DEVONS-NOUS JUSTE ABANDONNER L’AFRIQUE A DIEU?

DEVONS-NOUS JUSTE ABANDONNER L’AFRIQUE A DIEU?

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L’Afrique souffre des brimades surtout de la part de l’Occident comme de l’Orient. Mais surtout plus de l’Occident. Cet Occident qui, par tous les moyens pacifiques, rusés ou brutaux, nous a amenés à cette croyance excessive en Dieu à travers leurs églises caractérisées par leur opposition les unes contre les autres. Bien sûr, ils ont utilisé et continuent d’utiliser des africains pour faciliter leurs mauvaises actions. Ces africains-là sont chrétiens, musulmans, animistes, ou adeptes d’autres religions du monde. Donc ils croient en Dieu comme nous et nos oppresseurs en chef. Donc ils prient Dieu et lui demandent de les aider à atteindre leurs objectifs ignobles – sacrés pour eux – d’appauvrissement de l’Afrique.

Mais les avons-nous vus crier sur tous les toits que Dieu, ou Allah, ou Jésus, ou Mahomet viendraient à leur secours pour nous vaincre? Je crois qu’ils savent faire la différence entre Dieu et un combat politique, économique ou culturel. Ils usent seulement de stratégies bien visibles par nous: armes, bombes, avions de combats, technologies de pointe dont le GPS ou les drones, abêtissement culturel, mauvais choix éducatifs, empêchement de construction de nouvelles écoles, maintien du concours d’entrée en sixième… Encore bien sûr, sans oublier les africains véreux et sans personnalité. D’où vient donc notre manière morbide d’appuyer notre combat politique et économique sur Dieu, Jésus, Mahomet et les autres?

Non, un combat politique n’a pas besoin de versets bibliques ni coraniques. Non, un combat politique n’a pas besoin d’analogie religieuse. Tout ce qui se raconte en religion n’est véridique que dans la tête du croyant. Alors que la guerre contre Gaddafi, Gbagbo, Tabo Mbéki, Mandela, Mugabé, Lumumba, etc. est vérifiable par nous tous. Nous n’avons pas le droit de fuir nos responsabilités historiques en nous appuyant sur Dieu et ses proches pour qu’il combatte à notre place. Nous n’avons pas le droit de créer des fissures entre nous en brandissant notre croyance en Jésus, Mahomet, Dieu, Allah. Nos réunions, même simplement sociales, ne doivent montrer de quelle religion nous sommes. Nous devons éviter des prières avant nos rencontres. Evitons de blesser la sensibilité des autres. La laïcité doit primer partout. Nous devons réserver nos prières pour nos mosquées et nos temples. Ou bien encore, nos tables à manger, nos salons. Même s’il ne le loue pas, ou le fait différemment, tout le monde croit en Dieu.

Appuyons notre discours politique sur les vraies stratégies que nous emploierons pour contenir les ennemis les vaincre. Pour notre liberté, un musulman est utile à un chrétien, vice-versa, pourvu que les deux aient les mêmes visions politiques pas du tout basées sur la religion.

Ne tenez pas de discours à la Koffi Gadeau, qui oubliant les Bété, membres de sa délégation en pays Baoulé, faisait comprendre à son peuple que ces derniers, à travers Gbagbo, voulaient leur arracher leur beau poste de Président de la République. Ce genre de discours est faux. Très faux. Tout comme celui qui s’appuie sur Dieu en politique. L’ennemi connaît Dieu, je le rappelle.

Nous avons vu des gens brandir des livres saints dans les rues d’Abidjan. Mais nous n’avons vu la puissance de Jésus ni celle de Mahomet empêcher les bombes, annihiler leurs effets. Rien n’a pu empêcher les pertes en vies humaines. Ne voyons-nous pas aussi le Moyen-Orient, là où sont nées les deux des trois grandes religions du monde? Les israéliens comptent sur Dieu. Les palestiniens aussi comptent sur Dieu. Ils s’entretuent avec des armes à feu et des bombes. Parmi eux des gens souhaitent la paix. Mais les bellicistes, plus forts en nombre ou en pouvoir, ne les écoutent pas. Cela devrait nous faire réfléchir.

Si vraiment notre majorité croit que le combat de la libération politique, économique, culturelle, etc. de l’Afrique n’est pas de notre propre ressort, mais plutôt de celui de Dieu, alors abandonnons-lui la mère patrie et nos pauvres pays. Laissons-le se battre pour nous. Retournons dans nos mosquées, nos temples, nos églises et continuons de prier. Le langage politique n’a pas besoin de se voir mélangé au langage spirituel. Des hommes de confessions différentes peuvent se rassembler autour des mêmes idéaux politiques, culturels, économiques. C’est cela la laïcité. Et c’est ce qui est la vérité. Cessons de professer l’intégrisme religieux quand ceux qui souffrent de l’impérialisme sont de différentes religions. Mais surtout quand nos oppresseurs sont ceux-là mêmes qui nous ont entraînés dans cette condition de croyants. De croyants incapables de penser ni de déceler leur jeu destiné à nous laver le cerveau pendant qu’ils pillent nos richesses. En plus, ils prient aussi Dieu et comptent sur lui pour réussir leurs expéditions de razzia…

LE FILS D’AFRIQUE, le 30 juillet 2013

(Collection Ikanakassi, Inédit)

Source: infodabidjan.net

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