Côte d’Ivoire la Démocratie: un Stress insupportable pour le Régime Ouattara ?

Côte d’Ivoire la Démocratie: un Stress insupportable pour le Régime Ouattara ?

 georgeTexte réadapté, une Contribution de Georges Beyllignont

Auteur, Spécialiste des Questions de Sécurité Publique et de la Prévention des Conflits – Analyste Politique

Alassane Ouattara, le RDR et ses alliés du RHDP se sont constitués des instruments de renforcement des mécanismes de contrôle qui font des africains des sujets éternels. Et croyez-moi, ils sont bien conscients des obligations à eux assignées : créer les facilités d’exploitation pour le compte des réseaux capitalistes véreux et de plus en plus voraces. Des prédateurs sans éthique et qui n’ont aucune considération pour l’homme noir. Rappelez-vous qu’ils peuvent geler les comptes bancaires et produire des embargos sur médicaments au mépris de la vie noire.

Comment peut-on réussir un quelconque rapprochement des ivoiriens après une telle prouesse digne d’un autre âge ? Comme quoi le RDR est allé très loin dans sa quête de pouvoir. A tel point que la démocratie et tout programme concordant qu’on peut en déduire comme « la réconciliation » par exemple butte sur l’intransigeance des marques indélébiles de la nature, de l’origine et de la légitimité d’un pouvoir conçu dans le mépris total des valeurs que la politique prétend promouvoir.
La prise violente du pouvoir en Côte d’ivoire et le chapelet d’événements qui ont précédé et ont consolidé son couronnement ne sont pas totalement surprenants. Ce qui l’est, c’est la manière arrogante et sans aménagement avec laquelle la volonté de ces gens est désormais mise en exécution en Afrique. Cette application semble désormais être la norme dans plusieurs pays d’Afrique dont la Lybie, le Mali et la Centrafrique, pour ne citer que les cas relativement récents.
Elle acense la division et la catégorisation ethnique systématique. Ses promoteurs se disent être à la recherche de la démocratie pour le bien des africains. Pourtant, elle triomphe à travers des actes délictueux, l’injustice, l’humiliation et la prise en otage de la liberté. Elle tolère les rébellions, tue le consensus général et fabrique un nouveau leadership qui vend son âme et sa conscience pour rester dans la bonne grâce des maitres autoproclamés.
Alassane Ouattara est ainsi fait Chef d’Etat de Côte d’Ivoire ! Le technocrate béni d’une intelligence sans pair – la solution longtemps attendue pour sortir le continent de ses cauchemars interminables ?

Au lieu donc de changer d’approche et chercher à humaniser les chartes qui gouvernent nos rapports, ces messieurs tardent à admettre que les anciennes façons de faire politique en Afrique ont atteint leur fin de cycle. Un nouvel ordre environnemental s’impose aujourd’hui. Il fait que la dynamique sociale fluctue rapidement et l’opinion publique se formate au gré des influences et information qui inondent les réseaux sociaux parallèles. Les canaux officiels de communication et d’information comme RFI, TV5 … ont rapidement perdu de leur crédibilité et cèdent progressivement leur influence dans la guerre des opinions et de l’information aux réseaux sociaux non-conventionnels.

Les convictions s’enracinent à partir d’un volume incommensurable d’information, d’enseignements et d’analyses faites par des experts de toute formation qui ne sont pas forcément des journalistes. Ils exposent les contre-vérités avec une prouesse à affecter durablement l’opinion publique et la stabilité. Ces réseaux ratissent large et vont au-delà des périmètres d’un seul Etat. Ils ont par exemple révélé l’autre vérité étouffée du conflit ivoirien.

Dans un tel environnement, il est difficile de construire une stabilité durable, si la gouvernance et les gouvernants ne font pas des gouvernés leurs premiers partenaires. Comme quoi toute dictature a une faiblesse sérieuse : La non-participation d’une grande majorité des gouvernés – Elle donne une perception réelle d’instabilité sociale avec une possibilité de résurgence de la violation a tout moment. Une telle situation affecte durablement à son tour l’économie nationale dans tous ses aspects et oblige les pouvoirs dictatoriaux de vivre sous perfusion financière. Une telle probabilité devient presqu’impossible dans le long terme si la réconciliation ou tout autre programme de normalisation échoue de porter les fruits escomptés. Même l’indice de sécurité préfabriqué pour simuler une stabilité virtuelle tient mal la route et ne produit pas la dose de rassurance attendue aux investisseurs nationaux et étrangers.

