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DISCOURS DE PASCAL AFFI N’GUESSAN, PRESIDENT DUFPI 

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-Camarades membres du Secrétariat Exécutif ;
-Camarades membres du Secrétariat Général ;
-Camarades membres du Comité Central ;
-Camarades membres du Comité de Contrôle ;
-Camarades membres de l’Organisation des Femmes du FPI (OFPI) ;
-Jeunesse du Font Populaire Ivoirien (JFPI) ;
-Camarades Secrétaires Généraux de Fédérations, de Sections et de bases ;
-Camarades Responsables et membres des structures d’activités du parti (CAE-FPI ; CAP-FPI ; le collectif des Coordinations …) ;
-Camarades militantes, camarades militants et sympathisants du FPI ;
-Honorables invités ; 
-Mesdames et Messieurs ;
-Chers frères et sœurs ;

Après celle de la passation des charges organisée en ce même lieu le 07 septembre 2013, c’est une autre grande émotion qui m’étreint en cette solennelle cérémonie d’échanges de vœux qui clôture pour moi plus de deux années d’absence à ce cadre annuel de retrouvailles, de communion et de ressourcement.

Circonstance de joie parce qu’une année nouvelle s’ouvre au monde dans l’espérance d’une plus grande béatitude, toute cérémonie d’échanges de vœux est aussi un moment de souvenirs et de commémoration, une occasion d’évaluation et d’appréciation des événements vécus et du chemin parcouru au cours de l’année qui nous quitte.

Pour les ivoiriennes et les ivoiriens en général, l’année 2013 qui vient de s’achever aura été encore une année d’épreuves, de frustrations et de tristesse. 

Pour les militantes et militants du FPI, pour les combattants de la liberté, de la justice et de la dignité humaine, l’oppression morale, physique et psychologique s’est poursuivie ; toutefois en 2013 son visage hideux a commencé à être dénoncé, quelques voix se sont élevées en faveur de la cause des opprimés et l’arrogance de l’oppresseur s’est trouvée ébranlée.

En cette circonstance solennelle, je voudrais vous inviter à avoir une pensée et des prières pour toutes les victimes de l’oppression,en particulier pour nos nombreux camarades disparus. C’est aussi le moment pour nous de renouveler notre compassion et notre solidarité à tous nos compatriotes, ces milliers de femmes et d’hommes qui croupissent en prison dans des conditions inhumaines ou vivent un exil forcé. Je pense tout particulièrement à Simone Ehivet Gbagbo,deuxième vice-présidente du parti, à Charles Blé Goudé, président du COJEP, à Jean-Yves Dibopieu, président de la SOAF, à tous ces officiers généraux, officiers supérieurs, officiers,sous-officiers et éléments des ex-FDS, injustement incarcérés ou en exil.

Le caractère odieux de la situation du Président Laurent GBAGBO nous afflige au plus haut point ; elle exige la mobilisation de toutes nos énergies au nom de la vérité, de la justice, de la paix et de la réconciliation nationale.

Camarades militantes, Camarades militants ;
Quine se souvient des promesses mirobolantes du candidat Alassane Ouattara lors de l’élection présidentielle d’octobre et de novembre 2010 en matière de gouvernance politique, sociale,économique et du système de sécurité nationale ? Trois ans après son accession au pouvoir et à deux ans de nouvelles élections générales, où en est-on avec les belles intentions proclamées ?Le bilan de son action, dressé par le chef de l’Etat lui-même à l’occasion de son message à la nation, le 31 décembre 2013, offre t-il des motifs de satisfaction et d’espoir ?

A la vérité, comme les années précédentes, les ivoiriennes et les ivoiriens sont restés sur leur faim. Ils ont attendu en vain des réponses claires et rassurantes sur les lancinantes et récurrentes questions de sécurité, de pauvreté et de cherté de la vie, des libertés publiques et de droit de l’homme, d’Etat de droit, de justice et de réconciliation nationale.
L’état des lieux que je vous ai présenté le 07 septembre 2013 et que j’ai réitéré lors de la conférence de presse du 04 décembre 2013 ne s’est pas amélioré.

