Dramane le voleur et poltron

Ce n’est pas qu’une impression. C’est même une réalité qui s’impose aujourd’hui à tous. La Côte d’Ivoire s’est dangereusement éloignée de ce qui, hier faisait d’elle, l’un des Etats « assez » stables de la sous-région ouest-africaine, malgré la soixantaine d’ethnies qui compose cette nation.

La crise post-électorale, portée à son summum par une guerre à relents de vengeance de pro-Ouattara contre pro-Gbagbo, aura définitivement enfoncé ce pays -naguère paisible – dans un abîme de haines et de rancœurs aux conséquences imprévisibles.

La question cruciale, au-delà de cet amer constat, est surtout de savoir comment ce pays arrivera à se sortir de cette crise si profonde et sans précédent dans sa jeune et récente histoire.

Les regards sont certes tournés vers le nouveau locataire du palais présidentiel d’Abidjan. Seulement voilà : en 16 mois de présence à la tête de ce pays, monsieur Ouattara aura finalement déçu, plus d’un.

Il n’est pas le Rassembleur, encore moins L’unificateur tant espéré. D’ailleurs, jouer ce rôle ne semble guère l’intéresser. Lui, Ouattara, président du RDR, « reconnu par la communauté internationale », héro du RHDP, a d’autres chats à fouetter. Un fouet qu’il manie d’ailleurs avec dextérité toutes les fois qu’il s’agit de« châtier » ses pires ennemis, les pro-Gbagbo. D’ailleurs a-t-il jamais inquiété ceux de son propre camp ?

La tâche – si ardue – de la réconciliation nationale, il préfère la confier à monsieur Banny dont la démarche jusqu’alors inextricable, demeure à ce jour, une véritable colle, même pour les experts internationaux les plus chevronnés en matière de paix et de réconciliation.

Bref, voici la Côte d’ivoire, cette grande malade, à la recherche de sa propre guérison. Car ceux – naturellement – à qui échoit cette mission, ont d’ores et déjà montré leurs limites. Sinon qu’ils ont – disons-le au risque de passer pour des pessimistes – carrément échoué.

Que faut-il faire malgré tout ? Car il y a – en effet – quelque chose à faire. Car le mal dont souffre la Côte d’Ivoire – reconnaissons-le – n’est pas que grave ou profond. Il est grand, voire immense.

Il lui faut donc – pour sacrifier à la fameuse maxime – de grands remèdes, vu l’urgence.

Et si l’on commençait par libérer les prisonniers politiques et militaires pour ensuite procéder – sans distinction – à un « mea-culpa » commun et général qui aboutirait au pardon – dans la mesure du possible – et à la rémission ?

Ceci dit, osons espérer que nous nous serons adressé à des personnes soucieuses avant tout de l’intérêt supérieure de la Côte d’Ivoire – et de tous les ivoiriens – et non pas à celles qui, résignées dans l’embrigadement des plus extrémistes de leurs camps, plus préoccupées par les beaux yeux de l’opinion dite internationale, n’ont plus que leurs biceps comme arme politique.

A ceux-là et surtout, ne faut-il pas aussi leur appliquer de « grands remèdes » ? Aux ivoiriens d’en décider.

Marc Micaël

Source: Infodabidjan.net

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