Il y a une tendance inquiétante que je vois à l’œuvre chez le personnel infirmier et les aides-soignants – et ce sont les personnes qui ont l’interaction la plus directe avec les patients et les résidents âgés d’un établissement de santé.

Ce que je remarque : il semble y avoir un nombre croissant de personnes exerçant ces professions qui prennent des médicaments psychiatriques. Il n’y a pas un jour qui passe au travail sans que certaines infirmières ou aides-soignants ne discutent pas de certaines nouvelles prescriptions psychiatriques pharmaceutiques qu’ils venaient d’obtenir sur ordonnance. Aujourd’hui, une infirmière auxiliaire autorisée me racontait qu’elle prenait du Prozac. Je lui ai demandé pourquoi (elle sait à quel point je m’oppose à l’utilisation de médicaments psychiatriques). D’autres prennent plus d’un médicament en même temps. Le résultat est que vous ne pouvez même pas parler à ces gens. Ils ne sont pas là, si vous voyez ce que je veux dire.

Cette infirmière auxiliaire autorisée a dit qu’elle était opposée à la prise de médicaments pendant une longue période, mais il y a quelques jours, elle a « soulevé un drapeau blanc ».

Réponse assez vague, mais je connais la trame en arrière-plan de cela et je sais aussi que c’est plus lié avec le fait de ne pas vouloir « faire face » que celui de ne pas être « apte » à faire face. Cela a plus à voir avec des problèmes d’argent évitables ainsi qu’avec un manque de contrôle des dépenses, que de ne pas être en mesure de « faire face » à la vie. Cela a plus à voir avec des mauvais choix et des mauvaises décisions, ainsi qu’avec un jugement épouvantable et une paresse générale. Cela se rapporte au désir d’être défoncé tout le temps, et pas seulement le week-end.

Je vois ça tout le temps à mon travail – et ce qui se passe c’est que les personnalités de ces gens sur les drogues changent au fil du temps – et pas dans le bon sens.

Ce que je vois aussi, c’est que les personnes ne font pas attention à leur argent et choisissent en lieu et place de le gaspiller pour des c….. stupides dont elles n’ont pas besoin et ne peuvent pas vraiment se permettre. Le personnel infirmier où je travaille gagne un salaire assez correct pour ce qu’il fait. Pourtant, beaucoup d’entre eux gaspillent leur argent et puis, quand les factures arrivent, ils se plaignent de leur manque de trésorerie et du stress que cela leur cause. Mais, ils ont tous des téléphones cellulaires parmi les plus chers. Ils dilapident leur argent en restauration rapide, en vêtements dispendieux, en sacs à main, en nouvelles voitures, en adhésion à un gymnase, en alcool… et en pilules.

Ensuite, les factures arrivent, et la prochaine chose que vous savez, c’est qu’elles ont des médecins pour leur prescrire de l’Ativan ou du Prozac ou du Zoloft, etc.

Je remarque aussi que la majorité des infirmières qui prennent ces médicaments dans mon établissement aiment aussi faire la fête quand elles ne sont pas au travail. Et quand je leur demande si elles remarquent que les médicaments psychiatriques ont un effet sur elles, elles disent « oui ». Une infirmière m’a dit qu’ils l’aidaient à ne pas être stressée, une autre m’a dit que les médicaments l’aidaient à ne pas « s’attarder » sur ses problèmes. (Oui, prétendons que le problème n’existe pas.) Ainsi, alors que le problème initial ne disparaît pas, ces personnes l’aggravent en créant un autre problème. Un problème de dépendance à la drogue.

Mais étant donné que leurs enfants ne sont pas sous traitement médicamenteux, cela devient un problème quand l’enfant exige encore de l’attention et que le parent sous médicament psychiatrique ne veut pas « faire face » à cette « question » non plus. Je ne peux pas vous dire combien de personnes parmi mes connaissances, nourrissent aujourd’hui leurs enfants avec ces pilules empoisonnées de façon quotidienne. Elles pourraient tout aussi bien garder ce petit zombie calme et loin de vous, hein ?

En regardant et en écoutant ces gens parler de leurs problèmes et des médicaments qu’ils prennent, l’image qui commence à émerger, c’est qu’il y a des gens qui prennent ces médicaments pour l’« excitation » et aussi pour ne pas avoir à essayer de résoudre leurs problèmes. Des problèmes qu’ils ont en premier lieu eux-mêmes créés en faisant des choix idiots.

Ceci se manifeste de plusieurs façons au sein de l’établissement. Les infirmières et les aides qui se promènent comme des zombies – les médicaments modifiant la façon dont ils interagissent avec ceux qui les entourent. Y compris les patients et les résidents âgés.

