Depuis l’arrestation et le transfèrement du Président Laurent Gbagbo à la CPI, on assiste à un frémissement intellectuel spectaculaire. C’est régulièrement que les partisans de Laurent Gbagbo écrivent et mettent sur le marché des ouvrages. Pour ces derniers, il s’agit de porter la vérité dans chaque foyer en mettant à la disposition de chacun des informations précieuses. Cet acte fort louable n’est pas un acte léger d’autant que les auteurs engagent leur crédibilité vis-à-vis de l’histoire. Qu’allons-nous dire pour convaincre les opinions figées ou informer ceux qui ne savaient aucun mot sur la situation ivoirienne ? Comment détricoter le mensonge international longtemps servi contre le Président Gbagbo? Telles semblent être les questions qui s’imposent à l’esprit des auteurs.

 

L’activité de production devient difficile lorsqu’il s’agit de vendre le mensonge mais très facile et aisée quand la vente de la vérité devient un l’impératif. Difficile parce que défendre une opinion mensongère en face d’universitaires aguerris, relève d’une tâche herculéenne. On comprend dès lors, pourquoi face à ce bouillonnement intellectuel, les hommes de Ouattara se terrent. Que vont-ils vendre au monde ? Le mensonge ? Oui. La difficulté de soulever leurs plumes réside dans le fait qu’ils seront appelés à défendre, preuves à l’appui, ce qu’ils accoucheront dans leurs ouvrages. Pourtant, ils ont toutes les armes pour écrire. Ils ont accès à tous les dossiers de la république.

 

Pourquoi, alors qu’ils sont au pouvoir et ont tous les moyens, ne produisent-ils pas des ouvrages sur leur « victoire électorale » ? On ne comprend toujours pas, pourquoi ils ne rendent pas service aux yeux curieux qui voudraient lire leur version sur le clonage des bulletins de vote au nord. Pour noyer leurs carences, ils affirment que les auteurs pro-Gbagbo, veulent s’enrichir sur le dos de Gbagbo. Mais où est le problème ? Veulent-ils dire que les ouvrages produits sont un tissu de mensonges ? Si oui, il semble que c’est une belle occasion pour écrire des œuvres qui battront en brèche celles mises sur le marché par des pro-Gbagbo. Mais au lieu de cela, ils se murent dans un univers peuplé de pratiques aux antipodes de la démocratie.

 

Hier ils ont vendu le mensonge au monde, intoxiqué la planète avec leurs agents sulfureux dont un certain Benoit Schoer. Ils sont aujourd’hui au pouvoir, qu’ils vendent la vérité sur leur homme, leur régime. Il se trouve qu’il leur est plus difficile de le faire aujourd’hui qu’hier. Le fait est qu’aujourd’hui, la vente du mensonge passe difficilement parce qu’elle rencontre sur son chemin des œuvres vraies. La vérité qui leur est opposée et plus digeste et tranchante que leur mensonge.

 

En sus de savoir qu’ils n’ont aucune vérité à servir au monde, ils sont convaincus que les lecteurs (ils n’en ont presque pas) savent distinguer la bonne graine de l’ivraie. Ils peuvent écrire pour vendre le mensonge. Mais leurs œuvres seront de viles pièces de musée qui ne feront jamais autorité dans le monde des intellectuels. Le mensonge d’hier est en train d’être mis à nu par la vérité que diffusent les partisans de Laurent Gbagbo. Ces vérités s’arrachent comme de petits pains.

 

Mieux vaut vendre la vérité qui s’arrache comme de petits pains que de vendre le mensonge qui décrédibilise son auteur.

 

 

 

Alain Bouikalo,Juriste

 

 

 


 

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