1– AU PLAN DE LA SECURITE DES PERSONNES ET DES BIENS

La Réforme du Secteur de Sécurité (RSS) piétine, prise en otage par les chefs de guerre alors qu’elle devrait être transparente et démocratique afin que l’Armée Nationale et toutes les Institutions de la République qui participent à la sécurité nationale, soient l’expression de la volonté nationale. En conséquence et comme le reconnaît le chef de l’Etat lui-même «le phénomène des coupeurs de route …demeure une préoccupation des populations ». Cette situation est aggravée par l’absence de volonté politique, d’une part dans le désarmement des ex-combattants qui ont porté le régime au pouvoir –plus de soixante mille- armés et livrés à eux-mêmes, et d’autre part par les milices « dozo » qui, comme l’indique Amnesty international dans son rapport de juillet 2013 « depuis l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara, ont pris une importance considérable, notamment dans l’ouest du pays où certains de leurs éléments rançonnent les populations et procèdent à des arrestations arbitraires en assumant un rôle autoproclamé de maintien de l’ordre ».

Faceà cette insécurité chronique, les populations sont sans recours :la police et la gendarmerie sont désarmées et ostracisées. L’amèreexpérience que j’ai pu faire personnellement à Doropo le 18décembre 2013, l’assassinat du journaliste David Oué à sondomicile dans la nuit du 15 au 16 novembre 2013 et celui du jeuneGnonssian Saint Alex à Duokoué, le 30 décembre 2013, sont unefrappante illustration de la gravité de la situation sécuritaire,en particulier quand il s’agit de celle des opposantspolitiques.

2– AU PLAN SOCIAL

Lasituation nationale est caractérisée par l’aggravation de lapauvreté, par la précarité et la morosité sociales, par ladésorganisation, la dégradation et les multiples dysfonctionnementsdu système éducatif, et par la démission de l’Etat et ladésillusion des populations en matière de santé publique.

«Oui, la vie est chère et nombreux sont nos compatriotes quiéprouvent des difficultés à joindre les deux bouts … ». C’estAlassane Ouattara qui se contente de le constater, marquant en mêmetemps son impuissance à juguler l’inflation, à créer des emploiset à améliorer les revenus des travailleurs.

Enmatière de création d’emplois, Alassane Ouattara reconnait queson programme rencontre des difficultés. A deux ans de la fin de sonmandat, il nous fait croire toutefois que « l’objectif de créationd’un million d’emplois [qu’il a pompeusement annoncé pendantla campagne électorale] sur cinq ans, est toujours à sa portée».
Audemeurant, comment peut il atteindre un tel objectif quand, dans lemême temps, une politique systématique et autoritaire delicenciements abusifs est mise en œuvre au nom du rattrapageethnique pour épurer les Forces de Défenses et de Sécurité,l’administration publique et les sociétés parapubliques de tousles travailleurs dont « les noms posent problème ».

Ceslicenciements massifs ont accru le chômage et accentué la pauvreté.Le taux de pauvreté qui était de 36 % en 1996, s’établit àl’heure actuelle à plus de 60 %. En termes d’indice dedéveloppement humain, le pays est classé au 168ème rang mondialsur 187 pays. Avec cela, on parle « d’être un pays émergent »dans sept ans.

Commesolution à l’amélioration des revenus dans le secteur privé, leChef de l’Etat annonce l’augmentation du Salaire MinimumInterprofessionnel Garanti (SMIG) de 36.607 FCFA à 60.000 FCFA ;cela induira une augmentation des salaires des autres catégories.Curieusement, aucune mesure n’est annoncée pour préserver lacompétitivité des entreprises du secteur privé et éviter denouveaux licenciements de travailleurs.

Lesmesures de revalorisation des salaires et de déblocage desavancements des fonctionnaires dès janvier 2014 relèvent en réalitéde l’effet d’annonce et des promesses fallacieuses, compte tenude la situation tendue des finances publiques et de la tutelle serréeexercée par le FMI pour juguler les dérapages budgétaires auxquelsle gouvernement Ouattara est abonné.

Etque dire du fameux programme de « logements sociaux » brandi commeune grande réussite ? En réalité une opération menée de façondémagogique sans étude préalable et qui rencontre de nombreusesdifficultés : financement bancaire, disponibilité et viabilisationdes terrains, coût 2 fois supérieur au coût annoncé.
Sousle rapport de la gouvernance économique, le Chef de l’Etat seréjouit de ce que « notre pays connaît une forte reprise » leplaçant « parmi les dix premières nations en croissance dans lemonde ». Mais alors comment expliquer l’augmentation de lapauvreté ? Peut-on se réjouir de cette croissance appauvrissantequi n’enrichit que les multinationales et les sociétésétrangères, notamment celles engagées dans les projetsd’infrastructures économiques, qui emploient un personnel expatriéet s’approvisionnent à l’extérieur. Ainsi l’argent travaillepour l’extérieur et ne circule pas à l’intérieur.

S’agissantdes infrastructures économiques, il est bon de savoir que le pouvoiractuel ne fait qu’accompagner des projets initiés et mis en œuvresous les régimes précédents, sous forme de cérémonied’inauguration ou de pose de première pierre. Le rappeler de tempsen temps le grandirait en attendant les 3.396 milliards que lecandidat Alassane Ouattara avait promis de consacrer à lamodernisation du système de transport ivoirien à travers notammentla construction de la voie ferrée Ouangolodougou – Sikasso (Mali),du chemin de fer San-Pédro – Régions Nord Ouest, etc..

L’attenterisque d’être longue, au regard des dérapages observés par lesbailleurs de fonds dans la gestion du programme économique etfinancier du gouvernement et des difficultés que celui-ci éprouveen conséquence à poursuivre la mobilisation des financementsnécessaires à la réalisation du programme d’investissementspublics.

Eneffet, l’aggravation du déficit budgétaire malgré l’annulationmassive d’une partie de la dette du pays, la politiqued’endettement excessif à des conditions onéreuses, l’accumulationdes arriérés de paiement de la dette intérieure, le gonflement duvolume de la dette flottante, le népotisme observé dans la gestiondes marchés publics, etc … ont amené le FMI a placer sous tutelletechnique, la gestion courante des finances publiques du pays et deses activités connexes.

Cesproblèmes de gouvernance sont encore plus graves au niveaupolitique

4– LA GOUVERNANCE POLITIQUE

Lagouvernance politique est le dernier souci du Chef de l’Etat,abordé dans le dernier chapitre de son adresse à la Nation.Pourtant il se dit héritier du Président Félix Houphouët-Boignyqui sait « que la condition essentielle pour atteindre nos objectifsest la préservation d’un climat de paix, préalable indispensableà tout développement ». Il avait promis rassembler la nation : «nos divisions sont notre principal ennemi » avait-il dit,d’approfondir la démocratie et à cette fin d’organiser desdébats nationaux sur les grandes questions de société, enparticulier sur le rôle des Institutions de la République. Pourtantil torpille le processus de réconciliation nationale, refuse lesEtats Généraux de la République et un dialogue politique franc etsincère avec l’opposition « ce sont des bavardages inutiles». 

Ilavait promis un statut pour l’opposition et des moyens pour sonéclosion ; pourtant il méprise l’opposition, la traque et lapersécute. Elle ne bénéficie plus de financement public des partispolitiques, n’a pas accès aux médias d’Etat et est quasimentinterdite de manifestations.

Ilavait dit que «… nous avons besoin d’une justice indépendante,impartiale et efficace au service des citoyens et des entreprises ».Il avait promis de « traiter les prisonniers de façon humaine ».Aujourd’hui il instrumentalise l’institution judiciaire etpratique la justice des vainqueurs. A son actif des milliers deprisonniers politiques, détenus sans jugement depuis plus de deuxans, incarcérés dans des conditions inhumaines, pour certains dansdes lieux tenus secrets, sans contact ni avec leurs avocats ni avecleurs familles.

LePrésident Laurent Gbagbo n’a pas été épargné par la volontéd’anéantissement de l’idéal de liberté et de dignité. Aprèsavoir été transféré illégalement à la prison Scheveningen LaHaye, il est maintenu en détention par la CPI alors que celle-cireconnait qu’à ce jour le bureau du procureur n’a pas produit depreuves suffisantes donnant des « motifs substantiels de croire »que le Président Laurent Gbagbo ait commis les crimes qui lui sontimputés. Le temps et le remarquable travail abattu par les avocatsdu Président Laurent Gbagbo ont permis de faire émerger la véritéet de confondre ses bourreaux. Maintenant, ce sont des millions depersonnes à travers le monde qui se sont emparés de sa cause et quiorganisent sa défense. Acculée, la CPI s’est réfugiée dans uneposture politique et tergiverse quant à la libération du PrésidentLaurent Gbagbo. Pourtant la libération de Laurent Gbagbo estinéluctable, au nom de la vérité et de la justice.

Camaradesmilitantes, Camarades Militants
Autotal, la Côte d’Ivoire est divisée, appauvrie et endettée. LesIvoiriens sont meurtris et traumatisés. Nous sommes durementéprouvés, mais vous n’avez jamais montré un quelconque signed’essoufflement et de démobilisation. Grâce à votre grand amourpour le parti et votre foi dans le combat qu’il mène, le FPI estresté debout. Honneur et hommage à vous tous pour votre bravoure etpour votre engagement militant.

Lepeuple ivoirien martyrisé appelle au secours et attend avecimpatience une alternative crédible. Notre devoir est d’incarnerl’espérance de ces millions de compatriotes, qui gémissent etsouffrent en silence, de voler au secours de la nation en danger. Ences moments de turbulences et d’interrogations, notre rôle n’estpas de témoigner, mais d’agir, de restaurer et dedévelopper. 
Notretradition, c’est la lutte. Les avancées démocratiques que le paysa connues et qui sont aujourd’hui menacées, nous les devons ànotre lutte, à la sueur de nos fronts, aux sacrifices de noscompatriotes.

Le26 septembre 2013, le Comité Central du parti a adopté les neuf (9)axes stratégiques du programme que nous avons décidé de mettre enœuvre pour incarner cette espérance nouvelle. Ils s’articulentautour de notre ambition de reconquête.

II.POUR UNE NOUVELLE ESPERANCE

1– Agir pour l’extinction des effets de la crise par le dialoguepolitique

Ledialogue politique sollicité par le FPI depuis le 29 septembre 2011et qui a démarré le 18 janvier 2013 vise à trouver des solutionsnégociées aux situations nées de la crise et entretenues par lacrise. Il s’agit de problèmes qui touchent directement lesmilitants du FPI et les partisans du Président Laurent Gbagbo etdont la résolution contribuera à la décrispation et àl’apaisement de l’environnement socio-politique, à larestauration de la confiance entre le gouvernement et l’oppositionafin de créer les conditions de la réconciliation.

Pourles Ivoiriens en général, et pour les militants du FPI et lespartisans du Président Laurent Gbagbo en particulier, lesconséquences de la crise postélectorale ont étédramatiques. 
Beaucoupd’entre eux ont été arrêtés et jetés en prison, dont lesprincipaux dirigeants du parti. Certains ont perdu la vie. Pouréchapper à la mort ou à l’arrestation, de milliers d’autresont pris le chemin de l’exil. Ils vivent depuis plus de deux ansdans la précarité, séparés de leurs familles. Certains sontmorts, d’autres sont mourants et éprouvent toutes les peines à sesoigner ; leurs comptes bancaires sont « gelés », les privant demoyens pour se nourrir, pour pourvoir à l’éducation des enfantset à l’entretien de la famille. Les drames vécus sontindescriptibles. 

Quandils n’ont pas été pillés, les biens de toutes natures denombreux cadres du FPI et partisans de Laurent Gbagbo ont étéconfisqués par des partisans du régime : maisons, véhicules,terrains, terres agricoles, plantations, etc…

Dansles administrations, dans les entreprises publiques et parapubliques,c’est la chasse aux sorcières. C’est « le rattrapage » quicontraint au chômage, au désœuvrement et à la pauvreté desmilliers de cadres, à cause de leur appartenance politique ouethnique. 

Cetteexclusion politique dont est victime l’opposition accroit lesfrustrations, le sentiment d’injustice, de colère et de révolte.Elle alourdit le climat sociopolitique, plombe le moral despopulations et la confiance des investisseurs. 
Untel environnement n’est nullement propice ni à la réconciliationnationale, ni à la restauration économique. 

Lesobjectifs spécifiques du dialogue politique visés sont :

i)Normaliser la vie politique et sociale. Pour cela :

-Agir pour la Libération du Président Laurent Gbagbo ;
-Libérer tous les prisonniers politiques civils et militaires etéteindre à leur endroit toutes les actions entreprises ;
-Permettre et organiser le retour des refugiés et des exiléspolitiques, et éteindre à leur endroit toutes les actionsentreprises ;
-Réhabiliter et réintégrer avec reconstitution de carrière, tousles membres des Forces de défense et de Sécurité emprisonnés,exclus ou en exil ;
-Réhabiliter, réintégrer avec reconstitution de carrière, tous lestravailleurs de l’administration publique, du secteur parapublic,du secteur privé, etc, sanctionnés ou exclus suite à la crisepostélectorale et pour des raisons politiques ou ethniques.

ii)Restaurer les droits et libertés individuels :

-Faire restituer les biens confisqués et le cas échéant procéderau dédommagement des propriétaires ;
-Dégeler les comptes bancaires et les avoirs de toutes les personnesconcernées par ces mesures ;
-Faire lever les sanctions ainsi que les interdictions de visas et devoyage.

iii)Normaliser le jeu démocratique

-Permettre l’accès de l’opposition aux médias d’Etat ;
-Reprendre le financement des partis politiques
-Ne pas entraver et sécuriser les manifestations de l’opposition
-S’engager à respecter la liberté de réunion, d’opinion etd’expression ;
-Assurer la protection des dirigeants de l’opposition.