Certains rejettent le blâme de la nécessité de ces médicaments sur des finances inadéquates ou sur une dette. Plutôt que d’apprendre à gérer leurs budgets de manière efficace et ainsi d’éviter une crise, ils prennent ces pilules, tout en continuant à dépenser, dépenser, dépenser, ce qui rend le problème initial pire, en partie parce qu’ils doivent alors aussi payer les coûts de recharge de leurs prescriptions. De plus, si comme moi vous l’avez remarqué, les gens qui prennent ces pilules empoisonnées pour le cerveau semblent s’habituer à ces médicaments psychiatriques – ce n’est pas une quelconque « solution » à court terme à leur problème – en fait, la façon dont je le vois, ces pilules ne sont rien d’autre qu’une solution chimique, une vision en rose qui crée des toxicomanes, qui deviennent dépendants d’eux juste pour « maintenir » un semblant de fonctionnalité de surface dans leur vie. Un bon nombre de ces gens veulent être performants au travail, et c’est une façon « acceptable » d’être au top au travail – parce que tant que l’établissement sait que ces médicaments sont prescrits, les employés peuvent encore travailler et ce n’est pas grave s’ils se comportent comme des zombies. Ils obtiennent un label de « maladie mentale » qui leur permet d’obtenir une carte « sortie de prison » au cas où ils échoueraient dans leur emploi – parce que voyez- vous, ils ont une ordonnance.

C’est vraiment inquiétant. Je vois une augmentation de l’apathie envers les patients et les résidents, une augmentation chez les professionnels de la santé à être colériques, un désintérêt général pour ce pour quoi ils sont payés, une augmentation des personnes qui ne font pas leur travail, et une augmentation des ruptures de contrats.

Cela touche tous les individus qui ont besoin de soins.

Je ne peux pas vous dire combien de fois je me suis assise et j’ai écouté les infirmières et les aides-soignants discuter, comparer leurs médicaments psychotropes, se vanter d’avoir vu leur dose augmentée, ou d’être passé à un autre, ou bien d’en prendre plusieurs. Ils parlent de ces pilules avec le même niveau d’enthousiasme que celui que les femmes utilisent pour discuter de chaussures.

Je suppose que cela est aussi « tendance » dans d’autres établissements et hôpitaux – les professionnels de la santé utilisant des drogues.

Certaines de ces mêmes personnes font également ingérer à leurs enfants des médicaments psychiatriques – juste pour ne pas avoir à faire face aux causes profondes des « problèmes » de comportement dont beaucoup, je pense, seraient résolus avec un changement cohérent et sain dans le régime alimentaire de l’enfant – , mais ce qui exige que les parents prennent vraiment le temps de travailler avec l’enfant, en faisant preuve d’un peu de patience, et en étant cohérent.

Il est tellement plus facile d’obtenir du médecin qu’il rédiger une ordonnance, tellement plus facile d’éteindre et d’éviter de traiter les questions. Ces médicaments n’aident pas les gens à s’en sortir. Ils aident les gens à éviter de faire face. Plutôt que d’encourager les gens à explorer d’autres stratégies, le correctif est une pilule et ça devient trop « populaire ». Et le résultat c’est que la plupart des personnes chargées de prendre soin de votre santé ou de la santé et du bien-être de votre vieille mère ou de votre père – prennent des médicaments psychiatriques.

Je ne sais pas pour vous, mais je trouve cela problématique.

La pilule est la voie de la moindre résistance.

Plutôt que d’apprendre à connaître d’autres stratégies d’adaptation ou d’aborder cet « autre » problème, ils n’en parlent pas ou ne veulent pas admettre d’eux-mêmes, qu’ils masquent ce qui se passe réellement lorsqu’ils revendiquent « l’anxiété, la dépression, l’insomnie », l’incapacité d’effectuer des activités de la vie quotidienne, etc. Je vois cela tous les jours au travail. Des personnes qui connaissent simplement les mots magiques pour obtenir du médecin qu’il leur prescrive l’ordonnance souhaitée. Ils rient tout le long du chemin jusqu’à la pharmacie. Je le sais, parce que je les ai regardés.

Durant la Grande Dépression, si vous lisez les récits historiques ou que vous parlez à quelqu’un qui a vécu cette époque, les gens vivaient d’une manière sacrément rude. Ces pilules empoisonnant le cerveau n’étaient pas « tendance » à l’époque. Les gens étaient forcés de faire ce qui semble apparemment « impensable » aujourd’hui : faire face. Aujourd’hui, il semble que les gens se laissent de plus en plus convaincre par le fait qu’ils ne peuvent pas faire face et utilisent ces « excuses » pour « baisser les bras » sans même essayer – et au fil du temps, ces pilules pourraient avoir raison – ils ne peuvent pas faire face. Les pilules peuvent en fin de compte assurer qu’il en soit ainsi.

Qui se sent mieux après avoir pris tous ces médicaments psychiatriques ? N’avons-nous jamais entendu parler de l’une de ces personnes ? Est-ce qu’elles existent vraiment ?

Je vois une progression dans le nombre de travailleurs de la santé qui sont sous traitement psychotrope. Je soupçonne que mon établissement n’est pas anormal à cet égard.

Une dernière chose : ce qu’ils appellent « lever de drapeau blanc » était jadis utilisé pour définir quelque chose d’autre : le comportement du chercheur de drogues.

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Lisa Guliani

Lisa Guliani, ancienne animatrice de talk-shows politiques sur Internet, écrivain politique, chercheuse, activiste, objectrice de conscience, « manifestante connue », se décrit elle-même comme une provocatrice de pensées. Quand elle ne s’adonne pas à quelque étrange combinaison de ce qui précède, elle distribue des sourires aux personnes âgées, et aime aussi la lecture, la musique, les blagues, et sortir avec son pote à quatre pattes, Goose, qui doit encore réaliser qu’il est un chien. Ses rubriques favorites de SOTT? Ce sont trois ex-æquo : Histoire secrète, Maîtres du Monde et Enfants de la Société.

Source: sott.net.

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