A SAVOIR SUR L’EUROPE

1-DSK annonce un « scénario cauchemardesque » pour la zone euro

2-« Les gouvernements européens sont prisonniers de leurs systèmes bancaires »

3-Dividendes : BlackRock rappelle à l’ordre les dirigeants européens avec une lettre

4-Faut-il avoir peur de la Russie ?

5-Pipelines : l’autre guerre Russie-Europe qui fait vraiment rage (celle là)

6-La crise ukrainienne pousse l’Otan à accélérer sa transformation

7-Ukraine : le sauvetage du FMI sera douloureux

8-L’extrême droite à l’assaut du Parlement européen

9-Le traité transatlantique, un typhon qui menace les Européens

10-L’Europe rétablit la peine de mort

11-Luxembourg: perte possible de 15 mrd d’actifs avec la fin du secret bancaire

12-Evasion fiscale: l’Etat de New York cible Crédit Suisse

13-Les Chinois, champions de l’évasion fiscale ?

14-A Londres, de luxueuses propriétés tombent en ruine

15-Plus de 1 000 migrants secourus en 24 heures au large de l’Italie

16-Finis les appels surfacturés passés depuis l’Europe

17-Londres déroule le « tapis rouge » aux start-up françaises

18-Royaume-Uni : la nouvelle base de repli des Frères musulmans

19-La Belgique sera-t-elle touchée par les dangereuses pluies de sable ?

20-Monaco fait peau neuve

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1-DSK annonce un « scénario cauchemardesque » pour la zone euro

http://www.sudouest.fr/2013/11/03/dsk-annonce-une-catastrophe-economique-pour-la-zone-euro-1218581-705.php

03/11/2013

«Les dirigeants européens se cachent tous derrière la banque centrale pour camoufler leur inaction». Lors d’une conférence à Séoul Dominique Strauss-Kahn a annoncé des « poussées populistes » en Europe

DSK annonce un

« Plus personne ne croit que les dirigeants européens soient capables de régler les problèmes« , a asséné jeudi, à Séoul, Dominique Strauss-Kahn, selon Le Point et Le Figaro

L’homme par qui le scandale est arrivé, Dominique Strauss-Kahn, ex-ministre de l’économie et ex-patron du FMI devenu conseiller économique du gouvernement serbe, était invité à s’exprimer devant des économistes européens, asiatiques et américains lors de cette conférence organisée par le club de réflexion bruxellois Bruegel et un think tank américain, le Peterson Institute for International Economics.

Il en a ainsi profité pour tirer à boulets rouges sur les dirigeants de la zone euro. Selon lui, les faibles indicateurs de reprise économique aperçus en Europe ne sont qu’illusion. « Personne ne peut croire à cette image rose-bonbon. Le débat est centré sur plus ou moins d’austérité alors que le véritable enjeu est la compétitivité« , a-t-il lâché.

L’ancien ministre socialiste a poursuivi et livré son « scénario cauchemardesque« . « Nous allons avoir une faible croissance qui ne crée pas d’emplois, pendant de longues années« , a-t-il-annoncé inquiet. Comme au lendemain de la crise de 1929, selon lui, la faible croissance « va conduire à des troubles sociaux, puis à des menaces contre la démocratie« .

« L’heure n’est plus à la coopération mais aux poussées populistes« , constate DSK. Sans nommer expressément François Hollande, DSK a dénoncé l’absence de « leadership » des dirigeants européens. « Ils se cachent tous derrière la BCE pour camoufler leur inaction« , juge-t-il en soulignant le contraste avec la détermination des principaux leaders lors du début de crise déclenché par la chute de Wall Street en 2008.

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2-« Les gouvernements européens sont prisonniers de leurs systèmes bancaires »

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20140408trib000824260/les-gouvernements-europeens-sont-prisonniers-de-leurs-systemes-bancaires.html

09/04/2014

Pour Philippe Legrain, économiste britannique et ex-conseiller de José Manuel Barroso, les dirigeants européens ont fait le choix de protéger les banques allemandes et françaises d’une restructuration… au détriment des contribuables européens.

« La crise a en fait été causée par les pertes subies par les banques allemandes et françaises qui ont mal prêté, en particulier en Europe du Sud, » estime Philippe Legrain.

Depuis le début de la crise des dettes souveraines, le choix de l’austérité a été dicté aux États membres de la zone euro comme celui de la raison par Bruxelles. Une direction  vivement critiquée par la suite à travers le monde, notamment par le Fonds monétaire international (FMI), qui exhorte depuis régulièrement la Commission européenne et les dirigeants de la zone euro à lâcher du lest sur la réduction des dépenses pour ne pas tuer la reprise économique dans l’œuf. Selon Philippe Legrain, économiste britannique, professeur d’économie à la London School of Economics et ancien conseiller du président de la Commission européenne José Manuel Barroso durant trois ans, cet entêtement a d’abord pour but de préserver les banques européennes – allemandes et françaises en tête -, de leur trop grande exposition au risque dans les pays d’Europe du sud en en faisant supporter le prix aux contribuables.

La Tribune : Vous avez affirmé dans la presse britannique que les institutions européennes s’étaient rangées du côté des créanciers plutôt que du côté des débiteurs pour régler la crise de la dette. Que vouliez-vous dire ?

Philippe Legrain : La crise a en fait été causée par les pertes faites par les banques allemandes et françaises qui ont mal prêté, en particulier en Europe du Sud. L’explosion des déficits n’est ensuite que le résultat de la récession, elle-même causée par les ménages trop endettés qui ont cessé de consommer.

Pouvez-vous donner un exemple concret de cette protection des créanciers par les dirigeants européens ?

Prenons l’exemple de la Grèce. Elle était insolvable. C’est la conclusion à laquelle en étaient arrivés les économistes du Fonds monétaire international (FMI) sous la présidence de Dominique Strauss-Kahn. C’était aussi ce que pensaient les marchés puisqu’ils ont arrêté de lui prêter.

Mais pour ne pas faire supporter les pertes aux banques allemandes et françaises, on s’est dit qu’on allait prêter l’argent du contribuable pour leur permettre de recouvrer leurs créances. En échange de quoi on a imposé une torture médiévale à la Grèce.

En clair, en tant que conseiller de José Manuel Barroso vous n’étiez pas en faveur des coupes budgétaires prônées par Bruxelles et Berlin…

Bien sûr que non, l’austérité n’est la solution ni à une crise bancaire, ni à une panique, qui sont en fait les vraies raisons de la crise actuelle. Il aurait fallu que le secteur public maintienne ses dépenses pour que le secteur privé réduise ses dettes. C’est ce que les États-Unis ont fait en partie, c’est aussi ce que l’Europe du Nord avait fait pour surmonter sa crise bancaire dans les années 1990.

Dans la zone euro, on a voulu faire différemment, mais cela ne fonctionne pas. Les déficits peinent à se réduire, et la dette continue d’augmenter. Si on s’était concentré sur la seule dette privée, la récession n’aurait pas été aussi longue et les déficits publics auraient été plus faciles à résorber.

Mais dans ce cas, quid des créanciers ?

Il fallait restructurer le système bancaire. Après cinq ou six ans, on se dit que cela va finalement arriver avec la revue de la qualité des actifs [AQR, pour asset quality review. ndlr] organisée par la Banque centrale européenne (BCE). Mais je suis convaincu que ce ne sera pas fait de manière rigoureuse et crédible.

Les efforts dans le sens d’une restructuration ont été très timides. Les gouvernements restent en fait prisonniers de leurs systèmes bancaires, ils feront pression pour que rien ne soit dit. A mon sens, tout cela n’aboutira pas à une restructuration en profondeur.

Les banques françaises et allemandes sont-elles exposées au point de vouloir que rien ne sorte ?

Certains économistes ont fait des calculs et estiment que le besoin de recapitalisation des banques se situe entre 509 et 767 milliards d’euros. Ce n’est qu’un calcul, mais je serais surpris que l’AQR en arrive à de telles conclusions. Ce qui est sûr, c’est que les plus grands besoins en capitaux sont en France et en Allemagne.

Voulez-vous dire que les institutions européennes œuvrent à sauvegarder les intérêts de l’Allemagne et de la France avant tout ?

Il y a des intérêts allemands, français, mais aussi italiens. Le système bancaire italien a essuyé d’importantes pertes depuis le début de la récession et les finances publiques ne se portent pas assez bien pour supporter un nouveau choc. L’Italie fera donc elle aussi pression pour que l’AQR ne soit pas trop transparent.

Pourquoi la Commission a-t-elle suivi cette voie ?

C’est l’Allemagne qui étant la plus exposée a imposé sa réponse à la crise européenne. Nicolas Sarkozy n’était pas en position de peser à l’époque face à Angela Merkel, de même François Hollande, son successeur, qui a dû se saisir du dossier en cours de route lors du sommet de 2012. Il a essayé d’influer, mais cela n’a pas marché.

La Commission a juste profité de la situation pour assurer son pouvoir sur le plan technique avec le contrôle des politiques nationales dans le cadre du semestre européen. Elle est censée représenter les intérêts de toute l’Europe, elle aurait pu adopter une position de défense des intérêts européens. Au lieu de quoi elle a choisi de suivre l’Allemagne, ce qui atteste de sa grande faiblesse politique.

L’Allemagne serait donc seule maîtresse à bord ? Pourtant vous le dites vous-même, la France et l’Italie ont aussi des intérêts à défendre…

On voit bien que lorsque l’Allemagne veut quelque chose, elle l’obtient, et quand elle ne le veut pas, cela n’arrive pas. Elle a voulu un contrôle des budgets nationaux, et elle l’a obtenu. Elle ne veut pas d’une vraie union bancaire, et il n’y aura donc pas de véritable union bancaire.

La France ne remplira pas son objectif de réduire son déficit public à moins de 3% du PIB en 2015 comme elle s’y était engagée. Cela a-t-il du sens dans ce contexte pour l’Allemagne que la France soit sanctionnée ?

Nous verrons comment va évoluer la situation. Cela montre en tout cas que les règles budgétaires sont absurdes, et c’est la France qui a le plus de pouvoir pour résister à ces règles. Mais il est difficile de dire ce qu’il va se passer.

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3-Dividendes : BlackRock rappelle à l’ordre les dirigeants européens avec une lettre

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0203438824569-dividendes-blackrock-rappelle-a-l-ordre-les-dirigeants-europeens-664324.php

Par Marina Alcaraz | 14/04

Le géant de la gestion d’actifs a envoyé un courrier aux entreprises européennes.

http://www.lesechos.fr/medias/2014/04/14/664324_0203441213462_web_tete.jpg

Avec 4.350 milliards de dollars sous gestion, dont environ 2.300 milliards en actions, BlackRock a une influence certaine dans les décisions des conseils d’administration.

Après les patrons américains, Black­Rock rappelle à l’ordre les dirigeants européens. Dans un courrier adressé à 150 grandes entreprises européennes, dont « Les Echos » ont eu copie, le géant de la gestion d’actifs invite les sociétés à ne pas abuser des dividendes et rachats d’actions, si la rémunération des actionnaires se fait au détriment de la croissance future : 20 groupes français sont visés.

La lettre est la même que celle envoyée par BlackRock aux entreprises du S&P 500 en mars (« Les Echos » du 31 mars). « Après la crise financière, bon nombre d’entreprises n’ont pas osé investir dans leur croissance future et cela nous préoccupe », écrit Larry Fink, président-directeur général du groupe. « Trop d’entreprises ont réduit leurs investissements et même accru leur endettement pour pouvoir augmenter leurs dividendes et leurs rachats d’actions (…). La redistribution de cash aux actionnaires doit faire partie d’une stratégie de gestion équilibrée. Si elle est faite pour de mauvaises raisons et au détriment de l’investissement, elle peut menacer la capacité de l’entreprise à générer durablement du rendement sur le long terme. »

Avec 4.350 milliards de dollars sous gestion, dont environ 2.300 milliards en actions, la société créée en 1988 a une influence certaine dans les décisions des conseils d’administration. « Elle est investie dans toutes les sociétés européennes. Lorsque BlackRock passe un message, il a le pouvoir de peser clairement sur les pratiques de marché », observe Jean-François Bay, directeur général de Morningstar France.

« Un écho positif »

Le géant de la gestion peut détenir des parts significatives dans des groupes. Il a ainsi annoncé récemment un franchissement de seuil dans Vivendi. BlackRock est aussi très actif en Italie, où il est devenu le premier investisseur étranger à Milan. Toutefois, plus des trois quarts de ses fonds actions, (hors mandats et hors fonds dédiés), sont sous forme d’ETF (des produits qui ne font que répliquer passivement des indices boursiers), selon Morningstar. Dans le cadre de ses fonds indiciels, Blackrock ne peut pas entrer ou sortir des sociétés librement, si la décision d’une entreprise lui déplaît.

La lettre aux pdg américains a reçu « un écho positif », indique un proche du dossier : « Les dirigeants veulent voir sur le long terme, et il y a dans le marché une inquiétude grandissante sur les préoccupations court-termistes. Les questions de gouvernance sont centrales. » En fait, le courrier aux groupes du S&P 500 visait notamment la pression des investisseurs activistes – sans les nommer directement –, un phénomène qui est moins marqué en Europe. En outre, alors que, aux Etats-Unis, la rémunération des actionnaires dépasse les investissements, en Europe, le retour aux investisseurs restent nettement inférieurs selon Citi. D’après Goldman Sachs, les dividendes et rachats ont représenté 272 milliards d’euros, en 2013, pour les sociétés du Stoxx 600 (hors financières), contre 806 milliards pour l’investissement au sens large.

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4-Faut-il avoir peur de la Russie ?

http://www.lepoint.fr/monde/faut-il-avoir-peur-de-la-russie-14-04-2014-1812733_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Mi-journee]-20140414

Le Point.fr – Publié le 14/04/2014

La crise en Ukraine redonne aux relations Est-Ouest un arrière-goût de guerre froide. Mais la Russie de Poutine n’est pas si puissante qu’il y paraît.

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Après le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie et les tensions à la frontière russo-ukrainienne, un climat – rhétorique – de guerre froide semble ressurgir, vingt-trois ans après la chute de l’URSS. Moscou et Washington s’accusant mutuellement de vouloir faire revivre au monde les pires heures du conflit. Dans cette lutte d’annonces et de coups diplomatiques, il n’est pas rare de voir la Russie de Poutine confondue, ou du moins comparée, avec son ancêtre soviétique. Si l’État slave ne cache pas sa volonté d’étendre son influence politique, la Russie d’aujourd’hui n’a plus l’étoffe de son aïeule. Pis, elle traverse d’importantes crises qui fragilisent sa stature internationale.

– Défense : le pesant héritage soviétique

Le Kremlin a frappé fort – diplomatiquement et militairement – en annexant la Crimée, sans que les forces ukrainiennes puissent intervenir ou que les pays occidentaux aient leur mot à dire. Pour autant, à l’heure actuelle, « la Russie n’a pas les moyens de rivaliser avec les forces de l’Otan », tranche Isabelle Facon, maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Et conscient de ses lacunes, Moscou a choisi de réagir. À partir de 2008, la Russie lance ainsi un titanesque plan de modernisation de ses forces armées. Pour le seul renouvellement de l’équipement, pas moins de 600 milliards d’euros (jusqu’en 2020) sont engagés. Et le Kremlin n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. D’ici à 2017, le budget militaire devrait être augmenté de 44 %.