iv)Garantir la sécurité des personnes et des biens 

-Organiser le retour des chasseurs traditionnels ‘’dozos’’dans leurs terroirs et à leurs activités d’origine ;
-Assurer l’encasernement des FRCI et mettre fin à leur utilisationdans les actions de sécurité publique ;
-Réaliser le désarmement des ex-combattants civils ;
-Réhabiliter les forces de police et de gendarmerie dans leursfonctions régaliennes de sécurité publique, les doter en armementset en équipements nécessaires à l’exercice de leursmissions.

v)Adopter les termes de référence et préparer les Etats Générauxde la République

-Adopter les termes de référence des Etats Généraux de laRépublique (EGR) ;
-Adopter les textes portant missions, composition, organisation etfonctionnement de la Nouvelle Commission Dialogue, vérité etréconciliation (Directoire des EGR) ;
-Adopter le texte portant convocation des EGR.
L’urgencede la réconciliation commande que le dialogue direct ne s’éternisepas. Dix-huit (18) mois après l’ouverture de ces négociations,certaines questions ont fait l’objet de convergences, mais lesdécisions concrètes tardent à venir. L’enjeu que représente ledialogue direct avec le gouvernement, pour la normalisation du payset pour la réconciliation de la nation exige que le dialogueaboutisse à des conclusions heureuses dans les meilleurs délais.

2– Œuvrer à la réconciliation nationale 

Pourrépondre au besoin de justice des victimes des douloureux évènementsque le pays a connus, et pour réaliser la réconciliation nationalela justice pénale a montré ses limites. Le constat est unanimeauprès des différentes organisations internationales de défensedes droits de l’homme. Comment procéder pour rendre justice auxvictimes et dans le même mouvement fonder un nouveau contrat socialà travers des réformes politiques et institutionnelles ? QuelleCommission pour une réconciliation nationale crédible et effective?

Dansson rapport d’octobre 2013, la FIDH, faisant le même constat,propose de mettre en œuvre un processus de justice transitionnelleque « les seules perspectives envisageables consisteraient àreprendre des consultations nationales permettant de tranchernotamment le mandat, la composition, la place de la justice et lesattentes des populations à l’égard de la Commission. Sur la basede la structure existante et restructurée, la CDVR aurait ensuitecomme mission de recevoir les plaintes des victimes et les entendre,d’enquêter sur ces allégations, d’organiser des audiences dontcertaines pourraient être publiques ou publicisées, et d’établirdes recommandations de réparations individuelles et collectivesainsi que des garanties de non répétition des violations des droitsde l’homme, sous la forme de réformes constitutionnelles,législatives, administratives et mémorielles ; et ce afin depréserver l’Etat des dérives autoritaires du pouvoir et desconséquences d’une instrumentalisation de ses attributs répressifssur les citoyens ».

LeFPI partage cette analyse. C’est pour donner une forme concrète etopérationnelle à cette vision, c’est pour apporter une réponseconcrète à la question des instruments et de la procédure deréconciliation, que le FPI propose les Etats Généraux de laRépublique. 

Leconcept d’Etats Généraux est habituellement utilisé pourdésigner les réunions que les acteurs d’un secteur organisent surune période donnée pour débattre en profondeur, émettre despropositions, en vue de corriger ses dysfonctionnements et deredynamiser leurs activités : Etats généraux de la presse, del’éducation, des sports, etc…

Historiquement,et en France, les Etats Généraux étaient des assemblées issuesdes trois ordres (Clergé, Noblesse et Tiers Etat), convoquées parle Roi pour débattre des problèmes du pays. Les Etats Généraux de1789 ont été les derniers de l’ancien Régime. L’historien etphilosophe Jules Michelet (1798-1874) considère que « laconvocation des Etats Généraux de 1789 est l’ère véritable dela naissance du peuple. Elle appela le peuple entier à l’exercicede ses droits ».

En2009, en France, on a eut recours aux Etats Généraux del’Outre-mer, pour espérer sortir de la crise sociale aux Antilles,conflit d’une ampleur et d’une intensité jamais connues alorsdans ces territoires. 

L’objectifgénéral des E.G.R est de réunir des représentants de toutes lescomposantes de la nation pour faire la lumière sur lescirconstances, les causes, les auteurs et les victimes des douloureuxévènements sociopolitiques qui ont endeuillé le pays et diviséles Ivoiriens, proposer des réparations et des remèdes, en vue deconstruire un nouveau consensus réconciliateur, facteur de paix etde stabilité.

