit, pillé les banques locales et saisi d’importants stocks d’armes fournies à l’armée irakienne par les États-Unis. Ses combattants, dont le nombre ne cesse de croître, viennent du monde entier. Tous veulent participer à l’établissement du califat », explique la voix off dans le reportage.

Dans les trois premiers épisodes déjà diffusés sur le média américain, des soldats armés de mitrailleuses lourdes et en position de tir sur des camionnettes ou sur des chars d’assaut sillonnent fièrement Racca. Medyan Dairieh y suit notamment des combattants djihadistes le long de la ligne de front avec l’armée syrienne. L’État islamique subit quotidiennement les bombardements du régime de Bachar el-Assad et assiège une base militaire défendue par la division 17, la plus grande unité gouvernementale encore présente dans l’est de la Syrie.

Des soldats armés parcourent Racca en camion et interpellent les passants en leur rappelant les règles de bonne conduite, par exemple dire à un mari que sa femme ne porte pas correctement son voile. Lors du ramadan, le respect du jeune pendant la journée ne souffre pas d’exceptions. Des visites-surprises sont effectuées dans les boutiques pour contrôler la nature de la viande ainsi que son juste prix. Le reportage montre aussi les témoignages d’hommes emprisonnés dans des mosquées pendant plusieurs jours et obligés de prier pour se « faire pardonner » pour avoir fumé ou consommé de l’alcool ou de la drogue.

À 10 ans, il souhaite devenir djihadiste et tuer les infidèles.

Le journaliste interroge également des habitants des régions conquises par l’État islamique venus prêter allégeance au nouveau « calife », Abou Bakr al-Baghdadi. De jeunes garçons rêvent de se battre pour le califat et de devenir djihadistes. Plus précisément, on y voit un djihadiste – qui se fait appeler « le Belge » – faisant réciter à son enfant de 10 ans venu du plat pays qu’il est prêt à devenir djihadiste et que la Belgique est un pays d’infidèles qui tuent les musulmans.

Medyan Dairieh, le journaliste auteur du documentaire refuse de répondre aux questions de ses confrères et garde une absolue discrétion sur les conditions du tournage. Quoi qu’il en soit, cet « État », jusqu’ici le plus fermé du monde, n’est plus terra incognita pour les opinions publiques occidentales. Leurs exactions sont désormais connues de tous. L’avancée de ces troupes motivées et entraînées va également compliquer un peu plus la situation dans la région : Bachar el-Assad s’est depuis plusieurs semaines inquiété de l’avancée de cette rébellion et la combat avec énergie et abnégation. Il aura beau jeu de rappeler qu’il fut le premier à alerter le monde des dangers de ce califat en cours de construction…

Voir la vidéo : (attention aux âmes sensibles)

L’Etat islamique en Irak…

http://gloria.tv/?media=642419&language=MnVpcnQGQh7

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8-Pourquoi les jihadistes de l’Etat islamique coupent-ils la tête de leurs adversaires ?

http://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/offensive-jihadiste-en-irak/pourquoi-les-jihadistes-de-l-etat-islamique-coupent-ils-la-tete-de-leurs-adversaires_669065.html

14/08/2014

A plusieurs reprises, les combattants de l’EI ont exhibé les têtes de soldats syriens et irakiens. Quelles motivations se cachent derrière une telle barbarie ?

Les combattants de l'Etat islamique paradent dans les rues de Racca (Syrie), le 30 juin 2014.

Les combattants de l’Etat islamique paradent dans les rues de Racca (Syrie), le 30 juin 2014.

Plantées sur les pics d’une clôture, les têtes de soldats syriens sont exhibées en plein centre-ville. Des badauds, téléphones portables à la main, immortalisent cette macabre exposition, pendant qu’un autre se bouche le nez. La scène,filmée par une équipe de Vice News et mise en ligne le 7 août, se passe à Racca (Syrie), capitale de l’Etat islamique (EI). Une photo, peut-être prise au même endroit, montre un jeune enfant brandissant la tête d’un soldat syrien.

Ces images témoignent une énième fois des atrocités commises par ce groupe qui contrôle une partie de la Syrie et de l’Irak. Ils ne sont bien sûr pas les premiers à couper des têtes. De la Rome antique à la guerre civile algérienne, en passant par la Révolution française ou le Japon de la deuxième guerre mondiale, le vainqueur a souvent coupé la tête du vaincu. Mais ce procédé reste la marque d’une barbarie d’autant plus glaçante qu’elle est ici volontairement exposée et médiatisée.

Pourquoi les jihadistes y ont-ils recours ? Quelles sont les motivations de ces mises en scène ? Francetv info a posé la question à des spécialistes du mouvement jihadiste.

Pour terroriser l’ennemi et les populations

Depuis le début de leur offensive en Irak, les combattants de l’Etat islamique « ne font pas de prisonniers », constate Alain Rodier, directeur de recherche au Centre français de recherche sur le renseignement, contacté par francetv info. Mais le souci d’éviter une gestion « coûteuse et compliquée » des prisonniers n’explique pas les décapitations : les victimes sont en effet essentiellement exécutées par balles. La décapitation, parfois post mortem, toujours mise en scène (exhibitions, vidéos sur internet), obéit à un autre objectif : gagner la bataille psychologique.

« Ces décapitations sèment la terreur chez l’ennemi et le poussent à s’enfuir sans combattre, analyse Antoine Basbous, fondateur de l’Observatoire des pays arabes, un cabinet de conseil. Cela permet de compenser le manque d’hommes dans les rangs de l’Etat islamique. C’est ‘moins de forces, plus d’effets’. » Cette terreur, combinée à la désorganisation de l’armée irakienne, explique le succès de l’EI. « Cette arme fonctionne très bien en Irak : avant leur arrivée, on entend parler d’eux », abonde Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen.

