1-Dossier électricité : le paradoxe africain
2-Corne de l’Afrique : Les politiques vont à l’encontre des aspirations des éleveurs
3-Tanzanie: un prêtre catholique abattu par balle à l’entrée de son église
4-Le succès économique du Mozambique est menacé par «l’insécurité croissante», selon le FMI
5-L’Ouganda déclare la guerre aux homosexuels
6-Appel à une réforme de la recherche en nutrition en Afrique
7-Le Gabon réclame à Total $805 millions d’impôts
8-Centrafrique. La présidente demande de « ne pas l’abandonner »
9-La contrebande d’armes destinées à Boko Haram menace le Cameroun
10-Nigeria : le Delta du Niger sous la menace de Boko Haram
11-Règlements de comptes au Nigeria : le gouverneur de la banque centrale débarqué
12-François Hollande invité d’honneur du Nigeria : terrorisme, torture et pollution au menu ?
13-Niger-Areva : Pourquoi il faut renégocier le deal de 1968
14-La Côte d’Ivoire et le Ghana règlent « en frères » leur différend frontalier dans l’offshore
15-Côte d’Ivoire : le retour des fils prodigues
16-Inquiétudes à l’approche des élections en Côte d’Ivoire
17-Une pénurie de chocolat dans le monde se profile
18-Mali : les djihadistes de retour dans le nord du pays
19-Tension diplomatique entre la France et le Maroc
20-BNP Paribas : Monaco passe à la vitesse supérieure dans l’affaire de la « lessiveuse africaine »

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1-Dossier électricité : le paradoxe africain
http://economie.jeuneafrique.com/dossiers-2/524-electricite–le-paradoxe-africain/18010-dossier-electricite-le-paradoxe-africain.html
vendredi 05 juillet 2013

Alors que son potentiel énergétique est immense, le continent souffre toujours d’un manque d’infrastructures. Un frein au développement que les États tentent de surmonter en misant sur les énergies renouvelables.


Gilgel Gibe III sur la rivière Omo en Ethiopie.

C’est toute la contradiction africaine. Alors que la croissance annuelle moyenne avoisine les 5 %, que les ressources énergétiques, fossiles et renouvelables, y sont abondantes, le continent accuse un déficit énergétique préjudiciable à sa population ainsi qu’à son développement économique. Une tendance qu’exacerbe le boom démographique en cours : la population africaine doublera d’ici à 2050 pour atteindre 2 milliards d’âmes, dont 40 % vivront en zone rurale. Dans un rapport publié en janvier, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) indique : « En 2010, 590 millions d’Africains (57 % de la population) n’avaient pas accès à l’électricité. Si les tendances actuelles relatives à l’énergie ne se modifient pas, l’Afrique comptera, en 2030, 655 millions de personnes (42 % de la population) dans le même cas. »

Si la tendance ne change pas, l’Afrique comptera, en 2030, 655 millions de personnes sans accès à l’électricité.

Un tableau sombre, qu’il convient de nuancer. « On ne peut pas parler d’un seul et même marché, mais de trois marchés, indique Lynn Nahmani, conseillère indépendante en financements de projets énergétiques : l’Afrique du Nord, l’Afrique du Sud et le reste du continent. Ils se distinguent non seulement sur le plan des capacités installées, mais aussi sur celui des infrastructures de transport et de distribution. »

Dans les régions non électrifiées d’Afrique subsaharienne, le recours à des générateurs indépendants, à moteur fioul ou diesel, induit un effort financier très lourd, lié à l’importation des équipements et des combustibles. Dans les pays maghrébins et en Afrique du Sud, les infrastructures existent bel et bien, mais souffrent d’un déficit chronique de maintenance. « On estime à 12 milliards de dollars [9 milliards d’euros] par an le montant des investissements nécessaires aux pays du continent pour rattraper leur retard en termes de transport d’électricité », indique Latsoucabé Fall, directeur régional du Conseil mondial de l’énergie pour l’Afrique.

u final, des maux d’origines différentes, mais un même résultat : l’Irena estimait en 2011 que les délestages ainsi que le recours à des générateurs « off-grid » (déconnectés des réseaux de distribution d’électricité) à base de fioul et de diesel se traduisaient par une perte annuelle de 1 à 5 points du PIB.

Volontarisme politique
La situation est pourtant loin d’être insurmontable. L’Irena indique en effet qu’« étendre l’accès à l’électricité à l’ensemble de la population africaine ne requiert que 900 térawattheures (un téra signifie mille milliards) supplémentaires sur vingt ans ». De plus, nombre d’États africains ont pris conscience du caractère non durable d’une production basée sur l’importation de produits pétroliers – ces derniers ont coûté 18 milliards de dollars pour l’ensemble du continent en 2010.

Signe des temps, plusieurs pays ont affiché des objectifs de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables. Le Maghreb est la région la plus emblématique en la matière, en classant l’énergie solaire en tête de ses priorités. À lui seul, le Plan solaire marocain prévoit d’installer, d’ici à 2020, une capacité de production en solaire thermique à concentration (concentrating solar power, CSP) de 2 GW, tandis que son équivalent algérien vise un total de 22 GW en 2030 – en CSP et en photovoltaïque. « Peu importe si ces objectifs s’avèrent très ambitieux, estime Lynn Nahmani. L’important est qu’ils manifestent une réelle volonté politique. »

Dans une moindre mesure, l’Afrique du Sud se montre également bien engagée dans le solaire (sa feuille de route prévoit 8,4 GW en photovoltaïque et 1,2 GW en CSP en 2030), comme dans l’éolien (8,4 GW en 2030). De façon plus éparse, d’autres pays, moins fortunés, misent sur l’hydroélectricité. « Outre qu’elle est la moins chère des énergies renouvelables et qu’elle induit des coûts de maintenance négligeables, elle offre l’avantage de s’inscrire dans des projets à vocation régionale ou sous-régionale », note Latsoucabé Fall. La production des futurs barrages, tel le pharaonique Grand Inga (40 000 MW) en RD Congo, pourrait ainsi être mutualisée entre plusieurs pays. D’autres projets hydroélectriques, de moindre envergure, sont en gestation : en RD Congo, toujours avec Inga III (4 500 MW), mais aussi en Éthiopie avec Renaissance (6 000 MW), en Angola (Medio Kwanza, 6 000 MW) ou encore au Mozambique (Mphanda Nkuwa, 1 500 MW).

La production des futurs barrages tels que le pharaonique Grand Inga pourra être mutualisée.

Garanties
De leur côté, les bailleurs de fonds tels que la Banque africaine de développement (BAD) ou la Banque européenne d’investissement (BEI) ouvrent régulièrement des lignes de crédit aux États africains pour financer des infrastructures énergétiques – ce fut le cas pour le projet d’installation solaire de 160 MW à Ouarzazate, au Maroc, qui devrait être opérationnel en 2015. Mais pour attirer les investisseurs privés, il faut leur offrir des garanties. Surtout en termes de sécurité, la prise d’otages sur le site d’In Amenas, en Algérie, ayant marqué les esprits.

Plus globalement, proposer un cadre propice aux affaires rendra les économies africaines attrayantes, comme le souligne Édouard Dahomé, directeur Afrique d’EDF. « Prenons l’exemple de la Côte d’Ivoire : ce pays a traversé des périodes extrêmement difficiles. Pourtant, nous savons par des sociétés exerçant dans le secteur de l’électricité que, dans ce pays, un contrat est un contrat, et qu’il est toujours respecté. »

Mais la stabilité politique et le climat des affaires ne font pas tout. « Plus qu’une question de solvabilité des États se pose le problème de l’appréhension des risques de la part des investisseurs privés étrangers, souligne Lynn Nahmani. Les pays du Maghreb ainsi que l’Afrique du Sud sont les économies les plus riches et, de fait, représentent des contreparties plus solvables. De plus, les marchés de l’électricité y sont bien établis, et l’accès aux réseaux de transport et de distribution y est bien meilleur qu’en Afrique centrale. » C’est d’ailleurs ce qui conduit EDF, dans sa stratégie commerciale, à vouloir s’allier à un ou plusieurs acteurs locaux – une compagnie nationale d’électricité par exemple – afin d’accroître ses chances de remporter des marchés.

Pour l’heure, la division Afrique de la société française prospecte le continent et s’intéresse de près au projet de barrage de Nachtigal, au Cameroun (400 MW). Selon Lynn Nahmani, certaines banques africaines pourraient également remplir ce rôle d’acteur de proximité : « Elles ont une approche des risques liés au pays différente de celle des banques étrangères et seront donc capables d’en assumer certains pour permettre l’octroi de financements. Mais toutes ne bénéficient pas forcément du savoir-faire adéquat en termes d’ingénierie financière et de techniques de financement de projet. Il faudrait là aussi un transfert de compétences, ce que les banques internationales ne sont pas enclines à faire. » C’est pourtant à ce prix que l’Afrique pourra enfin voir la lumière.

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2-Corne de l’Afrique : Les politiques vont à l’encontre des aspirations des éleveurs
http://www.irinnews.org/fr/report/99708/corne-de-l-afrique-les-politiques-vont-%C3%A0-l-encontre-des-aspirations-des-%C3%A9leveurs
NAIROBI, 26 février 2014 (IRIN)

Depuis qu’une sécheresse a frappé la Corne de l’Afrique en 2011 <http://www.irinnews.org/fr/report/94577/corne-de-l-afrique-et-afrique-de-l-est-retour-sur-la-s%C3%A9cheresse-de-2011> , les organisations humanitaires tentent de comprendre les changements enregistrés dans les zones arides, espérant ainsi mieux anticiper les besoins de la population. Des recherches récentes montrent que ces changements dépassent les questions liées au climat et à l’environnement, et englobent des facteurs sociaux et économiques. Leurs résultats ont d’importantes répercussions du point de vue des politiques.


Les éleveurs ne peuvent être entendus que si les personnes à la tête de leur structure traditionnelle de gestion sont consultées

Dans le rapport conjoint de la Croix-Rouge, Oxfam et Save the Children, intitulé Changes in the arid lands <http://www.preventionweb.net/english/professional/publications/v.php?id=36160&amp;rid=1> : the expanding rangeland, il est précisé que « les récits de vie révèlent généralement que ces populations aspirent à une vie traditionnelle d’éleveurs, tournant autour de l’élevage d’animaux et du maintien d’une transhumance pastorale traditionnelle ayant peu changé au cours des siècles ».

Les facteurs externes, tels que la sécheresse, sont utilisés pour justifier le fait que les éleveurs nomades s’installent désormais dans des campements et des zones périurbaines. Pourtant, comme il est indiqué dans le rapport, cette explication ne tient pas compte du fait que les conditions socioéconomiques évoluent rapidement dans ces communautés.

« La [méthode] des récits de vie n’a pas tenu compte de la forte augmentation de la population (près de six fois supérieure à celle d’il y a 50 ans), ni de l’augmentation du matérialisme, de la commercialisation et d’une connectivité accrue au monde extérieur à leur communauté […] Il fallait que [cette méthode] soit actualisée. »

Les nouvelles aspirations de la population
Dans les communautés des zones de Shinile et Jijiga <http://www.irinnews.org/report/90373/ethiopia-pastoralism-against-the-odds>  en Éthiopie, de Togdheer dans la république autoproclamée du Somaliland et de Turkana au Kenya, les chercheurs ont demandé aux populations quels étaient leurs souhaits pour l’avenir.

Les auteurs rapportent que « dans l’ensemble, c’est l’éducation qui a été citée comme le meilleur moyen de pouvoir atteindre ses objectifs; que ce soit pour les personnes interrogées elles-mêmes ou pour leurs enfants et petits-enfants. Les parents, où qu’ils vivent, souhaitent que leurs enfants puissent accéder à l’éducation et trouver un emploi ».

Le rapport souligne également que les jeunes et les enfants aspirent à un avenir professionnel, y compris ceux issus des campements d’éleveurs. Parmi eux, les plus sédentarisés et urbains s’intéressent au commerce. Les femmes sont également de plus en plus attirées par une carrière professionnelle ou la gestion d’une entreprise. Elles s’éloignent ainsi de leurs rôles traditionnels consistant à s’occuper du foyer et de la famille.

Pourtant, l’élevage reste important et les familles espèrent « continuer à profiter des perspectives traditionnelles et non traditionnelles ». Cependant, dans la région de Turkana, de nombreuses personnes interrogées estiment qu’un avenir meilleur est synonyme d’un avenir sans bétail. Dans un contexte de sécheresses à répétition <http://www.disasterriskreduction.net/fileadmin/user_upload/drought/docs/Summary%20Brief_the%20place%20of%20crop%20agriculture_August%202013.pdf>  et d’une baisse du nombre de têtes de bétail, les habitants de Turkana cherchent de plus en plus à diversifier leurs moyens de subsistance <http://www.irinnews.org/fr/report/95164/kenya-the-changing-face-of-pastoralism> .

Opportunités et défis
Au Kenya, les régions arides marginalisées depuis longtemps sont désormais sur le devant de la scène de la planification et du développement. D’après un document de travail <http://www.future-agricultures.org/workshop-resources/doc_download/1747-creating-policy-space-for-pastoralism-in-kenya>  de Future Agricultures Consortium (FAC), le plan de développement national du Kenya, intitulé Vision 2030 <http://www.vision2030.go.ke/>  et publié en 2007, considérait déjà les zones arides historiquement marginalisées comme une « nouvelle frontière » pour le développement.

Le projet de corridor de transport Lamu-Sud-Soudan-Éthiopie (LAPSSET <http://www.vision2030.go.ke/index.php/pillars/project/macro_enablers/181> ), le projet phare du Kenya dans le cadre du plan Vision 2030, permet l’ouverture de la région aride du nord. Les plans du LAPSSET comprennent les constructions suivantes : un port à Lamu, une ligne ferroviaire à écartement standard de 1500 km entre Lamu et Nakodok à la frontière du Kenya et du Soudan du Sud, des oléoducs vers le Soudan du Sud et l’Éthiopie, une raffinerie de pétrole, trois aéroports et trois stations touristiques.
Pourtant, selon les experts <http://www.irinnews.org/fr/report/98912/un-projet-d-infrastructure-r%C3%A9gional-suscite-des-inqui%C3%A9tudes-au-kenya> , si le LAPSSET peut générer de la richesse et offrir de nouvelles perspectives, il risque également de présenter des risques pour l’environnement et pour les droits et les moyens de subsistance des communautés locales.

Les éleveurs craignent que le corridor de transport du LAPSSET, large de 200 m, entrave les principales routes empruntées par les éleveurs. Les responsables de la région de Lamu réclament une part des fonds provenant des activités du port, une fois que sa construction sera terminée. Le projet est critiqué, car les communautés n’ont pas été consultées.
Les locaux réclament aussi l’accès aux bénéfices tirés d’autres projets de développement. Dans la région de Turkana, les habitants ont organisé des manifestations pour réclamer plus d’emplois dans le secteur pétrolier en plein essor<http://www.irinnews.org/fr/report/95562/kenya-p%C3%A9trole-espoir-et-inqui%C3%A9tude> .

Selon un rapport de 2013 sur la planification intégrée des zones arides <http://www.disasterriskreduction.net/east-central-africa/reglap/stories/second-story/en/>  du Kenya, de l’Éthiopie et de l’Ouganda, les politiques et la législation actuelles dans la Corne de l’Afrique offrent un soutien mitigé aux communautés des zones arides.
D’après le rapport, « les principes de la planification intégrée sont promus, à savoir la participation des communautés (les utilisateurs des terres) et autres parties prenantes, le droit à l’information et au savoir, le droit de ne pas être chassé d’une terre sans recevoir de compensation, le développement équitable. Mais, dans la pratique, de nombreuses politiques et la législation sont loin de garantir un appui total aux zones arides, à leurs systèmes de production ou aux communautés qui en dépendent ».

Mettre un terme à la marginalisation des zones arides

Mettre un terme à la marginalisation des zones arides pourrait permettre de résoudre certains problèmes.
« Le niveau des services dont [ces régions] bénéficient est trop souvent lamentable. Les services doivent être proposés en fonction des besoins de la population. Ainsi, là où les populations vivent de l’élevage, il faut investir dans les services [concernés] », a déclaré à IRIN Simon Levine, chercheur à Humanitarian Policy Group (HPG). Parmi ces services, il faut compter l’investissement dans des domaines tels que la santé animale.

« Au Kenya, le travail ne fait que commencer du point de vue de la relation entre la production de l’élevage dans les terres arides ou semi-arides et les fermes qui sont en mesure de proposer le conditionnement des animaux, en particulier pendant les périodes de sécheresse », a expliqué M. Levine. Il a également rappelé qu’« aujourd’hui, la plupart des investissements dans l’élevage s’appliquent aux terres agricoles à potentiel élevé ».

Du point de vue de l’occupation des terres, la sécurité est également cruciale. En effet, la « spoliation foncière <http://www.irinnews.org/fr/report/84363/afrique-les-fermiers-d%C3%A9poss%C3%A9d%C3%A9s-de-leurs-terres>  » est une préoccupation constante.

 <http://www.irinnews.org/Photo/Details/201008251007320141/Dans-les-r%C3%A9gions-o%C3%B9-les-populations-vivent-de-l%C3%A9levage-il-faut-investir-dans-les-services-concern%C3%A9s>
Dans les régions où les populations vivent de l’élevage, il faut investir dans les services concernés

« Mettre un terme à la marginalisation revient aussi à donner aux populations des zones arides des droits sur les terres équivalents à ceux dont jouissent les autres citoyens. L’octroi de droits fonciers ne signifie pas qu’un investissement ne sera jamais envisageable ; cela signifie simplement que les intérêts des individus ayant des droits doivent être pris en compte et, le cas échéant, une compensation doit leur être proposée », a-t-il ajouté.

L’investissement dans les zones arides ne devrait pas se limiter à l’élevage. « Bien des personnes, surtout les jeunes, ne veulent pas que leurs choix de vie soient limités à l’élevage et il n’y a aucune raison qu’elles n’aient pas d’autre choix que celui-là. Cela implique une transformation massive des services d’éducation, qui sont, pour la plupart, très, très limités dans les zones arides. Cela implique aussi un investissement dans d’autres infrastructures économiques », a-t-il expliqué.

« Le nord du Kenya […] subit une marginalisation depuis longtemps. Les administrations coloniales et postcoloniales ont oscillé entre la négligence et l’exploitation des parties les plus reculées du nord », indique le document du FAC. « Du fait d’un isolement prolongé et du manque d’investissement, la région enregistre les plus bas niveaux de développement humain au Kenya. Dans certaines régions du nord, l’alphabétisation des adultes ne dépasse pas les 10 pour cent, le taux net de scolarisation en primaire est inférieur à 30 pour cent et moins de la moitié des enfants bénéficient de tous les vaccins recommandés. »

Donner la parole aux communautés
Au Kenya, les communautés vivant dans les zones arides sont favorables à la décentralisation des pouvoirs, un processus connu sous le nom de dévolution <http://www.irinnews.org/fr/report/97739/briefing-la-d%C3%A9volution-devrait-bient%C3%B4t-transformer-le-kenya> , afin d’imposer leurs objectifs de développement. « Cependant, les éleveurs ne peuvent être entendus que si [les personnes à la tête de] leur structure traditionnelle de gestion sont consultées », a déclaré à IRIN Marko Lesukat, gestionnaire des risques de catastrophe pour Plan International en Afrique orientale et australe.

« Ce qui me préoccupe, c’est la terre (en tant que pâturage, ressource d’eau, patrimoine et pour le sentiment d’appartenance éprouvé envers elle), » a ajouté M. Lesukat. Il incite ainsi le gouvernement central à tenir compte des préoccupations concernant les zones arides pour atténuer le conflit.

Dans le rapport publié par la Croix-Rouge, Oxfam et Save the Children, il est indiqué que les réponses de l’enquête sur les communautés des zones arides soulignent combien il est « important de donner la parole aux populations, en particulier lorsqu’il s’agit de leur avenir […] Leurs aspirations ne se concrétiseront pas forcément, mais elles indiquent clairement les objectifs que [ces populations] ont l’intention de poursuivre. »

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3-Tanzanie: un prêtre catholique abattu par balle à l’entrée de son église
http://www.malango-actualite.fr/article/une_pretre_catholique_abattu_par_balle-9432.htm
Dimanche 17 Février 2013

ZANZIBAR (Tanzanie) – Un prêtre catholique de l’archipel semi-autonome de Zanzibar, qui fait partie de la République unie de Tanzanie, a été abattu par balle dimanche matin devant son église où il allait dire la messe dominicale, deux mois seulement après l’agression d’un autre prêtre.
A Zanzibar City, le clocher de l’église anglicane fait face à un minaret

«L’abbé Evarist Mushi a été bloqué par deux jeunes hommes à l’entrée de son église. L’un des deux agresseurs lui a tiré sur la tête et le prêtre est mort sur le champ », a indiqué à l’AFP le porte-parole de la police à Zanzibar, Mohammed Mhina. « Nous ne pouvons pas pour l’instant dire quels étaient les mobiles de l’attaque mais nous avons déjà lancé les opérations de recherche des deux assaillants qui ont aussitôt disparu », a-t-il.

Cette agression contre un prêtre chrétien survient moins d’une semaine après une autre agression à Buseresere, dans la région de Geita, au nord-ouest de la Tanzanie. « Mathayo Kachili, un pasteur évangélique de l’Eglise des Assemblées de Dieu de Tanzanie (TAG) a été décapité lors de violences interreligieuses », relate le portail catholique suisse Cath.ch. Selon le quotidien « Tanzania Daily News », citant des sources policières, le pasteur a été tué par un groupe de jeunes, soupçonnés d’être des musulmans. Les troubles ont eu lieu après l’appel de leaders musulmans, demandant la fermeture « immédiate » d’une boucherie appartenant à des chrétiens. Ils soupçonnaient le propriétaire de la boucherie de vendre de la viande impropre à la consommation des musulmans (non « halal ») et de la viande de porc.

Ces agressions contre des chrétiens ne sont pas isolés à Zanzibar. Le jour de Noël 2012, un prêtre catholique a été grièvement blessé par balle alors qu’il rentrait chez lui. Très rapidement les autorités ont confirmé la thèse avancée par la police au moment des faits. Selon elle, les assaillants auraient pensé que le prêtre transportait de l’argent.

A la fin du mois de mai 2012, les autorités tanzaniennes avaient mis en garde contre les violences confessionnelles, accusant la direction de Uamsho (organisation islamiste et indépendantiste locale) et le Forum de la renaissance islamique de Zanzibar, une autre organisation active de l’île, d’avoir commandité les troubles. Selon les médias tanzaniens, le Uamsho ( »réveil » en kiswahili) était responsable de l’incendie de deux églises lors de manifestations, les 27 et 28 mai pour protester contre l’interpellation d’un imam, membre de leur groupe. Quelques jours auparavant, le chef de l’Eglise anglicane de Tanzanie, le Révérend Mokiwa Valentino, avait dénoncé les conditions de vie des chrétiens à Zanzibar. Il ajoutait que depuis 2001, 23 bâtiments de l’église avaient été incendiés dans les îles qui composent Zanzibar.

En 2011, l’ONG militante chrétienne Portes Ouvertes qui recense les « persécutions » de chrétiens dans le monde dénonçait la disparition pendant trois mois d’un évangéliste. « Elisa, l’épouse de Peter, a passé trois mois sans avoir de nouvelle de son mari emprisonné. (…) Peter Masanja est évangéliste dans la ville de Paje, archipel de Zanzibar en Tanzanie. Suite à sa conversion en 2009, il a perdu son travail, puis, après plusieurs altercations avec des islamistes au sujet de la construction d’une église, il a été emprisonné sans explication. Sa femme Elisa n’a pas été prévenue de son arrestation : elle a passé 3 mois sans savoir ce qu’il était devenu. (…) C’est un aumônier des prisons, qui, après 3 mois, a fini par le découvrir et en a informé sa famille. Peter a finalement été libéré et a pu retrouver son épouse ».

Zanzibar est musulmane sunnite à plus de 90% alors que la Tanzanie dans sa globalité est chrétienne à 45%, les musulmans ne représentant que 35% de la population totale du pays composée d’une partie continentale (ex Tanganyka) et de l’archipel de Zanzibar qui aimerait recouvrer son indépendance. Sur Zanzibar, les Chrétiens – catholiques et protestants – sont une petite minorité évaluée à moins de 3% des quelque 1,2 million d’habitants.

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4-Le succès économique du Mozambique est menacé par «l’insécurité croissante», selon le FMI
http://www.agenceecofin.com/gestion-publique/1701-16755-le-succes-economique-du-mozambique-est-menace-par-l-insecurite-croissante-selon-le-fmi
17 janvier 2014 (Agence Ecofin)

La forte croissance économique enregistrée depuis de longues années au Mozambique est menacée par l’«insécurité croissante» liée aux affrontements sporadiques entre le pouvoir et l’ancienne guérilla antimarxiste qui a repris les armes depuis 2012, a prévenu le Fonds monétaire international (FMI) le 16 janvier. «Si la situation se détériore, cela pourrait peser négativement sur l’économie et entraîner des problèmes à plusieurs niveaux», a estimé le représentant du FMI au Mozambique Alex Segura lors d’une conférence de presse. «Il est évident que l’une des raisons des résultats économiques exceptionnels de ces vingt dernières années a à voir avec la paix et la stabilité politique», a ajouté M. Segura, déplorant une «insécurité croissante».



Selon le FMI, qui table sur un taux de croissance de 8,3% au Mozambique pour 2014, ces succès économiques découlent notamment de l’exploitation de nombreux gisements de charbon et de gaz naturel.

Le Mozambique, pacifié depuis 1992, a longtemps subi une guerre civile meurtrière entre la guérilla Renamo (Résistance nationale mozambicaine autrefois soutenue par l’apartheid sud-africain) et le Frelimo (Front de libération du Mozambique, parti socialiste), dont est issue une large partie de l’élite actuellement au pouvoir. Les cadres du Frelimo, sont accusés d’accaparer les richesses, sans se soucier des besoins de la population qui reste en majorité très pauvre.

La Renamo, reconvertie en mouvement d’opposition après la fin de la guerre civile mozambicaine (1977-1992), a repris les armes pour pousser le pouvoir à négocier avec elle. Les premiers incidents ont démarré en 2012, année où son leader historique Afonso Dlakhama (photo) a pris le maquis dans la province de Sofala (centre).

Les escarmouches et des attaques de voitures civiles ont pour la plupart eu lieu sur un court tronçon de la route nationale 1, dans le centre.Mais les troubles, qui ont déjà fait des dizaines de morts sur plusieurs mois, menacent de s’étendre. Ils pourraient gêner les axes utilisés pour l’exportation du charbon.Le 14 janvier, c’est au sud, dans la province d’Inhambane que des hommes armés soupçonnés d’être des membres de l’ancienne guérilla ont frappé, attaquant un commissariat et un dispensaire et tuant un policier.

Lire aussi :
Menace de guerre civile au Mozambique
http://mali-web.org/afrique/menace-de-guerre-civile-au-mozambique

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5-L’Ouganda déclare la guerre aux homosexuels
http://www.liberation.fr/monde/2014/02/24/la-loi-anti-homosexuels-entre-en-vigueur-en-ouganda_982556
AFP 24 février 2014

Le président a alourdi lundi un arsenal judiciaire déjà très répressif contre les homosexuels, qu’il juge «anormaux».


Yoweri Museveni promulgue la loi contre l’homosexualité à Entebbe, le 24 février.

Au risque d’irriter son allié américain, le président ougandais Yoweri Museveni a promulgué lundi une loi controversée durcissant la répression de l’homosexualité, disant rejeter les diktats de l’Occident. «Le président vient de signer la loi anti-homosexualité (…) la loi entre de ce fait en vigueur», a déclaré à l’AFP une porte-parole de la présidence, Sarah Kagingo.

Les relations homosexuelles sont déjà passibles de la prison à vie en Ouganda mais cette législation, adoptée à une écrasante majorité le 20 décembre par le Parlement, interdit notamment toute «promotion» de l’homosexualité et rend obligatoire la dénonciation de quiconque s’affichant homosexuel(le). Elle a suscité des critiques virulentes <http://www.liberation.fr/monde/2014/01/30/le-chef-de-l-eglise-anglicane-critique-les-lois-homophobes-du-nigeria-et-de-l-ouganda_976652> de la part des défenseurs des droits de l’homme et des principaux partenaires occidentaux de l’Ouganda, même si ses dispositions les plus controversées, prévoyant la peine de mort en cas de récidive ou de rapport avec un mineur ou en se sachant porteur du virus du sida, ont été abandonnées.

Washington, allié-clé de Kampala, a notamment averti – sans autre précision – que cette loi «compliquerait (ses) relations» avec l’Ouganda et Londres s’est interrogé sur «la conformité de la loi avec la Constitution de l’Ouganda et ses obligations internationales», estimant qu’elle allait «endommager la réputation internationale» du pays. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a rappelé ces derniers jours à l’Ouganda «ses obligations contraignantes en matières de droits de l’Homme».

Des ONG internationales ont appelé les partenaires de l’Ouganda à reconsidérer leur aide et, lundi, le Danemark a annoncé qu’environ 6,3 millions d’euros d’aide à des agences gouvernementales ougandaises seraient redirigés vers des initiatives du secteur privé et des ONG et qu’il en serait ainsi à l’avenir.

Le président ougandais, qui se trouvait lundi dans sa résidence privée d’Entebbe à 35 km de Kampala, a estimé que les bailleurs qui ne veulent plus aider son pays pouvaient «garder leur aide»«Les étrangers ne peuvent pas nous donner des ordres. C’est notre pays», a-t-il déclaré après avoir paraphé la loi, «je conseille aux amis occidentaux de ne pas faire (du sujet) un problème» car «ils ont beaucoup à perdre».

«Imposer des valeurs sociales d’un groupe à notre société, c’est de l’impérialisme social. Maintenant vous nous dites que nous devrions vivre comme vous. Pas du tout !», a poursuivi le président Museveni, accusant «des groupes occidentaux de recruter des (futurs) homosexuels dans les écoles».

«La bouche pas faite pour le sexe»

Le président ougandais, au pouvoir depuis 1986 et chrétien évangélique à la piété affichée, avait initialement qualifié les homosexuels de «malades» et renoncé à promulguer cette loi <http://www.liberation.fr/monde/2014/01/17/l-ouganda-renonce-a-sa-loi-antigays-in-extremis_973766>  car il est «mal de punir une personne parce qu’elle est anormale» avant d’annoncer avoir changé d’avis <http://www.liberation.fr/monde/2014/02/18/avec-la-loi-anti-homosexuels-l-ouganda-dit-defendre-la-moralite_981143> , un groupe de «scientifiques» consulté lui ayant assuré que l’homosexualité était «comportementale, pas génétique».

Il a accusé une partie des homosexuels de l’être «pour des raisons financières», les autres l’étant devenus par un «mélange d’inné – des éléments génétiques – et d’acquis»«Aucune étude ne montre que vous pouvez être homosexuel par nature», a-t-il poursuivi. «Oui génétiquement, il y a (chez les homosexuels) quelques petites choses qui ne sont pas dans l’ordre, mais si ils ne sont pas élevés en ce sens ou encouragés (à être homosexuels) alors ils seront normaux», a-t-il expliqué : «L’éducation étant la principale source de l’homosexualité, alors la société peut faire quelque chose pour décourager les tendances. C’est pourquoi, j’ai accepté de promulguer la loi.»

Lundi, il a également fustigé le sexe oral, pratique selon lui encouragée par le monde occidental. «La bouche sert à manger, pas pour le sexe. La bouche est conçue pour embrasser», a-t-il expliqué aux journalistes, «on connaît l’adresse du sexe, cette adresse (la bouche) n’est pas pour le sexe. Vous posez la bouche là, vous récupérez des vers et ils entrent dans votre estomac parce que c’est la mauvaise adresse», a-t-il poursuivi.

Museveni a multiplié les opinions tranchées sur la sexualité et les mauvaises pratiques importées selon lui d’Occident. «Il y a quelque chose qui ne va vraiment pas chez vous», a-t-il lancé à l’adresse des homosexuels, après avoir signé la loi. «Je n’arrive toujours pas à comprendre, qu’on ne puisse pas être attiré par toutes ces superbes femmes et qu’on soit attiré par un homme», a-t-il expliqué devant la presse. Pour le président ougandais, on n’est pas«homosexuel par nature (…) mais par choix». Un choix souvent dicté selon lui par l’argent, de nombreux homosexuels étant «en réalité des mercenaires. Ce sont des hétérosexuels qui se disent homosexuels pour l’argent».

Les homosexuels sont l’objet de persécutions et de violences en Ouganda, pays où l’homophobie est largement propagée par les très influentes Eglises évangéliques. Museveni avait déjà début février promulgué une loi antipornographie, interdisant notamment les accoutrements «provocateurs», interdisant d’antenne les artistes légèrement vêtus et surveillant de près les sites consultés par les internautes.

Lundi, le député David Bahati, auteur de la loi antihomosexualité, a estimé que sa promulgation «était le moment que le monde attendait», remerciant Museveni pour «sa décision courageuse malgré les pressions de certaines organisations occidentales». En 2011, David Kato, figure de la cause homosexuelle en Ouganda, avait été battu à mort chez lui, après la parution dans un magazine de son nom et ceux d’autres homosexuels sous le titre «Pendez-les».

L’Ouganda fait désormais partie des 80 pays à condamner l’homosexualité. Retrouvez la situation mondiale en détail en cliquant sur cette carte interactive : http://www.liberation.fr/monde/2013/04/23/mariage-homosexuel-quels-autres-pays-l-autorisent_898327

Lire aussi :
OUGANDA. « La bouche sert à manger, pas pour le sexe »
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140224.OBS7524/ouganda-la-bouche-sert-a-manger-pas-pour-le-sexe.html
Ouganda: les noms de 200 « principaux homosexuels » en Une d’un journal
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/ouganda-les-noms-de-200-homosexuels-presumes-en-une-d-un-journal_1495236.html

La Banque mondiale suspend un prêt de 90 millions $ à l’Ouganda en raison d’une loi anti-gay
http://www.agenceecofin.com/droits-humains/2802-17975-la-banque-mondiale-suspend-un-pret-de-90-millions-a-l-ouganda-en-raison-d-une-loi-anti-gay

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6-Appel à une réforme de la recherche en nutrition en Afrique
http://www.irinnews.org/fr/report/99701/appel-%C3%A0-une-r%C3%A9forme-de-la-recherche-en-nutrition-en-afrique
JOHANNESBOURG, 25 février 2014 (IRIN)

Le Rwanda a réduit avec un succès remarquable la faim chez les enfants et les experts en nutrition estiment que d’autres pays d’Afrique pourraient tirer des leçons de cette expérience.


Les solutions locales sont peu coûteuses et efficaces : en Namibie, des enfants mangent un repas constitué de produits provenant de leurs champs

Dans un rapport publié en 2013 <http://issuu.com/unicefnorge/docs/nutrition_report_final_lo_res_8_apr/43>  sur les progrès dans la lutte contre la malnutrition, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a remarqué qu’en 2005, plus de la moitié des Rwandais de moins de cinq ans – soit environ 800 000 enfants – présentaient un retard de croissance. « Cinq ans plus tard seulement, la prévalence du retard de croissance avait baissé de 52 pour cent à 44 pour cent, selon les estimations », est-il écrit dans le rapport.

La méthode utilisée par le Rwanda consistait à chercher des solutions locales au problème.
Le pays a étendu ses programmes de nutrition au niveau communautaire dans les 30 districts du pays et a mis en place un régime d’assurance maladie communautaire pratiquement universel. « Tout cela s’est fait grâce à la production locale de nourriture plutôt qu’avec une aide fournie clés en main par des bailleurs de fonds », a dit Fidele Ngabo, directrice de Maternal Child Health. « Il existe des milliers de solutions locales contre la faim ». « Chaque village propose des approches locales pour lutter contre la malnutrition et l’insécurité alimentaire qui ne coûtent pas cher – nous nous situons au centre de l’action pour apporter notre soutien et assurer le suivi », a-t-elle dit.

Des réserves de céréales communautaires ont par exemple été mises en place. Chaque foyer contribue à hauteur de 20 pour cent minimum de ses récoltes pendant la bonne saison et les céréales stockées sont consommées pendant la période de soudure. Des jardins potagers ont également été étendus et des informations sont partagées sur les légumes à cultiver.
Des groupes de travail réunissant des organisations d’aide humanitaire, des chercheurs, des universitaires et des fonctionnaires d’État débattent des différentes suggestions et des solutions proposées.

Les recherches doivent être menées par l’Afrique, pas par les bailleurs de fonds
Le modèle rwandais pourrait être suivi dans d’autres pays africains, où les initiatives dirigées par des bailleurs de fonds étrangers ont tendance à privilégier le traitement et les solutions techniques. Selon le projet de recherche sur une nutrition durable en Afrique dans les années à venir (SUNRAY), qui a été conduit pendant deux ans avec le soutien financier de l’Union européenne et dont les résultats ont été publiés <http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001593>  récemment dans PLOS Medicine, une revue à comité de lecture, la situation ne changera que lorsque les recherches en matière de nutrition seront menées par l’Afrique et que les interventions seront conçues de manière à répondre aux priorités propres à chaque pays.

« Nous devons réformer la recherche nutritionnelle en Afrique et tout changer », a dit Patrick Kolsteren, qui travaille à l’Institut de médecine tropicale d’Anvers, en Belgique, et coordonne le projet SUNRAY. « Actuellement, les chercheurs des pays développés tentent de trouver des partenaires africains pour mener des études conjointes, basées sur des financements et des priorités définis en dehors de l’Afrique. Les programmes de recherche devraient plutôt être basés sur les besoins identifiés sur le continent. Les appels à propositions de recherche des bailleurs de fonds devraient correspondre à ces programmes. »

« Nous n’avons pas analysé l’ensemble des interventions, mais plutôt le programme des recherches. Le sentiment général était que ce programme était conduit par les bailleurs de fonds et ne correspondait pas [toujours] aux besoins et priorités identifiés localement », a dit M. Kolsteren. « L’aide apporté par les bailleurs de fonds doit par ailleurs donner des résultats tangibles », a-t-il ajouté. « Les résultats doivent pouvoir être mesurés », ce qui n’est pas toujours possible avec les interventions communautaires.

L’exemple du Bénin
Les chercheurs et les décideurs béninois attendent « les ordres des bailleurs de fonds avant d’agir. Les programmes financés par ces derniers ne sont donc pas durables. Dès que [les financements] prennent fin, toutes les activités s’arrêtent et les bénéfices acquis et les bonnes pratiques sont perdus », a dit Eunice Nago Koukoubou de l’université d’Abomey-Calavi au Bénin, l’une des auteures de l’étude publiée.

« En outre, les chercheurs en nutrition ne sont pas suffisamment autonomes, créatifs et proactifs pour définir leur propre programme suivant les problèmes nutritionnels réels de nos populations », a-t-elle ajouté. C’est pourquoi, « malgré les fortes sommes investies dans la recherche et les interventions en matière de nutrition », les taux de malnutrition n’ont pas diminué au Bénin. « Si les gouvernements africains finançaient [les actions en matière de] nutrition sur le continent de manière adéquate, les bailleurs de fonds ne nous dicteraient pas leurs programmes », a dit Mme Nago Koukoubou. « Au Bénin, il existe déjà une certaine volonté politique de faire de la nutrition […], y compris de la recherche en la matière, une priorité des politiques de développement et d’y allouer des fonds. »

Le Bénin a reconnu que « la nutrition devrait être centrale dans le développement » et dispose d’un plan stratégique pour le développement alimentaire et nutritionnel. Le pays a également créé un conseil national pour l’alimentation et la nutrition, dirigé par le cabinet du président. « Le gouvernement tente de réunir des fonds pour le [plan stratégique] », a remarqué Mme Nago Koukoubou.

« La plupart des études sur la nutrition en Afrique sont définies en dehors de la région. Je ne pense pas que ce soit de l’impérialisme – juste un manque d’opportunité [et] de ressources […] pour aider les chercheurs africains à publier, présenter et partager leur travail. »

Une autre auteure de l’étude, Joyce Kinabo, de la faculté d’Agriculture de Tanzanie, a dit que son pays avait créé un bureau de la nutrition au sein du cabinet du président. « Une attention croissante est accordée à la nutrition », a-t-elle dit.

Champs de recherche prioritaires
Le projet SUNRAY a consulté une centaine de parties prenantes dans 40 pays d’Afrique subsaharienne et identifié les champs de recherche prioritaires suivants : l’impact des interventions communautaires, ce qui influence la qualité et la quantité de nourriture mangée par un enfant, l’efficacité de la promotion des aliments traditionnels et la mesure dans laquelle celle-ci aide la population en période de choc climatique.

Les actions prioritaires qui permettraient de créer un environnement propice au financement de la recherche en matière de nutrition en Afrique sont notamment l’amélioration de l’encadrement de la recherche de manière à ce que celle-ci corresponde aux priorités identifiées en Afrique subsaharienne, l’aide au développement de capacités techniques et le partage des résultats. Selon Lawrence Haddad, expert en nutrition renommé et directeur de l’Institut d’Études en développement britannique, cette recherche est importante, car il s’agit du « premier exercice systématique d’écoute de ce que pense la communauté des chercheurs en nutrition d’Afrique ».

« La plupart des études sur la nutrition en Afrique sont définies en dehors de la région. Je ne pense pas que ce soit de l’impérialisme – juste un manque d’opportunité [et] de ressources […] pour aider les chercheurs africains à publier, présenter et partager leur travail. » Un partenariat entre les chercheurs africains, « qui ont une plus grande crédibilité et une meilleure connaissance du contexte », et les chercheurs occidentaux qui ont les ressources et les opportunités, serait crucial. M. Haddad a cité le Consortium pour la recherche économique en Afrique <http://www.aercafrica.org/index.php/about-aerc>  en exemple de modèle sous direction africaine basé sur un partenariat de ce genre, mais avec un programme fixé par les Africains. « J’aimerais voir une telle tentative dans le domaine de la nutrition ».

Appel à la création d’un « centre de connaissances » africain
La crise des prix des denrées alimentaires de 2006-2008 a fait grimper le nombre d’enfants souffrant de malnutrition à des niveaux effarants et placé la nutrition au centre de l’attention. D’après l’Indice de la faim dans le monde<http://www.ifpri.org/publication/2013-global-hunger-index>  (Global Hunger Index, GHI) 2013, publié par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), l’amélioration de la stabilité politique à l’issue de divers conflits, la hausse de la croissance économique et les progrès réalisés dans la lutte contre le VIH/SIDA ont aidé à réduire les taux de mortalité et la malnutrition depuis l’an 2000. Mais la plupart des pays ayant un niveau de faim alarmant selon le GHI se trouvent en Afrique. Les trois pays ayant les résultats les plus bas sont le Burundi, l’Érythrée et les Comores.

Le programme ASTI (Indicateurs relatifs aux sciences et technologies agricoles) de l’IFPRI, contrôle les dépenses dans la recherche et le développement (R et D) agricoles. Il brosse un sombre tableau des financements en R et D en Afrique. Selon l’ASTI, la moitié des pays dont les données sont disponibles ont enregistré une croissance négative des dépenses en R et D agricoles entre 2000 et 2008.

Pour transformer la recherche nutritionnelle en Afrique, le projet SUNRAY propose un « centre de connaissances » africain évaluant et développant les savoirs existants et présentant des solutions efficaces pour résoudre les principaux problèmes nutritionnels en Afrique. Cela encouragerait les relations entre chercheurs et décideurs et permettrait d’incorporer des mécanismes assurant une assimilation et une utilisation optimales des résultats des études en matière de nutrition pour l’élaboration, l’application et la programmation de politiques en la matière.

Enfin, tout est question de volonté politique. « Nous sommes aussi un pays pauvre, et nous changeons les choses », a dit Mme Ngabo, du Rwanda. Des pays comme le Niger, qui estiment manquer de ressources pour mener à bien la lutte contre la malnutrition chronique qu’ils mènent depuis un certain temps déjà, doivent réaliser que « [leurs] enfants ne sont pas les enfants des bailleurs de fonds, mais les [leurs] ».

Lire aussi :
Météo locale – affiner les prévisions pour les agriculteurs
http://www.irinnews.org/fr/reportfrench.aspx?reportid=99715

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7-Le Gabon réclame à Total $805 millions d’impôts
http://www.boursorama.com/actualites/le-gabon-reclame-a-total-805-millions-d-impots-a8bc38ccca28763b40ff1df0d87ccb06
Reuters le 21/02/2014

LIBREVILLE (Reuters) – Le gouvernement gabonais réclame à la filiale locale de Total le paiement de 805 millions de dollars (587,5 millions d’euros) d’impôts au titre des années 2008 à 2010, un dossier suivi de près par des investisseurs susceptibles de s’implanter dans le secteur de l’énergie au Gabon.


LE GABON RÉCLAME À TOTAL 805 MILLIONS DE DOLLARS D’IMPÔTS

Total Gabon conteste les demandes du fisc, qui découlent d’un contrôle fiscal portant sur les exercices 2008 à 2010. La compagnie a déclaré dans un communiqué que ce redressement fiscal était « dénué de tout fondement », ajoutant contester « l’ensemble des chefs de redressement et les montants associés ». Elle se dit confiante dans l’issue du contentieux. Un différend antérieur entre le fisc gabonais et Addax Petroleum, filiale du groupe chinois Sinopec avait conduit cette dernière à débourser au moins 400 millions de dollars.

D’autres compagnies feront l’objet de contrôles fiscaux similaires, a déclaré à Reuters un haut responsable du ministère du Pétrole qui a requis l’anonymat. Total Gabon est contrôlée à 58,28% par Total, l’Etat gabonais possédant 25% du capital. Une source du secteur a déclaré que le fait que l’Etat soit actionnaire devrait aider à résoudre le différend fiscal. Le gouvernement estime pour sa part que la réaction de Total prouve la mauvaise foi de la compagnie. La Direction générale des impôts a déploré l’attitude de Total qu’elle juge « caractérisée par une tendance à faire valoir exclusivement son point de vue ».

« L’administration regrette la mauvaise volonté de Total Gabon qui, en dépit de sa taille, reste un contribuable comme tous les autres, soumis aux lois et règlements de la République gabonaise », ajoute le directeur général des impôts, Joël Ogouma, dans un communiqué adressé vendredi à Reuters mais daté de jeudi.

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8-Centrafrique. La présidente demande de « ne pas l’abandonner »
http://tempsreel.nouvelobs.com/centrafrique/20140221.OBS7330/centrafrique-la-presidente-demande-de-ne-pas-l-abandonner.html
21-02-2014

La présidente centrafricaine a renouvelé sa demande « d’une opération de maintien de la paix » en Centrafrique.


Catherine Samba-Panza, présidente de transition de la Centrafrique, lundi 20 janvier.

La présidente centrafricaine de transition Catherine Samba Panza a instamment demandé vendredi 21 février à la France de ne pas « abandonner » la Centrafrique, avant un vote du Parlement français sur la prolongation de l’intervention militaire française dans son pays.
« Ce n’est pas le moment d’abandonner la République centrafricaine. J’ose espérer que les décisions qui vont être prises très prochainement à l’Assemblée nationale [française, NDLR] vont aller dans le sens des attentes de la population, qui continue de compter beaucoup sur l’appui de la communauté internationale et notamment de la France », a déclaré la présidente dans un entretien à l’AFP et à la radio France Inter, dans son bureau du palais présidentiel à Bangui.

« Le plus long possible, au moins jusqu’aux élections »
Ce vote, que prévoit la Constitution française, se tiendra mardi à l’Assemblée nationale pour décider si « l’opération Sangaris », déclenchée lorsque les troupes françaises sont intervenues en Centrafrique le 5 décembre pour y restaurer la sécurité, doit se prolonger au-delà d’avril.
Un premier débat, sans vote, s’était déroulé à l’Assemblée française le 10 décembre, au cours duquel la plupart des forces politiques avait soutenu l’intervention. Depuis, face aux violences et aux risques d’enlisement, doutes et interrogations ont crû dans l’opposition.
Dans son vaste bureau du palais présidentiel, la présidente centrafricaine a renouvelé sa demande « d’une opération de maintien de la paix » en Centrafrique.

« La durée de cette opération sera fonction de l’évolution de la sécurité sur le terrain » pour un temps « le plus long possible, au moins jusqu’aux élections » prévues au plus tard en mars 2015, a-t-elle souligné. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a réclamé jeudi devant le Conseil de sécurité le déploiement rapide « d’au moins 3.000 soldats et policiers supplémentaires » en Centrafrique pour rétablir l’ordre et protéger les civils. Pour M. Ban, ce renfort serait une étape intermédiaire avant le déploiement de Casques bleus. Rappelant qu’il doit remettre fin février un rapport à ce sujet, il a souligné que « le déploiement d’une opération de maintien de la paix, si elle est autorisée, prendra des mois ».

« L’embrasement du pays évité »
Catherine Samba Panza, qui a étudié le droit à Paris avant de créer une société de courtage en assurances à Bangui, estime qu’il « ne faut pas négliger les risques de partition » du pays, alors que la plupart des ex-rebelles Séléka ont fui vers le nord-est du pays et que beaucoup de musulmans ont quitté le pays par peur des exactions. Le cycle infernal des tueries a été déclenché par des mois d’exactions contre les chrétiens, perpétrées en toute impunité par les combattants majoritairement musulmans de la Séléka qui avaient pris le pouvoir à Bangui en mars 2013.

En réaction, des milices d’autodéfense majoritairement chrétiennes, les anti-balaka, se sont formées, attaquant elles aussi des civils musulmans, à Bangui notamment, et entraînant un exode depuis décembre de dizaines de milliers d’entre eux, sur fonds de lynchages et de pillages que les soldats français et africains ne parviennent pas à faire cesser. « Quand on voit le retrait de certains éléments de la Séléka vers le nord-est, nous devons être interpellés », dit cette femme chrétienne née d’une mère centrafricaine et d’un père camerounais. « Il nous appartient maintenant de nous rapprocher de ces populations pour les rassurer, pour les assurer qu’ils sont dans une République centrafricaine une et indivisible et laïque », juge-t-elle.

Quel bilan dresse-t-elle un mois après sa prise de fonction ? « Il y a un gouvernement en place, les institutions commencent à fonctionner même s’il est vrai que l’Etat n’est pas présent partout à l’intérieur du pays », où de nombreuses exactions continuent d’être commises, répond la présidente. Sur le plan de la sécurité, « beaucoup reste à faire » alors que des explosions et des tirs d’armes lourdes ont secoué la capitale ces derniers jours.

Mais, estime Catherine Samba Panza, « nous avons évité un embrasement du pays à notre arrivée ». « Les troupes que nous avons sous la main ne nous permettent pas encore d’assurer la sécurité des populations », clame-t-elle. Elle reconnaît que sur le plan humanitaire, « la situation des populations reste préoccupante et dramatique » malgré les « efforts » déployés par la communauté internationale. Va-t-elle inviter le président François Hollande pour une visite d’Etat en Centrafrique ? « Avec plaisir, ce sera fait », répond-elle.

Lire aussi :
Centrafrique : Hollande à la rencontre de militaires dépassés
http://www.lepoint.fr/monde/centrafrique-hollande-a-la-rencontre-de-militaires-depasses-28-02-2014-1796446_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Matinale]-20140228

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9-La contrebande d’armes destinées à Boko Haram menace le Cameroun
http://www.irinnews.org/fr/report/99695/la-contrebande-d-armes-destin%C3%A9es-%C3%A0-boko-haram-menace-le-cameroun
YAOUNDÉ, 24 février 2014 (IRIN)

Les récentes saisies d’armes et arrestations de contrebandiers dans la région de l’Extrême-Nord, au Cameroun, ont attiré l’attention sur la hausse de l’insécurité causée par Boko Haram au Nigeria voisin et sur l’impact des troubles en République centrafricaine (RCA) et au Soudan.


Une pile de fusils après une opération de désarmement dans l’est de la RDC. La contrebande d’armes destinées à Boko Haram accentue l’insécurité dans le nord du Cameroun

En janvier, les forces de sécurité camerounaises ont arrêté un homme qui tentait de faire passer 655 armes à feu au Nigeria. En septembre 2013, selon les autorités et les médias locaux, 5 400 fusils AK-47 ont été saisis à l’arrière d’un pick-up à Maroua, la capitale de l’Extrême-Nord. « De nombreuses armes à feu transportées par des trafiquants depuis des pays en crise comme le Soudan et la RCA ont été saisies dans la région ces derniers jours. Leur nombre pourrait être plus élevé en raison de l’opération de désarmement qui a lieu actuellement en RCA. La région reste une zone de trafic, car elle est proche du Nigeria », a dit à IRIN un policier de Maroua.

Le Cameroun a renforcé les mesures de sécurité dans l’Extrême-Nord depuis que la répression militaire du Nigeria contre Boko Haram a repoussé les insurgés vers les régions frontalières et forcé des milliers de civils à fuir au Cameroun. « Avant le déploiement des forces de sécurité spéciales du Groupe d’intervention rapide en 2009 dans l’Extrême-Nord camerounais, la région était en proie à de nombreux coupeurs de route armés de mitrailleuses légères. Mais aujourd’hui, les vols armés ont diminué dans l’Extrême-Nord et ont laissé la place aux trafiquants d’armes qui visent maintenant de nouveaux marchés au Nigeria voisin », a dit un gendarme de la division du renseignement. « En raison de l’étendue des frontières de la région, les trafiquants peuvent parfois traverser la région sans être repérés. »

Des frontières perméables
Les enlèvements, les déplacements irréguliers d’étrangers et l’afflux de réfugiés de RCA, du Tchad, du Nigeria et du Soudan sont autant de menaces contre la sécurité de l’Extrême-Nord. Les autorités craignent que les camps de réfugiés servent de cachette aux activistes ou deviennent la cible d’attaques. Le Cameroun accueille actuellement une centaine de milliers de réfugiés, principalement originaires de RCA. Les attaques incessantes de Boko Haram et les affrontements entre le mouvement et l’armée ont forcé environ 5 000 Nigérians à chercher refuge au Cameroun le mois dernier. Le nombre de réfugiés nigérians est ainsi passé à 12 000, dont 2 185 ont été installés dans un camp du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dans l’Extrême-Nord.

« Maroua est actuellement confronté à de nombreux problèmes de sécurité, auxquels s’ajoutent [l’arrivée] de nombreux réfugiés de différentes nationalités par les frontières est et ouest du Cameroun. Mais plusieurs mesures de sécurité ont été prises », a dit à IRIN Bob-Iga Emmanuel, chef du service de police au bureau du gouverneur de la région de l’Extrême-Nord.

Les troubles qui secouent la région alimentent le commerce des armes
Les observateurs signalent que l’insurrection de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria est l’un des principaux facteurs de la contrebande d’armes. « Le régime actuel en RCA n’a pas encore évalué ni retrouvé les millions d’armes qui auraient été pillées dans l’arsenal du gouvernement. Où ces armes vont-elles après la guerre ? La guerre de Boko Haram s’intensifie, ce qui explique l’ampleur du trafic d’armes à travers l’Extrême-Nord camerounais, qui relie le Nigeria à d’autres zones de crise comme la RCA, le Soudan, la Libye et la RDC [République démocratique du Congo] », a dit David Mekong, un analyste politique basé à Yaoundé.

« Après les guerres, les armes à feu sont vendues à des prix relativement bas : une véritable opportunité commerciale pour les trafiquants. Le processus de désarmement et démobilisation est en cours en RCA et les armes de ce conflit peuvent facilement parvenir à Boko Haram et atteindre d’autres zones de crise », a dit M. Mekong.

Lire aussi :
Le Cameroun et le Nigeria fixent leur frontière
http://www.irinnews.org/fr/report/99645/le-cameroun-et-le-nigeria-fixent-leur-fronti%C3%A8re

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10-Nigeria : le Delta du Niger sous la menace de Boko Haram
http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20140220091855/terrorisme-delta-du-niger-boko-haram-abubakar-shekau-terrorisme-nigeria-le-delta-du-niger-sous-la-menace-de-boko-haram.html?utm_source=Les+newsletters+Jeune+Afrique&utm_campaign=7d6b7cc677-Newsletter_quotidienne_mailchimp20022014&utm_medium=email&utm_term=0_9e88e09281-7d6b7cc677-337299705 <http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20140220091855/terrorisme-delta-du-niger-boko-haram-abubakar-shekau-terrorisme-nigeria-le-delta-du-niger-sous-la-menace-de-boko-haram.html?utm_source=Les+newsletters+Jeune+Afrique&utm_campaign=7d6b7cc677-Newslet>  <http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20140220091855/terrorisme-delta-du-niger-boko-haram-abubakar-shekau-terrorisme-nigeria-le-delta-du-niger-sous-la-menace-de-boko-haram.html?utm_source=Les+newsletters+Jeune+Afrique&amp;utm_campaign=7d6b7cc677-New>
20/02/2014 à 09:22 Par Jeune Afrique

Dans une vidéo de 28 minutes, Abubakar Shekau, le chef du groupe radical islamiste Boko Haram, menace de lancer des attaques dans la région pétrolière du Delta du Niger, dans le sud du Nigeria.


Abubakar Shekau dans une vidéo datant de décembre 2013

« Vous, dirigeants du Delta du Niger, vous allez bientôt voir vos raffineries détruites« , déclare Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, dans une vidéo de 28 minutes visionnée, le 19 février, par l’Agence France presse (AFP). « Delta du Niger, tu vas avoir des problèmes« , affirme encore Abubakar Shekau qui apparait entouré d’un char, de deux blindés, d’autres véhicules militaires et d’une douzaine d’hommes en armes. Mais il est impossible de savoir la date à laquelle Shekau a enregistré la vidéo où il s’exprime en langue haussa, langue majoritaire du nord du Nigeria. Jusqu’à présent, Boko Haram est principalement actif dans le nord-est du Nigeria, région majoritairement musulmane.

« Quiconque suit la démocratie est un infidèle »
Dans la même vidéo, Shekau a reconnu avoir tué un uléma musulman, Adam Albani, il y a environ deux semaines dans la ville septentrionale de Zaria. Il a menacé d’assassiner d’autres uléma ainsi que des personnalités politiques du pays dont l’émir de Kano, Ado Bayero, qui avait déjà été la cible l’an dernier d’une agression commise par des islamistes présumés. Le chef de Boko Haram les a traités d’infidèles expliquant que s’il projetait de les tuer c’est parce qu’ils suivaient « la voie démocratique« . « Quiconque suit la démocratie, a-t-il martelé, est un infidèle« . Le gouvernement américain qui a classé Abubakar Shekau parmi les « terroristes » les plus recherchés, a fait savoir qu’il offrirait une récompense de sept millions de dollars à la personne qui aiderait à le localiser.

Lire aussi :
Nigéria: Une attaque de Boko Haram fait 60 morts dans le nord du pays
http://www.20minutes.fr/monde/1304486-20140220-nigeria-attaque-boko-haram-fait-60-morts-nord-pays

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11-Règlements de comptes au Nigeria : le gouverneur de la banque centrale débarqué
http://www.lepoint.fr/monde/reglements-de-comptes-au-nigeria-le-gouverneur-de-la-banque-centrale-debarque-21-02-2014-1794418_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Matinale]-20140221
Le Point.fr – Publié le 21/02/2014

Un an avant l’élection présidentielle, Lamido Sanusi s’était mis en tête de dénoncer la corruption massive liée à l’argent du pétrole.


Lamido Sanusi.

Ce n’était pas complètement inattendu, mais donne une idée du far west politique qu’est devenu le Nigeria, un an avant l’élection présidentielle. Lamido Sanusi, gouverneur de la banque centrale, a été débarqué jeudi matin par le président Goodluck Jonathan. « Son mandat a été caractérisé par diverses imprudences financières, incompatibles avec la vision du gouvernement d’une banque centrale tournée vers une direction sensée de l’économie« , a énoncé Reuben Abati, porte-parole de la présidence. Comprenne qui pourra. Seule certitude, Lamido Sanusi, 52 ans, nommé le 3 juin 2009 et dont les fonctions devaient prendre fin en juin cette année, constituait une vilaine épine dans le pied de Goodluck Jonathan depuis qu’il s’était mis en tête de dénoncer la corruption massive liée à l’argent du pétrole.

En décembre 2013, il sortait un rapport de plusieurs centaines de pages démontrant que 49 milliards de dollars issus des recettes, entre janvier 2012 et juillet 2013, de la compagnie nationale NNPC (Nigeria National Petroleum Corporation) et qui auraient dû gonfler les caisses de l’État avaient tout bonnement disparu. « Cela a toujours été un problème pour Sanusi, que tout le domaine du pétrole lui échappe complètement alors que cela représente la source principale de revenus du Nigeria (environ 80 %, NDLR), explique Michael Watts, directeur du département Afrique à Berkeley. Il ne peut se fier à aucun chiffre qui lui est fourni, pas même les plus basiques. D’ailleurs, même s’il y a une ministre du Pétrole, dans les faits, tout relève directement du président. C’est un État dans l’État. »

Par la suite, Lamido Sanusi avait revu ses calculs à la baisse, estimant qu’il ne manquait « que » 12 milliards de dollars, pour remonter ensuite à 20 milliards de dollars. Du pain bénit pour le gouvernement. « Qui peut croire quelqu’un qui n’est même pas capable de fournir des chiffres fiables ?, se gaussait Oronto Douglas, conseiller spécial du président, la veille de l’annonce. Dans n’importe quel autre pays, quelqu’un dans sa position qui se serait trompé ainsi aurait eu la décence de démissionner. » Sacrifice auquel Goodluck Jonathan avait bien tenté de pousser Sanusi, qui s’y était obstinément refusé.

« Énormément d’argent a été volé »
« Que Sanusi ait tergiversé sur les chiffres ne signifie pas qu’il ait tort sur le fond, rétorque Ike Okonta, du think tank New Centre for Social Research, à Abuja. Il parle parfois trop vite, c’est sa façon d’être. Mais la NNPC est l’institution la plus corrompue du pays et ne rend de comptes à personne. Énormément d’argent a été volé, c’est certain, la seule chose qu’on ignore, c’est combien. » Au vu des recettes d’exportations du Nigeria, tombées à 49 milliards de dollars en 2012 contre 54 milliards en 2011, sans que le cours du brut ait baissé, la question mérite d’être posée.

Furieux, Andrew Yacubu, le directeur de la NMPC, a toujours accusé, lui, Sanusi de ne rien comprendre aux aspects techniques du business du pétrole et d’outrepasser ses fonctions en osant se pencher sur ses registres. Parmi les mystérieux milliards disparus, 8,5 s’expliquent, selon Yacubu, par la distribution de subventions… pourtant supprimées depuis 2009.

De quoi pousser la très respectée ministre des Finances, Ngozi Okonjo-Iweala, « madame anti-corruption » du gouvernement, aussi posée que Lamido Sanusi, personnalité haute en couleur du Nord, est extraverti, à demander un audit indépendant. « Nous ne disons pas que cet argent a disparu, nous disons qu’il est « manquant« , expliquait-elle prudemment lundi dans son immense bureau en rotonde surplombant la poussiéreuse Abuja. Avant de porter des accusations, nous voulons savoir combien il manque exactement et où cet argent est passé. » Elle reconnaissait pourtant à la fin de l’entretien que l’Assemblée nationale avait décidé de superviser à sa place cet audit, dont on ignore donc par qui et quand il sera mené.

« Violations de lois en cours »
Lamido Sanusi, lui, sera remplacé par son adjointe, Sarah Alade, jusqu’à la conclusion d’une enquête sur « des violations des lois en cours, des procédures courantes et du mandat de la banque centrale« , selon la présidence. Interrogé sur CNBC Africa à propos d’une éventuelle motivation politique de son limogeage, il s’est contenté d’une remarque lapidaire : « Ce n’est pas à moi de le dire. Je pense que la réponse est évidente. »

Sanusi était en effet considéré, avec Ngozi Okonjo-Iweala, son éternelle rivale, comme l’une des personnalités les plus compétentes de l’administration Jonathan, qui avait réformé le secteur de la finance et redonné confiance aux investisseurs étrangers. L’annonce de sa démission a d’ailleurs provoqué une chute du naira, la monnaie nigériane, face au dollar. Vendredi matin, le naira avait déjà perdu 1,2 % de sa valeur, une chute historique dont Ngozi Okonjo-Iweala elle-même a reconnu qu’elle était liée au limogeage de Sanusi.

Mais pour Goodluck Jonathan, dont le trait le plus saillant semble être l’éternel chapeau Panama noir, la priorité est ailleurs. Le 14 février 2015, les Nigérians éliront les gouverneurs de leurs 36 états ainsi que le président de l’État fédéral. Jonathan, chrétien, a déjà entamé la tournée des chefs traditionnels pour obtenir leur soutien. Sa candidature est considérée par le Nord comme une entorse à la règle non écrite qui fixe une alternance entre Sud chrétien et Nord musulman à la tête de l’État fédéral. Et il n’a pas échappé aux analystes locaux que Sanusi, issu d’une influente famille musulmane de Kano et au carnet d’adresses rebondi, est souvent soupçonné de nourrir de hautes ambitions politiques auxquelles l’auréole de pourfendeur de la corruption ne pourrait pas nuire.

Or les mauvaises nouvelles volent en escadrille au-dessus de la présidence. Plusieurs figures du PDP, parti de la majorité, ont fait défection pour rejoindre le parti d’opposition, l’APC. Les scandales de corruption éclaboussent le gouvernement (la ministre de l’Aviation, Princess Stella Oduah, a récemment été limogée avec fracas pour avoir puisé dans les caisses pour acheter une voiture blindée, mais ne semble faire l’objet d’aucune poursuite judiciaire). Le nord du pays, enfin, est en proie à des attaques de plus en plus meurtrières de la secte musulmane Boko-Haram qu’une armée nigériane à peu près aussi effrayante ne parvient pas à maîtriser. La tension ne risque pas de retomber à Abuja, où l’année promet des rebondissements dignes des meilleurs westerns.

Jeudi soir, le président Goodluck Jonathan a nommé l’ancien directeur de la Zenith Bank du Nigeria, Godwin Emefiele, nouveau gouverneur de la banque centrale.

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12-François Hollande invité d’honneur du Nigeria : terrorisme, torture et pollution au menu ?
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1151910-francois-hollande-invite-d-honneur-du-nigeria-terrorisme-torture-et-pollution-au-menu.html
Publié le 27-02-2014

Invité d’honneur du Nigéria à l’occasion du centenaire de l’unification du pays, François Hollande compte bien profiter de ces deux jours pour rétablir une relation privilégié avec l’État africain.<http://www.liberation.fr/politiques/2014/02/27/hollande-au-nigeria-pour-pousser-les-pions-francais_983274>  Quels seront les thèmes abordés avec Goodluck Jonathan ? Décryptage avec Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France.


François Hollande est l’invité d’honneur du Nigeria pour le centenaire de l’unification du pays, le 27 février 2014.

Boko Haram a encore semé la mort le 25 février à Buni Yadi, dans le nord-est du Nigeria <http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2014/02/25/nigeria-attaque-d-un-internat-par-boko-haram_4372949_3212.html> . Plusieurs dizaines de jeunes garçons y auraient trouvé la mort allongeant la liste des victimes des groupes islamistes armés qui sévissent dans le nord du pays. Ces dernières semaines, plus de 200 personnes avaient déjà été assassinées. Des centaines de familles ont été séparées et de nombreuses autres ont été forcées à fuir leur domicile. L’État d’urgence proclamé en 2013 <http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/11/20/prolongation-de-l-etat-d-urgence-dans-le-nord-est-du-nigeria_3517482_3212.html>  n’a pas contribué à lutter contre ces violences et on constate même une aggravation des attaques terroristes. Ces homicides ciblant systématiquement des civils, constituent des crimes contre l’humanité.

Les autorités doivent agir
Les autorités nigérianes ont obligation de protéger les populations civiles. Elles doivent prendre toutes les mesures qui s’imposent pour renforcer la sécurité et prévenir de nouvelles violations des droits humains. Elles doivent également s’assurer que les auteurs présumés de ces exactions, y compris les chefs des groupes armés impliqués dans des violations graves, soient traduits en justice dans le cadre de procédures équitables.

Il n’y a qu’en assurant la sécurité et la justice que le gouvernement nigérian assumera pleinement ses responsabilités.
Labaran Maku, ministre de l’information du Nigeria, a demandé tout récemment aux pays francophones <http://www.jeuneafrique.com/actu/20140225T214405Z20140225T214351Z/le-nigeria-appelle-ses-voisins-francophones-a-cooperer-contre-les-islamistes.html>  d’Afrique de l’ouest et à la France de développer une coopération pour « travailler ensemble pour régler ce problème avant qu’il ne devienne un problème majeur pour la France, pour les intérêts occidentaux en Afrique de l’ouest ». Mais les groupes islamistes armés ne sont pas le seul fléau du Nigéria. Pratique de la torture et pollution pétrolière minent également le pays.

La torture, une pratique prohibée mais non sanctionnée
La torture et les autres formes de traitements inhumains et dégradants par des membres des forces de sécurité à l’encontre de personnes détenues, dans l’attente de leur procès, sont des pratiques courantes au Nigeria. Des pratiques favorisées par l’absence de garanties satisfaisantes pour les personnes détenues par la police, l’armée et le Service de sécurité de l’État.

Bien que la constitution prévoie que toute personne accusée d’une infraction, non passible de la peine capitale, doit être présentée à un juge dans les 48 heures qui suivent son arrestation, la plupart des personnes arrêtées et emprisonnées par l’armée ne sont pas relâchées. Les avocats de certaines familles ont obtenu de la justice des décisions ordonnant la libération de leur client, mais l’armée ne tient pas compte de ces décisions. Les centaines de personnes détenues par l’armée n’auraient été inculpées ni traduites en justice.

L’absence de garanties telles que la consultation d’un avocat ou d’un médecin accroît significativement le risque de torture. Et, si la constitution de 1999 prohibe la torture, ce texte ne prévoit ni l’ouverture d’enquêtes ni l’engagement de poursuites à l’encontre des responsables présumés d’actes de torture. Ni le Code pénal, ni le Code criminel du Nigeria n’érigent spécifiquement la torture en infraction. En outre, il n’est pas rare que les aveux obtenus sous la torture soient utilisés à titre de preuve devant les tribunaux.

Le fléau de la pollution pétrolière
Un autre fléau, et pas des moindres, est la pollution pétrolière dans le delta du Niger qui depuis une cinquantaine d’années perturbe la vie des habitants de la région et a des répercussions graves pour plus de trente millions de personnes. Certes, cette pollution est le résultat des « négligences » des compagnies qui exploitent le pétrole mais iI est de la responsabilité des États d’exiger que les entreprises respectent les droits humains dans le cadre de leurs activités, comme l’indiquent les Principes directeurs sur les entreprises et les droits humains.

La Cour de justice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest l’a d’ailleurs reconnu fin 2012 : le gouvernement nigérian est responsable des violations commises par les compagnies pétrolières en matière de pollution. Cependant, à ce jour, cette décision n’a toujours pas été suivie d’effets. Le gouvernement ne doit plus tergiverser pour demander aux entreprises et autres responsables de cette catastrophe environnementale et humaine de rendre des comptes.

Hollande doit soulever la question de la torture
Le 27 et le 28 février, François Hollande sera l’invité d’honneur Goodluck Jonathan, le président nigérian, pour le centième anniversaire de l’unification du Nigéria. Il abordera probablement la question de la coopération contre le terrorisme mais il doit aussi soulever la question de l’utilisation de la torture et demander qu’une loi criminalisant cette pratique soit adoptée au plus vite afin que les auteurs puissent être traduits en justice et que les victimes puissent obtenir réparation du préjudice subi. L’État de droit implique de protéger et de respecter les droits des citoyens.

Concernant la pollution pétrolière, la France a pris des engagements : elle soutient l’action du programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) par des contributions financières. Elle a également signé avec lui un accord-cadre en 2011 portant tout particulièrement sur la question de l’énergie en Afrique, et a soutenu la recommandation formulée par le PNUE dans un rapport de 2011 en faveur de la création d’un fonds de restauration pour financer les opérations de nettoyage. Or, celui-ci n’a toujours pas été créé, et les personnes dont les droits sont bafoués attendent toujours réparation et le nettoyage de leur environnement.

François Hollande encouragera-t-il publiquement la mise en œuvre urgente des recommandations du PNUE, et de la décision de la Cour de Justice de la CEDEAO ? Exprimera-t-il son soutien à la communauté de Bodo, une communauté fortement touchée par une pollution pétrolière depuis plus de cinq ans ?

La violence vient aussi des discriminations
Selon Labaran Maku <http://www.liberation.fr/monde/2014/02/26/dans-le-nord-du-nigeria-une-guerre-a-huis-clos_983163> , « les intérêts français seront anéantis si nous permettons à ce terrorisme de prospérer ». Certes, si le terrorisme est une menace pour l’activité économique et les intérêts étrangers, c’est avant tout une menace pour les populations prises pour cibles, pour les victimes et leur famille. Néanmoins, le terrorisme n’est pas seul à faire des ravages. Au Mali, en République centrafricaine, la violence est venue des discriminations, des brutalités infligées depuis des décennies dans l’indifférence et l’impunité dont ont bénéficié leurs auteurs développant un sentiment généralisé fait de défiance, de révolte et de vengeance. Un mélange difficilement contrôlable quand il s’exprime.
Espérons que François Hollande s’en souvienne lorsqu’il parlera de coopération avec Goodluck Jonathan.

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13-Niger-Areva : Pourquoi il faut renégocier le deal de 1968
http://www.afrik.com/niger-areva-pourquoi-il-faut-renegocier-le-deal-de-1968
dimanche 19 janvier 2014

Le Niger, un des pays les plus pauvres au monde, risque de perdre des milliards de dollars, issus de l’exploitation de ses ressources en uranium si son gouvernement ne parvient pas à un accord mutuellement bénéfique avec AREVA, la superpuissante multinationale de l’énergie nucléaire (dont le gouvernement français détient 80% des parts).

  

La date limite du contrat d’exploitation de l’uranium par AREVA au Niger signé le 9 Novembre 2001, est arrivée à terme au 31 Décembre 2013. Ce contrat est arrivé sur la convention de coopération entre France et le Niger de 1968, qui fixe le cadre des obligations fiscales, le partage des revenus ainsi que sur une clause de non modification d’une durée de 75 ans, qui lie les mains du Niger jusqu’en… 2043.

Troisième producteur mondial d’uranium, qui représente 70 % de ses exportations et à peine 5% de son PIB, le Niger fournit actuellement 30 % de la base d’uranium d’AREVA. Au cours des 40 ans de présence de la multinationale au Niger, la structure des régimes fiscaux et de la répartition des richesses minières telle que stipulée dans les contrats a été source d’un intense débat. Il y a une perception de plus en plus répandue de ce que la rente économique – l’argent qui devrait revenir, à juste titre, aux pays abritant les richesses minières – ne profite qu’aux investisseurs étrangers. Le code minier nigérien de 2006 fixe les obligations fiscales et environnementales pour toute exploitation minière au Niger et garantit la part de l’Etat en termes de recettes.

AREVA a manifesté une farouche opposition à l’application de cette loi minière, invoquant une supposée suprématie du code minier communautaire de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), que beaucoup considèrent comme favorisant massivement les intérêts des investisseurs étrangers au détriment des impératifs nationaux de développement. La multinationale invoque en outre des arguments inconsistants tantôt juridiques, tantôt lies aux couts de productions qui seraient non rentables, tantôt un partage des parts qui serait largement favorable au Niger. Le code minier de l’UEMOA ne fait pas force de loi et chaque pays membre a développé et met en œuvre son propre code minier national. Si une loi régionale devrait être convoquée dans ces négociations contractuelles, Il est important que les deux parties s’appuient sur la Directive Minière de la CEDEAO C/DIR.3/5/09, qui met l’accent sur la renégociation et des contrats plus équilibrés, protégeant à la fois les intérêts des pays riches en ressources naturelles et ceux des investisseurs. Cette Directive doit servir de baromètre pour un partenariat équitable.

Les négociations actuellement en cours entre le gouvernement du Niger et AREVA devraient se faire, non seulement sur la base du code minier nigérien et de la Directive Minière de la CEDEAO, dans toutes leurs dimensions et conformément à l’esprit de la Vision Minière Africaine, mais aussi en toute transparence sur les termes du contrat, et sur ce que chaque partie est prête à négocier. Avec, sur la table, des points importants comme la fiscalité, la tarification, le partage des parts de revenus et des bénéfices ainsi que les impacts environnementaux. Le gouvernement du Niger doit procéder à un audit physique et financier du secteur de l’uranium afin d’évaluer le volume de la production minière, les prix sur le marché, le coût de production ainsi que les revenus versés au gouvernement. Revenus que, pour sa part, le gouvernement du Niger doit s’engager fortement à rendre publique et transparente la gestion.

En 2012, sur un chiffre d’affaires total de près de 9 milliards d’euros, les activités d’uranium d’Areva – dont un tiers provient du Niger – ont produit 1,36 milliards d’euros. Cela n’inclut pas le potentiel des gains de la mine d’Imouraren, l’une des plus grandes réserves de mines d’uranium dans le pays, et qui pourrait, selon les estimations, doubler la production totale d’uranium du Niger. Au cours des 50 dernières années, SOMAIR et COMINAK filiales d’AREVA au Niger, ont extrait un total de 114 346 tonnes d’uranium, pour environ 460 millions de dollars US. La part du Niger est de huit fois moins. Il apparait que le Niger n’a tiré aucun bénéfice substantiel à partir des activités minières.

Il urge aujourd’hui d’aller vers des initiatives pouvant rétablir l’équilibre économique entre les deux parties. Ces initiatives peuvent commencer par un nouveau contrat respectant le code minier nigérien de 2006. C’est la seule façon pour que le Niger obtienne un traitement équitable. Faute de quoi, le pays continuera à souffrir encore pendant les dix prochaines années.

Par Dr. Ibrahima AIDARA, Administrateur du Programme de Gouvernance Economique d’OSIWA. Suivez Osiwa sur facebook et twitter @Osiwa1
BIO EXPRESS DE L’AUTEUR Ibrahima Aidara est docteur en economie, specialiste des questions d’industrie extractive et miniere, administrareur du Programme de Gouvernance Economique de Open Society Initiative for West Africa (OSIWA). Il a ete economiste senior du PNUD au Sénégal, et coordonnateur régional du Programme des industries extractives en Afrique de l’Ouest. Le Programme de gouvernance économique de OSIWA travaille avec des organisations de la société civile, les gouvernements, le secteur privé pour une croissance économique inclusive, équitable et durable. Le programme de Gouvenance Economique soutient la gestion participative, transparente et responsable des ressources naturelles et publics pour assurer une distribution équitable des richesses nationales, le développement durable et respectueux de l’environnement.

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14-La Côte d’Ivoire et le Ghana règlent « en frères » leur différend frontalier dans l’offshore
http://www.agenceecofin.com/gouvernance/2102-17772-la-cote-d-ivoire-et-le-ghana-reglent-en-freres-leur-differend-frontalier-dans-l-offshore
21 février 2014

(Agence Ecofin) – La Côte d’Ivoire et le Ghana, deux pays frontaliers à forte ambition pétro-gazière et disposant d’un offshore prometteur, veulent délimiter « avant fin juin », par consensus, leur frontière maritime. La commission mixte ivoiro-ghanéenne de délimitation de leur frontière maritime a retenu « une présentation de la méthode de délimitation de la frontière maritime préconisée par chaque pays », au terme de trois jours de travaux à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire, rapporte l’AFP.


Le ministre ivoirien du Pétrole et de l’énergie, Adama Toungara

Elle se réunira vers fin avril 2014, au Ghana, pour décider une solution commune acceptable par les deux Etats avant fin juin 2014. « Il s’agit simplement de savoir où se trouve la limite maritime pour aider à mieux coordonner le développement et tous les travaux qui se font dans ces zones », a expliqué Barbara Serwaa Asamoah, vice-ministre en charge des ressources naturelles au Ghana, rapporte AFP.

« Dans d’autres circonstances, les pays font appel à des organisations internationales pour régler leurs conflits, nous avons choisi de nous parler en frères », relève quant à lui le ministre ivoirien du Pétrole et de l’énergie, Adama Toungara (photo). Ces dernières années, les activités d’exploration se sont intensifiées dans l’offshore du Ghana et de la Côte d’Ivoire où d’importantes découvertes ont été faites et qui affiche un fort potentiel à déceler.

Lire aussi :
Côte d’Ivoire – Ghana : vers la fin du conflit frontalier ?
http://economie.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/21473-cote-d-ivoire-ghana-vers-la-fin-du-conflit-frontalier.html

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15-Côte d’Ivoire : le retour des fils prodigues
http://economie.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/21231-cote-divoire-le-retour-des-fils-prodigues.html
vendredi 07 février 2014

Décidés à prendre en main le développement de leur pays d’origine, les Ivoiriens de l’étranger montent leurs propres projets. Et ça marche !


De plus en plus d’Ivoiriens de l’étranger montent des projets dans leur pays d’origine.

Quand ils décident d’investir dans leur pays d’origine, les Ivoiriens résidant à l’étranger se heurtent bien souvent à un mur de procédures administratives, sans structures adéquates pour les accompagner. Membre du réseau des porteurs de projets soutenus par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, Augustin Kouadio participe régulièrement à ses rendez-vous.

Comme ce 1er octobre 2013, à la Bourse de commerce de Paris, où a lieu la seconde édition du IT Tuesday, une soirée de rencontres entre entrepreneurs et business angels (investisseurs). « Je suis reparti déçu et frustré, car les fonds proposés ne concernaient que des projets franco-français », explique-t-il amèrement, lui qui se rêve un destin à la Larry Page, le cofondateur de Google.

Même constat à la Fédération des associations de la diaspora ivoirienne (Fadiv). Créée en février 2012 et dirigée par le Dr Moussa Kader Diaby, la Fadiv conseille et oriente les membres de la diaspora ayant un projet, mais également les entreprises étrangères qui veulent investir en Côte d’Ivoire. Une cellule spéciale, le Club économique et d’affaires de la diaspora ivoirienne (Ceadi), a été lancée le 11 octobre 2013. Sa direction a été confiée à Hermann Kouassi, un ancien de la banque d’investissement du Crédit agricole en Normandie.

« Je suis reparti déçu et frustré, car les fonds proposés ne concernaient que des projets franco-français »

Combat
La Coordination générale des Ivoiriens de la diaspora (Cogid), de Jean-Paul Ouraga, mène le même combat. Selon Gervais N’Cho, son secrétaire général, l’organisation prévoit de créer cette année un cabinet international d’études et d’accompagnement des investisseurs et des entreprises ivoiriennes de la diaspora « afin de renforcer les partenariats passés avec le BNETD [Bureau national d’études techniques et de développement] et l’Inie [l’Institut ivoirien de l’entreprise] ». Un fonds d’investissement sera également lancé par la Cogid d’ici à la fin de l’année 2015 « afin de mutualiser les ressources financières pour accompagner et susciter l’esprit entrepreneurial ».

Le Haut Conseil des Ivoiriens de la diaspora (HCID), présidé par Fofana Daouda, a pour sa part installé deux commissions. L’une, économique, « répertorie les porteurs de projets », l’autre, financière, « instaure des systèmes d’accompagnement et de sécurisation des investissements ».

Plus de deux ans après l’appel lancé à la diaspora par Alassane Ouattara à Paris, Bernard Allakagni Traoré, titulaire d’un doctorat en sciences de gestion obtenu à l’université de Rennes 1 (France), s’apprête à franchir le pas. Mi-février, il s’envole pour Korhogo, où un poste d’enseignant-chercheur l’attend à l’université Péléforo-Gbon-Coulibaly. L’appel semble avoir été entendu.
Portrait de 6 enfants prodigues

Anselme Konan
Nettoyage industriel

La crise ivoirienne ne l’a jamais découragé. En pleine incertitude politique après l’attaque de l’avion du Premier ministre Guillaume Soro, Anselme Konan monte Fuzion Services à Abidjan en mars 2008. Une entreprise qui veut « professionnaliser le nettoyage industriel en Côte d’Ivoire ». Responsable d’exploitation chez Saphir, à Nantes (France), il confie les rênes de sa société à Hermann Konan, son frère cadet. Commence alors la course aux contrats.

Mai 2008 : rendez-vous est pris avec un important groupe hôtelier à Abidjan. Le nouveau patron s’envole pour un séjour de quarante-huit heures. L’affaire ne sera finalement pas conclue. Anselme Konan en tire les leçons : « Je privilégie désormais l’e-mail et le téléphone et ne me déplace que lorsque c’est vraiment nécessaire. »

Six ans plus tard, sa petite entreprise est une affaire qui roule. « Même si, peste-t-il, nous avons perdu énormément de temps à cause de la crise postélectorale. » Entre-temps, en décembre 2011, il a fondé Fuzion Services France, à Nantes. Mais sa fierté, il la tire du contrat passé avec Pierre Fakhoury Operator (PFO) pour « la remise en état de l’esplanade de l’Hôtel Ivoire ».
Aujourd’hui, Anselme Konan et ses équipes veulent « sensibiliser les Ivoiriens à l’hygiène et au tri sélectif des déchets ». D’où le partenariat entre Fuzion Services et Evolictis, un cabinet de formation installé à Nantes et dirigé par Martial Kouadio. Premier public visé : le personnel de l’usine de transformation de noix de cajou appartenant au groupe asiatique Olam, à Bouaké.

Michel Bayeron
Cocody et Issy-les-Moulineaux, main dans la main


Michel Bayeron est docteur en droit public.

Si Michel Bayeron est injoignable à Paris, c’est qu’il est sur le continent. Il a ainsi passé le réveillon de la Saint-Sylvestre sur les bords de la lagune Ébrié, à Abidjan. Pour se ressourcer en famille bien entendu, mais aussi pour régler les derniers détails du projet de partenariat entre Cocody et la ville française d’Issy-les-Moulineaux, en région parisienne. « Je voudrais que Cocody connaisse le même développement économique. » Le dossier est en bonne voie. Mathias Aka N’Goan, le maire de cette commune d’Abidjan, a rencontré André Santini, son homologue français, le 21 novembre 2013, lors d’un déplacement en France.

Docteur en droit public et ancien membre du Conseil économique et social d’Issy-les-Moulineaux, Michel Bayeron, auteur d’État de droit et Constitutionnalisme – l’exemple de la Côte d’Ivoire (2011), a récemment rejoint le Réseau CLE, un cabinet d’une soixantaine d’avocats dirigé par Me Henri de Langle, qui le présente comme un spécialiste au « parcours universitaire brillant ». Selon Me de Langle, « le continent constitue aujourd’hui le nouveau monde économique, et la Côte d’Ivoire la plateforme de développement de l’Afrique de l’Ouest ». En 2014, d’importants projets d’investissement – conseillés par le Réseau CLE – verront le jour en Côte d’Ivoire et sur le reste du continent.

Dogad Dogoui
Réseau de PME


Dogad Dogoui veut constituer le premier réseau mondial de PME d’Afrique.

Après avoir assuré la promotion de la communauté noire en France avec Africagora, Dogad Dogoui veut constituer le premier réseau mondial de PME d’Afrique et des diasporas, mais aussi de PME de pays émergents ou de membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) liées au continent. Pour ce faire, il a fondé le club Africa SMB (Small & Medium Business) en septembre 2012, à Paris.

Cette année, l’entrepreneur franco-ivoirien se lance un nouveau défi : organiser une rencontre internationale d’affaires au Maroc, l’Africa SMB Forum. Elle se tiendra du 12 au 14 mars à Casablanca sur le thème « interconnecter et financer les PME pour l’emploi et la croissance inclusive ».

Le 20 septembre 2013, Dogad Dogoui s’est rendu à Abidjan, où il a pris contact avec la Chambre de commerce et d’industrie, la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), le Mouvement des petites et moyennes entreprises (MPME) et une cinquantaine de dirigeants de PME. Il espère qu’une délégation ivoirienne participera à la première édition de l’Africa SMB Forum. « Je veux mettre mon réseau au service des entreprises africaines en général et ivoiriennes en particulier », glisse-t-il.

Aujourd’hui, Dogad Dogoui est sans conteste l’une des personnalités les plus en vue de la diaspora ivoirienne, voire africaine, en France. Notamment pour avoir contribué à la naissance des Assises nationales de l’intégration républicaine en 2002, à la Semaine de la diversité en 2004 et au programme Talents de la diversité la même année. Un homme à suivre.

Hermann Kouassi
Au service des collectivités


Hermann Kouassi est diplômé de la Rouen Business School.

« Nous avons plus à apporter à la Côte d’Ivoire qu’à la France. » Arrivé à Paris en 2005 pour y poursuivre ses études, Hermann Kouassi est détenteur d’un master en management financier international de la Rouen Business School. En 2007, il devient analyste financier pour la banque de financement et d’investissement Crédit agricole CIB (ex-Calyon).

Deux ans plus tard, il prend la route de l’Espagne et pose ses valises à la banque Caixa. Sa principale mission : mettre en place des projets de développement. « Certains d’entre eux m’ont fait penser à la Côte d’Ivoire, un pays où beaucoup reste à faire. »

Fin 2009, il profite d’un bref séjour sur place pour créer le Cabinet Maurlane Consulting Group. Objectif : aider les collectivités territoriales à se renforcer via des fonds privés et publics. Les responsables des mairies de Djébonoua, du Plateau et de Bonon sont contactés, des négociations lancées. Kouassi songe à des pépinières d’entreprises pour dynamiser le tissu économique, mais n’oublie pas le conseil en développement durable. Malheureusement, la crise postélectorale éclate fin 2010. Les activités de Maurlane Consulting Group sont mises en veille. L’année qui commence sera synonyme de renouveau pour celui qui, depuis octobre 2013, est directeur exécutif du Club économique et d’affaires de la diaspora ivoirienne (Ceadi).

Marc Amani Yao
Alternative immobilière


Marc Amani Yao est l’instigateur de la foire africaine de Paris, lancée en 2011.

Parce qu' »un petit chez-soi vaut mieux qu’un grand « chez-les-autres » », Marc Amani Yao souhaite aider les Ivoiriens de la diaspora à devenir propriétaires dans leur pays. Et leur éviter ainsi des surprises désagréables. « Très souvent, constate-t-il, on confie le projet immobilier à un ami ou à un membre de la famille. À l’arrivée, l’argent a bien été dépensé, mais pas dans l’achat d’une maison ! » Voilà pourquoi ce père de trois enfants propose une alternative plus professionnelle et moins risquée. « L’accédant monte son projet avec nous en France et y règle ses factures. En contrepartie, nous exécutons les travaux en Côte d’Ivoire avec un contrat en bonne et due forme. »

Ce diplômé en agroéconomie de l’Institut national supérieur de l’enseignement technique (Inset) de Yamoussoukro est venu à Paris en 1994 pour « importer de l’ananas ivoirien en France ». À la suite du coup d’État de 1999, il arrête tout, travaille comme directeur de supermarché. Puis se forme au droit immobilier avant de lancer Aznet, en 2002, une société spécialisée dans l’investissement immobilier dotée d’une adresse prestigieuse sur les Champs-Élysées.

Marc Amani Yao est aussi à l’origine de la Foire africaine de Paris, lancée en 2011. La 3e édition de cette grande fête culturelle et économique aura lieu du 18 au 21 avril 2014.

Constant Couassi-Blé
Envie d’optique


Constant Couassi-Blé est opticien de formation.

Opticien de formation, Constant Couassi-Blé le constate avec amertume : « Plus de 90 % des personnes souffrant de troubles de la vue dans le monde vivent dans les pays en développement, et particulièrement en Afrique. » C’est pour y remédier qu’il a lancé le projet Envie d’y voir, destiné à rendre les lunettes accessibles au plus grand nombre.

« L’objectif est de développer une douzaine de magasins d’optique en Côte d’Ivoire », avant d’implanter le projet au Sénégal, au Bénin et au Togo en 2015 via des franchises. À terme, ce sont les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de l’Afrique francophone qui sont visés.

Né en 1964 en Côte d’Ivoire et arrivé en France à l’âge de 16 ans, M. Constant – comme l’appellent affectueusement ses clients – est propriétaire de deux magasins d’optique dans le nord de la France. Pour monter Envie d’y voir, il s’est associé à Jimmy Adjovi-Boco, ancien capitaine des Écureuils du Bénin, diplômé de l’École supérieure de commerce de Lille, qui a cofondé, en 2000, l’association Diambars (avec Saer Seck, Bernard Lama et Patrick Vieira). Ensemble, ils ont choisi Essilor, numéro un mondial des verres correcteurs, comme partenaire technique, et prévoient de travailler en étroite collaboration avec des sociétés locales.

Ce 29 janvier, Constant Couassi-Blé participe au forum Investir en Côte d’Ivoire (ICI 2014), à Abidjan, en compagnie de deux amis et investisseurs potentiels : Marc Grolin, de Projex, et Alain Dolium, fondateur d’Obad Mobile Marketing.
La Côte d’Ivoire tend vers la « fin » de la cybercriminalité
http://www.lesoleil.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=36518:la-cote-divoire-tend-vers-la-l-fin-r-de-la-cybercriminalite-selon-le-ministre-bruno-kone&catid=41:-internet&Itemid=94 <http://www.lesoleil.sn/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=36518:la-cote-divoire-tend-vers-la-l-fin-r-de-la-cybercriminalite-selon-le-ministre-bruno-kone&amp;catid=41:-internet&amp;Itemid=94>
Abidjan étanche sa soif
http://direct.economie.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/21438-abidjan-etanche-sa-soif.html

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16-Inquiétudes à l’approche des élections en Côte d’Ivoire
http://www.irinnews.org/fr/report/99713/inqui%C3%A9tudes-%C3%A0-l-approche-des-%C3%A9lections-en-c%C3%B4te-d-ivoire
ABIDJAN, 27 février 2014 (IRIN)

À l’approche des premières élections depuis le scrutin violemment contesté de 2010, les efforts pour rendre justice, promouvoir la réconciliation et désarmer les combattants font l’objet de critiques en Côte d’Ivoire. On leur reproche de ne pas suffire à protéger le pays d’une nouvelle instabilité.


Des sympathisants de M. Gbagbo lors d’un rassemblement. Les préparatifs du scrutin de 2015 en Côte d’Ivoire suscitent des inquiétudes

Depuis son accès au pouvoir, le gouvernement du président Alassane Ouattara n’a cessé d’être accusé de mener une justice partiale <http://www.irinnews.org/fr/report/99561/une-justice-min%C3%A9e-par-la-politique-en-c%C3%B4te-d-ivoire>  en réponse aux affrontements, qui ont fait plus de 3 000 morts après le deuxième tour des élections présidentielles de novembre 2010. La grande majorité des personnes détenues pour des crimes liés aux violences sont des sympathisants du président déchu Laurent Gbagbo.

Les prochaines élections présidentielles sont prévues pour octobre 2015.

Des efforts insuffisants
La Commission dialogue vérité et réconciliation (CDVR), établie en 2011, a remis à M. Ouattara un rapport détaillant les violences qui auraient été commises. Certains observateurs ont cependant reproché à la commission son incapacité à promouvoir la réconciliation.
Jusqu’à présent, seule une des 86 affaires liées au conflit a été menée à terme. Ces derniers mois, la liberté temporaire a été accordée à plusieurs suspects attendant d’être jugés, dans l’espoir que cela favorise la réconciliation.

L’Unité spéciale d’investigation, chargée d’enquêter sur les crimes liés à la crise de 2010-2011, a demandé que les auteurs de violences soient jugés, indépendamment de leur statut politique. L’unité a également appelé à des réformes judiciaires et foncières et à la mise en place d’un soutien psychologique pour les victimes, entre autres mesures. Mais la libération de suspects et la tendance apparente à ne pas poursuivre certaines personnes visées par des mandats d’arrêt font craindre que les considérations politiques prennent le pas sur la justice.

L’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (ADDR) a dit avoir réussi à réinsérer 27 000 des 30 000 anciens combattants ciblés. Cependant, les chasseurs traditionnels, connus sous le nom de « dozo », qui ont combattu aux côtés des forces de M. Ouattara, demeurent une menace contre la sécurité, tout comme les attaques armées. Quatre personnes ont récemment été tuées lors d’un récent raid dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, où les différends fonciers, politiques et ethniques non résolus ont mis le feu aux poudres à plusieurs reprises.

Croissance économique
La Côte d’Ivoire progresse néanmoins sur le plan économique. La croissance du PIB a atteint 9,8 pour cent en 2012, contre une croissance négative de -4.7 pour cent en 2011, selon la Banque mondiale, qui attribue ces performances à la stabilité politique ainsi qu’au soutien financier apporté par les partenaires internationaux. Le gouvernement vise une croissance de 10 pour cent cette année, contre 8,7 pour cent en 2013, et mise sur le développement agricole pour soutenir l’économie.

« Le gouvernement croit que le financement de l’agriculture est une composante essentielle pour la transformation économique et sociale du monde rural. Nous avons fait appel à nos partenaires pour promouvoir des programmes de financement agricole plus audacieux et ambitieux afin de stimuler l’économie ivoirienne, qui a été affaiblie par une série de crises politiques et militaires », a dit le ministre de l’Agriculture, Mamadou Coulibaly Sangafowa, à un groupe d’investisseurs français en visite en Côte d’Ivoire plus tôt ce mois-ci.

Le gouvernement a également mis sur pied un Plan national de développement de 24 milliards de dollars pour 2012-2015. Selon le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI), le volume des investissements a augmenté de 131 pour cent entre 2012 et 2013. « Nous aspirons à devenir une économie émergente d’ici 2020 et nous faisons le maximum pour y parvenir », a dit Emmanuel Essis, directeur du CEPICI.

Tout en faisant l’éloge de la stratégie économique adoptée par l’Administration Ouattara, Mafoumgbé Bamba, analyste économique à Abidjan, a averti que les craintes relatives aux prochaines élections risquaient de ralentir l’essor économique du pays. « Nous pouvons actuellement observer un ralentissement et, avec les incertitudes relatives à la prochaine élection présidentielle, une baisse sensible des investissements est probable cette année », a-t-il dit.

Inquiétudes à l’approche des élections
« Des problèmes majeurs commencent à faire surface et cela suscite des inquiétudes à l’approche des élections », a dit à IRIN Geoffroy-Julien Kouao, avocat et analyste politique à Abidjan, citant les faiblesses du processus de désarmement et les réformes de la commission électorale qui n’ont pas encore été effectuées. « Ce sont de sérieuses lacunes pour le gouvernement de M. Ouattara. Nous ne pouvons pas être complètement pessimistes, mais je ne peux pas m’empêcher d’être inquiet à l’approche du scrutin de 2015. »

La commission électorale a été instituée en 2007 après un accord de paix entre le gouvernement de M. Gbagbo et les rebelles des Forces nouvelles. Elle est composée de représentants des partis politiques et de membres des Forces nouvelles. En janvier 2014, le gouvernement a ouvert un processus de consultation sur la composition de la commission électorale, mais n’est parvenu à aucun accord avec l’opposition.

« Des problèmes majeurs commencent à faire surface et cela suscite des inquiétudes à l’approche des élections […] Nous ne pouvons pas être complètement pessimistes, mais je ne peux pas m’empêcher d’être inquiet à l’approche du scrutin de 2015 »

« Le processus est lent et n’inspire pas confiance », a dit Julien Gauze Fernand, porte-parole d’une coalition de la société civile promouvant des réformes électorales. « À ce rythme, nous nous demandons quand la lourde tâche de mise à jour des listes électorales va commencer afin de permettre la tenue d’élections crédibles et incontestées. » La coalition de la société civile avait demandé la dissolution de la commission électorale après les élections législatives de 2011. Elle appelle maintenant à une réduction du nombre de membres de la commission de 31 à sept et l’intégration de membres de la société civile, de partis politiques et d’experts.

« La Côte d’Ivoire n’est pas encore prête pour les élections de 2015. Nous avons perdu beaucoup de temps et nous avons peu d’espoir que la date prévue pour les élections soit respectée », a dit Pascal Affi N’guessan, chef du Front patriotique ivoirien, le parti de M. Gbagbo. M. N’guessan a été libéré en novembre 2013, après avoir été arrêté en avril 2011 lors de l’arrivée au pouvoir de M. Ouattara. Le porte-parole du gouvernement, Bruno Koné, maintient cependant que des réformes de la commission électorale et la mise à jour des listes électorales auront lieu.

Vieilles blessures
Selon certains observateurs, l’administration de la justice et le désarmement des anciens combattants et des dozo ne sont pas satisfaisants.
« C’est pourtant ce qui garantirait le succès des prochaines élections », a dit Pierre Adjoumani, directeur de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme. « Mais si les blessures causées par la crise post-électorale sont toujours ouvertes, les vieux démons risquent de revenir. » « La crédibilité du président [M.] Ouattara dépend de ce [rétablissement post-électoral]. Il libère maintenant les prisonniers pro-Gbagbo simplement parce qu’il ne veut plus entendre parler de juger ses alliés, mais ce n’est pas non plus la bonne approche. Cela revient à tolérer l’impunité. »

Aichatou Mindaoudou, chef de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire, a dit dans un compte-rendu <http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=47017&amp;Cr=ivoire&amp;Cr1=#.UwyCLc6H0UP>  adressé le 27 janvier au Conseil de sécurité des Nations Unies que des réformes urgentes du secteur de la sécurité et un processus de réconciliation étaient nécessaires à l’approche des élections.

L’Index Ibrahim de la gouvernance africaine 2013 <http://www.moibrahimfoundation.org/downloads/2013/2013-IIAG-summary-report.pdf>  a classé la Côte d’Ivoire à la 44e place sur 52 pays africains et à la 15e place sur 16 pays d’Afrique de l’Ouest. Cette évaluation se base sur des éléments tels que l’état de droit, la sécurité nationale et les droits de l’homme.

Motivée en partie par la pauvreté généralisée, selon certains observateurs, la corruption reste également un problème majeur dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. « Les bas salaires de nombreux travailleurs et le chômage affectent fortement la population qui vit avec moins d’un dollar par jour. Cela ne peut qu’accélérer la corruption, » a dit M. Bamba, l’analyste économique.

Lire aussi :
Côte d’Ivoire : la Fesci refait surface dans les campus d’Abidjan
http://news.abidjan.net/h/490981.html

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17-Une pénurie de chocolat dans le monde se profile
http://www.boursorama.com/actualites/une-penurie-de-chocolat-dans-le-monde-se-profile-dcd00bb2e73cbfea54206f24b59a7dfe
17/02/2014

Alors que les consommateurs de cette douceur sucrée sont toujours plus nombreux et que le réchauffement climatique perturbe la production, les producteurs de fève de cacao ne parviennent pas à honorer toute la demande.


VIDEO : Vers une pénurie mondiale de chocolat ?
http://www.francetvinfo.fr/culture/cuisine/video-vers-une-penurie-mondiale-de-chocolat_531803.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20140218-[lespluspartages/titre3]

Dégustez vos tablettes de chocolat, vous pourriez bientôt en manquer! Une conjonction de phénomènes a déjà provoqué une flambée du prix de la fève de cacao et pourrait aboutir à plus long terme à une pénurie de la précieuse matière première.

La demande de chocolat ne cesse de croître en raison notamment de l’arrivée massive de nouveaux consommateurs en provenance des pays émergents. «La demande pour cette gourmandise explose, en particulier dans les marchés émergents où les consommateurs s’enrichissent. Et les producteurs du monde entier luttent pour pouvoir produire suffisamment de cacao afin que le chocolat continue de couler à flots», indiquait récemment le très sérieux Wall Street Journal .

Au cours de 2013, le monde a consommé pour la première fois plus de quatre millions de tonnes de cacao, 32% de plus qu’il y a 10 ans. Une flambée de la demande qui a fait grimper le prix de la précieuse denrée de plus de 9% l’an passé.

De fait, les producteurs n’ont pas été en capacité d’honorer toute la demande. La récolte de cacao est effectuée majoritairement par de petits fermiers indépendants, essentiellement basés dans des pays d’Afrique de l’ouest. Or ces derniers ne sont pas en capacité d’investir pour accroitre leur productivité, d’autant que la plantation de nouveaux arbres ne produit pas d’effet immédiat puisqu’il faut au moins 10 ans à un cacaoyer pour produire des fèves. Sans compter que de nombreux petits producteurs choisissent de se détourner de cette culture moins lucrative que l’huile de palme ou le caoutchouc. La menace du réchauffement climatique aggraverait en outre le phénomène de pénurie. La hausse des températures serait en effet susceptible de toucher les cultures de cacao, selon les experts.

Vers une hausse du prix du chocolat
Le prix de la fève de cacao devrait donc continuer à croître. L’Organisation internationale du chocolat prévoit en effet que la demande soit supérieure à la production sur les 5 prochaines années, soit la plus longue période de pénurie depuis que l’organisation publie ses statistiques en 1960, souligne le quotidien économique.

«Le prix du chocolat et des confiseries à base de chocolat vont inévitablement monter», prévient ainsi Sterling Smith, un spécialiste du marché du cacao. Les industriels tels que Mars ou Nestlé vont donc devoir faire un choix entre augmenter le prix final de leur bien pour répercuter la hausse du coût de production, diminuer la taille des produits vendus ou trouver un substitut du cacao.

Hershey a déjà commencé à utiliser du beurre de cacao en guise de substitut au chocolat dans plusieurs de ses produits. A l’inverse, Michael Szyliowicz, co-fondateur de Mont Blanc Gourmet, avait interrogé ses clients pour leur demander s’ils préféreraient avoir les mêmes produits mais à des prix plus élevés ou s’ils préféreraient des produits différents. La majorité des clients avaient opté pour une hausse des prix….Il est peut être temps de stocker le chocolat avant que son prix ne s’envole!

Lire aussi :
Les cours du cacao ont bondi de 25 % en 2013
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/grande-consommation/actu/0203202159865-les-cours-du-cacao-ont-bondi-de-25-en-2013-639266.php
Rassurez-vous, la pénurie de chocolat n’aura pas lieu
http://www.lexpress.fr/styles/saveurs/rassurez-vous-la-penurie-de-chocolat-n-aura-pas-lieu_1401276.html

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18-Mali : les djihadistes de retour dans le nord du pays
http://www.afrik.com/mali-les-djihadistes-de-retour-dans-le-nord-du-pays
mardi 25 février 2014

Les djihadistes multiplient les opérations, ces dernières semaines, dans le nord du Mali et reprennent possession de certains de leurs fiefs d’où ils avaient été délogés par l’intervention française Serval, en 2013.


Des soldats français patrouillant dans l’Adrar des Ifoghas

Ces dernières semaines, les djihadistes ont augmenté l’intensité de leurs activités dans le nord du pays et semblent reprendre pied dans leurs anciens bastions, notamment aux environs de Tombouctou et dans l’Adrar des Ifoghas, au nord-est du pays, à proximité de la frontière avec l’Algérie. Ce dimanche, des hommes armés sont entrés dans la ville de Bamba, au nord du pays, en tirant des coups de feu en l’air, certainement pour effrayer la population.

Le massif du Tigharghar, situé dans la partie sud-ouest de l’Adrar des Ifoghas, serait une zone particulièrement surveillée en ce moment. « Il n’y a pas de troupes au sol, mais un survol permanent et des missions d’écoutes, car il y a actuellement une forte résurgence des activités des djihadistes dans le massif », explique un membre du ministère malien de la Défense. Un responsable de l’état-major français dément pourtant l’existence d’une mission dans cette zone, « il y a des missions, elles n’ont jamais cessé, mais pas dans la zone citée ». « Ces dernières semaines, ils se déplacent essentiellement en moto, ils sont revenus dans l’ancien fief d’Abou Zeid, la vallée et le village d’Amététaï (dans l’Adrar des Ifoghas) » révèle encore une source locale, citée par RFI.

La semaine dernière, les soldats français ont lancé une opération de « contre-terrorisme », faisant 11 morts côté djihadiste et un français blessé. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a déclaré jeudi dernier que la force française « intervient pour cibler des groupes en reconstitution sur deux théâtres, à la fois aux environs de Tombouctou et dans l’Adrar des Ifoghas ». Le même jour, le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé le gouvernement du Mali à accélérer le processus de réconciliation nationale. Il semble aujourd’hui au point mort.

Lire aussi :
L’armée algérienne saisit des missiles d’AQMI destinés au Mali
http://www.afrik.com/l-armee-algerienne-saisit-des-missiles-d-aqmi-destines-au-mali
Dans l’attente d’une résolution à Kidal, au Mali
http://www.irinnews.org/fr/report/99664/dans-l-attente-d-une-r%C3%A9solution-%C3%A0-kidal-au-mali

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19-Tension diplomatique entre la France et le Maroc
http://www.lefigaro.fr/international/2014/02/25/01003-20140225ARTFIG00045-tension-diplomatique-entre-la-france-et-le-maroc.php
25/02/2014

Des plaintes déposées à Paris contre un haut responsable marocain ont jeté un sérieux coup de froid entre les deux pays, au point d’amener François Hollande à contacter le roi Mohammed VI lundi.


François Hollande et Mohammed VI au palais présidentiel à Casablanca le 3 avril 2013.

La relation n’est pas au beau fixe entre les deux proches alliés. La relation diplomatique entre la France et le Maroc, d’ordinaire bien cadrée, traverse une période délicate. La tension est montée d’un cran lundi, au point d’amener François Hollande à contacter le roi Mohammed VI afin d’apporter des «clarifications».

À l’origine de cette crise, trois plaintes déposées à Paris la semaine dernière contre le patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, pour «torture» et «complicité de torture». Jeudi, sept policiers se sont rendus à la résidence de l’ambassadeur marocain à Paris pour notifier à Abdellatif Hammouchi, dont la présence avait été rapportée, une convocation émanant d’un juge d’instruction. Le Maroc, furieux, reproche notamment aux autorités françaises d’avoir ignoré les canaux diplomatiques. Le pays a immédiatement rejeté les accusations et convoqué dans la foulée l’ambassadeur de France à Rabat.

Dans un communiqué, le Quai d’Orsay a tenté samedi d’apaiser la tension, évoquant un «incident regrettable» et promettant que «la lumière» serait faite. Mais le Maroc a signifié qu’il jugeait cette démarche insuffisante. En réponse, le pays a décidé de reporter une visite de Nicolas Hulot, envoyé spécial du président français pour la planète, prévue lundi et mardi.

Le Maroc, «une maîtresse»
Entre-temps, une autre polémique est venue alourdir l’atmosphère: dimanche soir, les autorités marocaines ont vivement dénoncé des propos qu’auraient tenus l’ambassadeur de France à Washington et rapportés par l’acteur espagnol Javier Bardem, producteur d’un documentaire sur le Sahara occidental et bête noire de Rabat. Le Maroc est une «maîtresse avec laquelle on dort toutes les nuits, dont on n’est pas particulièrement amoureux mais qu’on doit défendre», aurait affirmé en 2011 ce diplomate, selon Javier Bardem, alors que Paris est un soutien traditionnel du royaume sur le dossier du Sahara, une ex-colonie espagnole contrôlée par Rabat mais revendiquée par des indépendantistes. Le Quai d’Orsay a catégoriquement démenti, mais le royaume a fustigé des propos «scandaleux et inadmissibles».

«Des clarifications» lors d’un entretien téléphonique
Face à ce sérieux coup de froid, François Hollande a téléphoné lundi soir à Mohammed VI, actuellement en tournée africaine. «A la lumière des clarifications apportées (…), les deux chefs d’Etat ont convenu de poursuivre les contacts durant les prochains jours au niveau des deux gouvernements, et d’oeuvrer dans l’esprit des relations d’exception qui lient le Maroc et la France», a ajouté la même source.
La relation entre la France et le Maroc est d’ordinaire bien cadrée: Paris est le premier partenaire commercial de Rabat et, en 2012, le volume des échanges a atteint huit milliards d’euros. Les liens humains et culturels sont également nombreux, au même titre que les déplacements de responsables français. François Hollande a effectué une visite d’Etat en avril 2013, quatre mois après la venue du premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Lire aussi :
Les relations Maroc – France entre maîtresse et autres maladresses
http://www.panoramaroc.ma/fr/les-relations-maroc-france-entre-maitresse-et-autres-maladresses/
Le problème est bien plus gros que la convocation du patron de la DST, par Taoufiq Bouachrine
http://www.panoramaroc.ma/fr/le-probleme-est-bien-plus-gros-que-la-convocation-du-patron-de-la-dst-par-taoufiq-bouachrine/
Le Maroc suspend tous les accords de coopération judiciaire avec la France
http://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/le-maroc-suspend-tous-les-accords-de-cooperation-judiciaire-avec-la-france_540035.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20140227-[lestitres-coldroite/titre5]
Querelle France-Maroc : quand Mostafa Ramid dénonçait la torture
http://www.afrik.com/querelle-france-maroc-quand-mostafa-ramid-denoncait-la-torture
La lutte de la DST contre l’évangélisation au Maroc derrière l’accusation de son chef pour torture en France
http://www.panoramaroc.ma/fr/la-lutte-de-la-dst-contre-levangelisation-au-maroc-derriere-laccusation-de-son-chef-pour-torture-en-france/
France: il faudra «de la créativité pour apaiser la colère» du Maroc
http://www.rfi.fr/afrique/20140227-france-il-faudra-creativite-apaiser-colere-maroc-patron-contre-espionnage-convoque-juge-parisien/

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20-BNP Paribas : Monaco passe à la vitesse supérieure dans l’affaire de la « lessiveuse africaine »
http://m.france24.com/fr/20140221-bnp-paribas-monaco-fraude-afrique-madagascar-taux-change-lessiveuse-africaine-banque/
vendredi 21 février 2014

Une vaste fraude au contrôle de change est au cœur d’une information judiciaire ouverte mercredi à Monaco. Au moins 21 pays africains en ont été les victimes et plusieurs centaines de millions d’euros sont en jeu.


Monaco

C’est à un immense schéma de fraude, touchant au moins une vingtaine de pays africains et impliquant la BNP Paribas, auquel la justice monégasque a décidé de s’attaquer. Le procureur du Rocher a annoncé, mercredi 19 février, avoir ouvert une information judiciaire contre X pour blanchiment, recel de blanchiment et fraude au taux de change dans l’affaire dite de la “lessiveuse africaine”. Dans cette histoire s’accumulent depuis des années plusieurs milliers de chèques douteux déposés sur des comptes bancaires à Monaco appartenant à des ressortissants de divers pays africains.

C’est une heureuse surprise car nous avions envoyé plusieurs courriers au procureur de Monaco depuis avril 2013 et nous commencions à penser qu’il renâclait à agir”, s’est réjoui Sophia Lakhdar, présidente de l’ONG anti-corruption Sherpa <http://www.asso-sherpa.org/le-procureur-de-monaco-decide-douvrir-information-judiciaire-x-dans-laffaire-de-blanchiment-de-capitaux-africains/#.UwdbiKByCSp> , interrogée par FRANCE 24. Elle affirme l’intention de Sherpa de se porter partie civile dans une affaire qui n’a cessé de prendre de l’ampleur.

L’instruction monégasque va devoir déterminer la chaîne de responsabilité dans un série de transactions financières douteuses qui ont fait perdre plusieurs centaines de millions d’euros à une vingtaine de pays africains. “On doit même pas être loin du milliard d’euros”, estime Jean Merckaert, administrateur de l’ONG Sherpa qui a suivi l’histoire depuis ses prémices.

Tout commence par un lanceur d’alerte, ancien salarié de la BNP Paribas Wealth Management de Monaco, qui divulgue en 2013 un audit interne de la banque  <http://www.challenges.fr/entreprise/20130424.CHA8672/blanchiment-d-argent-bnp-monaco-a-la-memoire-courte.html> que FRANCE 24 a pu consulter. Il révèle un drôle de manège, entre 2008 et 2011, sur certains comptes de ressortissants de plusieurs pays africains. Un nombre anormalement élevé de chèques, libellés en euro et sans rapport avec l’activité déclarée des clients concernés, sont déposés sur les comptes. L’enquête interne se concentre sur l’activité des clients malgaches tout en soulignant que des faits similaires concernent des chèques en provenance du Gabon, du Burkina Faso et du Sénégal*. « Dans le cas des comptes de clients malgaches étudiés, il apparaît que la banque ne maîtrise pas totalement l’arrière-plan économique d’opérations susceptibles d’être en infraction avec la réglementation du pays de domicile des clients« , conclut le document.

Des chèques sans d’ordre qui font désordre
En clair, la filiale monégasque de la banque française n’a pas fait suffisamment attention aux fonds qui arrivaient sur ces comptes. Il s’agissait pourtant de capitaux rapatriés à Monaco sans passer par la case taux de change, ce qui prive le trésor des pays africains d’importantes rentrées fiscales. Dans le cas malgache et pour un seul compte, les dépôts de chèques douteux s’élèvent à 10 millions d’euros. “Madagascar est en outre le plus petit des joueurs dans cette affaire”, souligne Jean Merckaert.

Comment fonctionne cette “lessiveuse africaine” ?
Des touristes ou travailleurs expatriés sont incités par des commerçants et hôteliers locaux à payer en chèques libellés en euros plutôt qu’en monnaie de ces pays. Subtilité de l’affaire : on leur demande de ne pas indiquer d’ordre. Ces chèques sont ensuite revendus à des intermédiaires qui y inscrivent le nom des titulaires des comptes et les font parvenir à Monaco.

Pour l’heure, l’identité des bénéficiaires finaux de ce trafic de chèques est inconnue. “Nous espérons que la justice permettra de l’établir mais on peut supposer qu’il s’agit soit de riches particuliers qui cherchent à sortir de l’argent à l’insu des autorités de leur pays, soit des entrepreneurs locaux ou français qui veulent faire sortir leur bénéfice discrètement ou des organisations criminelles qui s’en servent pour blanchir leur argent”, estime Jean Merckaert.

L’instruction devra aussi établir l’ampleur de cette affaire sur le sol monégasque. Rien ne dit que la BNP Paribas est la seule banque à avoir accueilli les comptes douteux. Les sommes qui sont, ainsi, perdus pour les finances des pays africains pourraient alors être encore plus conséquentes.

*Une enquête préliminaire du parquet de Monaco, en 2013, a pu déterminer qu’au moins 21 pays, essentiellement d’Afrique francophone, sont concernés.

Lire aussi :
Blanchiment : le procureur de Monaco ouvre une enquête dans l’affaire de la « lessiveuse africaine »
http://economie.jeuneafrique.com/finance/secteurs/banques/21469-blanchiment-le-procureur-de-monaco-ouvre-une-enquete-dans-l-affaire-de-la-lessiveuse-africaine.html
Blanchiment : Sherpa porte plainte contre BNP Paribas dans l’affaire de la « lessiveuse africaine »
http://economie.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/20574-blanchiment-sherpa-porte-plainte-contre-bnp-paribas-dans-l-affaire-de-la-lessiveuse-africaine.html

Source : autre média
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