Bohoun Bouabré (BB) et « les amis de l’excellence » ont eu la brillante idée de recruter les jeunes ivoiriens les plus doués de leur génération dès le secondaire pour les inscrire dans les écoles préparatoires et les grandes écoles d’ingénieurs de France, des Etats-Unis et ailleurs dans le monde. Ceux-ci étaient très bien classés dans les compétitions de leur discipline auxquels ils participaient à travers le monde. Des mathématiciens parmi eux ont suivi au moins une formation d’ingénieurs télécom.

Avant lui, HKB s’est aussi illustré dans la formation et la promotion des jeunes cadres ivoiriens de régions différentes, s’inscrivant dans le sillage du père de la nation ivoirienne Houphouët-Boigny qui, très tôt, avait compris l’intérêt fondamental de la formation. Nous nous souvenons très bien de son initiative emblématique de « l’aventure 46 » qui a formé la première promotion de cadres ivoiriens.

Ces initiatives individuelles, poursuives dans le temps, ne doivent pas faire oublier l’immense effort fait par l’Etat ivoirien qui, dès les premières heures de l’indépendance, a accordé des bourses aux ivoiriens pour leur formation à travers le monde, dans les meilleures écoles de formation : Mines, arts et métiers, ponts et chaussées, école centrale, supelec, standfor, MIT, etc. Ces efforts ont été complétés par des initiatives sectorielles de certaines sociétés d’Etat comme l’EECI (Energie électrique de Côte d’Ivoire) qui accorda des bourses pour la formation des ingénieurs électriciens dans la fameuse ESIGELEC de Rouen (France).

Et puis, à une époque, quel pays africain pouvait rivaliser avec les grandes écoles de formation de la Côte d’Ivoire qui accueillaient des étudiants venus d’ailleurs, et qui sont regroupées aujourd’hui au sein de l’INPHB de Yamoussoukro ?

Les cadres issus de ces différentes initiatives sont convoités sur le marché international. L’expertise du BNETD, sollicitée dans plusieurs pays, en est la preuve. Plusieurs d’entre eux dirigent des multinationales en Afrique et ailleurs, sont présents dans des cabinets internationaux, dans des organisations internationales et dans la consultation internationale. Mais, ils ne trouvent pas grâce auprès de Ouattara, qui préfère scruter d’autres cieux, à la recherche de personnes dont il assurerait la promotion.

Car, en réalité, ces six années passées à la Banque d’investissement Goldman Sachs, après une formation en maths appliquée et un master en économie et gestion de pétrole, ne peuvent pas donner le profil d’un « oiseau rare » en Côte d’Ivoire, quel que soit le mérite du jeune Abdourahmane Cissé, dont on ne connaît pas d’autre nationalité que sénégalaise, à avoir fait polytechnique. Combien de nos mathématiciens ou de nos ingénieurs (tous domaines confondus) n’ont-ils pas fait une formation complémentaire en sciences économiques et qui parlent anglais ? Dans le cas présent, il s’agit d’offrir une rampe de lancement à un jeune pour lui ouvrir les portes de l’avenir. Pourquoi Ouattara pense-t-il qu’un ivoirien n’y a pas droit, alors même qu’ils sont légion à pouvoir se prévaloir d’un profil équivalent et pour l’emploi en plus ? C’est bien là, le signe d’un profond mépris pour les ivoiriens… et peut-être d’un complexe que les psychologues devraient analyser.

Kouassi Amenan

Cadre financier

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.