Par Correspondance particulière – LAURENT GBAGBO UNE DES PAGES DE L’HISTOIRE CONTEMPORAINE DE L’AFRIQUE.

L’époque contemporaine est la dernière grande partie de notre Histoire, elle va de la fin du XVIIIe siècle ( de la Révolution française) jusqu’à nos jours. L’Histoire étudie les faits, les événements aussi bien du passé que du présent, dans le but de reconstruire un récit objectif, à partir de réflexions sur le passé ou d’enquêtes conduites par des chercheurs mus par la vérité scientifique. L’Histoire est la mémoire collective d’un peuple, d’une nation, un repère pour les générations présentes et futures. Son rôle social est déterminant parce qu’elle doit nous permettre de juger avec objectivité les actes posés dans le passé par nos pères, afin de nous inspirer de leur sagesse et non de leur folie, pour construire notre présent et notre futur. L’Histoire peut malheureusement être instrumentalisée par les pouvoirs étatiques (comme la France), par les Organisations internationales (comme l’ONU et la CPI) prêts à transformer, à falsifier consciemment les faits pour bâillonner la vérité historique. Tourner la page Gbagbo, comme le suggèrent certains hommes politiques ivoiriens ou occidentaux, c’est s’évertuer à falsifier l’histoire de la Côte d’Ivoire, c’est brûler sa mémoire collective. L’Histoire est en général écrite par des hommes remplis d’un charisme particulier qui posent, au prix de nombreux sacrifices, les jalons, les repères qui orientent leur nation, leurs peuples. Sans ces hommes, sans ces sages, l’Humanité pourrait sombrer dans la barbarie. Rappelons l’héroïsme en France de deux hommes dont les actes ont été déterminants pour l’Histoire de l’Humanité. Sans Théodore Herzl (Binyamin Ze’ev), Juif né le 2 mai 1860 à Budapest (en Autriche- Hongrie), mort le 3 juillet 1904 en Autriche, la nation d’Israël aurait été certainement implantée en Argentine ou en Ouganda. Il fut le premier à élaborer l’idée d’un État autonome juif en Palestine, bien avant les horreurs de l’Holocauste. Fondateur du mouvement sioniste en 1897, inspiré par l’affaire du capitaine Dreyfus (officier français d’origine juive accusé d’avoir remis des documents secrets à l’Empire allemand), Théodore Herzl mit sur pied le Fonds pour l’implantation juive qui permit d’acheter des terres en Palestine.

Ce précurseur de la nation d’Israël, mort bien avant les deux guerres mondiales, ignorait que ce projet aurait sauvé des millions de Juifs de l’Holocauste, d’une Europe antisémite. A la figure mythique de Herzl, nous pouvons associer celles de l’Arménien Manouchian et de ses compagnons, des étrangers (Juifs de l’Est, Italiens, espagnols…) qui prirent les armes, dans le but de défendre la Patrie française, symbole, pour eux, de liberté, d’égalité, des droits de l’Homme. Accusés de criminels par les nazis, qui se faisaient passer pour des bienfaiteurs, un seul mot écrit, de nuit, au bas de la célèbre affiche rouge qui représentait les condamnés à mort, changea le cours des événements. Il s’agit du mot : MARTYRS. Au lendemain de cette nuit mémorable, ces jeunes gens exécutés par les nazis devinrent automatiquement, aux yeux de la France entière, des martyrs et non des criminels, pour avoir donné leur vie pour la liberté des peuples. Que retenir de ces deux faits ? Les hommes politiques se sont toujours efforcés de contrôler les événements, le temps, d’instrumentaliser l’Histoire à des fins idéologiques. Leurs efforts se sont toujours avérés, à la longue, vains, parce que la Presse, les historiens, les intellectuels à la solde des pouvoirs étatiques comme la France ou des organisations internationales comme l’ONU, la CPI, sont capables de falsifier les lettres qui rapportent les événements, mais non l’esprit à l’origine des faits. C’est l’esprit, l’idée (le concept), qui est, en fait, à l’origine de l’évolution de l’Histoire et non leurs sources falsifiées. Trahis par de nombreux européens, exterminés par les nazis, qui brûlèrent leur Patrimoine culturel, les Juifs animés par l’esprit suscité par la Promesse divine sortirent plus forts de leur dure épreuve. Laurent Gbagbo emprisonné à la Haye par la France et par sa domination noire installée en Côte d’Ivoire, accusé de criminel, devient progressivement, aux yeux du monde entier, un PRISONNIER POLITIQUE, car l’esprit à l’origine de son combat permettra, contre vents et marées, le triomphe de la vérité sur le mensonge. Ses partisans et les soldats républicains ivoiriens, morts pour notre liberté sont, à l’instar de Manouchian et de ses compagnons, des MARTYRS, et non des criminels de guerre. Peu importe la vie privée des héros, des
résistants, comme le général Dogbo Blé, qui n’ont fait que défendre l’intégrité territoriale de notre pays. Les accords gagnant-gagnant préconisés par le président Gbagbo, qui se veut simplement l’égal des présidents français et occidentaux, jettent les bases d’un « sionisme » africain qui se veut émancipateur et non nationaliste. Si le sionisme qui a donné naissance à Israël, après les horreurs de l’Holocauste, prône le droit à l’existence, ce « sionisme » propre aux Noirs, aux Africains, né de la Mémoire collective africaine (de la Traite des Noirs) prône le droit à l’existence et à l’égalité des peuples. La lutte de Gbagbo s’oppose à cet esprit de l’esclavage, de la colonisation, qui régit encore les relations entre la France et ses ex-colonies africaines. Le député UMP Thierry Mariani s’inspire de l’enlèvement de 200 lycéennes par la secte nigériane Boko Haram pour tenir les propos suivants : « L’Afrique n’a pas attendu l’Occident pour pratiquer l’esclavage ». Qu’est ce que l’esclavage? L’esclavage est l’état d’une personne qui se trouve sous la dépendance absolue d’un maître capable de l’utiliser comme un bien matériel. On ne peut donc parler d’esclavage ou d’esclave sans faire allusion à la présence d’un maître qui exerce une violence « légitime » sur sa victime parce qu’il dispose de grands biens ou a le monopole de la violence physique légitime. La formation des groupes comme la secte Boko Haram ou des différents groupes rebelles en Afrique prêts à déstabiliser les États pour le compte de multinationales ou de pouvoirs étatiques occidentaux pose le problème cuisant de leur financement. Ceux qui financent l’achat des armes de la secte nigériane sont à l’origine de cette traite négrière des temps modernes, de ce nouveau commerce triangulaire dont nous connaissons déjà deux pôles, deux angles : l’Afrique (où réside le Boko Haram) et le Moyen Orient (siège des groupes djihadistes). Nous savons, en outre, que les pays du Moyen Orient investissent massivement en Europe où ils ont des pays alliés, qui ne supportent pas de voir des nations africaines émergentes. Le Boko Haram ne ferait-il pas partie de ces groupes terroristes fictifs chargés de couper le tendon d’Achille des pays africains émergeants comme le Nigéria ? Après la destruction de la Lybie nous assistons à des actions d’envergure de ces groupes terroristes aussi bien au Nigéria, au Cameroun, qu’au Mali… Tout pays africain qui apparaît, en fait, comme un modèle de prospérité, de développement économique, ou d’unité nationale, devient, automatiquement un foyer de tension, de guerre.

