Original : IAC Cassad – M.V. Litvinov

Traduit du russe à l’anglais par by Gleb Bazov

i1

Conclusion des activités de juillet

Comme on aurait pu s’y attendre, le dernier week-end de juillet a été marqué par une autre offensive risquée de la part du régime de Kiev. Plus précisément, il y a eu en fait deux de ces offensives. En même temps, il faut souligner que la seconde offensive, à laquelle les observateurs ont accordé moins d’attention, n’était nullement moins dangereuse pour la Milice que celle hissée au premier rang des efforts de propagande des spécialistes en soutien informationnel du corps punitif. Les deux opérations étaient risquées pour la simple raison qu’elles n’étaient échafaudées que sur la ferme conviction qu’avaient les forces punitives de posséder une supériorité opérationnelle et tactique par rapport à la Milice et sur leur certitude quant à l’incapacité de la Milice d’offrir une quelconque résistance acharnée.

i2

Il faut aussi noter que tout au long du mois de juillet, le commandement des forces punitives est parvenu à ne remporter aucun succès sur les plans opérationnel et tactique allant au-delà de l’exploitation des conséquences inévitables du retrait de la zone de défense de Slaviansk-Kramatorsk par la Milice. Pour le dire simplement, les forces punitives ont été seulement capables d’occuper cette zone-là, dont elles étaient tout simplement obligées de prendre le contrôle après l’abandon de Slaviansk.

Vue leur supériorité numérique et technique, les formations militaires ukrainiennes jouissent d’une pléthore d’avantages pour passer d’une guerre de position à une guerre de manœuvres. Toutefois, en ce qui concerne la situation opérationnelle, le résultat le plus intéressant de l’escalade de juillet dernier est peut‑être le fait que les opérations fort peu brillantes de ces formations ont de nouveau créé les conditions favorables à l’émergence d’un front positionnel. Seul le temps permettra de dire si le commandement de la Milice parviendra ou non à tirer pleinement parti de l’évolution de la situation.

L’offensive de la junte contre la République populaire de Donetsk

L’offensive des forces punitives s’est tout d’abord manifestée par l’avancée réalisée dans la région de Shakhtersk‑Torez depuis le nord et le sud, avancée qui avait pour objectif de couper les lignes de communication principales entre Donetsk et Lougansk et la frontière russe. Cette opération est devenue parfaitement évidente après le retrait de la Milice de la ville de Slaviansk ; c’est alors que l’attention s’est portée sur les postes de contrôle qu’érigeaient les forces punitives dans cette région. Il a aussi été souligné que cette opération était tout à fait réalisable, à l’inverse des plans ambitieux impliquant une percée autour de Lougansk ou l’assaut des villes d’Atratsit ou de Snezhnoye. On peut se demander pourquoi cette opération a commencé le 27 juillet plutôt que le 8 du même mois.

La menace croissante dans cette direction était évidente. Déjà, le 21 juin, le commandement de la République populaire de Donetsk (RPD) réagissait très nerveusement à l’information faisant état de l’apparition des chars des forces punitives dans la ville de Debaltsevo (aussi nerveusement qu’il avait réagi précédemment aux attaques des patrons du crime sur Artemovsk). Et cette réaction a sans nul doute été remarquée par le commandement du corps punitif. Au quartier général des forces punitives, on se remettait à espérer qu’une percée dans la direction de Debaltsevo‑Shakhtersk conduirait au départ de la Milice de Donetsk, tout comme cela s’était produit à Slaviansk. À partir de ce moment, le commandement des forces punitives a commencé à concentrer toutes les troupes disponibles en vue d’une nouvelle offensive. Ces plans ont été sans cesse bousculés parce que les mesures punitives prévues par le bureau du commandant de Severodonetsk ne se sont pas déroulées comme prévu, mais aussi en raison de la contre-attaque de la Milice de la République populaire de Lougansk (RPL) à Lisichansk et des actions décisives menées par la brigade de Slaviansk dans le secteur du « corridor de Marinovka », actions qui ont abouti à sa fermeture complète le 26 juin.

i3

En dépit de ces difficultés, les forces punitives ont surtout misé sur une percée dans la direction de Debaltsevo‑Shakhtersk. Et le 23 juillet, elles ont commencé à livrer bataille pour les zones successives de cette offensive – Debaltsevo et Blagodatnoye. Le 24, elles sont finalement parvenues à prendre le contrôle de Blagodatnoye ; toutefois, les combats pour la capture de Debaltsevo n’ont pas eu le résultat escompté – ces forces sont demeurées incapables de chasser du village les unités de la Milice qui se défendaient farouchement.

