Publicités
John Tefft, nouvel ambassadeur américain en Russie

John Tefft, nouvel ambassadeur américain en Russie

Джон Теффт. Фото: Рухкян/ РИА Новости www.ria.ru

John Tefft

Le nouvel homme fort de la diplomatie américaine en Russie est un habitué de la préparation et de l’analyse des révolutions dans l’espace-post soviétique. En Géorgie au bon moment, en Ukraine il a laissé la situation prête à l’emploi, son arrivée officielle à Moscou est un signal à double sens. Et du côté américain, et du côté russe. Nous lançons une attaque frontale contre la Russie / Nous sommes au courant et prêt à vous accueillir. Les jeux sont faits.

Le parcours de J. Tefft est celui d’un homme parfaitement préparé à la situation en Russie, formé à la guerre froide, à la victoire de l’idéologie américaine et persuadé de son bon fondement. Il correspond tout à fait à la situation, comme son prédécesseur. Michael McFaul était ambassadeur lors de la survalorisation de la société civile, du « réchauffement » diplomatique, avec son sourire à toute épreuve il s’était fortement engagé avec l’opposition et les défenseurs des droits de l’homme, souvent formés dans et par son pays. Les temps changent, les homms aussi, et John Tefft est l’homme du conflit.
De 1989 à 1992, il était le vice-directeur du département chargé de l’URSS (Russie et CEI) au Département d’Etat. Donc lors de l’effondement de l’URSS il était au première loge. De 1996 à 1999, il était le vice-directeur de la mission diplomatique américaine à Moscou, il a ainsi vu de ses yeux la fin de l’époque Eltsine et du rêve fou des néo-libéraux russes. Ensuite il passe au premier plan. Il fait tout d’abord ses armes en Lithuanie, petit pays mais concentrant tous les paradoxes de l’espace post-soviétique, où il est nommé ambassadeur de 2000 à 2003. Et se carrière est lancée. Il enchaîne avec la Géorgie de 2005 à 2009, donc lors du lancement par le Président Saakachvili de l’armée en Ossétie du Sud. Puis l’Ukraine de fin 2009 à août 2013, pays qu’il laisse prêt pour la révolution, puis la guerre.
Mais les Etats Unis n’avaient pas prévu la Crimée, sans combat, sans versé le sang. Mais les Etats Unis n’avaient pas prévu Donbass. Parce que les Etats Unis connaissent très mal le terrain, somme toute, la répartition des forces et des esprits, des attentes et des illusions. Toute cette somme de complexes accumulées, face à la Russie et face à l’Occident. Et ce lien indissociable entre les ukrainiens, une partie d’entre eux au moins, et les russes, en appelant à un seul peuple. Cette théorie des peuples frères qui dérange tant, mais qui explique beaucoup.
Donc après la réussite relative des sanctions économiques, avec l’échec des menaces militaires en Ukraine car le conflit a dégéré d’une opération rapide en guerre civile, avec les crises sociales, et donc politiques et économiques qui se profilent. Peut être faudra-t-il même changer le Gouverneur de l’Ukraine – pardon le Président.
Après tout cela, la Russie n’accepte toujours pas de rendre la Crimée et Sébastopole. Elle renforce, et réussie partiellement, les négociations pour South Stream, dont l’aboutissement ferait perdre beaucoup de son intérêt au projet Ukraine. Il faut donc réagir.
Il y a encore peu, les Etats Unis hésitaient à envoyer justement cet homme, John Tefft, prendre en main le conflit avec la Russie, car justement cela aurait pu être interprété, vu son parcours, comme un acte « malveillant ». Mais avec l’accélération de la défaite de la politique américaine face à la Russie, au besoin de la radicaliser pour ne plus laisser le temps à la critique, les apparences amicales sont devenues le dernier des soucis. A la guerre comme à la guerre.
Et bien sûr la Russie accepte cet ambassadeur. Au moins elle sait à quoi s’en tenir avec celui-ci. C’est un ennemi traditionnel, classique, pur et compétent. Donc le jeu est possible.
Dans le même temps, le ministre russe des affaires étrangères, S. Lavrov déclare ne recommander à personne de seulement penser à une attaque de la Crimée. La Russie aussi possède sa propre doctrine de défense nationale, qui prévoit exactement comment réagir dans ce types de situations. Juste au cas où, un petit avertissement. Donc certains y ont pensé, et suffisamment fort pour que cela s’entende.
En tout cas la nomination du nouvel ambassadeur va renouveler les cartes et relancer le jeu sur la Russie, mais à l’intérieur cette fois. Comme le projet Bolotnaya a montré toute son insuffisance, il leur reste le clan « pseudo-patriotique », en jouant sur la non intervention militaire de la Russie en Crimée. Paradoxal? Certes, mais la fin justifiant les moyens … A suivre.
  1. Introduced in Senate (05/01/2014)

    https://beta.congress.gov/bill/113th-congress/senate-bill/2277?q=%7B%22search%22%3A%5B%222277%22%5D%7

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :