Contre l’esprit borné

Contre l’esprit borné

Comme les sauterelles ont envahi l’Egypte biblique, le «politiquement correct» a envahi la Suisse

par Peter Forster, rédacteur en chef du «Schweizer Soldat»

Ce curieux fantôme n’a pas même de nom allemand, tant il est étrange et vient de loin. Mais il existe – et il mène notre pays dans une direction définie et funeste.
Le début fut la destitution de l’ambassadeur Carlo Jagmetti, un excellent diplomate, entièrement innocent: il fut soudainement victime de la «Political correctness» et de la lâcheté de ses supérieurs peu de temps avant sa retraite.
Depuis Washington, Jagmetti avait, en ce qui concernait les fonds en déshérence, mis en garde contre les dangers qui se sont peu après abattus sur notre pays. Si le Conseil fédéral avait écouté Jagmetti, la Suisse se serait épargné beaucoup d’ennuis.
Puis arriva la campagne de dénigrement indicible contre le divisionnaire Peter Regli, l’excellent chef des services de ren­seignements suisses. Un menteur et imposteur travailla les médias et la procureure générale de manière si insidieuse que Regli, tout en étant innocent, fut passé au fil de l’épée.
Cela dura huit ans jusqu’à ce que le Conseil fédéral réhabilite Regli à 100%.
Le politiquement correct mesquin fêta son plus grand triomphe contre l’ambassadeur Thomas Borer. Le très capable diplomate Borer avait, dans l’affaire des fonds en déshérence, défendu avec bravoure les intérêts de notre pays.
Mais il ne s’est jamais soumis à la presse à sensation. C’est la raison pour laquelle il a été congédié par son chef après une infâme histoire mensongère. Le juriste Borer a réfuté pas à pas toute la construction mensongère. L’éditeur de la publication à sensation s’est correctement excusé et a transmis à Borer une compensation adaptée.
Deux tristes truismes se montrèrent très efficaces au niveau politique. Premièrement, concernant les médias, il n’est pas possible «de faire rentrer la pâte dentifrice dans le tube, une fois qu’elle est sortie», et deuxièmement ni un diplomate, ni un officier supérieur, ni un CEO ne peuvent rester en place si leur supérieur n’a pas l’épine dorsale nécessaire pour supporter les pressions.
Jetons maintenant un coup d’œil sur les victimes!
Jagmetti, bourgeois, conservateur libéral; Regli, bourgeois, engagé pour la sécurité de la Suisse, droit, courageux; Borer, bourgeois à la pensée indépendante, un diplomate, qui ne cite pas à tout moment les droits de l’homme, mais qui s’engage d’abord pour les intérêts vitaux du pays.
Remarquez-vous quelque chose?
Le politiquement correct frappe toujours des hommes, qui ont une pensée indépendante, sont hardis et défendent de manière intrépide les valeurs bourgeoises, avant tout la liberté et la sécurité du pays. Jamais l’esprit borné ne s’attaque à des personnalités roses-vertes – de tels hommes et femmes pourraient se mettre à la queue leu leu; mais cela n’aurait pas de sens.
Depuis longtemps, le politiquement correct sert la gauche dans notre pays, qui l’utilise comme arme, en association avec les anciens soixante-huitards dans les rédactions, les écoles et les presbytères. La morale bigote des forces anti-armée, anti-banques, anti-centrales nucléaires et des pro-Bruxelles et pro-nivellement est devenue un instrument tranchant. Trop de personnes plient l’échine et font le poing dans leur poche.
Tous ceux qui ne veulent pas que notre pays dérive vers Bruxelles et les rêves des anciens soixante-huitards, seront bien avisés d’identifier le politiquement correct pour ce qu’il est: une arme de l’esprit borné et de la servitude. Et nous devons nous serrer les coudes, exprimer les vérités incommodes et continuer à lutter courageusement à visage découvert. •

Source: Schweizer Soldat, no 5, mai 2013
(Traduction Horizons et débats)

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