Certains historiens ont supposé que si le monstre nazi Adolf Hitler avait pu faire ses classes à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne, le cours de son  destin aurait été différent et que le monde aurait pu faire l’économie d’une deuxième guerre mondiale et de toutes les horreurs qui en découlèrent.

Nous pouvons lire effectivement  dans les pages Wikipédia :

« Adolf Hitler devenu orphelin, vivant d’une petite bourse d’étude, échoue par deux fois à l’examen d’entrée de l’Académie des Beaux-Arts deVienne en 1907 et le 8 octobre 1908. Une rumeur récurrente prétend que Hitler était seulement peintre en bâtiment ; une caricature féroce de Sennep a peut-être contribué à ancrer la légende. Il a en fait laissé des aquarelles, estimées au nombre de 2 000, certes sans génie particulier, mais qui témoignent, au moins, du fait qu’il était capable d’en peindre et qu’il possédait en tout cas de très bonnes bases dans cette technique. En revanche, pendant ses années de « galère » après avoir échoué à l’examen d’entrée aux Beaux-Arts, Hitler occupa un emploi de manœuvre, comme il l’a mentionné dans Mein Kampf.

Autodidacte, grand lecteur, et admirateur inconditionnel de la musique de Richard Wagner, tout comme son ami August Kubizek, il développe un intérêt profond pour l’architecture. Il vit de ses peintures, surtout des aquarelles, enchaîne les petits boulots, vivant dans une vie de bohème et de misère constante durant cinq ans, poussant même jusqu’à la mendicité, selon le témoignage notamment de Reinhold Hanisch. Plus tard, dans Mein Kampf, il écrit :

« Cinq années pendant lesquelles je dus, comme manœuvre d’abord, ensuite comme petit peintre, gagner ma subsistance, maigre subsistance, qui ne pouvait même pas apaiser ma faim chronique. Car la faim était alors le gardien fidèle qui ne m’abandonna jamais, la compagne qui partagea tout avec moi. Chaque livre que j’achetai eut sa participation ; une représentation à l’opéra me valait sa compagnie le jour suivant ; c’était une bataille continuelle avec mon amie impitoyable. J’ai appris cependant alors comme jamais avant. Hors mon architecture, hors les rares visites à l’Opéra, fruit de mes jeûnes, je n’avais d’autre joie que des livres toujours plus nombreux. » « 

Certainement que l’auteur de Mein Kampf a du vivre une vive frustration après ses échecs artistiques,et qu’une certaine colère a pu être l’objet d’un choix de carrière militaire  bien  surprenant pour une âme emprunte à étaler ses états sur des toiles d’aquarelles.A l’instar d’Hitler, Guillaume Soro  lui aussi a vécu de très « profondes et douloureuses » injustices et frustrations, qui sembleraient avoir eu une incidence quand à ses orientations morales et politiques.Nous pouvons le  lire dans un livre qu’il a  écrit » lui même ».Il n’a pas d’ailleurs, (et cela est tout à son honneur) comme un certain grand journaliste français  de l’audio-visuelle, confier cette tâche à Calixthe Beyala.C’est pourquoi à la lecture de son livre on apprend  par quelles souffrances, dont les sommets lui paraissent  vertigineux ,est passé ce pauvre homme…enfin ce grand héros ivoirien: la faim,la soif,le rejet,la porte de Satan,la vallée de la mort,mais il a vaincu…En lisant ces moments d’anthologies,ces moments ou l’Histoire bascule pour le grand bien de l’Humanité,on ne peut retenir une larme tant cela touche au grandiose.Voici un extrait ci-dessous que nous partageons avec vous dans un recueillement silencieux,tant l’intensité dramatique de ces lignes nous subjugue:

« C’est à quatorze ans que j’ai organisé mon premier mouvement social. Tous les vendredis, on nous préparait au petit séminaire des nouilles servies avec du pain et du porc- nous en élevions nous-mêmes là-bas. Nous détestions ce menu du midi, qui était tellement léger qu’à peine l’avoir consommé, on ressentait de nouveau la faim. Avec quelques camarades, nous nous sommes réunis et avions décidé de proposer que ce menu soit servi le samedi soir, ce qui nous laissait la possibilité de sortir en ville et de manger autre chose. La direction refusa. Nous avons déclenché une grève, un bras de fer s’est engagé. Nous avons ainsi refusé de manger les nouilles le vendredi à midi lorsqu’on nous les a présentées. Nous nous sommes bien rendus à la prière de l’Angélus, effectuée avant d’aller au réfectoire, mais nous n’avons pas rejoint cette salle comme prévu. Au dîner, la direction avait réchauffé le même repas qu’elle nous a à nouveau présenté. Nous ne nous y attendions pas et, naturellement, nous l’avons refusé. Le samedi suivant à midi, ces nouilles nous ont encore été présentées. A l’époque, nous avions cours les samedis matin et l’après-midi était consacré aux travaux manuels. Nous avons donc boycotté totalement la journée de samedi.

Guillaume Soro au « petit séminaire »

Mais la grève commençait à s’essouffler. Certains camarades éprouvaient déjà la faim. Comme nous avions quelque menue monnaie, nous nous sommes cotisés pour acheter autre chose à manger. Nous avons tenu jusqu’au samedi suivant. L’évêque, Mgr Kélétigui, s’est alors rendu au petit séminaire. Nous en avons été exclus pour deux semaines. Cela a fait du boucan. A l’époque, c’était encore le parti unique qui régnait. Sous Houphouët-Boigny et Balla Kéita, alors ministre de l’Education nationale, faire une grève, c’était comme ouvrir la porte d’une chapelle à Satan !

Extrait du livre : Pourquoi je suis devenu un rebelle ? La Cote d’Ivoire au bord du gouffre.

Ecrit par GUILLAUME SORO lui-même et parut aux éditions HACHETTE LITTERATURES en 2005.

Philippe Ehua

                          Cellule44

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