Ukraine : il y a péril en la demeure

 © Photo : La Voix de la Russie

Par La Voix de la Russie | Joe Biden, le vice-président des États-Unis, a demandé au président ukrainien Viktor Ianoukovitch de ne pas décréter l’état d’urgence et de retirer les troupes spéciales des rues de Kiev. Le président ukrainien est prêt à abroger les lois du 16 janvier et à gracier les personnes qui ont participé aux affrontements en échange de la levée des sièges des organes d’État dans différentes régions. Alors que la crise politique s’aggrave dans le pays tout entier, le premier ministre ukrainien Nikolaï Azarov a annoncé sa démission. La Voix de la Russie a contacté des experts pour étudier les différentes tournures que pourrait prendre la situation.

Actuellement, Viktor Ianoukovitch tente de gagner du temps et de manœuvrer entre la nécessité de résoudre par la force la crise et la pression croissance de l’Occident. Cependant, sa marge de manœuvre est de plus en plus étroite. Pour Bogdan Bezpalko, directeur adjoint du Centre des études ukrainiennes et biélorusses de l’Université Lomonossov de Moscou, étant donné que la crise s’aggrave et que les personnes clefs du pouvoir quittent leur poste, et le premier ministre Nikolaï Azarov en premier lieu, Viktor Ianoukovitch doit prendre une décision définitive.

« Il lui faut prendre une décision d’ici une semaine ou deux : soit capituler, soit utiliser la force. Autrement, sa mort politique pourrait se transformer en mort tout court. Il perdra non seulement le pouvoir, mais peut-être aussi la vie. »

Les experts pensent qu’une décision définitive est nécessaire dans la situation actuelle, parce que dans une telle incertitude, la pression occidentale va augmenter et ne se limitera plus à des appels téléphoniques de Washington ou de Bruxelles. Andreï Martchoukov, directeur de recherche à l’Institut d’histoire russe de l’Académie des sciences de Russie, estime que les forces qui coordonnent les manifestations, qui ne sont pas Vitali Klitchko, Arseni Iatseniouk et Oleg Tiagnibok, fatiguent les autorités en jouant au chat et à la souris, ce qui a déjà provoqué la démission du premier ministre.

« Les dirigeants modérément libéraux et les combattants de Maidan sont dirigés par les mêmes personnes. Cela se passe en deux temps. D’abord, les« gentils », personnifiés par le triumvirat de l’opposition, fait pression sur le gouvernement de Viktor Ianoukovitch. Ils font part de quelques exigences que Viktor Ianoukovitch ne satisfait pas. Ensuite, les « méchants », les combattants de Maidan, entrent en jeu. »

Pour Oleg Bondarenko, politologue et directeur du Centre russo-ukrainien d’informations, même si les concessions isolées du président ukrainien, comme la proposition faite à Arseni Iatseniouk de prendre le poste de premier ministre ou la décision d’abroger les lois du 16 janvier, lui permettent de prendre l’initiative à l’opposition, Viktor Ianoukovitch doit abandonner l’idée de gracier les personnes qui ont participé aux affrontements en échange de la levée des sièges des organes régionaux de l’État.

« L’amnistie mènera à l’impunité. Ces personnes vont continuer à faire ce qu’elles faisaient. À mon avis, c’est une situation sans pareil dans l’histoire, parce que les personnes qui se conduisent avec autant d’insolence et de façon illégale ne peuvent être dédouanées de leur responsabilité. Ces personnes ont lancé devant le monde entier des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre, les ont frappées, et ont pris des bâtiments administratifs. Cela s’est produit sous nos yeux et cela ne gêne personne. Si ces personnes ne sont pas mises en face de leurs responsabilités, alors il n’y aura plus d’ordre en Ukraine. »

À l’heure actuelle, il est difficile de prévoir la façon dont la situation va évoluer en Ukraine, d’autant plus que l’activité des structures radicales est de plus en plus forte. Le leader du groupement extrémiste Praviy Sektor Dmitri Iaroche a déjà accusé les dirigeants des partis de l’opposition au parlement d’irrésolution et a déclaré que son organisation prendrait la responsabilité du changement de pouvoir dans le pays. Il a également indiqué qu’il était prêt à faire diminuer l’activité dans les rues en suivant le principe du donnant-donnant, et a menacé de nouveaux désordres dans le cas où les autorités

Source : http://french.ruvr.ru/2014_01_28/Ukraine-il-y-a-peril-en-la-demeure-1214/

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