Pour autant, cette réforme est loin d’avoir « un résultat uniforme » au sein de l’armée, rappelle Isabelle Facon. Certes, Moscou dispose désormais de « formations – des forces spéciales et troupes aéroportées notamment – de pointe, mais, dans l’ensemble, les problèmes restent importants, sur le personnel comme sur l’équipement », précise-t-elle. Notamment ses unités navales ou aéronautiques vieillissantes qui accusent un indéniable « retard technologique » face aux équipements occidentaux, explique la spécialiste des politiques de sécurité et de défense russes.

Ainsi, l’imposante armée russe, forte d’environ 600 000 à 700 000 hommes et toujours dotée d’un important arsenal nucléaire, continue par défaut à miser plus « sur le nombre – un véritable trait culturel -, comme cela a été le cas en Tchétchénie et en Géorgie« , que sur la maîtrise « des techniques de combat modernes, propres aux armées modernes », conclut Isabelle Facon.

– Économie : la Russie toujours à la recherche de croissance

Depuis deux années consécutives, la croissance russe est en baisse, passant de 3,4 % du PIB en 2012 à 1,4 % pour l’année 2013. Et 2014 ne semble rien annoncer de bon. Le pays de 140 millions d’habitants devrait en effet difficilement atteindre 1,1 % de croissance. Bien loin des 7 % affichés une décennie plus tôt. À cela s’ajoutent également une inflation galopante (6,2 %) et une dépréciation continue de la monnaie nationale. Le rouble a perdu près de 10 % de sa valeur depuis le début de l’année.

Pour les économistes, la crise ukrainienne n’est en rien étrangère à cette succession de mauvais résultats. Outre le coût du rattachement de la Crimée à la Russie (environ 3 milliards de dollars par an), les sanctions américano-européennes pourraient également coûter cher à Moscou. En effet, inquiets face à ce climat économique et diplomatique, investisseurs et entreprises russes ont préféré mettre à l’abri leur argent. Résultat : une fuite de capitaux sans précédent de près de 70 milliards de dollars, rien que pour les trois premiers mois de l’année.

– Hydrocarbures : le syndrome hollandais ?

L’un des grands dilemmes russes est d’avoir fait de son principal atout économique les hydrocarbures, qui sont aussi l’une de ses plus grandes failles. La Russie est le premier exportateur de gaz au monde et deuxième concernant le pétrole. 70 % de son PIB est directement lié aux exportations d’hydrocarbures. Mais ces richesses rendent le pays et sa croissance dépendants à la fois du cours mondial des matières premières et de la demande internationale. De plus, ils « entravent le développement des autres industries ou du secteur tertiaire, explique Charles Wyplosz, professeur d’économie internationale à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID). C’est là tout le syndrome hollandais. » Si le gouvernement a – timidement – cherché à diversifier son économie ces dernières années, en développant son secteur financier ou en investissant dans les hautes technologies, la dépendance aux « pétrodollars » a perduré.

– Corruption : le mal endémique

La Russie ne parvient pas à rompre avec plusieurs maux anciens, au premier rang desquels figure la corruption. Un véritable frein à l’économie, s’insurgent les observateurs, puisque, chaque année, près d’un quart du PIB russe (soit environ 300 milliards de dollars) se perdrait dans des poches véreuses. Le pot-de-vin moyen avoisinerait les 4 000 euros. Des chiffres impossibles à vérifier, selon Andrew Jvirblis, directeur adjoint de la branche russe de Transparency International Russie, qui rappelle tout de même que le pays a été placé par l’ONG allemande à la 127e place de son index annuel de la perception de la corruption, entre le Pakistan et le Bangladesh.

Une chose est certaine pour Andrew Jvirblis : « La corruption est omniprésente dans le quotidien des Russes. » Et d’énumérer : « À l’université, dans les commerces, chez le médecin ou dans les commissariats de police, tout le monde y passe. » Si l’organisation relève tout de même un certain recul de ces pratiques dans la vie courante, dû au ras-le-bol d’une partie des citoyens, « les hautes sphères, de l’économie au sommet de l’État, restent très corrompues ».

– Société : de profonds retards

La société russe reste également fragile et très inégalitaire. Si la manne des hydrocarbures a permis d’éviter « un appauvrissement du pays », rappelle Charles Wyplosz, le fossé entre les différentes couches sociales reste immense. Ainsi, une centaine de milliardaires russes détiennent à eux seuls près de 35 % des richesses nationales. Dans le même temps, 12 % de la population vit sous le seuil de pauvreté (le salaire minimum mensuel avoisine les 130 euros), soit 18 millions de personnes qui peinent à se nourrir, à se loger ou à avoir accès aux soins médicaux.

Une situation sociale influe sur l’espérance de vie, qui est de 74 ans pour une femme et de 64 ans pour un homme (contre environ 85 et 70 ans en France). Un chiffre extrêmement bas en partie dû aux ravages de l’alcool, responsable de près de 30 % des décès dans le pays. Également pointé du doigt, le VIH, qui toucherait près de 1 % de la population et causerait environ 20 000 décès par an.

Pour autant, Moscou a annoncé pour 2013 une inespérée hausse naturelle de sa population, favorisée par la politique d’aide aux familles de Poutine et un recul de la mortalité. « C’est une bonne nouvelle pour le pays, mais cela reste conjoncturel, tient à rappeler Alain Blum, membre du conseil scientifique de l’Observatoire franco-russe. L’urgence démographique est toujours de mise en Russie. En vingt ans, le pays a enregistré une baisse importante de sa population, de plus de 6 millions d’habitants »*, ajoute-t-il. Et avec un taux de fécondité de 1,75 enfant par femme, Moscou devra en grande partie compter sur d' »importants flux migratoires » entrants pour freiner la chute et ne pas menacer, à terme, son économie.

* Rapport : Russie 2013, regard de l’Observatoire franco-russe, éditions Cherche-midi

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5-Pipelines : l’autre guerre Russie-Europe qui fait vraiment rage (celle là)

http://www.atlantico.fr/decryptage/pipelines-autre-guerre-russie-europe-qui-fait-vraiment-rage-nicolas-mazzucchi-1033624.html#ZZUsgpchkuAtRpO6.03

6 avril 2014

La crise ukrainienne constitue le maillon d’une opposition plus vaste entre l’Europe et la Russie, sur la question de l’approvisionnement en gaz. Ce conflit est d’autant plus complexe qu’il implique indirectement les Etats-Unis et la Chine.

L'autre guerre Russie-Europe

L’autre guerre Russie-Europe

Atlantico : En dépit d’une relative accalmie diplomatique sur le cas ukrainien, la confrontation entre Moscou et Washington semble se poursuivre sur un autre plan alors que l’Europe reste en partie dépendante du Kremlin dans son approvisionnement en gaz. Faut-il voir les tensions actuelles comme les prémices d’une guerre énergétique et commerciale plus vaste ?

Nicolas Mazzucchi : Le terme de « guerre énergétique » semble un peu fort ; néanmoins la crise ukrainienne a servi d’accélérateur à une confrontation énergétique dont l’Europe est à la fois acteur et enjeu. La Russie est le fournisseur privilégié d’un certain nombre de pays d’Europe centrale et orientale (Pologne, Hongrie, République Tchèque, Pays baltes, etc.), avec l’Allemagne comme principal partenaire servant de nœud de redistribution. Même si la Russie est loin de disposer d’une hégémonie en la matière, notamment en Europe du Sud (France, Italie, Espagne), la dépendance aux approvisionnements énergétiques russes, si l’on confond gaz et pétrole, a tendance à s’accélérer.

D’un autre côté les Etats-Unis veulent de plus en plus rentrer dans ce marché européen avec une perspective d’exportation à court-terme de leur gaz de schiste. Profitant de la méfiance générée par Moscou sur ce dossier ukrainien, Washington joue de plus en plus du sentiment antirusse, dans les Pays baltes et en Pologne, pour se placer comme une alternative crédible.

Le regard de nombreux dirigeants européens se porte actuellement sur le projet de gazoduc « South Stream » initié par Gazprom et qui devrait entrer en fonction d’ici fin 2015. La réalisation d’un tel projet n’est-elle pas menacée actuellement par la crise ukrainienne ? Qu’en attendre ?

En réalité les projets Nord Stream et South Stream sont déjà issus d’une précédente crise avec l’Ukraine. A la suite des « guerres gazières » de la 2e moitié des années 2000 entre Moscou et Kiev, lesquelles ayant causé des disruptions dans les approvisionnements en Europe orientale, la Russie a pris la décision de créer un nouveau réseau. Ce dernier comprenant l’ancien réseau terrestre Ukraine-Biélorussie et deux nouvelles routes, l’une sous la Baltique au Nord et l’autre dans les Balkans au Sud, devait amoindrir le pouvoir d’influence dont disposaient les pays de transit (Ukraine et Biélorussie) en permettant des routes alternatives et desservir de nouveaux clients (Europe du Sud, Scandinavie).

Dans cette optique, South Stream, réalisé en partenariat avec de nombreuses entreprises énergétiques européennes comme ENI ou EDF, s’avère toujours aussi important tant pour la Russie que pour les pays sur son trajet. En outre, il faut également voir que South Stream avait été pensé par Moscou comme une arme pour bloquer le projet européen de gazoduc Nabucco devant relier le Vieux Continent aux ressources du Caucase (Azerbaïdjan) ou même d’Iran et d’Asie centrale. Cela en fait donc un projet doublement stratégique pour la Russie.

Du côté des Européens, si la France a fait entendre sa voix sur le dossier ukrainien, l’Italie, dont la compagnie pétrolière ENI est le premier partenaire de Gazprom sur le South Stream, a été particulièrement silencieuse. De même les différents pays concernés par ce gazoduc que ce soit dans les Carpates (Bulgarie), les Balkans (Serbie) ou même la Turquie dont la ZEE sera partiellement traversée par ce dernier, sont restés très silencieux.

Face à l’emprise russe sur l’Europe Centrale, Obama souhaite répliquer en autorisant la construction du gazoduc Keystone. Reliant le Canada au territoire américain, ce projet permettrait de renforcer l’indépendance énergétique de Washington tout en facilitant d’éventuelles exportations vers l’Europe. L’Amérique du Nord peut-elle devenir une alternative pour l’Europe face au durcissement de la Russie ?

Vis-à-vis de la question énergétique il se pourrait que les grands gagnants de cette crise ukrainienne soient les Etats-Unis. En effet ces derniers n’ont cessé ces derniers jours de jouer sur la peur de la Russie en Europe, notamment à l’Est, pour annoncer qu’ils allaient accélérer les procédures destinées à l’exportation de gaz issu de schiste vers les pays alliés ; comprenons ceux de l’OTAN. Si l’on replace cette nouvelle ambition dans le cadre du Traité Transatlantique voulu par B. Obama, c’est tout un pan de la politique économique des Etats-Unis vis-à-vis de l’Europe qui apparait. Jusqu’ici Washington offrait surtout le savoir-faire de ses compagnies pétrolières – principalement Chevron-Texaco – pour l’exploitation des ressources de gaz de schiste européennes mais il semblerait que cette crise serve d’accélérateur à l’ambition américaine de devenir un fournisseur privilégié du Vieux Continent. Il existe toutefois un problème d’infrastructures et de coûts. En effet il faudrait construire en Europe un certain nombre de terminaux de regazéification vu que le gaz américain serait exporté sous forme liquéfiée (GNL) ; or le GNL, même conventionnel, coûterait bien plus cher que le gaz conventionnel russe livré sous forme gazeuse pour des questions de coût logistique.

La Chine est dans ce contexte un acteur de poids alors qu’un accord de fourniture en gaz est actuellement en négociation avec la Russie. A-t-il des chances d’aboutir aujourd’hui ? Quelles en serait les conséquences ?

Les relations entre la Chine et la Russie ont toujours été particulièrement complexes depuis la rupture de Mao avec le parti communiste russe en 1960. A l’heure actuelle, il serait juste de dire que les deux sont interdépendants. D’un côté si la Chine est à elle seule le 4e producteur mondial de pétrole, elle ne cesse d’en augmenter l’importation au point d’être depuis fin 2011-début 2012, le 1erimportateur mondial. Dans le domaine du gaz le problème est encore plus aiguë avec une demande qui ne cesse d’augmenter en vue d’une substitution partielle du charbon – notamment pour des raisons écologiques puisque le gaz est le moins polluant des hydrocarbures – et une absence quasi-complète de ressources nationales. Pour le moment la Chine et la Russie disposent déjà de plusieurs accords en ce domaine, par exemple 50% du pétrole transitant vers la Chine dans le pipeline Kazakhstan-Chine est en fait du pétrole russe, mais ces derniers se signent très lentement avec une certaine méfiance qui malgré tout persiste entre les deux. La volonté de Pékin de développer son influence en Asie centrale, lieu privilégié de la géopolitique russe, irrite beaucoup Moscou. De même les deux ont une vision opposée du rôle de l’Organisation de Coopération de Shanghai en matière d’énergie ; là où Pékin voudrait créer une sorte d’alliance fournisseurs-consommateurs, Moscou y voit plutôt la possibilité d’affermir son pouvoir sur un club de producteurs (Kazakhstan, Ouzbékistan). Néanmoins Moscou a besoin également de diversifier ses clients car si la Russie détient un certain pouvoir géoéconomique sur l’Europe, la réciproque est vraie. Pour le moment la quasi-totalité des infrastructures d’exportation de gaz et de pétrole russe partent vers l’Ouest, ce qui ne va que s’accentuer avec Nord Stream et South Stream ; or en cas de retournement de tout ou partie de ses clients européens vers d’autres fournisseurs (Algérie, Qatar, Etats-Unis), Moscou serait très embêté. La Chine représente donc pour la Russie un marché d’avenir quasi-obligatoire, plus complexe à gérer que l’Europe mais potentiellement plus rentable vu les projections de la demande sur les 30 prochaines années.

En parallèle, l’Iran peut aussi devenir un levier important alors qu’il est l’un des premiers producteurs de gaz naturel au monde. Le récent dégel des relations avec Washington pourra-t-il déboucher sur des accords énergétiques ?

Le dégel des relations entre les Etats-Unis et l’Iran est pour l’instant à peine entamé et, vu l’évolution très lente du processus, il risque de se passer du temps avant que l’Iran puisse devenir une alternative crédible en matière de fourniture de gaz pour l’Europe. Toutefois il est important de noter que Téhéran avait été envisagé au début du projet Nabucco comme fournisseur de gaz pour le gazoduc européen, signe que cette option n’est pas aussi fermée qu’elle apparait. Il faut également prendre en compte le fait que les sanctions internationales ont causé beaucoup de dommages à l’appareil productif de pétrole et de gaz iranien. La fin des contrats avec l’Occident et des investissements dans les infrastructures ont amené à une stagnation voire à une baisse de la production. Pour que l’Iran redevienne un fournisseur crédible, déjà faudrait-il y investir massivement pour relancer la production, le raffinage et le transport. Cela prendrait beaucoup de temps et aurait un coût certain. De son côté l’Iran a-t-il envie de se rapprocher d’une Europe qui l’a sanctionné ? D’autres pays sont, pour Téhéran, des clients bien plus intéressants comme l’Inde, le Pakistan ou même la Chine qui ont tous trois des velléités de construire des gazoducs et des pipelines vers leur territoire. Ces pays affichent des taux de croissance économique et démographique intéressants et se sont révélés des partenaires géopolitiques plus souples que les Européens, refusant de sanctionner Téhéran dans sa course à l’atome.

En quoi ces rivalités impactent-elles l’avenir du commerce mondial et de la mondialisation ? Se dirige t-on vers la formation de blocs animés par une rivalité commerciale croissante ?

