Privatisations, arrestations de grévistes, violences policière, violences envers les migrants, suicides en cascade, suppression d’organismes publics et démissions en cascade : bienvenue dans le fabuleux monde de l’austérité mordorandienne en Grèce.

La  reviendra à Athènes le 26 juillet pour discuter des derniers efforts qu’Athènes doit fournir dans le cadre des économies de 11 milliards d’euro prévues pour 2013/2014. Le gouvernement a laissé entendre qu’il attendrait les négociations avec la , en précisant qu’il serait difficile de trouver de nouvelles sources de coupes budgétaires.

Hier, nous apprenions que la suppression des conventions collectives en Grèce ont entraîné une réduction de 23,7% des salaires pour 10% de la population active au 1er semestre 2012.

Hier encore, nous apprenions que 44 122 contrats à temps plein ont été convertis en contrats flexibles les 6 premiers mois de 2012. Soit une augmentation de 45,3% par rapport à 2011. La précarité semble en passe de devenir une règle en or massif.

Hier toujours, l’annonce de l’arrivée du nouveau directeur des services des renseignements grecs est tombée. Il s’agit de Dravilas, le suppléant à la direction de la nouvelle démocratie. Pour la première fois depuis 12 ans, c’est un politicien et non un magistrat ou un diplomate qui aura la charge des services de renseignements.

Ce matin, à 5h30, la police anti-émeute est entrée dans l’aciérie Halyvourgia en grève depuis 8 mois. 6 bus de la police anti-émeute gardaient encore l’entrée de l’aciérie vers 11h. Les policiers ont chargé des députés du KKE et du SYRIZA qui ont condamné l’invasion et la violence de la police anti-émeute ainsi que les arrestations de grévistes. Jusqu’ici 6 travailleurs de l’aciérie ont été détenus. Le syndicat du secteur appelle à manifester ce soir.

Quelques photos (source @leftgr) :

Aujourd’hui, ekhatimerini nous apprend que le gouvernement souhaite supprimer ou fusionner 200 organismes publics à la fin août. Plusieurs sources indiquent également qu’un projet de loi serait prévu afin de ne plus limiter la participation des entreprises privée dans les entreprises publiques « stratégiques » (énergie). Jusqu’à aujourd’hui, l’Etat conservait un minimum de 51% des parts et assurait donc un contrôle public. Cela ne sera plus le cas si la loi est votée – pendant l’été- puisque le parlement ne prendra ses habituelles vacances du mois d’août.

Le Premier ministre Antonis Samaras a eu des entretiens avec le ministre responsable de la restructuration de l’administration publique. Les sources ont indiqué qu’il a été convenu que le gouvernement annonce la fermeture ou la fusion de 60 organismes publics dans les prochains jours, le reste venant d’ici la fin du mois d’août.

Le retour de la troïka coïncide également avec la volonté d’accélérer les privatisations. A. Samaras a d’ailleurs indiqué récemment qu’il souhaitait aller plus loin que les recommandation de la troïka. Il a annoncé également vouloir supprimer ou fusionner les hôpitaux publics d’Athènes et de sa périphérie. Aujourd’hui, Le Monde (via l’AFP) rapporte la démission (encore une !) de Costas Mitropoulos, le directeur général du fond chargé de piloter le programme de privatisations.

Hier encore, le nouvel observateur indiquait qu’en Grèce, la lutte contre les incendies [était] affectée par l’austérité. Effectivement, hier, des villages étaient évacués, le feu arrivant dans les jardins des maisons. Des résidents tentaient de repousser les flammes avec les moyens du bord (photos @MakisSinodinos):

Hier toujours, en me baladant rue Charilaou Trikoupi, dans le quartier d’Exarchia, je suis tombé sur ce graphiti en français :

La troïka avance sur plusieurs fronts. Le gouvernement grec a assuré son soutien au gouvernement chypriote pour la négociation de leur plan de sauvetage. Pas certain que cela soit le bon conseil de l’année à suivre pour Chypre.

Le  va faire ses petits pendant l’été. En Grèce, en Espagne et ailleurs. Les vacances ont ceci de précieux qu’elles permettent souvent de prendre des décisions politiques en minimisant le risque de mouvement populaire de masse. Encore qu’il semble que les espagnols ont bien décidé de ne pas se laisser faire hier soir avec 800 000 manifestants rien qu’à Madrid et 2 millions à travers le pays pour crier contre les mesures d’austérité (photo reuters) :

Madrid, hier (image reuters)

La gronde arrive. Tout va bien dans le fabuleux monde de l’austérité mordorandienne…

 Source: Okeanews/wikistrike

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