Nous anticipons donc pour dire que dans ce nouvel ordre, tout leadership imposé et facilité par la force des canons français sera systématiquement irrecevable. Les exactions, la terreur et le terrorisme d’Etat qui deviennent des pratiques systématiques pour créer la dose de stabilité nécessaire pour gouverner, buttent presqu’inévitablement sur la non-participation des gouvernés, mais surtout, sur l’intransigeance des Réseaux de Dénonciation systématique de la Résistance Ivoirienne et africaine [les RDS-RIVA]. Un réseau interactif international qui ratisse large (Audience Active estimée à 3.200.000 – Audience Passive : 21.000.000 de personnes – Avec une capacite de ramification des infos a plus de 75.000.000 d’âmes) en Afrique, en Europe et en Amérique. Elle a réussie à former une congrégation d’internaute qui informe et éduque sur les malversations socio-politiques en Côte d’Ivoire. Il a fait défiler des images révoltantes et dégoutantes des exactions du régime Ouattara et de la Rébellion ivoirienne à travers le monde.

Quel homme avec un minimum de sens ne serait pas en colère avec ceux qui ont emmené « la justice » au bout des canons qui crachent du feu. Des fusils sophistiqués aux mains des gens remontés contre les ethnies qui ne sont pas les leurs.

Des contractuels expatriés, recrutés dans toute la CEDEAO pour rétablir un « équilibre ethnique » qui ne souffrait pourtant d’aucune distorsion alarmante.
Diligenter une doctrine de « rattrapage ethnique » dans l’espoir de donner un avantage social aux gens de sa région, est contraire aux objectifs de tout gouvernement. Une telle tendance doit être combattue par tous les moyens justes et démocratiques. Les adeptes d’une telle idéologie, coalisés dans une alliance politique RHDP répondront tôt ou tard des traitements inhumains qu’ils continuent de faire subir à leurs compatriotes.

Pourtant un Chef d’Etat ou un Gouvernement est celui-là qui est conscient qu’un Etat moderne est une concentration de différentes sensibilités. Il rassemble en son sein des hommes et femmes qui n’ont pas forcément les mêmes origines raciales ou ethniques, les mêmes intérêts et peuvent nourrir au pire des cas, des aspirations mutuellement contradictoires, voire mêmes compétitives. Le rôle d’un Chef d’Etat ou d’un Gouvernement est donc de réaliser une convergence réelle des sensibilités et des diversités. Il le fait autour de valeurs unanimes comme la justice et le droit, la liberté et la communauté, la nation, la promotion de l’excellence et la saine compétition des visions, et j’en passe… Des valeurs que tout le pays s’approprie progressivement comme des repères culturels. Elles finissent généralement leur course pour intégrer le corps du consensus national qui consolide à son tour les piliers de la « nation ». Ceci dit, tu ne peux que réussir ce pari si tu « aimes un peu les gens » comme nous avons coutume de dire en Côte d’Ivoire.

Depuis trois ans, la Côte d’Ivoire est enfiévrée dans une procession d’événements calamiteux. Elle sombre sous nos yeux dans un péril social indescriptible d’où nous percevons l’écart de la fracture sociale s’agrandir de jour en jour. Dans cette atmosphère déjà assez délétère, le pouvoir actuel ne se gêne même pas de l’instrumentalisation abusive des ressources de l’Etat pour marginaliser des citoyens ivoiriens ciblés comme des pro-Gbagbo.

Le dépeuplement et repeuplement subséquent de la Côte d’Ivoire par une colonie étrangère expressément convoyée dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire est un acte ignoble et dégoutant. Si La colonisation n’a pas résisté au temps, car ses objectifs étaient inhumains, cette autre forme d’Afro-colonisation tombera tout aussi également sur le refus intransigeant des résistants ivoiriens et africains. Tout ivoirien où qu’il soit ne devra pas s’accommoder avec un tel traitement pour peur de perdre sa vie. Nous devons faire échouer cette « doctrine de rattrapage » sur les cendres encore chaudes des méfaits de la colonisation.

Ne célébrez pas parce que Gbagbo, votre pire ennemi est capturé par les forces militaires les plus redoutables de notre planète.