LeFPI a identifié sept (7) thématiques qui pourraient faire l’objetdes travaux des E.G.R :
i)Rechercher la vérité sur les évènements sociopolitiques des dixdernières années, situer les responsabilités sur les gravesviolations des droits de l’homme et proposer des réparations pourles victimes ainsi que tous moyens de nature à guérir destraumatismes subis ;
ii)Proposer les réformes constitutionnelles, institutionnelles etélectorales de nature à fonder la stabilité politique et ladémocratie ;
iii)Adopter les réformes législatives nécessaires à la consolidationde l’Etat de Droit, des Libertés et de la Démocratie ;
iv)Proposer des textes consensuels et des programmes gouvernementaux surla nationalité, la citoyenneté, l’identification des populationset le foncier rural en vue de mettre fin aux troublessocio-politiques et aux affrontements intercommunautaires ;
v)Réformer le Système de Sécurité nationale (RSS) ;
vi)Proposer une carte nationale de l’administration du territoire etde la décentralisation en vue de stabiliser l’organisationadministrative du pays et de favoriser le développement équilibrédu territoire ;
vii)Analyser les questions liées à la laïcité, à la diversitéethnique et culturelles, à l’éthique républicaine, à lasolidarité nationale et à la cohésion sociale ; faire despropositions visant à promouvoir la conscience nationale et lepatriotisme.
Lesparticipants aux Etats Généraux de la République seront de troistypes :
i)Les représentants des couches socio-professionnelles
Leurparticipation est destinée à témoigner du caractère inclusif duprocessus et à fonder la légitimité des conclusions qui ensortiront. Ainsi prendront part aux Etats Généraux de la République:
-Les représentants du gouvernement et des Institutions de laRépublique ;
-Les partis politiques ;
-La Société Civile ;
-Les représentants des régions, des communautés et des autoritéscoutumières ;
-Les confessions religieuses ;
-Les organisations syndicales et patronales ;
-Les représentants de la diaspora ;
-Les représentants des mouvements de jeunesse et des femmes ;
-Les représentants des corps constitués (Justice, Armée, Police,Gendarmerie ; Administration Publique, etc..) ;
-Etc…

ii)Les experts
Ils’agit de personnalités ressources de renom, ivoiriennes ou nonivoiriennes, de représentants des organisations internationales, quiseront invitées pour faire partager leurs expériences et apporterleur éclairage sur les questions débattues.

iii)Les acteurs de la crise
Ils’agit : 
-Des acteurs majeurs de la crise : les présidents Laurent Gbagbo,Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié;
-Des auteurs présumés de crimes et de violations des droits del’homme 
-Des victimes des évènements socio-politiques ;
-Des témoins des évènements. 
Leursauditions et témoignages, publics ou à « hui clos », permettrontde faire éclater la vérité sur les évènements socio-politiquesdes dix dernières années.

Pourassurer une large audience aux E.G.R, le Directoire des EtatsGénéraux de la République pourra imaginer d’autres formes departicipants telles que des sites internet, téléphone vert, pagesde journaux, etc..

LeDirectoire des Etats Généraux de la République pourrait être laCommission Dialogue-Vérité et Réconciliation reconstituée dans sacomposition, son organisation et son fonctionnement. 
LesEtats Généraux de la République s’appuieront sur les résultatsde toutes les enquêtes, les rapports et toute documentation enrapport avec les évènements incriminés. Le Directoire analyserales rapports de toutes les expériences antérieures deréconciliation et de refondation politique : Commission ConsultativeConstitutionnelle et Electorale (2000), Forum de la RéconciliationNationale (2001), accords politiques pour la résolution de la crisenée de la rébellion armée (Lomé, Marcoussis, Accra, Pretoria,Ouagadougou), etc…

Lesdossiers d’instruction des poursuites judiciaires engagées dans lecadre de la crise post-électorale lui seront versés. Le Directoirediligentera toute enquête complémentaire qu’il jugera nécessaireà la réussite de sa mission. 

Sestravaux des Etats Généraux de la République se dérouleront enplénière et en commission. Les séances serviront à présenter lesgrandes communications, aux auditions et témoignages et à larestitution des résultats des travaux en commission. 
Lesparticipants se repartiront en commission thématiques. Sept (7)commissions thématiques sont proposées correspondant aux sept (7)objectifs spécifiques des Etats Généraux de la République.

Ceprojet généreux rencontre des résistances de la part dugouvernement dont l’implication est incontournable pour sa mise enœuvre.

