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UNE VOIE OUVERTE A L’IDENTITE AFRICAINE A L’EGLISE?

UNE VOIE OUVERTE A L’IDENTITE AFRICAINE A L’EGLISE?

 

IDENTITE AFRICAINE A L’EGLISE

Je saute sur une belle occasion créée par l’actualité pour remplacer le nouvel article de ma contribution  par celui-ci.

Monsieur Joseph Ratzinger, un grand croyant et pratiquant chrétien catholique, vient d’écrire un livre dans sa langue, l’allemand – mais attention, rien ne dit qu’il ment en allemand comme dans une phrase célèbre du regretté Louis de Funès. Ce livre concerne la vie de Jésus-Christ et sera publié dans vingt langues au total- mais sûrement aucune africaine, du moins pour l’instant.

Dans ce livre, monsieur Ratzinger confirme, pardon, réaffirme que Jésus-Christ est bien né d’une mère vierge et est « pleinement homme et pleinement Dieu. » Cette assertion, selon lui, « doit rester, comme sa résurrection, un des piliers de la foi chrétienne ». Il n’est donc pas question d’en douter ou de se creuser la tête.

Seulement, là où monsieur Ratzinger énerverait peut-être des croyants chrétiens, c’est quand il soulève un problème sur la vraie date de naissance du Christ. Il la situe, lui, à six ou sept années plus tôt. Mais malgré le possible énervement, il ouvrirait aussi un débat très amusant. Des ivoiriens, tels que je nous connais bien, diraient : « Qui est ce Ratzinger avec son nom façon, façon là ? C’est lui qui va venir mettre en doute l’année de naissance du Dieu lui-même ? Ne l’écoutons pas, il n’est pas un bon chrétien. »

D’autres diraient : «C’est quelle affaire ça ? Jésus, lui-même, comparé à un brillant mais malchanceux élève ivoirien du cours moyen de deuxième année ? Quelle chance voulait-on lui donner ? Il ne voulait pas coûte que coûte être admis au concours d’entrée en sixième, pour éviter à son père Dieu de payer un collège privé ! Et d’ailleurs, ce n’est pas en Côte d’Ivoire, où aucune année scolaire ne se déroule jamais en entier, que Dieu voudrait voir son fils faire ses études. On n’avait donc pas besoin de diminuer l’âge de Jésus comme s’il se présenterait encore à ce maudit concours, moyen de plusieurs décennies pour condamner des jeunes à la déscolarisation. Enfin, il ne cherchait pas à travailler à la Fonction Publique ivoirienne pour qu’on l’ait soumis à la hache de l’Etat Civil ! ».

Les commentaires iraient bon train, bien sûr si des exemplaires du livre, parmi le million déjà tiré, ou les suivants, atterrissent dans les mains des africains et des ivoiriens en particulier. Mais quel impact réel auraient leurs réactions vis-à-vis de ce troisième livre de monsieur Ratzinger sur la religion chrétienne à travers la vie de Jésus-Christ ? C’est pourquoi, avant de tirer ma leçon personnelle de ce fait, je voudrais vous préciser quelque chose : monsieur Ratzinger est bien l’actuel pape Benoît XVI (seize pour nous qui avons oublié les signes romains). J’imagine des gens prêts à changer de position vis-à-vis de cette information de taille. Bon réveil sur le sujet et surtout bonne méditation face à ce travail épiscopal puis papal de plusieurs années.

Concernant ma leçon à partir de ce que dit Benoît XVI, j’entrevois la chance des chrétiens africains face à cette grande ouverture faite par le pape lui-même. Si l’on peut mettre en cause ou en doute la date de naissance de Jésus-Christ, on le peut aussi pour la loi conservatrice qui oblige ou encourage tout chrétien du monde à adopter un nom romain. Car selon moi, la pratique actuelle est insensée. Elle ignore l’identité des autres peuples, ici celle des africains qui m’intéresse. Et surtout celle des ivoiriens qui me tient à cœur. Cette loi ne respecte pas leurs valeurs. Elle les minimise.

Peut-être par la faute de la passivité ou du manque de réflexion des africains eux-mêmes, mais…

Cela pourra également être vrai pour la religion musulmane. A mon avis, les africains ne doivent pas tout gober sans réagir, sans se battre pour faire accepter dans ces deux religions ce qui vient d’eux. Ils ont de bonnes valeurs qu’ils ne doivent pas sous-estimer. Ils seront alors fiers de porter leurs noms qui entreront dans ces religions, même si elles ne sont pas les leurs. C’est une bonne voie de conservation de leur identité et des pans positifs de leurs cultures. J’emploie ici le futur parce que j’y crois, même si des religieux africains tremblent depuis des décennies, complexés et transis de peur face à l’idée d’une telle tentative. Il faut plutôt y croire comme moi. Et surtout agir.

TENTATIVE DE RAISONNEMENT

Les religions veulent qu’on croie

Qu’on croie sans jamais réfléchir

Moi je crois qu’elles se sont trompées

Car je prends bien le temps de réfléchir

Comment pourrais-je croire sans comprendre ?

Et comment comprendrais-je sans réfléchir ?

Par exemple, elles me racontent leurs histoires

Sans me demander de raconter les miennes

Elles me chantent les noms de leurs peuples

Sans me laisser parler de celles de mon peuple

D’ailleurs elles m’encouragent à les oublier

A les détester comme si c’étaient des noms maudits

 

Je veux être clair et le dire sans ambages

Je refuse toute religion

Si elle refuse en son sein mon nom africain

Je ne suis pas obligé de choisir un de ses noms

Elle doit au contraire y laisser entrer le mien

Je refuse toute religion

Si elle ne m’empêche pas de renier ma culture

L’histoire de la religion n’efface pas la mienne

Je veux être un évêque au nom cent pour cent africain

Et même un jour devenir un pape et pourquoi pas ?

Mais je veux être appelé par mon nom africain

Je prendrai le titre de pape avec plaisir et fierté

Mais je me ferai appeler sa sainteté l’africain

Je n’ai pas besoin de porter un nom romain

Je veux sans hésiter aller à La Mecque

Et devenir un des grands imams du monde

Mais on doit m’appeler el hadj l’africain

Je n’ai pas besoin de porter un nom arabe

 

Mon nom africain n’est pas synonyme de péché

Il n’a pas seulement créé une grande religion

Mais ce n’est pas une raison qu’il disparaisse

La religion que j’embrasse doit l’accepter sans condition

Elle doit me forcer à le garder en lui y donnant une place

Qu’elle ne me laisse pas devenir un fasciné

Qu’elle comprenne que je suis un africain avec mon nom

Quelqu’un qui en principe, n’a pas le temps de réfléchir

Quand il se trouve devant tout ce qui ne vient pas de lui

Quelqu’un qui est prêt à se renier en rejetant sa culture

Quelqu’un qui adopte la culture des autres sans la maîtriser

Alors que ma religion m’aide grandement à garder mon nom

Si elle veut que ma culture survive aussi comme la sienne

Je comprends parfois que l’effort viendra surtout de moi

Mais en aurais-je un instant le courage et le temps ?

Non, juste parce que je suis un africain et un maudit

Je ne sais rien créer mais adopter ce qui vient d’ailleurs

Le mal est déjà consommé et à jamais irréversible

Pour le siècle des siècles et ceci par ma propre faute

Sauf si ma religion a pitié de moi et m’aide à agir.

 

Nohoré Gbodiallo Guikou Bilet Zafla

Source: Infodabidjan.net

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