Le tribun de la Haye

A l’occasion de cette date marquante du 18 juin 2012, je voudrais me recueillir sur la force du destin que peuvent lui envier aujourd’hui tous ceux qui se sont essayés à la politique et qui par leurs méthodes rebutent certains de leurs propres partisans. Il y a un journaliste d’en face qui comparait par dérision le président Laurent Gbagbo au Christ. Il le nommait exactement le « Christ de Mama ». Mais il ne croyait pas si bien dire. Avec un peu de recul je me demande si ce n’était pas une réalité transcendante qui le conditionnait à designer, malgré lui, une réalité immanente. Sans donner dans le blasphème qui pourrait écorcher le fétichisme religieux de certains, je peux dire sans grand risque de me tromper qu’à l’instar de Jésus Christ, pour nous Ivoiriens, le président Laurent Gbagbo fait partie des grands hommes de notre humanité. Il partage avec eux le même parcours et le même rapport avec le temps et la vérité. Ce sont des visionnaires qui étaient en avance sur leur époque et qui ont été confrontés à la brutalité de leurs contemporains qui étaient tellement collés à leur confort matériel qu’ils étaient incapables de voir au-delà de leur nez. Ces grands tribuns de l’histoire ont connu la persécution, l’humiliation, l’incarcération…La parole de Dieu dit que sur leur chemin se trouvent toujours les ennemis qui malgré eux, les aident, à s’élever dans le firmament de la grandeur. Le substitut du pharaon, Joseph a connu ses propres frères qui l’ont vendu ; sur le chemin du roi David, il y a eu le roi Saul ; Socrate a été condamné par des sophistes qui trouvaient qu’il corrompait la jeunesse en leur ouvrant l’esprit ; Jésus Christ a connu les pharisiens qui ne toléraient pas qu’il dématérialise la foi en Dieu ; la violence coloniale a donné tout son sens à la non violence de Ghandi ; le système ségrégationniste a privé Mandela de 27 ans de sa vie. En Côte d’Ivoire, quand Laurent Gbagbo a décidé d’émanciper son peuple du joug de la domination impérialiste et de lui enseigner les valeurs de la démocratie, il a rencontré sur son chemin Alassane Ouattara. Fort de l’histoire de ces grands hommes, notre génération refuse de voir l’histoire se dédire. Accuser de meurtre contre l’humanité, et malgré les gesticulations de l’accusateur qui rêve que prospèrent ses faux témoignages contre cette icône de notre démocratie, la reconnaissance internationale est en train de sourire au digne fils de Mama. La liberté même provisoire pour un « pestiféré accusé de crime contre l’humanité » devrait être perçue par le régime d’Alassane Ouattara comme un désaveu. Même si l’homme devait finir ses jours dans une retraite dorée en Ouganda, toute la mobilisation autour de sa personne à la Haye, pendant que ceux qui se croient blancs comme neige triment avec le pouvoir qu’ils lui ont arraché, devrait suffire pour convaincre plus d’un de la dimension historique de Laurent Gbagbo.

Joseph Marat

Le cirque d’Amadou Soumahoro


Le secrétaire général par intérim du Rdr, Amadou Soumahoro a organisé une conférence de presse avant-hier, au siège de son parti à Cocody, pour répliquer à celle du FPI qui avait gravement critiqué le régime d’Alassane Ouattara. Dans la forme, c’est une grande première. Que celui qui vociférait, il y a peu, que celui qui attaque Ouattara finit au cimetière, oublie les ossuaires pour troquer sa cape de faucheuse avec une toge de conférencier, voila le signe que le « le changement, c’est maintenant » Alassane Ouattara a été sérieusement attaqué et au lieu de prendre ses dispositions pour envoyer les agresseurs au cimetière, le voila muer en conférencier pour amuser la galerie. Parce que dans le fond, Amadou Soumahoro a été plus que ridicule au cours de cette conférence de presse. Mis à part le fait qu’il ait botté en touche par rapport à tout ce qui a été reproché à Alassane Ouattara par le FPI, même sur les pistes de débat qu’il ouvre, Amadou Soumahoro a montré qu’il n’est pas à la hauteur. On a quelque fois honte que notre classe politique puisse compter des personnes comme lui. Quelques repères pour vous faire comprendre mon désarroi. Amadou Soumahoro a annoncé que son parti convoiera toutes les victimes de la crise postélectorale à la Cour pénale internationale (CPI), le 13 août 2012, date de l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo. Il a oublié que son parti et lui se sont saisis de celui-ci pour le déporter à la Haye parce qu’il a, selon eux, tué 3000 personnes. Hors mis le fait qu’il ignore que ce n’est pas lui, encore moins le jour de cette audience qu’il faut présenter les victimes, on se demande bien comment ils feront au RDR ? Vont-ils exhumer tous les corps et transporter les ossements devant la CPI ? Que celui qui y comprend quelque chose m’écrive à josephmarat@yahoo.fr. Je suis malheureux de ne pas pouvoir comprendre ceux qui gouvernent actuellement mon pays. Et, il ne s’arrête pas là, au cours de cette conférence ! Tenez : « J’ai vu quelques preuves contre l’ancien président, c’est vraiment du costaud. Il y a des films, des diapositives, des images et des vidéos dans lesquelles Gbagbo demandait à l’Armée de prendre ses responsabilités » Il ne dit pas milice, mais bien l’armée. Qu’est qu’il y a de plus normal qu’un chef d’Etat demande à son armée de prendre ses responsabilités, c’est-à-dire de faire ce pourquoi elle est constituée en ripostant vigoureusement contre les hordes d’assaillants ou les commandos dits invisibles qui mettent en mal la sureté de l’Etat ? Il y a d’autres petites « kandianeries » que je vous épargne pour vous donner une image. Celle d’un animal féroce dans un cirque. Généralement, il n’a plus de dent pour faire mal. La conférence de presse d’Amadou Soumahoro était donc un cirque ou il est venu amuser la galerie au lieu de répondre aux véritables attaques contre Ouattara.