3- Actualiser la vision du parti au plan idéologique etprogrammatique 
dupays

Lemonde évolue, l’Afrique bouge, la Côte d’Ivoire change, lesmentalités aussi. De nouvelles problématiques émergent dans notresociété et dans le monde. Le parti doit s’adapter pour porter enpermanence les aspirations de nos compatriotes. La nouvelle dynamiqueque nous venons d’impulser aux Secrétariats nationaux chargés del’action gouvernementale vise à bâtir les quatre piliers del’espérance :
-L’Espérance d’une nation unie et solidaire ;
-L’Espérance d’une nation riche et prospère ;
-L’Espérance d’une nation en paix à l’intérieur et avec sesvoisins, admirée et respectée ;
-L’Espérance d’une nation de la modernité sociale.
Lapertinence de ce projet de l’espérance portera assurément unepart substantielle de notre ambition de reconquête.

4- Redynamiser les structures du parti et assurer le renforcement descapacités descadres 
Ils’agit de refonder le FPI afin d’en faire une redoutable machinede mobilisation politique et électorale. Pour ce faire, deux axesd’action seront privilégiés :
-Le renforcement de l’implantation nationale du parti,
-La modernisation de l’organisation et du fonctionnement duparti.

Depuisseptembre 2013, j’ai repris les tournées sur le terrain pourréactiver les structures de base en hibernation dans beaucoup derégions à la suite de la crise postélectorale. Ce travail estprolongé par les structures spécialisées, particulièrement laJFPI que je voudrais saluer et féliciter, par les SecrétairesNationaux et par des élus. 

Lavice-présidence chargée de la mobilisation et de l’implantationdu parti a été instruite pour soumettre au Secrétariat Exécutifpuis aux autres instances du parti, des propositions de décisionafin de régulariser dès la semaine prochaine des situations dedysfonctionnements qui ont été observées dans certainesfédérations.

Lerecrutement des cadres, la redynamisation des coordinations et laformation politique devront occuper une place de choix dans cetteopération d’implantation du parti.
Lamodernisation de l’administration du parti visera la mise en œuvrede plusieurs actions : 
-La réhabilitation des locaux servant de siège provisoire etl’informatisation des services ;

-L’évaluation systématique et périodique des contrats d’objectifsdes Secrétaires Nationaux chargés de l’encadrement desfédérations ;
-L’évaluation systématique des Fédérations ;
-Le traitement systématique et efficace des situations d’indisciplineet de conflits ;
-Etc….

5– Redynamiser l’action sociale du parti

Justicesociale et solidarité sont des valeurs fondamentales du socialisme.Elles sont aussi des valeurs africaines. Pour le FPI, ellesconstituent donc une nécessité idéologique et une opportunitépolitique dont le respect et l’exploitation lui donneront une imagespécifique et un avantage comparatif dans le paysage politiquenational. 

Lacrise politique et ses nombreuses victimes tant au sein du partiqu’au sein des populations donnent une importance touteparticulière à cette dimension de notre politique de reconquête.

6– Renforcer les alliances politiques et sociales

Al’intérieur de la bipolarisation en cours, le jeu politique enCôte d’Ivoire est ordonné autour d’un trépied constitué duFPI et des partis membres de l’ex-majorité présidentielle, duPDCI-RDA et du RDR. Ce trépied a rassemblé aux dernières élections(1er tour) 95% de l’électorat. En l’état actuel des choses,sans alliance (formelle ou pas) avec un des deux autres tendancespolitiques, il sera difficile à un parti politique de gagner uneélection présidentielle. D’où l’excitation actuelle d’AlassaneOuattara et du RDR à tenter de verrouiller la direction du PDCI-RDA.Comme vous le constatez chaque jour à travers la presse, l’enjeudes futures élections générales pour les militantes et militantsde chaque formation politique est tel que nécessairement desopportunités seront ouvertes à des alliances avec des partisdésireux de servir la cause nationale, la liberté et la démocratie,à commencer par les partis membres du CNRD et de l’ex-MajoritéPrésidentielle.
Nousne devons pas oublier l’alliance avec les forces sociales. Partagerla lutte des travailleurs, marquer notre solidarité et notreproximité avec la société civile dans la défense des libertés etdes droits de l’homme, devraient nous permettre à la fois deservir notre idéal et de capter leur adhésion.