Contrairement à ce que certains tentent de faire croire, nous ne sommes pas entré dans une nouvelle « guerre froide ». La Guerre Froide c’était deux systèmes opposés politiquement et économiquement qui n’avaient pratiquement pas de rapports géoéconomiques entre eux. L’on appartenait à un bloc ou à l’autre et on faisait des affaires avec ses alliés. Depuis le début des années 2000, nous sommes entrés dans l’ère de la mondialisation achevée où l’ensemble du système économique mondial est interconnecté ; c’est d’ailleurs là-dessus que V. Poutine n’a cessé de jouer lors de cette crise ukrainienne.

Dans ce cadre il est évident que tous les pays aspirant à devenir des puissances tentent de prendre l’ascendant par l’économie, notamment en déployant leurs entreprises dans des régions ciblées. Le Brésil par exemple cherche à s’implanter durablement en Afrique de l’Ouest – et ne s’en cache pas puisque cela figure dans tous les textes officiels traitant de la stratégie du pays – via ses entreprises énergétiques comme Petrobras, Eletrobras ou Odebrecht où il se heurte aux compagnies pétrolières françaises et chinoises.

Cette hypercompétition entre puissances voit l’Europe devenir de plus en plus un enjeu, notamment pour les Etats-Unis qui, lancés dans une course géopolitique au Pacifique avec la Chine, souhaiteraient sanctuariser leur influence sur le Vieux Continent. Certes c’est l’une des fonctions de l’OTAN mais avec la fin des grands engagements, Washington veut sécuriser sa position par une influence plus seulement géopolitique mais aussi géoéconomique et cette crise lui donne l’opportunité de le faire. De son côté la Russie a bâti son retour en tant que puissance sur les matières premières et le contrôle de flux mondial qu’elle en a.

L’Europe au milieu de ce jeu des puissances entre Russie, Chine, Brésil, Etats-Unis, fait plus figure d’enjeu que d’acteur. L’impuissance du Vieux Continent et l’incapacité des pays de l’UE à s’entendre – sur une politique énergétique commune par exemple – en fait une cible parfaite pour ceux qui, jouant sur les fractures intra-européennes, imposent leur pouvoir géoéconomique.

Lire aussi :

Gaz: le coût d’un divorce entre l’Europe et la Russie

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20140407trib000824010/gaz-le-cout-d-un-divorce-entre-l-europe-et-la-russie.html

La Russie vient-elle d’étrangler l’indépendance énergétique européenne en imposant
son dernier pipeline ?

http://www.atlantico.fr/decryptage/russie-vient-elle-etrangler-independance-energetique-europeenne-imposant-dernier-pipeline-francois-lafargue-432258.html#jawDhmQHdRpSRTLO.03

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6-La crise ukrainienne pousse l’Otan à accélérer sa transformation

http://www.lepoint.fr/monde/la-crise-ukrainienne-pousse-l-otan-a-accelerer-sa-transformation-08-04-2014-1811085_24.php

08/04/2014

La crise ukrainienne et le bras de fer en cours avec la Russie poussent l’Otan à accélérer sa transformation, sous la double contrainte des tensions internationales et des difficultés financières de ses membres.

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« Si la Russie intervenait davantage en Ukraine, ce serait une erreur historique », a mis en garde le patron de l’Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen, lors d’une réunion mardi à Paris consacrée à la préparation du sommet de l’Otan des 4 et 5 septembre à Newport (Pays de Galles). Face au « plus grand défi posé à la sécurité de l’Europe en une génération », il a appelé Moscou à ne pas jouer l’escalade en Ukraine et demandé aux alliés occidentaux, notamment aux européens, de maintenir leur effort de défense.

Selon le secrétaire général de l’Otan, « l’évolution de la situation sécuritaire en Ukraine » contraint l’Alliance « à revoir ses plans » et à préparer activement la défense collective de demain. « Nous devons mettre en place un plan d’action pour améliorer notre préparation », et les premières initiatives sont déjà en cours d’examen, a-t-il affirmé.

Une transformation qui passe par une meilleure interopérabilité des forces des 28 pays membres de l’Otan et le renforcement de leurs capacités dans plusieurs domaines. Notamment en matière de renseignement, de défense anti-missiles, de contrôle et de transport aériens.

M. Rasmussen a pressé les pays membres, en particulier les Européens, de renforcer leur effort budgétaire pour préserver une défense crédible, au moment où « d’autres pays comme la Russie augmentent jusqu’à 30% » leur crédits militaires. « Nous devons être prêts à payer le prix nécessaire pour préserver notre sécurité », a-t-il fait valoir.

Seul un petit nombre de pays de l’Otan consacrent plus de 2% de leur PIB à la défense, a-t-il regretté. Et la crise ukrainienne doit, selon lui, constituer un tournant et stopper la baisse des crédits de défense des pays alliés.

Les tensions avec la Russie ont en revanche montré « l’engagement très clair des Etats-Unis » pour la sécurité en Europe, a-t-il fait valoir.

‘Engagement fort de la France’

M. Rasmussen s’est également félicité de « l’engagement fort de la France envers l’Otan ». Mi-mars, Paris a notamment décidé d’envoyer quatre avions de combat pour renforcer, dans le cadre de l’Alliance, la surveillance aérienne au-dessus des Pays baltes.

Le général français Jean-Paul Paloméros est par ailleurs depuis 2012 à la tête du Commandement suprême allié pour la transformation, qui doit être au centre du sommet de septembre.

Face à la crise en Ukraine, « nos principaux leviers sont d’abord politique et économique », mais « l’Otan n’en demeure pas moins un acteur essentiel de cette crise », a estimé pour sa part Jean-Yves Le Drian. Le ministre français de la Défense a en particulier souhaité que les pays membres disposent avant septembre « de perspectives capacitaires claires » pour les années à venir.

Après une décennie d’engagement conjoint en Afghanistan, la solidarité des pays de l’Alliance « devra être maintenue sans la pression des opérations », a-t-il noté, soulignant l’importance de préserver la capacité à agir ensemble acquise en opération.

Autre piste suggérée à la fois par le patron de l’Otan et le ministre français: développer pour plus d’efficacité la coopération entre l’Alliance atlantique et l’Union européenne, ainsi que d’autres organisations internationales.

Interrogé sur la livraison programmée l’automne prochain de deux navires Mistral, des Bâtiments de projection et de commandement (BPC), par la France à la Russie, M. Rasmussen a souligné qu’il s’agissait d' »une décision nationale », se déclarant confiant que la France prendra les décisions qui s’imposent.

Lire aussi :

Ukraine : la France favorable à de nouvelles sanctions en cas d’escalade

http://www.lepoint.fr/monde/ukraine-la-france-favorable-a-de-nouvelles-sanctions-en-cas-d-escalade-13-04-2014-1812588_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Mi-journee]-20140413

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7-Ukraine : le sauvetage du FMI sera douloureux

http://finances.fr.msn.com/ukraine%C2%A0-le-sauvetage-du-fmi-sera-douloureux

27 mars 2014

Kiev va recevoir entre 14 et 18 milliards de dollars du FMI. En échange, l’entreprise publique Naftogaz a annoncé une augmention de 50% des prix du gaz à partir du 1er mai. Salaires et retraites des fonctionnaires seront gelés.

Ukraine : le sauvetage du FMI sera douloureux

L’accord conclu entre Kiev et le FMI, jeudi, pour éviter la faillite de l’Ukr aine s’annonce douloureux pour le pays. Le Fonds monétaire international accepte de prêter entre 14 et 18 milliards de dollars au gouvernement ukrainien en échange de sévères réformes. La ligne de crédit du FMI, qui sera déboursée par tranches âprement négociées, devrait permettre de débloquer 27 milliards de dollars sur deux ans, a indiqué le FMI.

Aux prêts déjà promis par l’UE (1,6 milliard d’euros), les États-Unis (1 milliard de dollars), le Japon (1,5 milliard de dollars), la Banque européenne de développement (1 milliards) pourraient s’ajouter des crédits en provenance d’autres pays alliés des États-Unis.

Cette aide massive est une marque importante de soutien à l’Ukraine post-Ianoukovitch de la part du camp occidental. Mais elle s’accompagnera d’une mise sous tutelle financière du pays et d’une vaste opération de nettoyage de l’économie ukrainienne minée par la corruption, les subventions en tout genre, et le gaspillage. Même si les marchés financiers ont accueilli avec soulagement la nouvelle du sauvetage, le gouvernement, qui doit faire valider l’accord avec le FMI, par le parlement jeudi soir, s’attend à des lendemains difficiles. «Ce sera douloureux», a prévenu Stefan Koubiv, le gouverneur de la banque centrale ukrainienne. «Nous n’avons pas le choix: soit ces mesures sont prises soit l’Ukraine sera en faillite», a annoncé le chef du gouvernement intérimaire, Arseni Iatseniouk.

L’Ukraine n’a pas le choix

Prêt à tout pour arrimer l’Ukraine et ses 46 millions d’habitants à l’Europe, le jeune premier ministre a donné son feu vert à ce qu’aucun gouvernement avant lui n’avait accepté: une augmentation du prix de gaz de 50 %. La pilule sera dure à avaler pour les ménages habitués à des factures mensuelles extrêmement faibles, mais aussi pour les entreprises, qui bénéficient, depuis des années, d’une énergie subventionnée, avec des tarifs qui évoluent à la tête du client, une source de prévarication sans fin. Le FMI a également exigé le gel des salaires et des retraites des fonctionnaires, et une libéralisation du taux de change, afin de laisser filer la monnaie, le hryvnia. La devise ukrainienne a perdu 35 % de sa valeur avec la crise, ce qui a fait bondir l’inflation à plus de 12 %.

La libéralisation des prix de l’énergie a été réclamée plusieurs fois par le FMI, à l’occasion des précédents plans de sauvetage, en 2008 et 2010. En vain. Cette fois encore, ce fut le point le plus difficile à négocier, entre le gouvernement et les équipes du FMI. Au pied du mur, avec une facture énergétique en hausse de 80 %, en raison de la fin des subventions russes sur le gaz le 1er avril, Arseni Iatseniouk a cédé. L’augmentation de 50 % des prix du gaz à partir du 1er mai a été annoncée, mercredi soir, par un communiqué officiel de l’entreprise publique Naftogaz, qui a ouvert la voie à la ligne de crédit vitale du FMI.

L’accord doit encore être validé, mi-avril, par le Conseil d’administration du Fonds à Washington, où Américains et Européens jouent un poids décisif. Le montant exact qui sera déboursé pour l’Ukraine -entre 14 et 18 milliards de dollars- dépendra des prêts bilatéraux en provenance d’autres pays. La Russie qui avait un temps envisagé d’apporter son aide, n’a pas donné suite, alors qu’elle se trouve sous la menace de sanctions financières de la part de l’Europe et des États-Unis. La première tranche du prêt du FMI pourra être déboursée fin avril.

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8-L’extrême droite à l’assaut du Parlement européen

http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/12/l-extreme-droite-a-l-assaut-du-parlement-europeen_996057

AFP 12 avril 2014

Onze villes conquises par le Front national en France, plus de 20% des suffrages pour le Jobbik en Hongrie, des partis dans le trio de tête en Autriche, aux Pays-Bas ou en Finlande: l’extrême droite a le vent en poupe et devrait arriver en force dans le prochain Parlement européen.

Gabor Vona, président du parti d'extrême-droite hongrois Jobbik, qui a recueilli plus de 20% des voix auxélections législatives , le 6 avril 2014 à Budapest

Gabor Vona, président du parti d’extrême-droite hongrois Jobbik, qui a recueilli plus de 20% des voix auxélections législatives , le 6 avril 2014 à Budapest

Après sa victoire aux municipales en France, le parti de Marine Le Pen a mis le cap sur Strasbourg, siège du Parlement européen. A moins de 50 jours des élections, les sondages le placent juste derrière l’UMP (droite) et devant le Parti socialiste au pouvoir, voire en première position. Le FN pourrait décrocher une vingtaine d’élus.

Dans un paysage assez morcelé, le Parti de la Liberté (PVV) arrivait en tête aux Pays-Bas, avec environ 17% des intentions de vote, jusqu’aux déclarations incendiaires de son chef Geert Wilders affirmant vouloir «moins de Marocains» dans le pays. Cette sortie a provoqué un trou d’air pour le parti, mais il a rebondi depuis et se retrouve en deuxième position dans un récent sondage.

«Dans plusieurs pays, ces partis vont gagner les élections. Le parti de Marine le Pen pourrait devenir le premier en France, et la même chose a des chances de se produire aux Pays-Bas avec Geert Wilders», estime André Krouwel, de l’Université d’Amsterdam.

La vague anti-européenne est forte. En Autriche, la plupart des sondages créditent le FPÖ d’au moins 20%. L’enjeu pour lui sera de doubler l’une des deux formations de la grande coalition au pouvoir, qui se situent toutes deux autour de 23-24%. Comme le FN, le FPÖ veille à sa respectabilité. Il s’est débarrassé cette semaine de sa tête de liste, qui avait comparé l’Union européenne au IIIe Reich.

Le Parti des Finlandais est crédité de près de 18% des intentions de vote, en troisième position. Aux législatives hongroises, le parti anti-roms et antisémite Jobbik a raflé près de 21% des suffrages. L’extrême droite devrait aussi grappiller des sièges en Bulgarie et en Suède, en recueillant environ 5% des voix.

La crise, le chômage de masse et l’austérité mise en oeuvre dans de nombreux pays pourraient se traduire par une mobilisation «favorable aux partis eurosceptiques et radicaux», soulignent les analystes du European Policy Institute Network.

– Infréquentables –

Dans le Parlement sortant, l’extrême droite ne comptait qu’une poignée de députés, dont trois Français du Front national, les Le Pen père et fille, et Bruno Gollnisch.

Depuis plusieurs mois, le FN et le PVV tentent de rallier d’autres formations populistes pour constituer un groupe dans le prochain Parlement. Il leur faut 25 élus dans au moins sept pays. Le seuil des 25 députés devrait être largement dépassé. Reste à convaincre d’autres formations en plus du FPÖ, du Vlaams Belang belge et de la Ligue du Nord italienne.

Le chef du Parti des Finlandais, Timo Soini, qui a pris ses distances avec les éléments les plus xénophobes ou racistes de son parti, ne souhaite pas les rejoindre.

Certaines formations sont infréquentables, de l’aveu même de Mme Le Pen, comme les ultras du Jobbik ou les néo-nazis d’Aube dorée en Grèce.

A part la France, la poussée de l’extrême droite ne touche pas les grands pays de l’UE, qui envoient les plus gros contingents au Parlement. L’extrême droite est faible en Italie et quasi-inexistante en Espagne et en Pologne, ainsi qu’au Royaume-Uni et en Allemagne.

Dans ces deux pays, la mouvance anti-européenne est incarnée par les europhobes de l’Ukip et les anti-euros de l’AfD. En Italie, le populisme s’exprime à travers le mouvement anti-partis «Cinq étoiles» de Beppe Grillo.

Au soir du 25 mai, l’ensemble des anti-européens de droite pourraient obtenir plus de 120 sièges, soit 15% des 751 députés.

La gauche marquera aussi des points. Les socialistes modérément, mais assez pour faire jeu égal avec les conservateurs autour de 210 sièges, selon les derniers sondages. La gauche radicale plus nettement avec un gain attendu d’une vingtaine de députés.

Parallèlement, les conservateurs, au pouvoir dans une majorité de pays de l’UE, devraient en perdre une soixantaine. Les Verts, à la peine en France et en Allemagne, et les libéraux, pourraient voir leur effectifs fondre d’une vingtaine de députés chacun.

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9-Le traité transatlantique, un typhon qui menace les Européens

http://www.monde-diplomatique.fr/2013/11/WALLACH/49803

par Lori M. Wallach, novembre 2013

Engagées en 2008, les discussions sur l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne ont abouti le 18 octobre. Un bon présage pour le gouvernement américain, qui espère conclure un partenariat de ce type avec le Vieux Continent. Négocié en secret, ce projet ardemment soutenu par les multinationales leur permettrait d’attaquer en justice tout Etat qui ne se plierait pas aux normes du libéralisme.

