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Un philosophe est un diagnosticien, écrivait Galien à propos de son maître de l’île de Kos et, en effet, la société humaine est un corps dont un amateur de la sagesse décèle les symptômes afin de se prononcer sur ses capacités vitales ou sur sa proximité avec la mort. Souvent, compte tenu des particularités des souffrances endurées, une manifestation physiologique qui pourrait être prise à la légère par un non-spécialiste est le signe d’une maladie incurable à l’issue bientôt fatale.

Prévoyant cela, je me suis emparé il y a trois mois du cas Dieudonné afin d’effectuer une étude sur la prétendue « tyrannie poutinienne », l’examinant parallèlement à notre « liberté sans limite » occidentale, française en particulier. C’est en étudiant l’acharnement visant à saboter les Jeux de Sotchi donnés en l’honneur de Zeus, autrement dit l’obstination des socialistes français à ternir l’image de la dernière puissance blanche fière de ses racines, que j’ai remarqué les soubresauts d’un despotisme chaotique se trouvant dans l’ultime phase de ses souffrances. Cette « France » de la Ve république est terminée. Son temps est compté. Ce qui est arrivé à l’artiste franco-africain est parfaitement analysable en faisant le parallèle avec la frénésie stalinienne qui s’est étendue sur environ un quart de siècle, durée qui s’explique par la base solide sur laquelle elle reposait : volonté de puissance d’un État se traduisant par la légèreté avec laquelle il sacrifie ses citoyens à l’idéalisme incertain de son avenir. En revanche, dans cette parcelle francophone de l’Union soviétique de l’Europe occidentale qui ne possède ni armée ni frontière ni monnaie, qui fait fuir ses élites et qui est remplie d’une haine inépuisable envers elle-même et ses ancêtres, l’on ne découvre aucun gage de longévité, contrairement à ce qui fut dans cette puissance païenne et nationale-socialiste régie par l’Ossète idolâtré des pères spirituels de mai 68.

« […] l’université française n’est tout de même pas le goulag ! », m’a écrit le 10 avril 2012 Patrick Quillier, professeur à Nice et directeur de ma thèse de doctorat à propos de cette digne fraction de la Ve république moribonde : en examinant l’Université française tyrannisée par les cuistres syndiqués et leurs compagnes-péripatéticiennes à peine alphabétisées, l’on se rend compte de l’ensemble du désastre étatique français. Et Quillier a tout à fait raison à sa petite échelle : le rideau de fer ne s’est pas abattu sur les frontières hexagonales, Internet nous délivre des gardes rouges pour quelques années encore. De plus, si l’on possède le passeport helvétique comme l’auteur de ces lignes, l’on peut venir à tout moment à Paris pour participer au diagnostic des derniers mois de la Ve république, puis quitter la capitale en emportant de précieux renseignements. Pourtant, cette république française est peuplée d’homines sovietici qui aimeraient bien avoir les outils de l’oppression stalinienne. Heureusement pour nous qu’ils ne possèdent pas les instruments de la GESTAPO, cette élève de la NKVD, qui n’a jamais réussi, en raison de l’inépuisable bonhommie germanique, à se hisser au niveau de la machine d’oppression soviétique.

La Ve république, avant de succomber, s’est naturellement dotée d’engins staliniens. La « propagande antisoviétique » du Code pénal de l’URSS s’appelle en France « loi Gayssot ». Ainsi, un historien, ou même un artiste, se posant des questions sur le fonctionnement de l’arme par laquelle aurait été accompli l’« holocauste » pourrait être comparé aux contradicteurs d’un agronome stalinien, lesquels auraient osé lui demander : « Camarade ! Montrez-nous ce pommier socialiste sur lequel pousseraient vos pastèques géantes ! ».