N’ayez aucune gloire quand celui qui vous a rapproché de lui, en vous ramenant respectivement de l’exile, est jeté à vos pieds comme une fauve ignoble et un dictateur des péchés impensables.
Vous avez parlé de victoire le 11 Avril dernier ?
Ne célébrez point quand il pleut du sang sur la Cote d’Ivoire
Le sang des espoirs écourtés
Ne vous faites pas conter cette histoire par moi. Regardez les regards sans expressions qui sont braqués sur vous.
Donnez un petit regard dans votre côté et remarquez les regards sans supplice des ivoiriens indignés et humiliés.

Oui sans supplice

C’est vous qui avez besoin de la réconciliation pour consoler vos consciences apeurées par les clameurs « muettes » du jour.
Aucun salaire, aucune vie tranquille recherchée sur les bâtisses d’une telle désolation ne consolera aucune conscience ivoirienne – Qui êtes-vous donc, d’où venez-vous avec toute cette haine ?
Nos yeux angoissés, nos visages pâles de dégouts ne cessent d’interpeller votre suffisance aveugle.
Une tristesse profonde a élu quotidien dans chaque domicile en Côte d’Ivoire.
De quelle justice parlez-vous donc ?

Laquelle êtes-vous venu restaurer ? Celle des vainqueurs éditée et publiée par la charte de la Françafrique ?

Il est évident que nous tirons d’une telle situation un engagement réciproque au conflit entre deux camps ; Les supporteurs du Candidat Ouattara et les supporteurs du candidat Gbagbo. Alors très vite il faut songer à panser les plaies avant de sombrer dans un autre cauchemar qu’on peut situer entre des déluges d’émotions vives qui marquent les crises les plus meurtrières de la terre. Ce fut le cas du Rwanda.

La Côte d’Ivoire malheureusement, présente elle aussi des similarités contextuelles et socio-culturelles capables de conduire aux mêmes drames.
Aujourd’hui encore, il est perceptible que quand nous partons d’un certain nombre de considérations ; d’un côté, les faits historiques et les réalités socio-culturelles, nous découvrons dans le rapprochement des situations de conflits africains, de curieuses similarités qui devraient interpeller toutes bonnes consciences. De l’autre côté, l’exercice d’évaluation des pouvoirs politiques africains et les origines des influences diverses sur l’état de nos communautés, remettent tous au goût du jour un cocktail de sentiments affligeant aux regards des procédures biaisées par rapport au développement stratégique des Etats africains. A cette peine s’ajoutent les séquelles de plusieurs décennies de colonisation qui éprouvent nos efforts de pacification, de la recherche du consensus et qui rendent inadapté et obsolète le modèle politique actuel.

Mon inquiétude s’articule donc autour du fait que si notre histoire commune, à des variances près, du Rwanda en Côte d’Ivoire, l’invariabilité du code ethnique parfaitement intégré au corps de nos rapports humains en Afrique et enfin la quasi-permanente intervention et dictée de comportement par de puissants groupes intéressés, le conflit et l’importance de sa régulation en Afrique deviennent ipso facto une doctrine incontournable au centre de tout débat de construction en Afrique. Faute de quoi, le génocide comme au Rwanda est une tragédie dont est capable tous conflit africain et qui tient en otage une espérance africaine hantée par une division congénitale.

Les conflits sont inéluctablement un risque pour le développement à première pensée. Mais cette admission n’écarte pas non plus son caractère indispensable pour l’atteinte des mêmes objectifs susmentionnés ; le développement. L’expérience du conflit est désormais une connaissance partagée qui devrait nous aider à interpeller la trajectoire de certaines issues de conflit dont les allures n’écartent pas l’éventualité rampante ou quasi-présente d’une situation génocidaire ma foi latente, disparate mais réelle. Car tuer des milliers des gens ciblées en un laps de temps très court (comme à Duékoué et Djitrozon près de 1000 personnes) et au même endroit, revient à la même signifiance qu’en tuer 2 ou 3 chaque ou l’autre jour pendant 3 ans.

A partir de l’observation de la situation morose et confuse en Côte d’Ivoire, où « la police est faite Dozo » dans un accoutrement très gênant et désorientant pour une civilisation progressiste, il y a de quoi perdre un peu de sa capacité d’adaptation. Le taux de mortalité en Côte d’Ivoire, de causes plutôt préventives que naturelles, est à une fréquence à vous couper le souffle. L’appel à la normalité fuse de partout sans être réellement entendu, au même moment que la réconciliation piétine de sa belle patte de mauvaise foi.

