Résultats de la nouvelle étude sur la sécurité de l’EPFZ

Neutralité: Une abolition de la neutralité suisse est exclue. Cette année, la population apporte un soutien beaucoup plus prononcé au principe de neutralité et a? ses fonctions. Par ailleurs, ils sont actuellement nettement moins nombreux qu’en 2013 dans la population suisse a? adhérer aux attitudes critiques a? l’égard de la neutralité et a? mettre en doute la crédibilité de la capacité de la neutralité armée a? être mise en œuvre.
Nécessité de l’armée: Cette année, la population suisse affiche par rapport a? l’armée une attitude beaucoup plus positive qu’en 2013. L’idée que l’Armée suisse est une nécessite? a connu une nette progression au cours de l’année, et l’idée selon laquelle l’institution militaire serait une institution centrale est plus largement répandue si l’on considère les résultats relevés sur une longue période.
Armée de milice et obligation de servir: A l’heure actuelle, une majorité de la population privilégie l’armée de milice a? une armée de professionnels et seule une minorité continue de se dire favorable a? l’abolition de l’obligation de servir.

Source: www.admin.ch, «Sicherheit 2014» Extrait du condensé en français de l’étude:
Aussen-, Sicherheits- und Verteidigungs­politische Meinungsbildung im Trend.
Editeurs: Tibor Szvircsev Tresch et Andreas Wenger, L’Académie militaire et le Centre for Security Studies
à l’EPF de Zurich, 2014

La neutralité armée a sauvegardé la paix de la Suisse

par Thomas Kaiser

Quelle suite donner à la votation du Gripen? C’est la question que tous les citoyens et citoyennes de notre pays doivent se poser, aussi ceux qui, malgré toutes les contradictions, croient à la paix éternelle en Europe, voient la Suisse enchâssée dans une Europe d’amis et sont donc d’avis qu’on peut en toute tranquillité renoncer à des forces armées opérationnelles.
Il est indéniable qu’il faut toujours aspirer à la paix. Au plus tard après les horreurs de la Première Guerre mondiale, la guerre a perdu son aura de gloire et d’honneur: la mort douce pour la patrie, la virilité noble et la camaraderie, sont trois des euphémismes souvent utilisés pour cacher les carnages horribles et la mort misérable inhérents aux champs de bataille et en dehors. Depuis ce temps-là, des générations ont approfondi leurs réflexions pour savoir comment sauvegarder la paix. Des organisations internationales telles la Société des Nations et l’ONU étaient convaincues par l’idée de résoudre les conflits à la table des négociations et de bannir la guerre de la mentalité des hommes – malheureusement avec un succès restreint. Les négociations générales de désarmement, comme elles ont lieu chaque année au niveau de l’ONU, témoignent de la volonté des peuples d’atteindre la paix et de vivre ensemble sans guerre. Mais les opinions divergent toujours largement quand il s’agit de savoir comment maintenir et garantir le bien supérieur de la paix.
Les grandes puissances, en particulier les Etats-Unis, voient la garantie de la paix dans l’exercice de la domination du plus fort sur le plus faible. Celui qui ne veut pas se soumettre et s’adapter, sera confronté le cas échéant à un étau. Beaucoup d’exemples du passé récent témoignent de cela. L’égalité dans les contacts des Etats entre eux exigée par l’ONU sera reporté dans un lointain avenir. Pourtant, si l’on ne réussit pas à résoudre les conflits pacifiquement, c’est à chaque fois un échec dans les efforts fondamentaux pour le maintien de la paix.

Plus de guerre depuis 150 ans

Ce qui a été bénéfique à la Suisse depuis plus de 150 ans, c’est de se tenir éloigné de toute activité guerrière même dans les moments des plus grandes privations. Cela pourrait et devrait être une référence également pour d’autres pays. Les Confédérés sont-ils par nature un peuple plus pacifique que d’autres, et est-ce la raison pour laquelle la Suisse échappa aux guerres? Non, affirme l’historien. Les Helvètes étaient de bons combattants et décidèrent maintes batailles en leur faveur: pensons par exemple à la bataille du Morgarten en 1315 contre les Habsbourg, la bataille de Grandson en 1476 contre les Bourguignons ou la bataille de Schwaderloh en 1499 pendant la guerre de Souabe. Les légionnaires suisses au service de puissances étrangères ont semé la peur et la terreur. Malgré tous les succès et défaites militaires, nous devons reconnaître avec admiration auprès de nos ancêtres suisses – et c’est ce qui les distingue des autres puissances guerrières de cette époque-là: ils ont tiré les bonnes leçons de vie, des guerres et de la misère humaine résultantes. Depuis la reconnaissance de leur neutralité en 1815 au niveau du droit international, la Suisse n’a plus participé à aucune guerre à l’extérieur du pays. Même des actes de violence militaire provenant de l’extérieur ont pu être empêchés jusqu’à aujourd’hui.

La Suisse, un modèle de paix

Quelle était la garantie de la paix en la Suisse? Etait-ce l’hypothèse d’un grand Etat voisin venant à l’aide, si la Suisse était attaquée? Etait-ce la conviction des autres pays, ancrée dans une culture de paix, d’épargner la Suisse et de faire preuve d’indulgence? Tout être réaliste sait qu’une telle attitude n’impressionne aucun autre Etat et que ces deux réflexions n’ont aucun lien avec la réalité. Ce qui, dans le concert des peuples, a valu du respect à la Suisse c’était sa capacité connue à se défendre et sa politique conséquente de neutralité et de paix. Rien d’autre n’a constitué la base du respect des autres nations envers la Suisse. Si nous voulons que notre pays reste neutre, souverain et indépendant, nous devons pouvoir nous défendre, tout autre idée ferait figure de fantasme. Dans le pays même, nous avons besoin d’une alliance de tous les partis politiques, toutes tendances confondues, une position ferme que tout rapprochement de l’alliance belliciste de l’OTAN est exclue, comme l’a déclaré clairement le conseiller national Jakob Büchler. La seule voie possible est l’autodéfense autonome et souveraine, toute autre voie serait indigne de notre Etat.
Le fait qu’il y a 15 jours de cela, le Conseil des Etats ait décidé 771 millions de francs pour l’achat de nouveaux équipements militaires, montre que l’on est conscient de la responsabilité que l’armée doit avoir vis-à-vis du pays et de ses habitants. Les guerres modernes n’ont majoritairement plus lieu sur un champ de bataille délimité mais frappent en premier lieu les populations civiles qui sont livrées sans protection aux exactions des troupes. Lors de la guerre d’Irak de 2003, pays qui a retrouvé une terrible actualité, plus de 90% des victimes faisaient partie de la population civile. Voilà les réalités – tous ceux qui ferment les yeux sur ces faits, pour quelles raisons que ce soit, devront porter la responsabilité de leurs actes ou de leur inaction.

Source : un article lu sur http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=4306


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