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Des héros Africains face à la logique criminelle occidentale

Des héros Africains face à la logique criminelle occidentale

les héros africains

Sans relâche, envers et contre toutes les formes de domination impérialiste, des femmes et des hommes Africains ont, de par leur conviction inébranlable, marqué l’histoire politique du continent noir. De par leur opiniâtreté puis leur abnégation dans le combat, ils ont démontré, au prix de leur vie, qu’une lutte menée avec foi et courage, peut faire bouger les lignes et casser le cou à la plaie de l’injustice. A aucun moment, ces résistants ne se sont reniés. Quand bien même le couteau criminel de l’impérialisme les épiait en continu tout en attendant le moment criminel et colonial de les trucider.

Qui n’a pas été séduit par la grandeur et le courage de Samory Touré, l’un des plus grands stratèges militaires de tous les temps et surtout, grand homme politique africain? Intrépide guerrier Africain, symbole de la résistance contre l’injustice coloniale, Samory Touré a, par sa lucidité politique et son génie militaire, contribué à démystifier le colon blanc à tous égards. Liberté d’action, indépendance, refus de se soumettre ont été les leitmotivs de ce grand combattant. Sa fameuse technique militaire de la terre brûlée fait partie des tactiques militaires les plus redoutables et redoutées en période de guerre. Il fut déporté au Gabon, dans un milieu totalement différent du sien, où officiellement une pneumonie l’emporta le 2 Juin 1900. Samory Touré reste l’un des fils les plus dignes du continent noir, pour avoir incarné le refus de la domination étrangère.

En Afrique centrale, précisément au Cameroun, un autre homme a incarné la lutte contre l’envahisseur blanc. Né en 1913, Ruben Um Nyobé est l’une des figures emblématiques de la lutte pour l’unité et l’indépendance totale du Cameroun. Par ses idées révolutionnaires, il gênait considérablement les intérêts des colonisateurs. Um Nyobé fut tué de plusieurs balles par l’armée française le 13 septembre 1958 dans la forêt où il se cachait, grâce à la complicité de camarades traîtres. Après l’avoir tué, les militaires traînèrent son cadavre dans la boue. Cela le défigura ; sa peau, sa tête et son visage ont été profondément déchirés. En travestissant à ce point sa dépouille, la force coloniale voulut « détruire l’individualité de son corps et le ramener à la masse informe et méconnaissable», affirme l’historien J.-A. Mbembe. Aujourd’hui, sa grandeur et son ombre hantent toujours la vie politique camerounaise.

Patrice Émery Lumumba est considéré au Congo comme le premier «héros national». Sa vision politique, sa dénonciation de l’exploitation des ressources minières de son pays par les multinationales feront de lui l’ennemi public numéro un, la personne à abattre. Le premier ministre du Congo «indépendant» a consacré toute sa vie à dénoncer l’infantilisation de l’Afrique par les puissances occidentales. Patrice Lumumba, selon le schéma classique occidental de l’élimination physique, a été assassiné le 17 Janvier 1961 par des responsables de l’Etat du Katanga avec la complicité de la sûreté de l’Etat belge, puissance coloniale du Congo, et des services secrets (CIA) des Etats-Unis.

Figure emblématique de la lutte anti-apartheid et leader de l’émancipation des Noirs, Stephen Bantu Biko dit Steve Biko est né le 18 décembre 1946. Selon sa conception, les Noirs ne peuvent se libérer politiquement de l’apartheid que s’ils cessent de se sentir inférieurs aux blancs. Car “l’arme la plus puissante entre les mains de l’oppresseur est l’esprit de l’opprimé.” C’est pourquoi ils ne doivent ni ne peuvent compter sur l’aide ou l’assistance des blancs et doivent cesser de participer à tout mouvement incluant des blancs. L’idée que les Noirs puissent ainsi décider de leur propre destinée puis le principe de la fierté de la conscience Noire eurent un grand retentissement, alors que les lois d’apartheid étaient à l’apogée de leur mise en œuvre. Le 12 septembre 1977, Steve Biko, à 31 ans, est mort seul, dans une cellule de la prison centrale de Pretoria (Afrique du Sud), d’une lésion cérébrale. La photo de son cadavre gisant à même le sol, nu, couvert de plaies et d’ecchymoses fit le tour du monde.