Joseph Marat

Où est Lida Kouassi Moise ?

L’expérience a nourri une image qui est devenue une vérité aujourd’hui dite relative à cause de l’avancée de la science. En revanche même si le progrès a permis de créer une rupture scientifique qui permet de relativiser désormais la force du dicton, il ne demeure pas moins pertinent d’y avoir recours en certaines circonstances pour côtoyer le vrai. L’opinion a longtemps dit qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Certes l’idée que le fumigène qui est une fumée sans feu contredit l’opinion sur la question, mais elle ne bat pas totalement en brèche le fait qu’il y a des fumées qui sont nécessairement occasionnées par le feu. Pour dire que la politique actuellement en Côte d’Ivoire est loin d’être un spectacle. C’est dans les spectacles qu’on jette des bombes de fumée artificielle sur la scène. Dans notre pays la politique est devenue très dangereuse. Il y est beaucoup plus question de mort d’hommes que de la véritable gestion de leur bien-être. Nous sommes dans un pays où le spectacle politique est devenu beaucoup plus crispant que divertissant. Il est donc difficile de confondre les fumées. C’est le lieu plus que jamais de croire que ce type de fumée est toujours en amont d’un feu. Depuis quelques jours la cité grouille de cette rumeur persistante que Moise Lida Kouassi serait mort. Depuis que cette rumeur court, le régime a tenté de nous distraire avec l’arrestation imaginaire de Koné Katina et même la rediffusion du show télévisé d’Hamed Bakayoko. Mais il fait la sourde oreille sur la rumeur du décès de celui qui leur a promis de faire mains et pieds pour les aider à désamorcer tous les coups d’Etat que les dirigeants du FPI en exil comme à l’intérieur prépareraient contre le régime d’Allassane Ouattara. En attendant son ordre de mission, la rumeur l’a déjà assassiné et ce qui est intrigant dans l’affaire, c’est le silence assourdissant du gouvernement d’Alassane Ouattara. Cela est intrigant parce qu’on connaît la propension de ce gouvernement à faire croire qu’il ouvre les bras à tous les Ivoiriens qui ont envie de rentrer de leur exil. Si Lida Kouassi, qui a promis devant la face du monde sa coopération exclusive avec ce régime, devrait disparaître dans la nature, cela peut-il rassurer ceux qui hésitent encore à rentrer et qui n’ont d’autres solutions que de penser que la seule manière pour eux de retrouver leur terre natale dans la quiétude sera de s’assurer qu’ils ne seront pas broyés les uns après les autres ?