A l’époque du commerce triangulaire, nous avions des maîtres occidentaux porteurs de capitaux et d’armes qu’ils remettaient à des tribus « pacifiées » dont le rôle consistait à leur trouver des esclaves. Les résistants étaient tués ou faits esclaves. Le combat mené par Laurent Gbagbo nous a permis de découvrir que les stratégies d’exploitation du continent africain sont les mêmes: « Rebelle à l’autorité des hommes politiques français qui ont toujours gouverné de l’Élysée les États africains dits indépendants, la France, en lieu et place du fouet, a envoyé, contre lui et ses partisans « l’armée coloniale française » bombarder sa résidence, tuer ses partisans. Ils l’ont fait prisonnier, et l’ont déporté dans cette Gorée des temps postmodernes, la Haye où, bien que reconnu innocent de tous les crimes dont il est accusé, y est maintenu, afin d’installer de nouveau durant la présidentielle 2015, le chef d’un clan à la tête de la Côte d’Ivoire ». L’abolition de l’esclavage n’a trait qu’à la lettre de la loi, qui rendait officiellement légitime le commerce des esclaves, et non à l’esprit de l’esclavage qui continue de régir, de manière officieuse, les relations entre la France et l’Afrique francophone. Tout président africain rebelle à cet accord tacite subit le courroux des maîtres français qui demandent des élections transparentes et incontestées en Ukraine, mais font don de pistolets au régime d’Abidjan. Cette métaphore n’est en fait qu’un message assez clair transmis aux Ivoiriens, de la part d’un premier ministre français qui a choisi d’assumer tous ses actes et leurs conséquences. Le politologue français Michel Galy prévoit le trucage des urnes et la violence politique lors de la présidentielle 2015. Informé certainement, bien avant le peuple ivoirien, de toutes ces prévisions, l’ex-ministre français de l’intérieur Valls, du groupe socialiste français, s’est empressé de remettre des armes à feu au gouvernement de droite au pouvoir en Côte d’Ivoire. La résolution des crises, au moyen d’armes à feu, remises à ceux qui défendent leurs intérêts constitue l’unique solution préconisée par la France en Afrique. C’est un principe qui existe depuis le commerce triangulaire, la traite négrière. Le comportement dévoyé des membres de la secte africaine Boko

Haram, contrairement à ce qu’affirme le député français Thierry Mariani, ne peut, par conséquent, jeter un discrédit sur les Noirs, ou instrumentaliser l’Histoire, en minimisant les horreurs de l’esclavage. Durant l’invasion de la France par l’Allemagne ou l’Holocauste, il eut des traîtres français et juifs, qui collaborèrent avec les nazis. Le comportement lâche de ces personnes qui trahissaient la Mémoire de leur peuple ne peut cependant édulcorer les souffrances atroces endurées par des millions de français et de juifs, durant les deux guerres mondiales, et nous inciter à nier l’Holocauste. Il a toujours existé parmi les peuples des personnes, comme Judas Iscariote, prêtes à trahir les siens, pour trente pièces d’argent. Heureusement que nous avons aussi tout au long des siècles des personnes charismatiques capables de démontrer à ces traîtres et à leurs collaborateurs que les hommes ne peuvent se substituer à l’esprit, à la « Main invisible » qui écrit notre Histoire. Si être français c’est lutter pour la dignité, comme le signifie Hollande, alors Gbagbo et ses partisans sont plus français que bien de français.

Une contribution d’Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)

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