Cette simple question marquait non seulement la fin de toute activité professionnelle, mais également le début d’agressions physiques dont étaient victimes les « ennemis du peuple », agressions perpétrées par des membres de la jeunesse communiste, bien sûr jamais inquiétés. Cela allait jusqu’aux procès pour les courageux amateurs de la vérité, procès – pénaux puisqu’en URSS il n’y avait pas de prisonniers politiques ! – qui visaient tant les « ennemis du peuple » que leurs proches (sauf si ces derniers annonçaient publiquement qu’ils reniaient les liens familiaux les unissant aux opposants du système).

Or, souvenons-nous des principales étapes survenues deux mois après que je me suis emparé de l’affaire Dieudonné que je considère comme une incontestable « divine surprise » révélatrice de la fin ultime de la Ve république française : un certain ministre de l’intérieur lance le terme de « trouble public » à l’encontre d’un artiste qui intervient dans un espace privé ; un ancien garde-frontière israélien promu il y a trois ans au Conseil d’État reçoit la légion d’honneur (sic) d’un président socialiste incapable d’honnêteté dans le cadre ne serait-ce que de son couple ; ce même ex-garde-frontière d’un État maintes fois condamné par l’ONU engage son « Komsomol » ethnique pour causer ce « trouble public » en France ; suite à cela, le ministre de l’intérieur débouté par la justice de son pays s’adresse à ce conseil d’État où siège le garde israélien pour obtenir – sur commande, en quelques heures, et sans la présence de l’avocat de l’artiste – l’interdiction souhaitée d’une création dissidente. Ce feuilleton, révélateur de crispations corruptionnelles, avait naturellement ridiculisé la France stalinienne jusqu’à Moscou. Mais il n’est cependant pas encore le symbole de la mort de cette tyrannie soviétoïdefrancophone. En revanche, ce qui indique sa fin prochaine, c’est l’adhésion, totale et moutonnière, contre l’artiste de la pseudo-élite française : « Je n’ai jamais lu Soljenitsyne, mais je déteste son œuvre ! », déclaraient les dignes membres de l’union des écrivains soviétiques se précipitant vers la gamelle servie. C’est vrai, on aurait pu croire que personne ne regardait Dieudonné, qui aurait soudain perdu tout son talent, – naturellement décuplé, comme chez tout artiste, dans l’adversité. Là, cela devient intéressant ! Car nous sommes passés, par une accélération mortifère propre à l’agonie chez un humain, de l’époque de Staline à celle de Brejnev. Bientôt arrivera Gorbatchev pour nous annoncer que, au bout du compte, le procès de Nürnberg avait des failles (comme cela fut déclaré, par ce futur prix Nobel de la Paix, à propos de Katyń). Tout ce processus qui conduira à la chute de la Ve république ne prendra pas des décennies, car ses défenseurs ne possèdent aucun outil d’une puissance comparable à ceux de l’URSS.

Je prédis donc l’implosion prochaine et foudroyante de cette « France », laquelle, n’ayant plus ni la capacité barbare de renaissance propre aux Slaves de l’Est, ni leur religion nationale et unificatrice, ainsi l’orthodoxie russe avec son « pape » de Moscou, sombrera dans une guerre civile et interethnique dont les affrontements sanglants – peut espérer tout philosophe amateur de l’Occident pagano-hellène – serviront à la renaissance dans les cendres d’une Europe de l’avenir.

 

Anatoly Livry, Vice-Président de l’ONG « World without corruption 2011 – 2020 », docteur de l’Université de Nice – Sophia Antipolis, auteur de douze livres, Professeur-invité de l’Université de Moscou.

Source 

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Une pensée sur “Divine surprise : l’affaire Dieudonné”

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    ANATOLY LIVRY, « Deutschland, Deutschland über alles »

    « … un regard plus familier à l’Allemagne décèle une particularité dans la composition de la Mannschaft qui n’a jamais été avancée jusqu’à présent et que j’offre aux lecteurs francophones : les champions du monde 2014 de foot reproduisent quasi parfaitement dans la structure de leur équipe cette première armée européenne moderne que furent les Waffen-SS et, plus exactement, ce que ce corps volontaire d’élite est devenu à compter de 1943. ….. »

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