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LIBYE “Il n’y a plus rien ici”

LIBYE “Il n’y a plus rien ici”

Trois ans après la chute du régime de Kadhafi, la désillusion des Libyens est profonde.

  • AL-MONITOR
  • | MUSTAFA FETOURI
  • Dessin de Januszewski, Pologne.
Contexte

L’offensive, baptisée Dignité, lancée le 16 mai à Benghazi, dans l’est du pays, par le général à la retraite Khalifa Hafter et destinée, selon lui, à “éradiquer les groupes terroristes” a provoqué la colère des milices islamistes, en particulier d’Ansar Al-Charia (Les défenseurs de la religion). Le 1er juin, Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) a appelé ses fidèles à combattre le général dissident. Les affrontements se multiplient entre les milices et les forces de Hafter, dont des unités de l’armée de l’air disposant de chasseurs bombardiers. Au niveau politique, le 18 mai un groupe d’officiers a pris d’assaut le Congrès général national (CGN, Parlement) à Tripoli, exigeant sa suspension. Depuis, la situation est des plus confuses, le pays se retrouvant avec un Parlement divisé, sur fond de lutte d’influence entre libéraux et islamistes, et deux Premiers ministres, Abdallah Al-Theni, en poste depuis le 8 avril, et Ahmed Maetig, soutenu par les blocs les plus radicaux du Parlement et dont la désignation le 4 mai reste controversée.

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Après avoir passé près de trois ans en Europe, j’ai décidé d’aller faire un tour chez moi. J’ai passé six semaines entre Tripoli, la capitale, et Bani Walid [dans la région de Misrata], ma ville natale. Pendant tout le séjour, j’ai eu l’impression d’être dans un pays étranger et, malgré mon expérience des voyages, mon propre pays m’a paru étrange.

La première chose qui m’a frappé, c’est le désespoir et la déception des Libyens trois ans après la chute de Muammar Kadhafi, chassé en 2011 par des rebelles soutenus par l’Otan lors d’une “révolution” qui, d’après un de mes anciens camarades de classe, était plutôt une guerre civile. Pleins d’espoir et d’optimisme à la fin de la guerre, les Libyens sont aujourd’hui plus désespérés et pessimistes que jamais. Pour sonder l’humeur générale, j’ai circulé en taxi, fréquenté les cafés, parlé avec des inconnus et rencontré autant d’amis et de connaissances que possible. Seul un chauffeur de taxi sur les dizaines avec lesquels je me suis entretenu pendant mon séjour m’a paru optimiste quant à la situation du pays et ouvert à un avenir meilleur.

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