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Imagine-t-on des multinationales traîner en justice les gouvernements dont l’orientation politique aurait pour effet d’amoindrir leurs profits ? Se conçoit-il qu’elles puissent réclamer — et obtenir ! — une généreuse compensation pour le manque à gagner induit par un droit du travail trop contraignant ou par une législation environnementale trop spoliatrice ? Si invraisemblable qu’il paraisse, ce scénario ne date pas d’hier. Il figurait déjà en toutes lettres dans le projet d’accord multilatéral sur l’investissement (AMI) négocié secrètement entre 1995 et 1997 par les vingt-neuf Etats membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) (1). Divulguée in extremis, notamment par Le Monde diplomatique, la copie souleva une vague de protestations sans précédent, contraignant ses promoteurs à la remiser. Quinze ans plus tard, la voilà qui fait son grand retour sous un nouvel habillage.

L’accord de partenariat transatlantique (APT) négocié depuis juillet 2013 par les Etats-Unis et l’Union européenne est une version modifiée de l’AMI. Il prévoit que les législations en vigueur des deux côtés de l’Atlantique se plient aux normes du libre-échange établies par et pour les grandes entreprises européennes et américaines, sous peine de sanctions commerciales pour le pays contrevenant, ou d’une réparation de plusieurs millions d’euros au bénéfice des plaignants.

D’après le calendrier officiel, les négociations ne devraient aboutir que dans un délai de deux ans. L’APT combine en les aggravant les éléments les plus néfastes des accords conclus par le passé. S’il devait entrer en vigueur, les privilèges des multinationales prendraient force de loi et lieraient pour de bon les mains des gouvernants. Imperméable aux alternances politiques et aux mobilisations populaires, il s’appliquerait de gré ou de force, puisque ses dispositions ne pourraient être amendées qu’avec le consentement unanime des pays signataires. Il dupliquerait en Europe l’esprit et les modalités de son modèle asiatique, l’accord de partenariat transpacifique (Trans-Pacific Partnership, TPP), actuellement en cours d’adoption dans douze pays après avoir été ardemment promu par les milieux d’affaires américains. A eux deux, l’APT et le TPP formeraient un empire économique capable de dicter ses conditions hors de ses frontières : tout pays qui chercherait à nouer des relations commerciales avec les Etats-Unis ou l’Union européenne se verrait contraint d’adopter telles quelles les règles qui prévalent au sein de leur marché commun.

Tribunaux spécialement créés

Parce qu’elles visent à brader des pans entiers du secteur non marchand, les négociations autour de l’APT et du TPP se déroulent derrière des portes closes. Les délégations américaines comptent plus de six cents consultants mandatés par les multinationales, qui disposent d’un accès illimité aux documents préparatoires et aux représentants de l’administration. Rien ne doit filtrer. Instruction a été donnée de laisser journalistes et citoyens à l’écart des discussions : ils seront informés en temps utile, à la signature du traité, lorsqu’il sera trop tard pour réagir.

Dans un élan de candeur, l’ancien ministre du commerce américain Ronald (« Ron ») Kirk a fait valoir l’intérêt « pratique » de « préserver un certain degré de discrétion et de confidentialité (2) ». La dernière fois qu’une version de travail d’un accord en cours de formalisation a été mise sur la place publique, a-t-il souligné, les négociations ont échoué — une allusion à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), une version élargie de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) ; le projet, âprement défendu par M. George W. Bush, fut dévoilé sur le site Internet de l’administration en 2001. A quoi la sénatrice Elizabeth Warren rétorque qu’un accord négocié sans aucun examen démocratique ne devrait jamais être signé (3).

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L’impérieuse volonté de soustraire le chantier du traité américano-européen à l’attention du public se conçoit aisément. Mieux vaut prendre son temps pour annoncer au pays les effets qu’il produira à tous les échelons : du sommet de l’Etat fédéral jusqu’aux conseils municipaux en passant par les gouvernorats et les assemblées locales, les élus devront redéfinir de fond en comble leurs politiques publiques de manière à satisfaire les appétits du privé dans les secteurs qui lui échappaient encore en partie. Sécurité des aliments, normes de toxicité, assurance-maladie, prix des médicaments, liberté du Net, protection de la vie privée, énergie, culture, droits d’auteur, ressources naturelles, formation professionnelle, équipements publics, immigration : pas un domaine d’intérêt général qui ne passe sous les fourches caudines du libre-échange institutionnalisé. L’action politique des élus se limitera à négocier auprès des entreprises ou de leurs mandataires locaux les miettes de souveraineté qu’ils voudront bien leur consentir.

Il est d’ores et déjà stipulé que les pays signataires assureront la « mise en conformité de leurs lois, de leurs règlements et de leurs procédures » avec les dispositions du traité. Nul doute qu’ils veilleront scrupuleusement à honorer cet engagement. Dans le cas contraire, ils pourraient faire l’objet de poursuites devant l’un des tribunaux spécialement créés pour arbitrer les litiges entre les investisseurs et les Etats, et dotés du pouvoir de prononcer des sanctions commerciales contre ces derniers.

L’idée peut paraître invraisemblable ; elle s’inscrit pourtant dans la philosophie des traités commerciaux déjà en vigueur. L’année dernière, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a ainsi condamné les Etats-Unis pour leurs boîtes de thon labellisées « sans danger pour les dauphins », pour l’indication du pays d’origine sur les viandes importées, ou encore pour l’interdiction du tabac parfumé au bonbon, ces mesures protectrices étant considérées comme des entraves au libre-échange. Elle a aussi infligé à l’Union européenne des pénalités de plusieurs centaines de millions d’euros pour son refus d’importer des organismes génétiquement modifiés (OGM). La nouveauté introduite par l’APT et le TTP, c’est qu’ils permettraient aux multinationales de poursuivre en leur propre nom un pays signataire dont la politique aurait un effet restrictif sur leur abattage commercial.

Sous un tel régime, les entreprises seraient en mesure de contrecarrer les politiques de santé, de protection de l’environnement ou de régulation de la finance mises en place dans tel ou tel pays en lui réclamant des dommages et intérêts devant des tribunaux extrajudiciaires. Composées de trois avocats d’affaires, ces cours spéciales répondant aux lois de la Banque mondiale et de l’Organisation des Nations unies (ONU) seraient habilitées à condamner le contribuable à de lourdes réparations dès lors que sa législation rognerait sur les« futurs profits espérés » d’une société.

Ce système « investisseur contre Etat », qui semblait rayé de la carte après l’abandon de l’AMI en 1998, a été restauré en catimini au fil des années. En vertu de plusieurs accords commerciaux signés par Washington, 400 millions de dollars sont passés de la poche du contribuable à celle des multinationales pour cause d’interdiction de produits toxiques, d’encadrement de l’exploitation de l’eau, du sol ou du bois, etc. (4). Sous l’égide de ces mêmes traités, les procédures actuellement en cours — dans des affaires d’intérêt général comme les brevets médicaux, la lutte antipollution ou les lois sur le climat et les énergies fossiles — font grimper les demandes de dommages et intérêts à 14 milliards de dollars.

L’APT alourdirait encore la facture de cette extorsion légalisée, compte tenu de l’importance des intérêts en jeu dans le commerce transatlantique. Trois mille trois cents entreprises européennes sont présentes sur le sol américain par le biais de vingt-quatre mille filiales, dont chacune peut s’estimer fondée un jour ou l’autre à demander réparation pour un préjudice commercial. Un tel effet d’aubaine dépasserait de très loin les coûts occasionnés par les traités précédents. De leur côté, les pays membres de l’Union européenne se verraient exposés à un risque financier plus grand encore, sachant que quatorze mille quatre cents compagnies américaines disposent en Europe d’un réseau de cinquante mille huit cents filiales. Au total, ce sont soixante-quinze mille sociétés qui pourraient se jeter dans la chasse aux trésors publics.

Officiellement, ce régime devait servir au départ à consolider la position des investisseurs dans les pays en développement dépourvus de système juridique fiable ; il leur permettait de faire valoir leurs droits en cas d’expropriation. Mais l’Union européenne et les Etats-Unis ne passent pas précisément pour des zones de non-droit ; ils disposent au contraire d’une justice fonctionnelle et pleinement respectueuse du droit à la propriété. En les plaçant malgré tout sous la tutelle de tribunaux spéciaux, l’APT démontre que son objectif n’est pas de protéger les investisseurs, mais bien d’accroître le pouvoir des multinationales.

Procès pour hausse du salaire minimum

Il va sans dire que les avocats qui composent ces tribunaux n’ont de comptes à rendre à aucun électorat. Inversant allègrement les rôles, ils peuvent aussi bien servir de juges que plaider la cause de leurs puissants clients (5). C’est un tout petit monde que celui des juristes de l’investissement international : ils ne sont que quinze à se partager 55 % des affaires traitées à ce jour. Evidemment, leurs décisions sont sans appel.

Les « droits » qu’ils ont pour mission de protéger sont formulés de manière délibérément approximative, et leur interprétation sert rarement les intérêts du plus grand nombre. Ainsi de celui accordé à l’investisseur de bénéficier d’un cadre réglementaire conforme à ses « prévisions » — par quoi il convient d’entendre que le gouvernement s’interdira de modifier sa politique une fois que l’investissement a eu lieu. Quant au droit d’obtenir une compensation en cas d’« expropriation indirecte », il signifie que les pouvoirs publics devront mettre la main à la poche si leur législation a pour effet de diminuer la valeur d’un investissement, y compris lorsque cette même législation s’applique aussi aux entreprises locales. Les tribunaux reconnaissent également le droit du capital à acquérir toujours plus de terres, de ressources naturelles, d’équipements, d’usines, etc. Nulle contrepartie de la part des multinationales : elles n’ont aucune obligation à l’égard des Etats et peuvent engager des poursuites où et quand cela leur chante.

Certains investisseurs ont une conception très extensive de leurs droits inaliénables. On a pu voir récemment des sociétés européennes engager des poursuites contre l’augmentation du salaire minimum en Egypte ou contre la limitation des émissions toxiques au Pérou, l’Alena servant dans ce dernier cas à protéger le droit de polluer du groupe américain Renco (6). Autre exemple : le géant de la cigarette Philip Morris, incommodé par les législations antitabac de l’Uruguay et de l’Australie, a assigné ces deux pays devant un tribunal spécial. Le groupe pharmaceutique américain Eli Lilly entend se faire justice face au Canada, coupable d’avoir mis en place un système de brevets qui rend certains médicaments plus abordables. Le fournisseur d’électricité suédois Vattenfall réclame plusieurs milliards d’euros à l’Allemagne pour son « tournant énergétique », qui encadre plus sévèrement les centrales à charbon et promet une sortie du nucléaire.

Il n’y a pas de limite aux pénalités qu’un tribunal peut infliger à un Etat au bénéfice d’une multinationale. Il y a un an, l’Equateur s’est vu condamné à verser la somme record de 2 milliards d’euros à une compagnie pétrolière (7). Même lorsque les gouvernements gagnent leur procès, ils doivent s’acquitter de frais de justice et de commissions diverses qui atteignent en moyenne 8 millions de dollars par dossier, gaspillés au détriment du citoyen. Moyennant quoi les pouvoirs publics préfèrent souvent négocier avec le plaignant que plaider leur cause au tribunal. L’Etat canadien s’est ainsi épargné une convocation à la barre en abrogeant hâtivement l’interdiction d’un additif toxique utilisé par l’industrie pétrolière.

Pour autant, les réclamations n’en finissent pas de croître. D’après la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), le nombre d’affaires soumises aux tribunaux spéciaux a été multiplié par dix depuis 2000. Alors que le système d’arbitrage commercial a été conçu dès les années 1950, il n’a jamais autant rendu service aux intérêts privés qu’en 2012, année exceptionnelle en termes de dépôts de dossiers. Ce boom a créé une florissante pépinière de consultants financiers et d’avocats d’affaires.

Le projet de grand marché américano-européen est porté depuis de longues années par le Dialogue économique transatlantique (Trans-Atlantic Business Dialogue, TABD), un lobby mieux connu aujourd’hui sous l’appellation de Trans-Atlantic Business Council (TABC). Créé en 1995 sous le patronage de la Commission européenne et du ministère du commerce américain, ce rassemblement de riches entrepreneurs milite pour un « dialogue » hautement constructif entre les élites économiques des deux continents, l’administration de Washington et les commissaires de Bruxelles. Le TABC est un forum permanent qui permet aux multinationales de coordonner leurs attaques contre les politiques d’intérêt général qui tiennent encore debout des deux côtés de l’Atlantique.

Son objectif, publiquement affiché, est d’éliminer ce qu’il appelle les « discordes commerciales » (trade irritants), c’est-à-dire d’opérer sur les deux continents selon les mêmes règles et sans interférence avec les pouvoirs publics.« Convergence régulatoire » et « reconnaissance mutuelle » font partie des panneaux sémantiques qu’il brandit pour inciter les gouvernements à autoriser les produits et services contrevenant aux législations locales.

http://meniermustapha.files.wordpress.com/2014/03/marchecc81-transatlantique.jpg?w=800&h=581

Injuste rejet du porc à la ractopamine

Mais au lieu de prôner un simple assouplissement des lois existantes, les activistes du marché transatlantique se proposent carrément de les réécrire eux-mêmes. La Chambre américaine de commerce et BusinessEurope, deux des plus grosses organisations patronales de la planète, ont ainsi appelé les négociateurs de l’APT à réunir autour d’une table de travail un échantillon de gros actionnaires et de responsables politiques afin qu’ils « rédigent ensemble les textes de régulation » qui auront ensuite force de loi aux Etats-Unis et dans l’Union européenne. C’est à se demander, d’ailleurs, si la présence des politiques à l’atelier d’écriture commercial est vraiment indispensable…

De fait, les multinationales se montrent d’une remarquable franchise dans l’exposé de leurs intentions. Par exemple sur la question des OGM. Alors qu’aux Etats-Unis un Etat sur deux envisage de rendre obligatoire un label indiquant la présence d‘organismes génétiquement modifiés dans un aliment — une mesure souhaitée par 80 % des consommateurs du pays —, les industriels de l’agroalimentaire, là comme en Europe, poussent à l’interdiction de ce type d’étiquetage. L’Association nationale des confiseurs n’y est pas allée par quatre chemins : « L’industrie américaine voudrait que l’APT avance sur cette question en supprimant la labellisation OGM et les normes de traçabilité. » La très influente Association de l’industrie biotechnologique (Biotechnology Industry Organization, BIO), dont fait partie le géant Monsanto, s’indigne pour sa part que des produits contenant des OGM et vendus aux Etats-Unis puissent essuyer un refus sur le marché européen. Elle souhaite par conséquent que le « gouffre qui se creuse entre la dérégulation des nouveaux produits biotechnologiques aux Etats-Unis et leur accueil en Europe » soit prestement comblé (8). Monsanto et ses amis ne cachent pas leur espoir que la zone de libre-échange transatlantique permette d’imposer enfin aux Européens leur « catalogue foisonnant de produits OGM en attente d’approbation et d’utilisation (9) ».