Joseph Marat

Les accords privés de la parenthèse

Que cache le déplacement d’Alassane Ouattara en Israël ? Officiellement on parle d’une visite d’Etat pour prendre part à la conférence «Facing Tomorrow 2012» organisée par son homologue Shimon Pérès. Les supputations disent plutôt qu’il n’a plus confiance en la France et qu’il serait allé en Israël, chercher un autre parrain aussi puissant que son ami Sarkozy pour continuer à tenir les rênes du pouvoir. Ces dernières supputations ne sont pas loin d’être. La preuve, le chef de l’Etat ivoirien a convoqué dans une sorte de précipitation, son ministre délégué à la Défense, monsieur Paul Koffi Koffi, à le rejoindre en Israël. Ce qui serait lié à la conclusion de contrat d’armements et d’assistance en matière de renseignements. En termes plus simples, Alassane Ouattara est allé signer un autre accord de défense avec l’Etat juif. Du coup, celui qu’il a signé avec le président Sarkozy devient caduc puisque les deux puissances ne peuvent pas se disputer la protection d’un seul homme. S’il nous fallait une preuve palpable de la distance prise par la France vis-à-vis du pouvoir d’Abidjan depuis l’élection de François Hollande, nous sommes servis. Dans un monde propice au fonctionnement des réseaux, il n’est pas rare de voir un chef d’Etat se laisser parrainer par une puissance. Surtout quand la question de souveraineté est le dernier des soucis du chef d’Etat africain. Alassane Ouattara peut donc aller de branche en branche, à sa guise. Ce n’est certainement pas là que se situe le problème. Ce qui est malsain et pose problème pour un Etat normal c’est la nature des accords qu’il signe au gré de ses humeurs. Alassane Ouattara dit qu’il a été élu par le peuple de Côte d’Ivoire sur la base de la Constitution dont il s’est doté en 2000. Le moins qu’on puisse lui demander est qu’il agisse réellement en représentant du peuple ivoirien. Sa personne devrait s’effacer un peu au profit de l’Institution et du peuple qu’il prétend représenter. Qu’est-ce qui explique que le récent accord de défense qu’il a signé avec Nicolas Sarkozy soit devenu du coup caduc alors qu’on s’attendait à ce que cet accord soit entériné par le parlement ivoirien ? Au nom du principe de la continuité de l’Etat, il ne suffit pas qu’un chef d’Etat s’en aille pour que des accords entre Etats deviennent caducs. Si les accords de défense qu’Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy ont signés l’avaient été dans l’intérêt bien compris des deux peuples, pourquoi la partie ivoirienne s’empresse-t-elle de les rendre obsolètes sans en avoir auparavant discuté avec le nouveau chef d’Etat français ? Les Ivoiriens ont donc des raisons d’être gênés et même inquiets parce que leur chef d’Etat se promène pour signer des accords privés sur leur dos. Comme quoi, l’imposture continue…

Joseph Marat

Un mensonge pourquoi…

Les Unes des organes de presse étaient contradictoires ce samedi matin. Alors que les Verts annonçaient l’arrestation du porte-parole du président, les Bleus le démentaient. Sur le net, un organe de la place a même affiché les deux Unes. « Katina arrêté » et « Katina n’a jamais été arrêté ». Une bonne pagaille à l’image de la situation du pays. De la ‘’République’’ des Dozos, nous sommes passés à celle de l’intox en moins d’une semaine. Jusque-là, on nous avait habitués aux armes qui crépitent à chaque revendication démocratique. Depuis quelques temps, le régime de Dramane Ouattara est passé à une autre phase de communication. Et nous comprenons aisément pourquoi. Il n’est pas facile de canarder des opposants quand on n’a plus de parrain puissant, capable de tuer dans l’œuf la réprobation de la communauté internationale. Mais cela suffit-il pour donner carrément dans l’intox ? Utiliser les medias d’Etat pour mentir sur l’arrestation d’un homme politique, juste deux jours après avoir organisé une émission grand format à la télévision pour déverser des contre-vérités sur un parti politique parce qu’il refuse de faire le jeu de la compromission politique, donne simplement la mesure de l’incapacité d’un régime handicapé et désormais sans béquilles. On panique et on veut prendre le peuple à témoin. « Ils veulent nous renverser !» Comme si le phénomène était nouveau pour eux. Mais la panique et l’incertitude ne suffisent pas aussi pour justifier un tel mensonge sur l’arrestation du porte-parole du président Laurent Gbagbo. Cette mascarade en plein week-end répondait à un objectif bien plus secret : couvrir par un bruit très assourdissant la rumeur du décès de Lida Kouassi et la réaction virulente du FPI face aux accusations de coup d’Etat. Cette rumeur et le contenu de la conférence de presse de Miaka Oureto auraient gonflé et occupé la conversation des ivoiriens. Il fallait mentir sur l’arrestation de Katinan pour noyer le poisson. Mais justement, la ouattarandie ne sait peut être pas que c’est une gageure de vouloir noyer un poisson. Parce que quand tout le monde aura fini de se rendre compte que le régime a menti, il lui faudra nous montrer des signes de vie de Lida Kouassi qui n’avait plus à être caché puisqu’il a pris l’engagement de sauver le régime par sa collaboration. Ensuite réagir en conséquence par rapport à la conférence de presse du FPI qui n’a pas mâché les mots pour dire des choses que le régime de Ouattara Allasane en temps normal ne tolère pas. Que va-t-il faire maintenant ? Envoyer, à l’instar d’Affi N’Guessan et les autres, toute la direction du FPI dans les goulags du nord ? Nous attendons tous de voir cela ou d’intégrer les vérités du FPI comme des révélations incontestables de l’imposture.

Joseph Marat

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