Face à cette situation, le commandement du corps punitif a décidé de retenter l’approche qui avait réussi à Artyomovsk, et dans la nuit du 26 au 27 juillet, ses forces ont contourné Debaltsevo avec le groupe‑bataillon tactique de la 95e brigade aéromobile pour livrer un assaut sur Shakhtersk. Pour autant qu’on puisse le dire, la Milice de la RPD, engagée dans le combat pour le corridor de Marinovka et la ville de Debaltsevo, ne s’attendait pas à une telle manœuvre, qui a connu un succès total. La raison de ce succès est que la Milice de la RPD, dans la mesure où elle cherche à maintenir une ligne de front continue, n’est pas en mesure d’établir dans des localités clés situées au-delà de la ligne de défense, des garnisons disposant de forces suffisantes pour assurer une défense efficace.

i4

La Milice n’avait pas plus d’une compagnie dans la ville de Shakhtersk ; de plus, ces troupes n’étaient pas concentrées en un seul point, mais étaient plutôt dispersées dans différents postes de contrôle. Au même moment, il était nécessaire de disposer d’au moins 200 à 300 combattants pour repousser une attaque lancée sur la localité par un groupe‑ bataillon tactique. Et en général, pour une localité de cette taille, il faut au minimum une garnison de 500 combattants. Les principales forces des 2e et 3e bataillons de la brigade de Slaviansk se trouvaient au sud de la ligne Torez‑Shakhters‑Zugres‑Kharzysk.

Par conséquent, ne rencontrant pratiquement aucune résistance, les compagnies des forces punitives ont établi des centres de résistance dans les régions de Gornoye et d’Olchovchik, coupant ainsi les routes les plus courtes entre Donetsk et Snezhnoye. Au même moment, les forces de la Milice se trouvaient clouées sur place par des attaques lancées à partir du front dans le secteur de Stepano‑Krynka. Et bien que ces attaques aient été repoussées, les troupes des forces punitives présentes à Shakhters ont pu rejoindre le gros des forces du groupement des formations armées ukrainiennes d’Amvrosievka qui étaient remontées depuis Blagodatnoye.

La Milice de la RPD s’est alors retrouvée dans une situation très difficile. Ses forces étaient divisées. Les communications avec le nord étaient bien sûr maintenues, et pour les couper les forces punitives auraient eu besoin d’au moins trois bataillons, ce dont les formations armées ukrainiennes ne disposaient pas. Mais ce n’était pas là le problème. Leur retrait de Slaviansk constitue un lourd poids psychologique pour les miliciens de la RPD : « L’ennemi est trop puissant, trop bien armé. » Et c’est cette attitude mentale qui est devenue le principal obstacle à la transition, une fois de plus, de la confrontation à une phase positionnelle. La Milice se devait de s’affirmer ; elle avait besoin de remporter une victoire psychologique sur les forces punitives et de briser la volonté d’attaque de l’ennemi. Il semblait qu’il y aurait de nouveau un retrait et qu’une bataille décisive s’ensuivrait plus tard.

Mais c’est alors que l’incompétent commandement du corps punitif a fait une faveur à la Milice de la RPD. Plutôt que de se satisfaire de son succès, de faire monter de l’artillerie et de consolider les nouvelles positions acquises, il a décidé d’en finir une fois pour toutes avec la RPD. Et le 28 juillet, il a entrepris une nouvelle offensive. Contournant Torez, les forces punitives ont quitté Gornoye pour traverser à la hâte Manuylovka et Petrovskoye et se rendre à l’arrière de la butte de Saur‑Mogila. Depuis Semenovskaya et Tarany, leurs colonnes blindées se sont précipitées vers Stepanovka et Marinovka. Les unités les mieux aguerries situées dans la partie sud du Chaudron ont tenté une percée à partir de Djakovo en direction de Dibrovka et, de là, vers Dmitrovka et Chervonnaya Zarya. L’artillerie concentrait tous ses tirs sur la butte de Saur‑Mogila dans le but de faire taire la batterie d’artillerie de la Milice.

Mais la Milice de la RPD, et, au premier plan, sa brigade de Slaviansk, ont su résister à cet assaut, conservant du même coup toutes les localités clés. Les succès des forces punitives se sont limités à l’occupation, une fois de plus, du village de Saurovka, que les propagandistes de Kiev se sont empressés de renommer Saur‑Mogila, et au départ de la Milice de Dmitrovka. Les forces punitives n’ont même pas été capables de forcer un corridor au sud de Marinovka. Mais l’essentiel, c’est que la Milice a résisté à l’assaut de cette armada de 250 véhicules blindés de l’armée régulière ukrainienne. Au cours de ces batailles, la Milice a d’abord et avant tout su démontrer, à elle‑même et à son commandement, qu’elle est en mesure de résister à un assaut d’une telle ampleur.