L’offensive n’est pas moins vigoureuse sur le front de la vie privée. La Coalition du commerce numérique (Digital Trade Coalition, DTC), qui regroupe des industriels du Net et des hautes technologies, presse les négociateurs de l’APT de lever les barrières empêchant les flux de données personnelles de s’épancher librement de l’Europe vers les Etats-Unis (lire La traque méthodique de l’internaute révolutionne la publicité). « Le point de vue actuel de l’Union selon lequel les Etats-Unis ne fournissent pas une protection de la vie privée “adéquate” n’est pas raisonnable », s’impatientent les lobbyistes. A la lumière des révélations de M. Edward Snowden sur le système d’espionnage de l’Agence nationale de sécurité (National Security Agency, NSA), cet avis tranché ne manque pas de sel. Toutefois, il n’égale pas la déclaration de l’US Council for International Business (USCIB), un groupement de sociétés qui, à l’instar de Verizon, ont massivement approvisionné la NSA en données personnelles : « L’accord devrait chercher à circonscrire les exceptions, comme la sécurité et la vie privée, afin de s’assurer qu’elles ne servent pas d’entraves au commerce déguisées. »

Les normes de qualité dans l’alimentation sont elles aussi prises pour cible. L’industrie américaine de la viande entend obtenir la suppression de la règle européenne qui interdit les poulets désinfectés au chlore. A l’avant-garde de ce combat, le groupe Yum !, propriétaire de la chaîne de restauration rapide Kentucky Fried Chicken (KFC), peut compter sur la force de frappe des organisations patronales. « L’Union autorise seulement l’usage de l’eau et de la vapeur sur les carcasses », proteste l’Association nord-américaine de la viande, tandis qu’un autre groupe de pression, l’Institut américain de la viande, déplore le « rejet injustifié [par Bruxelles] des viandes additionnées de bêta-agonistes, comme le chlorhydrate de ractopamine ».

La ractopamine est un médicament utilisé pour gonfler la teneur en viande maigre chez les porcs et les bovins. Du fait de ses risques pour la santé des bêtes et des consommateurs, elle est bannie dans cent soixante pays, parmi lesquels les Etats membres de l’Union, la Russie et la Chine. Pour la filière porcine américaine, cette mesure de protection constitue une distorsion de la libre concurrence à laquelle l’APT doit mettre fin d’urgence.

« Les producteurs de porc américains n’accepteront pas d’autre résultat que la levée de l’interdiction européenne de la ractopamine », menace le Conseil national des producteurs de porc (National Pork Producers Council, NPPC). Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, les industriels regroupés au sein de BusinessEurope dénoncent les « barrières qui affectent les exportations européennes vers les Etats-Unis, comme la loi américaine sur la sécurité alimentaire ». Depuis 2011, celle-ci autorise en effet les services de contrôle à retirer du marché les produits d’importation contaminés. Là encore, les négociateurs de l’APT sont priés de faire table rase.

Il en va de même avec les gaz à effet de serre. L’organisation Airlines for America (A4A), bras armé des transporteurs aériens américains, a établi une liste des « règlements inutiles qui portent un préjudice considérable à [leur]industrie » et que l’APT, bien sûr, a vocation à rayer de la carte. Au premier rang de cette liste figure le système européen d’échange de quotas d’émissions, qui oblige les compagnies aériennes à payer pour leur pollution au carbone. Bruxelles a provisoirement suspendu ce programme ; A4A exige sa suppression définitive au nom du « progrès ».

Mais c’est dans le secteur de la finance que la croisade des marchés est la plus virulente. Cinq ans après l’irruption de la crise des subprime, les négociateurs américains et européens sont convenus que les velléités de régulation de l’industrie financière avaient fait leur temps. Le cadre qu’ils veulent mettre en place prévoit de lever tous les garde-fous en matière de placements à risques et d’empêcher les gouvernements de contrôler le volume, la nature ou l’origine des produits financiers mis sur le marché. En somme, il s’agit purement et simplement de rayer le mot « régulation » de la carte.

D’où vient cet extravagant retour aux vieilles lunes thatchériennes ? Il répond notamment aux vœux de l’Association des banques allemandes, qui ne manque pas d’exprimer ses « inquiétudes » à propos de la pourtant timide réforme de Wall Street adoptée au lendemain de la crise de 2008. L’un de ses membres les plus entreprenants sur ce dossier est la Deutsche Bank, qui a pourtant reçu en 2009 des centaines de milliards de dollars de la Réserve fédérale américaine en échange de titres adossés à des créances hypothécaires (10). Le mastodonte allemand veut en finir avec la réglementation Volcker, clé de voûte de la réforme de Wall Street, qui pèse selon lui d’un « poids trop lourd sur les banques non américaines ». Insurance Europe, le fer de lance des sociétés d’assurances européennes, souhaite pour sa part que l’APT « supprime » les garanties collatérales qui dissuadent le secteur de s’aventurer dans des placements à hauts risques.

Quant au Forum des services européens, organisation patronale dont fait partie la Deutsche Bank, il s’agite dans les coulisses des pourparlers transatlantiques pour que les autorités de contrôle américaines cessent de mettre leur nez dans les affaires des grandes banques étrangères opérant sur leur territoire. Côté américain, on espère surtout que l’APT enterrera pour de bon le projet européen de taxe sur les transactions financières. L’affaire paraît d’ores et déjà entendue, la Commission européenne ayant elle-même jugé cette taxe non conforme aux règles de l’OMC (11). Dans la mesure où la zone de libre-échange transatlantique promet un libéralisme plus débridé encore que celui de l’OMC, et alors que le Fonds monétaire international (FMI) s’oppose systématiquement à toute forme de contrôle sur les mouvements de capitaux, la chétive « taxe Tobin » n’inquiète plus grand monde aux Etats-Unis.

Mais les sirènes de la dérégulation ne se font pas entendre dans la seule industrie financière. L’APT entend ouvrir à la concurrence tous les secteurs « invisibles » ou d’intérêt général. Les Etats signataires se verraient contraints non seulement de soumettre leurs services publics à la logique marchande, mais aussi de renoncer à toute intervention sur les fournisseurs de services étrangers qui convoitent leurs marchés. Les marges de manœuvre politiques en matière de santé, d’énergie, d’éducation, d’eau ou de transport se réduiraient comme peau de chagrin. La fièvre commerciale n’épargne pas non plus l’immigration, puisque les instigateurs de l’APT s’arrogent la compétence d’établir une politique commune aux frontières — sans doute pour faciliter l’entrée de ceux qui ont un bien ou un service à vendre au détriment des autres.

Depuis quelques mois, le rythme des négociations s’intensifie. A Washington, on a de bonnes raisons de croire que les dirigeants européens sont prêts à n’importe quoi pour raviver une croissance économique moribonde, fût-ce au prix d’un reniement de leur pacte social. L’argument des promoteurs de l’APT, selon lequel le libre-échange dérégulé faciliterait les échanges commerciaux et serait donc créateur d’emplois, pèse apparemment plus lourd que la crainte d’un séisme social. Les barrières douanières qui subsistent encore entre l’Europe et les Etats-Unis sont pourtant « déjà assez basses », comme le reconnaît le représentant américain au commerce (12). Les artisans de l’APT admettent eux-mêmes que leur objectif premier n’est pas d’alléger les contraintes douanières, de toute façon insignifiantes, mais d’imposer « l’élimination, la réduction ou la prévention de politiques nationales superflues (13) », étant considéré comme « superflu » tout ce qui ralentit l’écoulement des marchandises, comme la régulation de la finance, la lutte contre le réchauffement climatique ou l’exercice de la démocratie.

Il est vrai que les rares études consacrées aux conséquences de l’APT ne s’attardent guère sur ses retombées sociales et économiques. Un rapport fréquemment cité, issu du Centre européen d’économie politique internationale (European Centre for International Political Economy, Ecipe), affirme avec l’autorité d’un Nostradamus d’école de commerce que l’APT délivrera à la population du marché transatlantique un surcroît de richesse de 3 centimes par tête et par jour… à partir de 2029 (14).

En dépit de son optimisme, la même étude évalue à 0,06 % seulement la hausse du produit intérieur but (PIB) en Europe et aux Etats-Unis à la suite de l’entrée en vigueur de l’APT. Encore un tel « impact » est-il largement irréaliste, dans la mesure où ses auteurs postulent que le libre-échange « dynamise » la croissance économique ; une théorie régulièrement réfutée par les faits. Une élévation aussi infinitésimale serait d’ailleurs imperceptible. Par comparaison, la cinquième version de l’iPhone d’Apple a entraîné aux Etats-Unis une hausse du PIB huit fois plus importante.

Presque toutes les études sur l’APT ont été financées par des institutions favorables au libre-échange ou par des organisations patronales, raison pour laquelle les coûts sociaux du traité n’y apparaissent pas, pas plus que ses victimes directes, qui pourraient pourtant se compter en centaines de millions. Mais les jeux ne sont pas encore faits. Comme l’ont montré les mésaventures de l’AMI, de la ZLEA et certains cycles de négociations à l’OMC, l’utilisation du « commerce » comme cheval de Troie pour démanteler les protections sociales et instaurer la junte des chargés d’affaires a échoué à plusieurs reprises par le passé. Rien ne dit qu’il n’en sera pas de même cette fois encore.

(1) Lire «  Le nouveau manifeste du capitalisme mondial  », Le Monde diplomatique, février 1998.

(2) «  Some secrecy needed in trade talks : Ron Kirk  », Reuters, 13 mai 2012.

(3) Zach Carter, «  Elizabeth Warren opposing Obama trade nominee Michael Froman  », Huffington Post, 19 juin 2013.

(4) «  Table of foreign investor-state cases and claims under NAFTA and other US “trade” deals  » (PDF), Public Citizen, août 2013.

(5) Andrew Martin, «  Treaty disputes roiled by bias charges  », Bloomberg, 10 juillet 2013.

(6) «  Renco uses US-Peru FTA to evade justice for La Oroya pollution  » (PDF), Public Citizen, 28 novembre 2012.

(7) «  Ecuador to fight oil dispute fine  », Agence France-Presse, 13 octobre 2012.

(8) Commentaires sur l’accord de partenariat transatlantique, document du BIO, Washington, DC, mai 2013.

(9) «  EU-US high level working group on jobs and growth. Response to consultation by EuropaBio and BIO  » (PDF), http://ec.europa.eu

(10) Shahien Nasiripour, «  Fed opens books, revealing European megabanks were biggest beneficiaries  », Huffington Post, 10 janvier 2012.

(11) «  Europe admits speculation taxes a WTO problem  », Public Citizen, 30 avril 2010.

(12) Courrier de M. Demetrios Marantis, représentant américain au commerce, à M. John Boehner, porte-parole républicain à la Chambre des représentants, Washington, DC, 20 mars 2013, http://ec.europa.eu

(13) «  Final report. High level working group on jobs and growth  » (PDF), 11 février 2013, http://ec.europa.eu

(14) «  TAFTA’s trade benefit : A candy bar  », Public Citizen, 11 juillet 2013.

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10-L’Europe rétablit la peine de mort

http://blogs.mediapart.fr/blog/vivre-est-un-village/260114/leurope-retablit-la-peine-de-mort

26 janvier 2014

L’Europe rétablit la peine de mort. Mais oublie de prévenir les peuples européens de ce rétablissement .

http://www.internationalist.org/carlogiuliani.jpg

Elle ne la rétablit pas pour les pédophiles ou les crimes de sang, non, ceux-là resteront  exemptés de peine capitale ; elle la rétablit pour le crime  de contestation sociale … plus précisément pour :

c) « pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection.»

Je vous laisse prendre connaissance de ce texte surréaliste publié au Journal Officiel du 14 Décembre 2007 , dans la plus stricte omerta médiatique. NON  malheureusement , ce n’est pas un hoax .

Le journal officiel ci-dessous est tout à fait consultable sur les sites officiels de l’Union Européenne

Citation: 14.12.2007 Journal officiel de l’Union européenne C 303/17 FR

EXPLICATIONS (*) RELATIVES À LA CHARTE DES DROITS FONDAMENTAUX (2007/C 303/02)

Les explications qui figurent ci-après ont été établies initialement sous la responsabilité du présidium de la Convention qui a élaboré la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Elles ont été mises à jour sous la responsabilité du présidium de la Convention européenne, compte tenu des adaptations apportées au texte de la Charte par ladite Convention (notamment aux articles 51 et 52) et de l’évolution du droit de l’Union. Bien que ces explications n’aient pas en soi de valeur juridique, elles constituent un outil d’interprétation précieux destiné à éclairer les dispositions de la Charte.

TITRE I — DIGNITÉ
…………………………….

1 – Les dispositions de l’article 2 de la Charte correspondent à celles des articles précités de la CEDH et du protocole additionnel. Elles en ont le même sens et la même portée, conformément à l’article 52, paragraphe 3, de la Charte. Ainsi, les définitions «négatives» qui figurent dans la CEDH doivent être considérées comme figurant également dans la Charte:

a) l’article 2, paragraphe 2, de la CEDH:
«La mort n’est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu absolument nécessaire:
a)  pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale;
b)  pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l’évasion d’une personne régulièrement détenue;
c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection.

1. l’article 2 du protocole no 6 annexé à la CEDH:
«Un État peut prévoir dans sa législation la peine de mort pour des actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre; une telle peine ne sera appliquée que dans les cas prévus par cette législation et conformément à ses dispositions …».

http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2007:303:0017:00…

Cette surprenante autorisation , faite en violation totale de la plupart des lois des pays Européens, n’aurait-elle pas été inspirée directement de la législation américaine qui autorise encore la peine de mort dans certains Etats ,  et qui autorise une détention totalement arbitraire et illimitée en vertu du NDAAdécidé en catimini , le 31 Décembre 2012 Par le Président OBAMA lui-même.

Effectivement depuis 2007 , l’influence américaine s’est considérablement accru sur les résolutions Européennes .. en particulier une certaine résolution du 25 Avril 2007 , antérieure donc à la parution des modifications ci-dessus rétablissant la peine capitale.

Cette résolution Européenne s’intitule :

Citation: Résolution du Parlement européen du 25 avril 2007 sur les relations transatlantiques

Le Parlement européen ,
—  vu ses résolutions antérieures sur les relations transatlantiques, notamment ses deux résolutions du 1er juin 2006 sur l’amélioration des relations entre l’Union européenne et les États-Unis dans le cadre d’un accord de partenariat transatlantique(1) et sur les relations économiques transatlantiques UE/États-Unis(2) ,
—  vu la déclaration UE/États-Unis du 26 juin 2004 sur la lutte contre le terrorisme et la déclaration du 20 juin 2005 sur le renforcement de la coopération concernant la non-prolifération et la lutte contre le terrorisme,

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=TA&reference=P6-TA-2…

La surprenante parution au JO  de l’union Européenne du 14 Décembre , s’octroie donc le droit de rétablir la peine capitale  pour de présumés « terroristes »  qui auraient de plus l’idée d’inciter à des émeutes ou à des insurrections .

Ce fameux partenariat Transatlantique fait actuellement la Une d’un bon nombre de nos médias  , pour des raisons tout à fait objectives : personne ne sait de quoi il s’agit et tout le monde s’inquiète . De nombreux aspects de nos vies quotidiennes sont affectées par ce fameux pacte . Qu’il s’agisse de notre alimentation avec les OGM ou les aliments carnés .. , de nos semences  , il paraitrait que très bientôt nous n’aurons plus le droit de cultiver nos potagers .. ou encore de notre énergie avec les autorisations que vient de consentir la Commission Européenne , pour les explorations et exploitations de gaz de schistes , contrairement aux recommandations du Parlement Européen lui-même , ou encore de justice arbitrale qui n’est rien d’autre que la privatisation de la justice , la rendant ainsi totalement dépendante des lobbys  et faisant ainsi totalement disparaitre la notion inscrite en article 1 de notre Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen :

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit.

Toujours est-il que textes  comme négociations sont restés totalement secrets ,  traitement parfaitement démocratique comme tout le monde le sait ..