Qui imagine Sarkozy avec une clique de recrus et « d’ethno-semblables » venir à Paris opérer un coup d’Etat contre l’Etat français et la constitution française ? Un scandale inimaginable dans la pire des pensées incultes. Au regard de l’Afrique, on déroule le tapis rouge en occident a des « intelligences » qui ne passeront même pas le test d’estime et de considération du plus petit français.

Alors s’il y a des individus qui pensent que cette situation n’est pas suffisamment alarmante, j’avoue que j’ai besoin de supporter mon optimisme et questionner ma surévaluation de la « petite polémique ivoirienne » en voie de pacification. Comme quoi, tu trouveras toujours des gens se glorifier de leur pondération inculte et irresponsable. Mon inquiétude est que l’aspiration à la justice et le déni de justice, l’aspiration au droit d’opinion et la marginalisation de l’opinion d’autrui produisent tôt ou tard des ressentiments qui conduisent à la perte de la capacité d’adaptation. Pourtant l’espoir que demain sera meilleurs est justifiable jusqu’à un seuil où, philosopher sur sa propre existence, condition de vie et statut de citoyen n’a aucune autre valeur compensatrice que le rétablissement des droits écrasés. Le conflit alors devient le seul mirage pour forcer et créer le changement auquel aspire tout conflit qui intervient dans les rapports humains.
Dans une phase dormante de conflit, les moins vertueux contemplent leur marge de pouvoir qu’ils croient toujours donnée en poussant trop loin leur velléité de dominance et de contrôle – Jusqu’à la limite de l’acceptable, espèrent-ils ? Car ils craignent aussi le conflit et ses effets cataclysmiques qui produisent un chaos indescriptible où personne n’est à l’abri. Le drame, c’est que personne ne peut déterminer le profil de ce seuil avec mesure cartésienne. Même une empoignade innocente entre deux personnes dans le marché du Plateau, dans un échange banal, peut provoquer un vacarme qu’une seule séance de meurtre massif à Duékoué ou à Djitrozon n’a pu produire.

Ce fut le cas au Rwanda en 1959 pendant une séance de campagne politique… Car dans un pays divisé, et particulièrement en Afrique, la division s’opère autour d’un code ethnique et se ramifie en une ségrégation réelle à tout point de vue.

Traquer et jeter dans des Goulags nauséabonds Le Ministre Charles Blé Goudé et tous les illustres élus du FPI y compris notre sœur et mère Simone Gbagbo est une voie sans issue. Leur maintien en prison sans justice, amplifie la division et entretien la haine qui sont les prémisses des conflits qui font le lit des plus grands désastres humanitaires : Le Génocide.

Je demande respectueusement leur libération immédiate car cette voie est sans lendemain. Autant nous saluons la libération du Premier Ministre Affi N’Guessan, de Michel Gbagbo, …nous pouvons tout autant anticiper sur le chantage politique que le pouvoir veut faire de la libération des autres prisonniers. Le conflit ivoirien a sonné l’apothéose des ambitions démesurées et la tombe de toute « grandeur » inconsciente. Nous avons mis toutes les normes universelles célébrées dans tous les coins du globe à l’envers :

Des « Dozos » font office de police
Des rebelles tiennent fonction de Préfet d’Etat
Des apprentis « Gbaka » sont faits officiers d’armée républicaine

Et enfin un chef rebelle, c’est-à-dire un individu qui incarne la défiance des règles de bienséance et des droits démocratiques est fait chef d’une institution où se confectionne les droits démocratiques : Le Parlement.

On célèbre le renversement des normes cardinales en Côte d’Ivoire, et on construit sur les méandres de l’infamie et du vil fait politique.
Apres une telle contre-performance politique, comment est-il possible à Alassane d’être Démocrate ou installer la démocratie sans se déculotter et se rendre ridicule ? Comment peut-on le faire après avoir cautionné l’embargo sur médicament et le gel des avoirs de ses compatriotes dans un pays que l’on prétend aimer et gouverner ? Cette caution fut une erreur suicidaire et je me demande comment peut-il aujourd’hui justifier une telle décision dans un contexte démocratique qui garantit les libertés d’opinion, sans que nous soyons emmenés à lui demander de justifier un tel acte ou questionner son sens de jugement et sa capacité à diriger la Cote d’Ivoire après une telle performance ?

Une contribution de
Georges Beyllignon

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