S’il y a un chef d’Etat ouest-africain qui aura séduit, par ses prises de position tranchées, les jeunesses Africaines dans les années 1980, c’est bien Thomas Sankara. Homme politique anti-impérialiste, panafricaniste et tiers-mondiste burkinabé, Sankara, par ses idées novatrices a très tôt compris qu’il ne fallait pas subordonner le développement des pays pauvres à l’aide des puissances occidentales, d’autant plus que la main impérialiste ne sert qu’à exploiter et avilir les pays faibles. Thomas Sankara était en premier lieu l’un des chefs du Mouvement des non-alignées, un groupe de pays qui durant la Guerre froide ont refusé de prendre parti pour l’un ou l’autre des deux blocs. Dignité, honneur et autodétermination ont meublé le parcours de ce panafricaniste acharné. Sankara est mort assassiné le 15 octobre 1987 par son ami intime, un certain Blaise Compaoré.

Nelson Mandela reste la figure emblématique de la lutte anti apartheid. Son combat hors du commun lui a coûté 27 années de sa vie en prison. Humiliation, atrocités et violations massives des droits élémentaires ont jalonné le parcours de combattant du “Madiba”. A force d’abnégation et d’opiniâtreté, Mandela a brisé les chaines de l’apartheid et libéré tout un peuple. Le combat de Mandela a été reconnu par la planète entière. Il fait partie des plus grandes personnalités politiques au monde pour avoir conduit l’Afrique du Sud à devenir une nation multiraciale. L’histoire du Président légal et légitime de la Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo est à l’image de tous ces hommes. Pour avoir refusé de se courber devant l’impérialisme français, il est arrêté le 11 Avril 2011 par les militaires français puis déporté dans les geôles de la Cour Pénale Internationale, après le bombardement de sa résidence et une séquestration injustifiée à Korhogo. Laurent Koudou Gbagbo est un condensé de Lumumba et de Sankara, un révolutionnaire redoutable qui a toujours prôné l’émancipation des peuples africains par la rupture pacifique du cordon ombilical avec les puissances colonisatrices. Cette politique qui a été perçue d’un mauvais œil par la France s’est soldée par une odyssée sanglante, à visage découvert, menée par la France et ses relais endogènes en vue de le mettre à l’écart de la vie politique ivoirienne. D’où son transfèrement à la Cpi. S’en sortira-t-il ? Nul ne peut le prédire.

Vouloir s’affranchir de l’ogre colonial, vouloir assumer son statut d’être libre et indépendant à valu à tous ces hommes africains une fin tragique. A l’aune de l’histoire de ces héros africains, un triple constat s’impose. Primo, ils étaient tous des souverainistes, des hommes fondamentalement attachés au développement de leur pays. Deuxio, leur idéologie révolutionnaire constituait une entrave considérable aux intérêts des puissances colonisatrices. Tertio, pour avoir refusé de se soumettre, ils ont tous été assassinés, toujours avec l’appui de la main traître endogène. Au total, la logique impérialiste peut se résumer comme cela : «donne-moi ton économie pour que je t’installe ou te maintienne au pouvoir, à défaut je t’élimine». Par devoir moral, nous ne devons reléguer les actions et le combat héroïque de ces leaders au banc de l’histoire de l’Afrique. Ils ont osé dire NON. Tous ont combattu pour leurs convictions. Comme eux, comme les résistants Zokou Gbeuli, Kotobo Esse et bien d’autres, sachons nous aussi dire non à toutes les formes de dominations abjectes, à toutes les formes de vassalité. Sachons défendre notre statut d’êtres humains libres.

Kephren Neruda

Source: Infodabidjan.net

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