Heureusement certains sites de ré information, comme celui de Contrelacour ,  très  au fait de ce qui se passe à Bruxelles,  s’inquiètent  de ces silences répétés  et avertissent sans relâche de ces dénis de démocratie  incessants .. pour ne pas parler de tentation totalitaire .

négociation ou encore Marché transatlantique : le débat se focalise sur les tribunaux d’arbitrage au risque d’oublier le reste

Monsieur Karel de Gucht a d’ailleurs pris peur devant l’émotion populaire  provoquée  par ce manque d’informations .. Il n’a pas décidé pour autant de donner les informations , celles-ci demeurent toujours secrètes .. Il a juste décidé de suspendre les négociations sur quelques points , dont la justice arbitrale , pour ne pas inquiéter les peuples Européens avant  les Élections européennes devant avoir lieu entre le 22 et le 25 Mai 2014 .

Pourtant , ce partenariat transatlantique est assez bien décrit dans cette résolution d’Avril 2007 .. Il concerne à peu près tout ..
– la politique étrangère Européenne et en particulier le proche Orient .. et bien sûr l’Iran .. La Syrie n’était pas encore à l’ordre du jour en 2007 !!!
– les visas
– la gouvernance économique mondiale
– les services financiers  et les mesures de régulation de circulation des capitaux « non contraignantes »  (sic)
– le rôle très particulier de l’Allemagne  dans l’économie et le commerce de ce nouvel ensemble
– l’environnement
– l’énergie
– la propriété intellectuelle et la réforme des brevets

Ce texte est pour une fois assez clair .. Je ne peux que vous recommander de le lire .

Il y a néanmoins un article sur lequel il me parait essentiel d’attirer l’attention .
Il s’agit de l’article 35 , dans la rubrique

Citation: Cadre institutionnel et rôle du Parlement
35.  souligne que seule la participation plus large à tous les niveaux du Congrès des États-Unis, du Parlement européen permettra réellement de renforcer l’ensemble du processus et que les échanges interparlementaires existants devraient être graduellement transformés en une « assemblée transatlantique » de fait.

Si on essaie d’analyser ce recouvre le terme « d’échanges interparlementaires existants » , il ne s’agit vraisemblablement  de rien d’autre que de mettre un terme à l’existence de nos Parlements Nationaux .. donc de nos démocraties . C’est d’ailleurs très exactement ce qui se passe depuis plus d’un an avec ce fameux pacte puisque les parlements nationaux ne sont plus consultés  . Ils ne l’ont pas été sur l’Union Bancaire Européenne  et sur  le rôle de la BCE  qui devient de plus en anti-démocratique  ,  vu le niveau de pouvoir qui viennent de lui être concédés par des technocrates  soumis aux lobbys .. Les Parlements  ne le seront pas plus sur le reste  jusqu’au jour ou les nécessités budgétaires feront prendre conscience de leur inutilité .. Le déficit démocratique de la zone euro : la liste de lecture des égarés

Citation: Paul de Grauwe

Citation: La BCE ne connaît d’autre loi que la sienne.

L’économiste belge Paul De Grauwe, plutôt europhile, est lucide sur la façon dont le traité de Maastricht consacre l’irresponsabilité de la BCE :
Non seulement la BCE est à l’abri de politiciens, mais les statuts [de la BCE] l’ont également placée au-delà de la portée des règles démocratiques qui sanctionnent les mauvais comportements. […] C’est bien une Europe hideuse , totalement irrespectueuse de tous nos fondements démocratiques , et en particulier celui qui impose  une  séparation des pouvoirs entre l’exécutif  et le législatif, qui est en train de se construire à nos dépens .    Le Gouvernement Hollande a essayé de devance l’appel avec son  projet de loi  heureusement refusé à l’unanimité par le Sénat , présenté le 15 Janvier dernier,  par le gouvernement  et voulant instituer une loi d’habilitation de réforme du Code Civil par Ordonnance. C’est à dire les pleins pouvoir à l’exécutif , ce qui ne se pratique en principe que quand l’état d’urgence est décrété .

Le Code civil désormais réformé par Ordonnance fin de la démocratie  

C’est une Europe qui veut mettre les peuples en esclavage , au service de multinationales   ou d’établissement financiers sans âme ni conscience ,  réduisant l’humain à une variable d’ajustement pour reprendre les termes d’un certain Lakshmi Mittal .. S’exonérant totalement du respect des lois qui nous gouvernent , comme le montrent les « amendes » de plus en plus fréquentes infligées aux banques américaines comme Européennes, amendes toujours inférieures aux profits retirés, qui ne sont jamais accompagnées de sanctions pénales, et dont les préjudices ne sont même plus calculés, comme ceux concernant la fraude sur les taux ou sur les dérivés  ou encore les manipulations des prix des matières premières (énergie ou agriculture) .

Cette Europe qui rétablit une peine capitale sans même prendre la peine d’en informer les populations concernées.. dont l’incohérence est capable d’exiger une uniformisation de légumes consommables, mais  qui est incapable de mettre en place une régulation de capitaux  et de  la fiscalité en particulier sur les entreprises .. comme viennent encore récemment de le démontrer les dernières découvertes concernant  Mac Donald, Apple, Star Bucks , Paypal , Google. Je crois que le bon sens populaire pour reprendre une expression chère à un certain Général de Gaulle , doit nous faire nous rassembler   de toute urgence pour refuser cette Europe  .. Quelques soient nos opinions politiques  .. quelques soient nos appartenances , pour nous comme pour nos enfants.

Car lorsqu’elle sera définitivement en place , il sera trop tard .. et je n’aurais sans doute plus le droit d’écrire un tel texte ..
Merci de m’avoir lue .

MARIE-CAROLINE PORTEU

Lire aussi :

Permis de tuer pour l’Union européenne

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Permis-de-tuer-pour-l-Union-europeenne-4553.html

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11-Luxembourg: perte possible de 15 mrd d’actifs avec la fin du secret bancaire

http://www.romandie.com/news/Luxembourg-perte-possible-de-15-mrd-dactifs-avec-la-fin-du-secret/464056.rom

01.04.2014

Luxembourg (awp/afp) – Le Luxembourg pourrait perdre 15 milliards d’actifs et jusqu’à 2000 emplois avec la fin du secret bancaire, selon une étude publiée mardi par le service luxembourgeois de la statistique (Statec).

http://static.latribune.fr/article_page/333211/euros.png

« A la suite de l’introduction de l’échange automatique d’informations, environ 15 milliards d’actifs sous gestion pourraient quitter la place, soit 5% du total », estime le Statec.

Après des années de blocage, le gouvernement luxembourgeois a annoncé le 20 mars dernier lors d’un sommet européen à Bruxelles qu’il abandonnait le secret bancaire en donnant, avec l’Autriche, son feu vert à la révision de la loi européenne sur la fiscalité de l’épargne.

Cette directive révisée, qui comme toute législation européenne en matière fiscale requérait l’unanimité des 28 pour être adoptée, étendra dès 2017 l’échange automatique d’informations fiscales aux produits d’assurance, aux trusts ou aux fondations, permettant de viser les véritables destinataires des paiements, qui se cachent parfois derrière des sociétés écrans.

Le Luxembourg avait déjà annoncé en avril 2013 qu’il accepterait de passer à l’échange automatique d’informations mais à condition que cinq États tiers, dont la Suisse, fassent de même. Le 20 mars dernier, le Premier ministre Xavier Bettel a estimé que ces conditions étaient remplies.

Le passage à l’échange automatique d’informations fiscales devrait également peser sur le niveau de l’emploi dans le secteur financier, qui est le moteur de l’économie luxembourgeoise puisqu’il générait un tiers des recettes fiscales en 2013.

Selon les chiffres du Statec, il faut s’attendre à une baisse d’un millier d’emplois dans le secteur financier, qui comptait fin mars 44’222 personnes au Luxembourg. Il faut y ajouter, par effets induits, une baisse d’emplois dans le reste de l’économie représentant entre 500 et 1000 personnes.

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12-Evasion fiscale: l’Etat de New York cible Crédit Suisse

http://www.romandie.com/news/Evasion-fiscale-lEtat-de-New-York-cible-Credit-Suisse/465675.rom

07.04.2014

Benjamin Lawsky, superintendant des services financiers de New York, demande des documents à Crédit Suisse. Il compte déterminer si le numéro deux bancaire helvétique a menti aux autorités à propos des placements qu’il proposait à ses riches clients américains.

http://www.capital.fr/var/cap/storage/images/media/images/photos/reuters/ofrbs-usa-credit-suisse-enquete/12322732-1-fre-FR/ofrbs-usa-credit-suisse-enquete_paysage360.jpg

Le modèle suisse de banque privée a été mis à mal par l’offensive des Etats-Unis contre l’évasion fiscale. Le département américain de la Justice enquête depuis 2011 sur Crédit Suisse et son rival UBS a reconnu avoir aidé ses clients américains à échapper au fisc.

Le département de la Justice s’oriente vers un règlement négocié avec Crédit Suisse, mais entend aussi obtenir de sa filiale mise en cause qu’elle plaide coupable, a indiqué lundi à l’agence Reuters une source proche du dossier, confirmant une information du « New York Times ». Le quotidien évoque un règlement négocié supérieur aux 780 millions de dollars qu’UBS avait accepté de verser en 2009.

Crédit Suisse a annoncé, la semaine dernière, avoir accru ses provisions pour litiges, laissant entrevoir une issue prochaine dans l’enquête américaine. La banque a mis de côté 425 millions de francs supplémentaires pour porter ses provisions pour litiges aux Etats-Unis à 720 millions. Aucun commentaire n’a pu être obtenu auprès des différentes parties.

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13-Les Chinois, champions de l’évasion fiscale ?

http://www.lepoint.fr/monde/les-chinois-champions-de-l-evasion-fiscale-10-04-2014-1811654_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Mi-journee]-20140410

Le Point.fr – Publié le 10/04/2014

Les policiers français s’inquiètent des fuites massives de capitaux chinois menées, via des prête-noms, par des groupes criminels. Un phénomène européen.

http://www.lepoint.fr/images/2014/04/10/commerce-chinois-2566533-jpg_2209722.JPG

Les transferts douteux se font via des sociétés commerciales légales qui servent de prête-noms (photo d’illustration).

Moins présents sur la scène médiatique que leurs homologues russes ou italiens, les groupes criminels chinois prospèrent dans l’ombre. Alors que les coups de filet contre les commerces illégaux, les ateliers de confection clandestins ou les filières de prostitution tendent à se multiplier sur le territoire national, les autorités policières françaises et européennes s’alarment du phénomène de fuites massives de capitaux non déclarés vers la Chine. S’il est difficile aujourd’hui de mesurer financièrement le phénomène en France, les enquêteurs cernent le fonctionnement de ces escroqueries. « L’évasion fiscale en direction de l’Asie ne repose pas sur les mécanismes de blanchiment de capitaux relevant d’une criminalité organisée classique ou visible », explique-t-on du côté du Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco). « Elle s’organise au travers d’activités économiques d’apparence légale, mais, en réalité, elles sont systématiquement contrôlées par des membres du crime organisé chinois. »

Des liasses de billets dans les valises

Devant la sagacité des enquêteurs, les groupes criminels ont dû s’adapter. Ces dernières années, plusieurs affaires ont mis en lumière l’existence de sociétés commerciales déclarées, implantées sur le territoire national, qui étaient destinées à favoriser ce transfert d’argent vers la Chine. En janvier, les policiers hexagonaux démantelaient en région parisienne l’une de ces structures, qui avait permis en quelques mois le transfert de 1,2 million d’euros vers la Chine.

D’autres n’hésitent pas à garnir leurs valises d’argent dont la provenance est douteuse, avant de gagner la Chine par des vols commerciaux. Ainsi, en avril 2012, deux ressortissants chinois ont été interpellés à Besançon avec 450 000 euros en billets. Huit mois auparavant, ce sont près de deux millions d’euros qui ont été saisis au Perthus (Pyrénées-Orientales). « Il arrive également que certains flux empruntent les axes routiers France-Italie et Espagne-France-Europe de l’Est (République tchèque et Hongrie), avant de gagner la Chine », poursuit le Sirasco.

La fuite de capitaux non déclarés n’est pas un phénomène circonscrit à la France. Il concerne l’Europe. À l’été 2010, la police florentine lance l’opération « Cian Liu » (« fleuve d’argent »), en direction d’une centaine de commerces implantés dans la région de Florence et de Prato et détenus par des ressortissants chinois. L’enquête permet alors de démontrer que 2,7 milliards d’euros ont été transférés en quatre ans par ces commerçants vers la province chinoise du Zhejiang. Selon le rapport d’enquête, certaines de ces enseignes allaient jusqu’à faire s’évader 93 % de leur chiffre d’affaires réel.

Prête-noms

Suivant le modus operandi observé en France, la grande majorité de ces transferts était effectuée par le biais de prête-noms au sein d’antennes d’envoi d’argent, permettant le transit des fonds par tranche de 2 000 euros afin de ne pas attirer les soupçons. Lors des perquisitions, les policiers transalpins vont saisir 80 millions d’euros de biens (181 immeubles, 300 comptes bancaires et plus de 150 automobiles de luxe), ainsi que 13 millions d’euros en petites coupures.

Mais d’autres pays du Vieux Continent sont également visés. En octobre 2013, les policiers espagnols ont démantelé un puissant réseau réparti sur l’ensemble du pays et procédé à l’arrestation de 80 personnes. D’après l’enquête – qui a conduit à la saisie de six millions d’euros en liquide et 120 voitures de luxe -, l’organisation aurait blanchi puis exporté entre 200 et 300 millions d’euros vers la Chine.

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14-A Londres, de luxueuses propriétés tombent en ruine

http://www.boursorama.com/actualites/a-londres-de-luxueuses-proprietes-tombent-en-ruine-d76f2e928ae8522f8fcab6eb8435d53b

Le Figaro le 29/03/2014

Dans l’une des rues les plus chères de Londres, Bishops Avenue, de magnifiques palais sont laissés à l’abandon par leurs riches propriétaires. Le montant de ces biens restés vacants serait estimé à plus de 420 millions d’euros.

http://referentiel.nouvelobs.com/file/7130927-une-curieuse-epidemie-de-palais-abandonnes-s-abat-sur-londres.jpg

De somptueuses demeures tombent en ruine dans The Bishops Avenue, près de Londres, faute d’occupants et d’entretien.

Qui vit à Bishops Avenue, l’une des artères les plus chères de Londres? Pas grand monde si on en croit une enquête du quotidien britannique The Guardianqui a récemment découvert que le tiers des demeures de cette avenue huppée, située au nord de la ville près d’Hampstead, était vide, soit l’équivalent de 120 chambres. Et parmi ces maisons inoccupées, 16 seraient en état de délabrement et pour certaines inhabitées depuis 25 ans! Au total, le montant de ces biens restés vacants serait estimé à 350 millions de livres, soit 423 millions d’euros.

Armé d’une caméra, le journaliste Robert Booth est parvenu à pénétrer dans plusieurs de ces palais défraîchis au décor très sinistre. Là, le plafond est tombé et des débris humides jonchent le sol. Ici, la végétation a repris ses droits dans cet escalier, recouvert de mousse et de fougères. Dans ce qui était autrefois la salle de bal, l’eau continue de ruisseler sur les murs moisis.

Parmi les propriétaires, des familles saoudiennes

En dépit de cet état de délabrement, les riches propriétaires de ces demeures pourraient pourtant faire une incroyable plus-value s’ils décidaient de les revendre. L’enquêteur du Guardian a découvert qu’un des manoirs valait seulement 1,125 million de livres en 1988 (l’équivalent de 1,36 millions d’euros) contre 73 millions de livres aujourd’hui, soit 88 millions d’euros.