i5

Le commandement des forces punitives n’est pas parvenu à effectuer le transfert de réservistes depuis le nord. Enlisé dans des combats aux abords de Gorlovka et dans Debaltsevo, cloué sur place par une contre‑frappe à Popasnoye et par un assaut de la Milice de la RPL près de Depreradovka visant l’arrière‑garde du groupement de Debaltsevo, il ne disposait d’aucunes troupes disponibles. L’effort final déployé le 29 juillet par le corps punitif lui a permis d’entrer dans Stepanovka, mais, le jour même, la Milice de la RPD est parvenue à établir un corridor de Shakhtersk jusqu’à Torez.

L’offensive de juillet du corps punitif sur le territoire de la RPD a tourné court. Même si la situation demeure extrêmement difficile, surtout en raison de la supériorité numérique et technique des forces punitives, et malgré les pilonnages d’artillerie réguliers visant à terroriser les villes de la RPD, la Milice de la RPD est parvenue à créer les conditions préalables à une transition vers un combat de position dans les sections du front de son choix.

L’offensive de la junte de Kiev contre la République populaire de Lougansk

Dans la région de Lougansk, la situation évoluait de façon moins dramatique, même si le danger auquel était exposée la Milice n’y était pas moindre. Le point clé du dispositif de défense de la RPL est la localité de Novosvetlovka située dans le sud‑est de Lougansk. La localité elle‑même n’est pas très grande, mais toutes les routes menant à Izvarino la traversent. Sa perte isolerait non seulement Krasnodon, mais aussi la principale autoroute menant à la frontière russe. Cette perte ne se traduirait certainement pas par une catastrophe, mais elle compliquerait de manière importante la situation dans Lougansk.

Dès le 27 juillet, le commandement du corps punitif a tenté à plusieurs reprises de réaliser une percée jusqu’à cette localité à partir de l’aéroport de Lougansk, ainsi qu’à partir de la région de Lutugino, par les villes de Pervozvanovka et de Krasnoye. Des frappes aériennes ont été menées sur Novosvetlovka. Toutefois, au bout du compte, la Milice de la RPL a totalement défait le 24e Bataillon de défense territoriale Aïdar, de même que les unités de soutien de la 1re Brigade autonome de chars [« OTBR »] et de la 30e Brigade mécanisée autonome [« OMBR »]. Les forces punitives ont subi de lourdes pertes, non seulement du point de vue du nombre de tués et de blessés, mais aussi en nombre de soldats capturés.

La raison pour laquelle les succès remportés ici par la Milice n’ont pas eu de répercussions aussi dramatiques que ceux remportés près de Donetsk est que la défense de la RPL s’appuie sur une prise de contrôle proactive par des forces suffisantes de localités clés qui ne sont pas soumises à une menace directe, souvent au détriment de la maîtrise de la liaison spatiale entre les éléments du dispositif et de la continuité des communications. Ce qui permet au commandement de la Milice de la RPL d’adopter une telle tactique, c’est sa position avantageuse par rapport à la frontière russe.

i6

Ce même jour du 27 juillet, le commandement de la Milice de la RPL a continué de maintenir la pression sur les garnisons isolées des forces punitives présentes dans la région de Krasnodon, où les restes des unités de la 51e  OMBR finissent d’être anéantis, et dans la région du poste frontalier de Dolzhanskiy, où l’on en termine avec la liquidation du Service des gardes‑frontières ukrainiens [« GPSU »] .

Le jour suivant, le 28 juillet, le commandement de la Milice de la RPL a renforcé ses positions, continuant de tirer parti de ses succès : il a pris le contrôle de hauteurs stratégiques clés près de Georgievka et a poursuivi ses manœuvres proactives plus à l’ouest, en direction de la localité de Cheluskinets. En conséquence, dans la région de Lougansk la Milice a été en mesure de maintenir ses positions clés et de prévenir le déverrouillage du blocus de l’aéroport de Lougansk. Tout ceci signifie que dans cette région aussi, on a développé les conditions préalables à la transition des hostilités vers une phase positionnelle .

En ce moment même, c’est dans la bande Pervomaisk-Stakhanov-Bryanka-Alchevsk-Krasniy Loutch que persiste la situation la plus instable. Là, l’issue des hostilités n’a pas encore été déterminée, et il est encore possible pour les combattants des deux partis d’effectuer des changements de position importants. De même, des changements de toute sorte ne peuvent être exclus dans la région de l’écrasement du Boeing malais.

M.V. Litvinov

Source : http://vineyardsaker.blogspot.fr/2014/07/the-ignominious-conclusion-of-kiev.html

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.