Cette arme n’est pas seulement destinée aux ennemis de l’extérieur. Elle permet de soumettre à l’Etat islamique les populations des zones qu’il contrôle. En Syrie, dans la région de Deir Ezzor, l’EI a exposé début août les têtes de trois membres d’une tribu rivale dans le village d’Al-Jurdi, rapportel’Observatoire syrien des droits de l’homme (en anglais). « Quand vous êtes un villageois et que vous voyez ça, vous vous dites : ‘je serai peut-être le suivant si je ne me soumets pas' », résume Antoine Basbous.

Attention : cette vidéo est susceptible de heurter votre sensibilité.

http://www.blu-news.org/2014/08/08/der-westen-muss-umdenken-aber-richtig/

Capture d'écran de la vidéo où l'on voit les têtes de soldats syriens exhibées à Racca (Syrie).

La photo de ce petit garçon, utilisée ici dans un article du journal « The Australian », a été retirée de Twitter, et le compte de son père fermé (capture d’écran).  (THE AUSTRALIAN)

Pour écraser la concurrence

Cette violence permet à l’EI d’affirmer sa suprématie sur les autres groupes jihadistes qui pullulent en Syrie. « C’est une carte de visite dans la compétition entre les mouvements radicaux. Celui qui est le plus brutal est probablement celui qui a la plus grande force d’attraction », estime Hasni Abidi. « Il y a une surenchère dans l’horreur, constate Myriam Benraad, spécialiste de l’Irak au Centre d’études et de recherches internationales (Ceri). Ils procèdent à des actes barbares pour s’imposer comme le groupe jihadiste le plus dur. »

Rester sur la première marche du podium facilite en effet le recrutement de combattants pour l’Etat islamique. Le groupe, qui s’appelait auparavant l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), est l’un des rares à accueillir à bras ouverts les combattants venus du monde entier. La plupart des Français partis combattre en Syrie, comme Mounir, TewffikNicolas et Jean-Daniel, l’ont d’ailleurs fait sous la bannière de l’EIIL.

Parce qu’ils interprètent le Coran « à leur sauce »

L’Etat islamique n’est pas le premier groupe jihadiste coupeur de têtes. Son ancêtre, Al-Qaïda en Irak, a décapité de nombreux otages dans les années 2000, tout comme le Groupe islamique armé (GIA) algérien dans les années 1990. Outre l’objectif d’inspirer la terreur par un acte barbare, la décapitation a des motivations historiques et religieuses. Comme l’expliquaitJeune Afrique en 2004, elle fait partie de l’histoire de l’islam, avec notamment plusieurs intellectuels décapités au Xe siècle. On trouve également sa trace dans deux sourates du Coran (8, verset 12 et 47, verset 4) où il est conseillé de frapper ses adversaires au cou.

Ces éléments permettent aux jihadistes de justifier leur barbarie par la religion. « Chacun interprète les écrits à sa sauce. Il y a ceux qui vont sortir du Coran les versets qui appellent à la tolérance religieuse, d’autres vont au contraire mettre en avant les versets belliqueux qui appellent à contraindre les non-croyants », explique Antoine Basbous. « Le contexte du début de l’islam, caractérisé par des conquêtes, n’est pas le même, rappelle Myriam Benraad. Il y a une dérive dans l’interprétation de ces textes pour justifier tout et n’importe quoi. »

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9-Irak : les djihadistes contrôlent le barrage de Mossoul

http://www.lepoint.fr/monde/irak-les-djihadistes-controlent-le-barrage-de-mossoul-08-08-2014-1852387_24.php#xtor=[EPR-34]

Le Point.fr – Publié le 08/08/2014

En prenant le plus grand barrage d’Irak, les insurgés ont désormais la main sur l’approvisionnement en eau et en électricité dans une vaste zone.

http://www.lepoint.fr/images/2014/08/08/nic-2777227-jpg_2408196_652x284.JPG

Le barrage au nord de Mossoul serait désormais aux mains des djihadistes.

Les djihadistes de l’État islamique (EI) se sont emparés jeudi du plus grand barrage d’Irak, au nord de Mossoul, et contrôlent ainsi désormais l’approvisionnement en eau et en électricité d’une vaste zone, ont annoncé des responsables vendredi. « Le barrage de Mossoul est aux mains des insurgés depuis hier [jeudi] soir », a déclaré Holgard Hekmat, porte-parole des forces kurdes peshmergas qui contrôlaient jusqu’alors l’installation. Cette information a été confirmée par le chef du conseil provincial de Ninive (nord), dont Mossoul, prise par les djihadistes début juin, est la capitale. « Des combats féroces ont eu lieu, et l’EI a finalement pris le contrôle du barrage », a déclaré à l’AFP Bachar Kiki.

Le barrage sur le fleuve Tigre, situé sur la rive sud du lac de Mossoul, à quelque 50 kilomètres au nord de la ville, fournit de l’eau et de l’électricité à la majeure partie de la région et est indispensable à l’irrigation de vastes zones de culture dans la province de Ninive.

L’EI utilise les barrages comme des armes

En 2007, l’ambassadeur américain Ryan Crocker et le commandant des forces américaines en Irak David Petraeus avaient mis en garde contre les conséquences d’une catastrophe au barrage, affirmant qu’il menaçait de s’effondrer. « Une défaillance catastrophique du barrage de Mossoul aurait pour conséquence des inondations le long du fleuve Tigre jusqu’à Bagdad », avaient-ils écrit dans une lettre au Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

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