Une autre maison laissée à l'abandon avenue Bishops. Crédits photo: Google Maps.

Une autre maison laissée à l’abandon avenue Bishops. Crédits photo: Google Maps.

Mais à qui appartiennent ces demeures? Une dizaine d’entre elles auraient été achetées en 1989 et 1993 et appartiendraient à de riches familles saoudiennes, dont des membres de la famille royale. D’autres ont été acquises par des sociétés basées dans des paradis fiscaux comme Panama, les Bahamas ou encore Curaçao. Sans oublier de riches propriétaires comme le magnat de la presse Richard Desmond, et Poju Zabludowicz, un collectionneur d’art milliardaire.

Une situation «immorale»

La proportion de logements vides sur le plus prestigieux tronçon de l’avenue Bishops est dix fois plus élevée que dans le reste de l’Angleterre, qui compte au total 710.000 logements vides. Une situation qui ne manque pas de scandaliser le maire londonien Boris Johnson. L’élu a appelé les propriétaires à vivre dans leurs maisons ou à les louer. Il a même réclamé au gouvernement une taxe pour les maisons laissées vides, mais sans succès.

The Bishops avenue est située au nord de Londres. Crédits photo: Google Maps.

The Bishops avenue est située au nord de Londres. Crédits photo: Google Maps.

L’association «Homes from empty homes» se bat depuis 1992 pour faire baisser le nombre de logements vacants en Angleterre et aider les sans-abris. Alerté sur ces palais inhabités, son président David Ireland a dénoncé dans le Guardianune situation «immorale»: «Il y a un nombre incroyable de personnes mal-logées qui pourraient bénéficier de ces maisons sur l’avenue Bishops».

Interrogé par le quotidien London Evening Standard, un habitant qui vit dans une maison composée de 12 chambres et d’une valeur de 8 millions de livres estime que ses voisins paient suffisamment d’impôts pour faire ce qu’ils veulent avec leurs biens. «Ils font bien ce qu’ils veulent, ils ne prennent rien à personne», a déclaré Pablo Teixeira qui rappelle que les impôts locaux sont extrêmement élevés.

Et à Paris? Il est très difficile de trouver des données sur les hôtels particuliers abandonnés dans la capitale. En revanche, on sait déjà que 193.000 logements – soit 14% du parc parisien – correspondent à des résidences secondaires, logements occasionnels ou biens vacants, selon l’agence Data Publica qui a analysé des chiffres de l’Insee. Parmi les arrondissements les plus touchés par ce phénomène, les Ier, IIème, VIème et le VIIIème, comptent entre 26 et 29% de logements vacants et secondaires.

Le pourcentage de logements vacants et secondaires par arrondissements, selon des données de l'Insee analysées par Data Publica.

Le pourcentage de logements vacants et secondaires par arrondissements, selon des données de l’Insee analysées par Data Publica.

Lire aussi :

Une curieuse épidémie de « Palais abandonnés » s’abat sur Londres

http://www.challenges.fr/luxe/20140327.CHA2134/une-curieuse-epidemie-de-palais-abandonnes-s-abat-sur-londres.html

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15-Plus de 1 000 migrants secourus en 24 heures au large de l’Italie

http://www.lepoint.fr/monde/plus-de-1-000-migrants-secourus-en-24-heures-au-large-de-l-italie-08-04-2014-1811094_24.php

Le Point.fr – Publié le 08/04/2014 à 15:39

De nombreux immigrés continuent de tenter la traversée vers l’Italie et l’Europe à bord de bateaux de fortune que gèrent des réseaux criminels de passeurs.

http://www.lepoint.fr/images/2014/04/08/italie-2565809-jpg_2206499.JPG

Un sauvetage de migrants par la marine italienne le 2 avril 2014.

La marine italienne a secouru au cours des dernières 24 heures plus de 1 000 migrants qui se trouvaient sur trois bateaux repérés par un hélicoptère et un drone. « Sur ces 1 049 migrants qui ont été secourus, 151 étaient des femmes et 91 des enfants, dont trois bébés », a précisé la marine militaire, ajoutant qu’ils avaient tous été transférés sur plusieurs de ces bateaux et arriveraient en Italie à la fin de la journée.

L’Italie avait lancé une vaste opération baptisée « Mare Nostrum » (« Notre mer »), après que plus de 400 immigrés clandestins d’Érythrée et de Syrie eurent péri noyés au large des côtes italiennes en octobre 2013. Cette opération a permis de sauver des milliers de vies, alors que de nombreux immigrés continuent de tenter la traversée vers l’Italie et l’Europe à bord de bateaux de fortune que gèrent des réseaux criminels de passeurs.

Tortures et abus sexuels

Selon le rapport annuel du Centre des jésuites Astalli qui s’occupe de l’aide aux réfugiés, 27 830 demandes d’asile ont été déposées en Italie en 2013, en hausse de 60 % sur un an. Selon la même source, les demandes d’asile dans le reste de l’Europe ont augmenté de 32 % dans la même période. Le principal pays d’origine des requérants est la Syrie.

Le rapport souligne en outre que le nombre de demandes d’asile est bien inférieur au nombre de personnes débarquées officiellement sur les côtes italiennes, 42 925 en 2013. « Ces chiffres démontrent que ceux qui cherchent une protection sont bien conscients des difficultés en Italie et tentent de gagner une autre destination », indique le rapport. Dans ce service d’accueil des jésuites, pour la seule année 2013, les réfugiés affirmant avoir été victimes de tortures, d’abus sexuels et de diverses autres formes de violences lors de leur voyage vers l’Europe ont été 713.

Lire aussi :

Italie: 4000 migrants secourus en 48 heures

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/04/09/97001-20140409FILWWW00077-italie-4000-migrants-secourus-en-48-heures.php

Près de 900 migrants rescapés au large de la Sicile

http://www.tdg.ch/monde/europe/Pres-de-900-migrants-rescapes-au-large-de-la-Sicile/story/17775881

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16-Finis les appels surfacturés passés depuis l’Europe

http://www.bfmtv.com/economie/finis-appels-surfactures-passes-depuis-leurope-747381.html

03/04/2014

Le Parlement européen a voté ce jeudi vote la fin du « roaming », ces frais supplémentaires pour les appels et les SMS envoyés depuis l’étranger. Ils devraient être supprimés d’ici 2015.

Téléphoner de n'importe quel pays européens devrait coûter le même prix d'ici 2015. (Fred Dufour - AFP)

Téléphoner de n’importe quel pays européens devrait coûter le même prix d’ici 2015

La minute de communication pourrait bientôt coûter le même prix, que vous téléphoniez depuis la France, l’Italie, l’Allemagne ou encore la Croatie. Les députés européens ont voté ce jeudi 3 avril en faveur de la fin du « roaming« , ces frais d’itinérance facturés dès lors qu’on appelle depuis l’étranger.

Ces surcoûts appliqués aux appels, aux messages et à l’utilisation d’internet sur mobile dans un autre pays européen devraient ainsi disparaître à partir du 15 décembre 2015.

Un seuil d’utilisation raisonnable

« Le citoyen ne sera plus obligé de couper son téléphone portable une fois la frontière traversée de peur de payer à chaque message reçu », s’est félicité l’eurodéputé socialiste belge Marc Tarabella.

Le texte précise cependant que si les services d’itinérance sont utilisés de « manière abusive », des plafonds pourraient exceptionnellement être imposés. La Commission européenne devra définir ce qu’elle estime être un seuil « d’utilisation raisonnable » de données à l’étranger.

Le texte doit encore être approuvé par le conseil européen, où siègent les représentants des 28 Etats-membres. S’ils donnent leur accord, il retournera au Parlement européen où les membres auront été renouvelés après les élections européennes de mai.

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17-Londres déroule le « tapis rouge » aux start-up françaises

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/03/29/20002-20140329ARTFIG00006-londres-deroule-le-tapis-rouge-aux-start-up-francaises.php

29/03/2014

La capitale britannique est la destination la plus prisée d’Europe pour créateurs d’entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies. Les Français sont les premiers séduits.

Le quartier d'affaire Canary Wharf, à Londres.

Le quartier d’affaire Canary Wharf, à Londres.

Ils sont jeunes, sortent des meilleures écoles de commerce françaises et sont mordus de nouvelles technologies. Ils n’hésitent pas longtemps avant de franchir la Manche. Et Londres leur déroule le «tapis rouge». Après avoir été conquise par les traders français, il y a vingt ans, la capitale britannique s’est entichée des jeunes «geeks» français, qu’ils soient ingénieurs informatiques ou créateurs de start-up. «La réputation des Français à Londres dans la technologie est excellente», confirme Alain Falys, 48 ans, entrepreneur, et «mentor» à Level 39, un nouvel accélérateur de start-up, situé au cœur de Canary Wharf, avec vue imprenable sur la Tamise.

Aucune capitale d’Europe n’abrite aujourd’hui autant «d’incubateurs» et «d’accélérateurs» que Londres. Le maire Boris Johnson veut faire de sa ville «la Sillicon Valley» européenne. Bordant le quartier financier, la «Tech City», qui a vu naître les créateurs de Candy Crush, est aujourd’hui presque aussi célèbre que la «Old City». Installé au cœur de la ville, avec ses bâtiments rouge vif, le «campus Google» a donné un coup de jeune à la capitale britannique.

En quelques années, la ville de Londres a réussi son pari: elle est devenue la plus attractive d’Europe pour les entrepreneurs spécialisés dans les nouvelles technologies. Les jeunes créateurs de start-up françaises qui peinent à lever des fonds à Paris n’ont que la Manche à traverser pour trouver des financiers qui comprennent leur langage, les technologies mobiles et le «big data» et acceptent de prendre des risques. Le gouvernement britannique est aussi très actif, à travers «UK Trade and Investment», une agence mi-publique mi-privée de promotion des investissements étrangers au Royaume-Uni.

Malgré l’austérité budgétaire en vigueur en Grande-Bretagne, le gouvernement britannique conserve une politique fiscale très agressive pour attirer les start-up et aider leur financer: les crédits d’impôts pour business angels sont très généreux (30.000 euros de crédit d’impôt pour 100.000 euros d’investissements) et les taxes sur les plus-values à la revente d’une start-up sont limitées à 10%, contre 40% en France.

Les entrepreneurs français font partie des cibles favorites. D’après l’ambassade de Grande-Bretagne en France, le nombre d’entreprises françaises ayant créé des filiales à Londres est en hausse de 43% entre 2012 et 2013. Les start-up technologiques s’y taillent la part du lion.

Ces statistiques n’incluent pas les start-up qui se lancent directement à Londres. «Il y a ici un environnement culturel très favorable, on y trouve les meilleurs développeurs, indispensable pour programmer les applications…», explique Alain Falys, qui vient de lancer une nouvelle start-up, «YoYo», qui permet de payer avec son téléphone portable.

Une aventure qui démarre dans les universités et s’annonce aussi prometteuse que sa première plate-forme de transactions électronique, revendue… 100 millions de livres.

Fort de son expérience, Alain Falys donne -gratuitement- des conseils aux jeunes arrivants, en quête de financement et du bon «business model» pour leur start-up. Lancé en 2013, «Level 39» a sélectionné 60 start-up sur 700 candidats. Ils ont un an pour se lancer dans le grand bain. Le prix est raisonnable: 300 livres par mois pour la location d’un bureau. L’espace de travail est confortable, coloré, avec bonbons et «cookies» à volonté.

«Level 39» est spécialisé dans les start-up financières. Les clients potentiels sont à deux pas: il s’agit des plus grandes banques d’investissements de la City, installées à Canary Wharf. Les investisseurs, qu’il s’agisse des fonds de capital-risque ou de «business angels», sont aussi à leurs pieds. «Quand on veut monter sa société, surtout dans les nouvelles technologies, tout est plus facile à Londres: l’état d’esprit, la fiscalité, le goût du risque, et… la flexibilité du travail», résume Alain Falys. Pour Paris, la bataille semble déjà perdue…

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18-Royaume-Uni : la nouvelle base de repli des Frères musulmans

http://www.lepoint.fr/monde/royaume-uni-la-nouvelle-base-de-repli-des-freres-musulmans-03-04-2014-1808604_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Matinale]-20140404

Le Point.fr – Publié le 03/04/2014

Pourchassée en Égypte par les régimes militaires successifs, la confrérie a trouvé refuge outre-Manche, suscitant la méfiance du gouvernement Cameron.

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Plusieurs dizaines de partisans du président déchu Mohamed Morsi se sont rassemblés le 26 mars devant l’ambassade d’Égypte à Londres pour dénoncer la vague de répression au Caire.

Le Premier ministre anglais David Cameron a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête par les services de renseignements britanniques sur la confrérie des Frères musulmans, présente sur son territoire. À charge pour les hommes du MI5 (sécurité intérieure) et du MI6 (renseignement extérieur) de faire toute la lumière sur « la nature de cette organisation, ses positions par rapport à l’extrémisme violent, ses liens avec d’autres groupes et sa présence au Royaume-Uni », a ainsi précisé le locataire du 10 Downing Street.

Des suspicions qui accablent un peu plus une confrérie déjà honnie dans son propre pays. Après la destitution par l’armée en juillet 2013 de Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans et premier président démocratiquement élu d’Égypte, le nouveau pouvoir en place a lancé une véritable chasse aux sorcières contre l’organisation. Près de 1 400 partisans du président déchu ont été tués dans des heurts avec la police et 529 autres (dont Morsi lui-même) encourent la peine de mort. Depuis décembre 2013, la confrérie est classée par Le Caire parmi les organisations terroristes.

Londres : nouveau point de ralliement

Des persécutions qui ne sont pas l’apanage du nouveau régime, estime Mathieu Guidère, professeur d’islamologie à l’université de Toulouse-Le Mirail. « Depuis des décennies, les pouvoirs successifs ont réprimé les membres de la confrérie qui n’ont eu d’autre choix que de quitter l’Égypte pour trouver refuge en Europe. » Et plus particulièrement au Royaume-Uni, « l’ancienne puissance coloniale, réputée pour son ouverture à l’égard des groupes religieux », rappelle-t-il. Comble de l’ironie, la confrérie avait été créée en 1928 par le cheikh Hassan al-Banna pour lutter contre la présence des Britanniques en Égypte.

Aujourd’hui, les Frères musulmans ont ainsi pu développer à travers le pays un important réseau, « très organisé et très influent », estime Sara Silvestri, chercheuse associée à l’université de Cambridge et maître de conférences à l’Université de Londres. La confrérie, « comme toutes les autres organisations musulmanes du pays », se fond « dans la sphère publique » par le biais d’écoles, d’associations, de commerces et de journaux. Et plus récemment, elle a fait de la capitale anglaise une base de repli pour les activistes pourchassés par l’actuel régime du général al-Sissi.

Un ancien kebab dans le district de Cricklewood (au nord de la ville) est ainsi devenu le nouveau point de ralliement et de réorganisation des Frères musulmans dans le pays, un « espace où les membres peuvent se retrouver en toute sécurité », expliquait récemment The Daily Mail. Une présence pas toujours appréciée par certains Britanniques. En janvier dernier, une vingtaine d’activistes du Britain First (extrême droite) s’étaient rassemblés devant l’échoppe, brandissant des bannières « Les Frères musulmans ne sont pas les bienvenus ».

Une menace pour l’Europe ?

