Les sanctions dans tous leurs états

Par La Voix de la Russie | La première semaine qui a suivi l’embargo russe sur les produits agroalimentaires en provenance de l’UE et des États-Unis s’est déroulée dans le calme, les prix ne se sont pas envolés, les produits interdits d’importation sont encore en stock et les nouveaux fournisseurs se pressent littéralement la porte.

Le 8 août, la Russie a limité les importations d’une série de produits provenant des pays ayant décrété les sanctions contre Moscou et notamment des États-Unis, de l’UE, du Canada, d’Australie et de Norvège. La liste inclut le boeuf, le porc, les légumes, les fruits, les volailles, les fromages et les produits laitiers et les noix.

La perte du grand marché russe sera assez sensible pour l’Occident, estime Yakov Mirkine, analyste de l’Institut de l’économie mondiale et des relations internationales :

Cela signifie de gros ennuis pour certains pays, d’autant plus que la Russie occupe le premier rang pour les importations de boeuf, de porc et de volailles, le premier et le deuxième rang pour les fromages et les produits laitiers, le premier rang pour les aliments pour le bétail et le 8e pour l’huile d’olive.

Moscou a eu ras le bol de se sentir dans la peau d’un élève modèle agressé par une bande d’énergumènes. Se souvenant de l’art martial national Sambo, les Russes en ont fait une démonstration qui a eu pour effet de remettre immédiatement les voisins à la raison. Aussi, ont-ils commencé à parler d’une seule voix des « vertus de l’amitié ».

L’UE qui s’est tiré dans le pied, s’est accroché aux basques des Latino-Américains pour les dissuader de se substituer aux exportations européennes vers la Russie mais s’est heurtée à un refus catégorique. En effet, pourquoi se priveraient-ils de l’immense et prometteur marché russe ?

En décrétant des sanctions économiques contre la Russie en rapport avec la situation en Ukraine, l’UE s’est fait du tort à elle-même, a déclaré le premier ministre hongrois Victor Orban. « La politique des sanctions antirusses pratiquée par l’Occident fait plus de tort à nous-mêmes qu’à la Russie. C’est ce qu’on appelle « se tirer dans le pied » en politique, a-t-il ajouté.

Le conseiller du président russe Victor Glaziev a fait savoir que les pertes de l’Union Européenne résultant des sanctions, pourraient atteindre 1 trillion d’euros et ceci au moment où son économie se porte plutôt mal, à en juger par le taux de chômage de 10,2 % en juin, le taux d’inflation annuel de 0,7 % et le PIB qui ne s’est accru que de 0,3 % dans le premier trimestre par rapport au trimestre précédent.

Mais il y a plus grave que la guerre des sanctions qui se déroule sous nos yeux, estime Dimitri Danilov de l’Institut de l’Europe de Moscou. Il s’agit d’une réorientation géopolitique à la fois de la Russie et de l’UE. L’Europe risque de perdre la Russie en qualité de partenaire stratégique fiable.

La Russie est en train d’opérer un retour à l’état de « forteresse assiégée », quand elle est obligée de se défendre et pas seulement en mettant à profit son aviation et ses armes nucléaires mais encore économiquement, en cherchant de nouveaux partenaires et en se renforçant financièrement.

Par ailleurs, ce sont les États-Unis qui ont littéralement tordu le bras aux Européens pour les forces à décréter les sanctions. Pour ce faire, Obama avait même entrepris une tournée européenne en faisant du chantage à la solidarité otanienne.

Mais tous ne partagent même pas même opinion sur cette solidarité à sens unique. Aussi, Philippe de Villiers, homme politique et entrepreneur français de renom qui avait rencontré la veille Vladimir Poutine au palais de Lévadhia en Crimée, s’est déclaré sûr que l’avenir du continent européen se trouvait non pas en Amérique » mais en Europe elle-même, y compris en Russie.

Source : http://french.ruvr.ru/2014_08_16/Les-sanctions-dans-tous-leurs-etats-0887/

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