7– Renforcer la mobilisation des ressources afin d’assurerle 
financementdes activités du parti

L’argentest le nerf de la guerre a-t-on coutume de dire. C’est une réalité.Nous l’avions vécu dans l’opposition, nous en faisons l’amèreexpérience depuis qu’instruit de cette réalité, AlassaneOuattara a décidé de l’utiliser pour nous anéantir, à défaut,pour fausser à son avantage les règles de jeu politique. Nousdevons relever ensemble le défi. C’est une condition essentiellede notre liberté et de la reconquête. C’est ce qui justifie lelancement de l’opération « je donne au FPI ». Vos contributionssont attendues. C’est un acte militant qui donnera au parti lesmoyens nécessaires à la protection des libertés, à la défense dela démocratie et à la reconquête du pouvoir d’Etat.

8– Développer une politique d’image et de communicationappropriée

Depuisplus de trente ans qu’il se bat pour la Côte d’Ivoire, le FPI adéveloppé une solide image dans l’opinion nationale etinternationale. Mais la campagne de dénigrement systématique et dediabolisation dont il a été l’objet depuis 2000 a laissé destraces. Certes ces derniers mois le parti reprend des couleurs commeen témoignent les invitations qu’il reçoit pour participer à desrencontres internationales ; nous devons en outre faire la preuve,aux yeux de l’opinion nationale comme internationale, de notrecapacité à incarner cette nouvelle espérance. Le désastrenational que constitue la gouvernance d’Alassane Ouattara ouvre lavoie, mais il ne sera pas suffisant pour la reconquête du pouvoird’Etat. Nous devons faire la preuve d’un parti sérieux etrigoureux proche du peuple, digne de confiance et apte à gouverner ànouveau. C’est dans la modernisation de la pensée et de nosrapports aux médias, le renforcement de la communication et dumarketing politique, une plus grande efficacité de la presse duparti, que nous réussirons à donner une image fidèle etvalorisante du parti à l’opinion nationale et internationale.

9– Assurer le rayonnement international du parti

Avecla mondialisation et la multilatéralisation de plus en plus pousséede questions touchant à l’existence des hommes, les frontièresn’ont plus la même signification que par le passé. Désormais lesréseaux qui traversent les organisations humaines s’étendentlargement au-delà des cadres nationaux. La refondation de ladiplomatie du parti doit s’appuyer sur une plus grande sensibilitéaux questions internationales et une présence plus marquée du partisur la scène internationale. Toutes les opportunités offertes parles médias internationaux devront être exploitée.L’internationalisation de la fête de la liberté offrira uneopportunité supplémentaire de positionnement auprès des partisfrères.

CONCLUSION
Voilàchers camarades, Mesdames et Messieurs, Honorables invités lesgrands axes de notre lutte à l’horizon 2015 et qui constituentaussi des défis qu’il nous faut impérativement relever pour notremarche irréversible vers la victoire finale. Nous y croyonsfermement car nous, au FPI, nous avons l’avantage d’être dans laroue de l’histoire.

Oui,chers frères et sœurs, le FPI ne rêve jamais seul ; le FPI rêvetoujours avec les ivoiriens, avec le peuple de Côte ; parce qu’ilest au cœur des attentes de l’écrasante majorité de lapopulation. Nous n’avons pas le droit de décevoir cesattentes.
L’année2014 doit donc être pour nous et pour nos compatriotes, l’annéedes actions concrètes, l’année décisive qui annonce la victoirefinale. 

Leprésident Laurent Gbagbo qui depuis La Haye, suit notre marche versla reconquête du pouvoir, m’a chargé de vous transmettre tous sesvœux de santé, de courage et de réussite.
C’esten partageant avec vous, sans haine et sans rancune, le souvenir detoutes ces blessures, de toutes ces meurtrissures vécues, mais aussil’espérance d’une renaissance, c’est en vous renouvelant magratitude pour toutes vos marques d’attention, d’affection et desoutien que je voudrais formuler, à mon tour, à chacune et àchacun d’entre vous, ainsi qu’à vos famille respectives, mesvœux les meilleurs pour 2014. 
Bonneet heureuse année 2014 à tous les militants du Front PopulaireIvoirien, en liberté, en prison ou en exil.
Bonneet heureuse année à tous les combattants de la liberté d’ici etd’ailleurs

Bonneet heureuse année à tous les ivoiriens épris de justice et de paixen lutte aux côtés du Front Populaire Ivoirien pour l’avènementd’une Côte d’Ivoire démocratique, stabilisée etprospère.
Annéede liberté au Président Laurent Gbagbo et qu’il nous revienne enbonne santé.

Vivele Front Populaire Ivoirien
Vivela Côte d’Ivoire
Jevous remercie.

Abidjan,le 7 janvier 2014

PascalAFFI N’guessan
Présidentdu FPI

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