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A moins de trois mois du 12ème anniversaire du 19 septembre 2002, Tuo Fozié, ex-chef de guerre de l’ex-rébellion ivoirienne et actuellement préfet de la région du Boukani, préfet du département de Bouna, est sorti de sa réserve.

A l’occasion du  lancement de la 3ème édition des activités socioculturelles de la ville de Bondoukou, dénommées “village vacances 2014″, dont il était le parrain, le commandant des forces républicaines est revenu sur sa participation à la rébellion du 19 septembre 2002.  Selon l’Agence ivoirienne de presse (Aip) qui donne l’information, l’ex-chef rebelle se dit “prêt à assumer” ses responsabilités dans la crise militaro-politique du 19 septembre 2002 qu’a vécue la Côte d’Ivoire. «Acteurs clés que nous sommes au sein de cette crise, Fozié, accompagné d’autres personnes que vous connaissez ou pas, nous sommes prêts à témoigner, à assumer. Condamnez-nous si vous le voulez, pardonnez-nous si vous le voulez, pourvu que la Côte d’Ivoire ait la paix, que les cœurs soient apaisés, que la Côte d’Ivoire soit réconciliée», a affirmé Tuo Fozié, samedi à Bondoukou.

Pendant les temps de la rébellion, on reconnaissait l’adjudant chef Tuo Fozié par sa barbe hirsute qui donnait de lui l’image d’un Yéti, d’un vrai chef rebelle vindicatif, extrémiste et intransigeant. Même quand, à l’issue de la signature de l’accord de Marcoussis, il devient ministre dans le gouvernement Diarra, il aura tout le mal du monde à se défaire de cette image de chef rebelle. Aux premières heures de la rébellion, les chefs rebelles ont avancé avec des masques, jusqu’à ce que Guillaume Soro se déclare secrétaire général du Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI). Tous ont agi encagoulés et par moments, ils se permettaient des déclarations tonitruantes et guerrières sur les ondes des radios étrangères, sous des noms de code et des pseudonymes. Tous sauf un.

Le sous-officier Tuo Fozié a été le tout premier visage reconnu de la rébellion ivoirienne. Avec lui, les sergents-chef Ousmane Chérif et Messemba Koné. Plus de douze ans après, l’actuel préfet de la région du Boukani insiste et veut s’inscrire dans le processus de réconciliation prôné par le président Ouattara dès sa prise de pouvoir. «La majorité des Ivoiriens ignorent la réalité. Il faudrait un face-à-face à la télévision nationale pour que des responsabilités soient situées et que vous puissiez comprendre et pardonner ou condamner, au nom de la réconciliation et de la paix», a-t-il dit à l’Aip. C’est dans le cadre d’un vaste remaniement préfectoral que le président Alassane Ouattara a nommé, en Conseil des ministres, l’ancien chef de guerre de la rébellion des Forces nouvelles (FN) à la tête de la région de Bondoukou. Il a alors quitté ses fonctions de chef de l’unité des FRCI chargée de lutter contre le racket. Tuo Fozié était l’ancien directeur des services de police et de gendarmerie des FN et avait été ministre de la Jeunesse et du Service civique dans le gouvernement nommé après l’accord de Marcoussis, en mars 2003.

Cyrille DJEDJED

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