Ainsi rassemblés, les Frères musulmans représentent-ils une menace pour l’Europe ? « Aucunement », selon Mathieu Guidère. « Ils n’ont aucun intérêt à raviver les tensions ou à soutenir des actions terroristes. Encore moins depuis l’Angleterre, où la confrérie est bien intégrée, et ce, depuis plusieurs décennies. » Et d’ajouter : « Ce serait courir à sa perte. » Pour Sara Silvestri, le réel danger vient de la décision du gouvernement elle-même : « Les activités et les positions politiques des Frères musulmans sont de notoriété publique ici, et l’enquête demandée par Cameron ne peut que générer des tensions inutiles et du ressentiment à travers le pays. »

Pour Le Caire en revanche, il y a bel et bien péril en la demeure anglaise. Preuve en est, selon le régime, la vague de violence qui frappe l’Égypte depuis la chute de Morsi. Depuis juillet dernier en effet, plusieurs attaques contre les forces de police, l’armée ainsi que contre des étrangers (un car de touristes sud-coréens) ont fait plus de deux cents victimes. Des attaques revendiquées pour la plupart par Andsar Bait al-Maqdis, un groupe djihadiste que le régime accuse d’être le bras armé de la confrérie. Si les deux organisations ont en effet le régime pour ennemi commun, Andsar Bait al-Maqdis entretiendrait plus de relations avec des groupes basés à Gaza, voire avec l’État islamique en Irak et au Levant, qui combat actuellement les troupes de Bachar el-Assad en Syrie.

La pression de l’Égypte et des monarchies du Golfe

« Il s’agit là d’une véritable stratégie de l’Égypte, soutenue par les monarchies du Golfe, pour lier confrérie et terrorisme et ainsi décrédibiliser les Frères musulmans auprès des pays européens », estime le professeur d’islamologie. Le but à terme, selon lui : « Éradiquer purement et simplement le mouvement de la scène politique ». Et pour cela, les ennemis des Frères musulmans entendent bien mettre la pression sur leurs alliés et partenaires économiques occidentaux. L’annonce de l’ouverture d’une enquête, pilotée par John Jenkins, l’actuel ambassadeur en Arabie saoudite – pays ayant récemment classé la Confrérie comme organisation terroriste -, interroge notamment sur l’influence jouée par le royaume wahhabite dans cette affaire.

Si Londres dément toute ingérence étrangère sur le dossier, en privé, les langues se délient. Un haut responsable anglais, cité par le Financial Times, assure que les Britanniques, « comme les Américains, ont été soumis à une importante pression de la part des Saoudiens pour faire quelque chose au sujet des Frères musulmans ». De là à interdire purement et simplement la confrérie ? Une option que Londres juge pour l’instant « possible, mais peu probable ».

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19-La Belgique sera-t-elle touchée par les dangereuses pluies de sable ?

http://www.rtl.be/info/belgique/sectionmeteo/1081101/la-belgique-sera-t-elle-touchee-par-les-dangereuses-pluies-de-sable-

03 Avril 2014

Nos voisins anglais vivent dans un air chargé de mauvaises particules et de sable, à cause des vents du sud. Des vents qui débarquent chez nous ce jeudi.

La Belgique sera-t-elle touchée par les dangereuses pluies de sable ?

Depuis mercredi, un important voile de smog recouvre Londres et une grande partie de l’Angleterre. L’épisode, qui devrait durer jusqu’à vendredi au moins, est de triple origine: les émissions locales, la pollution industrielle venue du continent européen et la poussière du sable du Sahara, apportée par les vents soufflant du sud-est.

La capitale est recouverte d’un voile de pollution bien visible: le long des trottoirs, les voitures étaient recouvertes d’une fine pellicule de sable rouge. Les niveaux de pollution sont à neuf, voire même dix sur une échelle de dix, selon les prévisions officielles.

Dangereux pour la santé ?

Alors que le temps est particulièrement clément pour la saison, avec des températures jusqu’à 20 degrés, les personnes vulnérables, comme les malades et les enfants, doivent éviter les efforts intenses à l’extérieur.

Tous les asthmatiques souffrent et vont souffrir… Dans les régions les plus touchées, il a même été conseillé aux personnes ayant un mal de gorge de cesser toute activité physique.

Bientôt chez nous ?

Ces poussières viennent du centre de l’Algérie et du sud du Maroc. Elles sont ramenées vers l’Europe occidentale à cause d’un vent du sud persistant, celui-là même qui nous apporte ce printemps clément.

Après l’Espagne et la Grande-Bretagne, la Belgique et le Luxembourg vont être balayés par ces vents chauds, jeudi ou vendredi. « Ce vent puissant a transporté ce sable en altitude en Grande-Bretagne, avec des vents descendants qui l’ont rabattu au sol », a expliqué Pierre Gallet, prévisionniste à l’IRM. « Mais le courant va s’atténuer en arrivant chez nous, il y aura donc moins de sable transporté. Et comme on annonce de la pluie, qui a pour effet de lessiver l’atmosphère, ça ne devrait donc pas poser de problème pour la santé des populations », a-t-il précisé dans les colonnes de SudPresse.

Les prévisions en Belgique

Jeudi, il fera un peu plus nuageux que mercredi, et dans la journée la présence du soleil ne sera pas assurée. Quelques averses feront leur apparition dans l’après-midi ou dans la soirée. Le vent de secteur sud-est virant au sud-ouest sera faible à modéré. Il fera 18 degrés dans les Ardennes et de 20 à 23 degrés ailleurs.

De vendredi et jusqu’à ce week-end, le temps sera variable avec des champs nuageux, parfois quelques averses et une possibilité d’orage, le tout entrecoupé d’éclaircies. Les températures en journée tourneront autour de 21 degrés vendredi et 18 degrés pendant le week-end. Les températures seront plus fraîches à partir de mardi prochain.

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20-Monaco fait peau neuve

http://www.slate.fr/luxe/85229/luxe-sbm-monaco

Par Nicolas de Rabaudy | publié le 30/03/2014

La Société des bains de mer métamorphose la place du Casino et l’Hôtel de Paris.

http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/blognews-picture/casinomonte-carlo.jpg

Le Casino de Monte Carlo / Monte-Carlo SBM

http://www.tourmag.com/photo/art/grande/3654793-5352169.jpg?v=1326386882

La SBM va édifier un vaste complexe avec résidences hôtelières de très grand luxe, centre commercial haut de gamme, bureaux, centre culturel et de séminaires avec un vaste parking souterrain de 500 places.

Le Prince Albert a donné son accord pour le nouveau plan d’urbanisme du Carré d’Or à Monte-Carlo touchant la place du Casino, les jardins mitoyens et le Sporting d’Hiver. La première phase des travaux qui vont durer quatre ans sera achevée en mai 2014.

L’objectif de ce vaste projet architectural entend revaloriser le site central de Monte-Carlo afin que ces lieux de fête et de beauté retrouvent un rôle majeur dans le développement économique, social et culturel de la Principauté. C’est pourquoi le Prince Albert, très attaché à l’avenir immédiat du Rocher, a donné mandat à la S.B.M (la société des bains de mer de Monaco) dont l’Etat monégasque détient 69% des parts, pour mener à bien cette transformation radicale du centre glamour de Monte-Carlo, à l’ombre du mythique Hôtel de Paris, prolongé par le building de bureaux, de cinémas, de salons, du Sporting d’Hiver ouvert sur les arbres et les pelouses des jardins Boulingrins où les badauds et amoureux de la Principauté aiment à flâner –la douceur de (bien) vivre sur ce promontoire de rêve azuréen.

Dans l’esprit du prince souverain, la S.B.M, qui a franchi l’an dernier le cap des 150 ans, doit accroître l’offre commerciale et les points forts de la société de loisirs et d’immobilier. Marque de luxe, la S.B.M a capitalisé sur cinq casinos, quatre grands hôtels et 33 restaurants dont le Louis XV, trois étoiles, d’Alain Ducasse.

A cela s’ajoutent des salles de spectacles, le Sporting d’Eté, la salle Garnier de l’Opéra, une compagnie de ballets, les Thermes Marins de Monte-Carlo, un golf de 18 trous, un tennis club, soit 3.000 personnes employées pour un chiffre d’affaires de 407 millions d’euros en 2013 contre 346,5 millions en 2012.

«Nous abordons une nouvelle phase de notre histoire axée sur l’innovation destinée à alimenter le rêve monégasque et l’héritage», écrit Albert de Monaco dans la préface du rapport annuel de la S.B.M.

Donc, loin de s’endormir sur de beaux lauriers, Jean-Luc Biamonti, le financier de la S.B.M, président du conseil d’administration, a mis au point avec le cabinet de Lord Richard Rogers, un des grands noms de l’architecture et de l’urbanisme contemporain (prix Pritzker en 2007, le Centre Pompidou à Paris, le Dôme du Millénaire à Londres, c’est lui), le programme immobilier destiné à remplacer sur la place du Casino l’imposant bâtiment du Sporting d’Hiver par trois corps de bâtiments mêlant commerces, résidences haut de gamme, bureaux, espaces de loisirs et de culture.

http://www.slate.fr/sites/default/files/photos/HotelHermitage.jpg

L’Hôtel Hermitage / Monte-Carlo SBM

En tout 4.850 mètres carrés de boutiques de prestige au rez-de-chaussée, et dans les étages, 36 résidences haut de gamme sur 18.000 mètres carrés, 4.500 mètres carrés d’espaces de bureaux, 3.000 mètres carrés d’espaces de conférences, une salle de projection, un espace d’exposition de 800 mètres carrés et 500 places de parking –il s’agit de concevoir un ensemble qui renouvelle le quartier de prestige en réalisant un lieu d’animation et de convivialité sur un site paysagé accessible au public, doté en son centre d’une nouvelle artère piétonne reliant l’avenue des Beaux Arts aux jardins en haut de la place du Casino.

Oui, une transformation radicale du cœur historique de la Principauté des Grimaldi, propre à accroître les revenus fonciers et hôteliers de la S.B.M, la totalité de ces nouveaux espaces étant destinés à la location.

Dans la stratégie d’attractivité de l’Etat monégasque, deux activités demeurent essentielles: l’immobilier de luxe et le shopping mode, accessoires et orfèvrerie. Construite par un groupe italien, la dernière tour Odéon de 49 étages est en voie d’achèvement en surplomb de la mer: le penthouse avec piscine au sommet (1.000 mètres carrés) sera proposé à 350 millions d’euros. Un studio avec vue sur la mer et une petite terrasse peut être facturé 300.000 euros par an. Pour les rich and famous du Rocher (9.000 Monégasques pour 35.000 résidents et autant de comptes en banque), la Principauté est un refuge hors de prix mais idéal pour la sécurité des personnes et des biens, l’un des atouts majeurs du site méditerranéen: caméras de surveillance, policiers en nombre et en patrouille. On vit dans la sérénité chez les Grimaldi.

A Monaco, les bijoux les plus chers du monde sont portés le soir aux dîners de l’Hôtel de Paris, au Jimmy’z et dans les réceptions très sélect des fortunés de la vie, dont un nombre important de femmes seules, de veuves disposant d’héritages, de fonds privés colossaux, d’où l’accroissement à venir de boutiques de haute joaillerie: l’offre de la rue de la Paix à Paris sera multipliée par dix, vingt, trente!

Détail révélateur, la Principauté s’est forgée une spécialité des ventes aux enchères de bijoux, de diamants, d’or et de vêtements et maroquinerie siglés comme ces collections de sacs d’Hermès, de Chanel, de Dior qui remplissent les armoires de ces dames aux perles et pierres dures, piliers de la jet set monégasque. Cet Etat d’opérette perpétue un art de vivre décalé, hors du temps.

Disons-le en toute clarté, le casino, inventé par François Blanc en 1863, le premier acte fondateur de la Société des Bains de Mer, n’est plus ce qu’il a été au milieu du XIXe siècle quand les jeux de hasard étaient interdits dans pratiquement toute l’Europe. Ce fut le début de la légende monégasque entretenue par les têtes couronnées et clients fameux: Edouard VII, le baron de Rothschild, la Belle Otero, Winston Churchill, le roi Farouk… C’est François Blanc, visionnaire de génie, propriétaire du casino, qui fera de Monaco la capitale du jeu et de la villégiature mondaine. L’Hôtel de Paris a été construit à l’époque pour loger princièrement ces grands joueurs qui risquaient leur fortune sur les tapis verts –en 1878, plus de 2.000 joueurs viennent chaque semaine tenter leur chance au casino. Le train de Nice apporte des foules de clients.

«Personne ne perd à Monte-Carlo, tous ceux qui viennent ici espèrent», écrivait François Blanc en 1879. L’affluence est telle que l’Hôtel de Paris, de style rococo et kitsch, affiche complet deux mois après son ouverture.

Dans le formidable projet actuel de rénovation du palace pâtissier cher à Jacques Offenbach, à Colette, à la grande duchesse Anastasia, nièce du tsar Alexandre III, il va s’agir d’augmenter la superficie des 143 chambres et la proportion des 39 suites, certaines dotées de jacuzzi. Une cour-jardin sera implantée au centre de l’hôtel, les toits accueilleront un nouvel espace spa, fitness et piscine, ainsi que des suites d’exception et une villa au sommet dotée d’un jardin et d’une piscine privés. Du super grand luxe.

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La place du Casino / Monte-Carlo SBM

La superbe façade d’origine sera préservée de même que les lieux mythiques comme le hall d’entrée, le Bar Américain, la salle Empire et le restaurant Louis VX piloté par Alain Ducasse et sa brigade qui ont tant fait pour la renommée internationale et l’image de marque de la Principauté, un ilot de raffinement gastronomique pour happy few.

Autres temps, autres mœurs, le casino n’est plus le principal tiroir-caisse du Rocher: les congrès, les séminaires, les championnats de tennis du printemps, le Grand Prix de Formule 1 de la mi-mai, le Bal de la Rose, la compagnie de ballets chère à la princesse Caroline, l’opéra de Monte-Carlo drainent d’autres couches de clientèle et forment d’autres pôles d’attraction plus culturels que la roulette, le baccarat, le black jack et le mystère des cartes. Les riches Italiens, de très grands joueurs, dont Monaco a été le port d’attache sont surveillés par les agents des douanes et l’on dit même que certains magnats glissent dans la boîte à gants de leur Ferrari une déclaration d’impôts en bonne et due forme… D’où vient l’argent?

Les Russes n’ont pas de fascination particulière pour les tapis verts, et les Chinois veulent manger en jouant comme à Macao. Il reste les accros dont l’adrénaline fait des bonds à la minute du «faites vos jeux», mais cette clientèle se renouvelle peu au sein des générations montantes.

Ceci posé, on voit bien l’importance stratégique de la transformation de la place du casino axée sur l’innovation et les points forts de la Principauté: SAS le Prince Albert veut de la sorte faire entrer l’Etat monégasque dans le XXIe siècle en conservant la part de rêve et la magie de ce Rocher dressé sur la Grande Bleue.

Le Café de Paris Le Lipp de la Principauté, une adresse toujours à la mode sur la place du Casino, idéale pour voir et être vu, plaisante terrasse pour l’apéritif et des plats de brasserie de style méditerranéen : marmite du pêcheur, la rouille et les croûtons | Place du casino 98000 Monaco. Tél. : + 377 98 06 76 23. Déjeuner à 35 euros. Carte de 70 à 100 euros. Ouvert tous les jours de 8h00 à 2h00.

Vistamar La table élégante de l’Hermitage. Éventail de poissons du pêcheur Rinaldi, dentis, loups, dorades du chef étoilé Joël Garault, un des valeureux gros bonnets de Monaco. Bouillabaisse, soufflé à la framboise. Somptueuse terrasse sur la mer | Square Beaumarchais, avenue Princesse Alice 98000 Monaco. Tél. : +377 98 06 98 98. Menus à 44, 65 et 120 euros. Fermé le dimanche jusqu’au 4 mai.

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