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L’Église en Europe: révolution tranquille

L’Église en Europe: révolution tranquille

<p>Le Caravage, Les disciples d'Emma&uuml;s</p>

 

Le Caravage, Les disciples d’Emmaüs

 

Un phénomène étonnant se déroule sous nos yeux, dans notre Europe sécularisée, postmoderne, comme disent les commentateurs branchés. Et connectés… De ce phénomène, on ne retient en général que les traits les plus spectaculaires, ceux qui donnent l’image d’un gigantesque effondrement des Églises, comme d’autres institutions d’ailleurs.
Cette image est loin d’être fausse, tant s’en faut. Si on compare notre époque à d’autres, dont certains sont nostalgiques, la présence et l’influence sociale des communautés chrétiennes semblent se dissoudre dans un environnement qui leur est étranger. Si encore elles s’y dissolvaient comme le sel dans l’eau, en répandant leur saveur! Mais on les voit plutôt se perdre comme un litre de fendant versé dans le bleu Léman
Or, dans le même temps où la puissance institutionnelle bat de l’aile, on remarque un autre phénomène, tout aussi impressionnant, quoique plus discret, qui semble bien résulter du précédent, et non seulement lui succéder ou l’accompagner : l’Église se régénère et reconstitue son tissu à partir de petites communautés. Elles sont diverses, mais on les voit partout.
Communautés, réseaux, comme on voudra. Leur caractéristique commune est d’être avant tout desespaces de rencontre et de relation, à taille humaine, fondés sur l’évangile. Loin de se replier sur elles-mêmes, ces cellules d’Églises rayonnent au sein d’une paroisse ou d’un diocèse. Communions en elles-mêmes, elles sont créatrices de communion.
L’expérience en cours dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg 
illustre bien ce phénomène, sous l’appellation L’évangile à la maison, voir http://www.levangilealamaison.ch/.
Mais bien d’autres expériences de communion chrétienne pourraient être signalées, mises en valeur.On peut se demander si, aujourd’hui, la mission première des évêques et des prêtres, chacun à son niveau, n’est pas d’accompagner ces groupes et ces réseaux, de veiller sur eux, de les nourrir, de les animer, de les fédérer, d’encourager la naissance de nouveaux liens, de nouvelles équipes, de les rendre missionnaires.
Une chose est sûre, les pasteurs qui sont habités eux-mêmes par un esprit et un désir de communion jubileront de se consacrer moins à l’administratif, et plus à la création et à l’accompagnement des cellules de communion. Moins à la direction des états-majors et plus à la présence fraternelle, à l’animation de proximité.
Une certaine Église s’écroule sous nos yeux, une autre nait et grandit. C’est la même et ce n’est pas tout à fait la même. Les deux ont la même vocation : vivre de l’évangile, entrer en communion, témoigner, aimer, rayonner.
Ne fallait-il pas, dirait peut-être saint Luc, «l’évangéliste à la maison de l’année», à tous les découragés, à tous les déçus, ne fallait-il pas qu’une Église meure et entre ainsi dans une vie nouvelle ?

 

Michel Salamolard

 

Source : http://www.catholink.ch/blog/cathosphere/l%E2%80%99%C3%A9glise-en-europe-r%C3%A9volution-tranquille

 

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