La malédiction de Alassane

Un certain Soumahoro «  cimetière », secrétaire général par intérim du parti républicain,  a dit un jour que  ceux qui s’attaquent  à  Alassane Ouattara terminent tous au cimetière. Ce pauvre monsieur a oublié de dire également que tous ceux qui prennent faits et causes pour  M. Alassane Ouattara sont inexorablement  poursuivis par la malédiction. Mais laquelle est-elle ? Ouvrons les yeux pour voir, et les oreilles pour mieux entendre. Quand un chef d’Etat se fait appeler ami d’Alassane Ouattara, il perd systématiquement les élections s’il est candidat à sa propre succession. S’il vient d’être élu, il perd systématiquement la popularité ou est vite confronté à des troubles sociaux. En clair, il ne fait pas bon vivre à proximité de cet homme en ce moment. Et pourtant, tout le monde s’accorde à dire qu’il a un carnet d’adresse  impressionnant d’amis. Ce paradoxe ainsi posé, interrogeons les faits et l’Histoire pour trouver une explication à ce qui paraît  contradictoire à première vue.

La réputation bâtie sur du vent

Beaucoup de thuriféraires d’Alassane Ouattara ont tendance à dire qu’il n’a jamais échoué à quoi que ce soit dans la vie. Tout lui réussit,  c’est d’ailleurs l’une des raisons qui fait dire que c’est lui l’homme qu’il faut à la tête de la Côte d’Ivoire. C’est le messie des Nordistes de notre pays au point que certains caciques du parti républicain issus du septentrion ivoirien ont pu lier le destin de leur région à celui de cet homme. Par ailleurs, il est dit qu’il fait toujours ce qu’il dit, donc il ne ment jamais. Celui qui a un nombre impressionnant d’amis dans la vie ne peut être autre chose qu’une personne de toutes les compromissions. La raison ? C’est que les amitiés ne sont pas toutes fondées sur la même base. C’est pourquoi celui qui a une pléthore d’amis ne peut être qu’un agent d’exécution et non de conception. Tant que M. Alassane Ouattara pouvait exécuter les décisions prises par d’autres personnes, il ne pouvait qu’être conciliant envers toutes (les décisions) fussent-elles contradictoires. C’est pourquoi, au Fonds Monétaire International (FMI), il ne pouvait être qu’excellent, s’il  y a joué un rôle important  d’autant plus qu’il y est entré non pas sur concours, mais sur parrainage d’un Etat.

Allez comprendre  comment il a eu son doctorat !  En effet, un doctorat  suppose beaucoup d’heures de recherches en bibliothèque. Or, M. Ouattara dit-on a eu le sien en travaillant, ce qui fait  penser que la qualité des recherches théoriques laisse à désirer, mais du moment qu’il l’a eu, la question ne se pose pas… Cependant, quand on fait le rapport du temps passé au bureau en tant que banquier  et celui passé en bibliothèque, le super diplômé Alassane Ouattara   maîtrisera mieux  la pratique que la théorie.  A  preuve, il n’a jamais écrit le moindre opuscule qui consigne ses idées politiques et économiques à ce jour. Sa thèse en anglais ? Elle aurait pu être traduite en français et publiée  si elle était si brillante comme on nous le fait croire…

Cet homme qui fait ce qu’il dit et à qui tout réussit, peut-il prospérer en politique ? S’y essayer, c’est ignorer la réalité des choses. La raison de cette affirmation est que la politique est un métier entièrement à part qui plus est, ne relève pas d’une science exacte. D’ailleurs, on dit de façon triviale que tous les hommes et femmes politiques sont des menteurs. Ils ne réalisent jamais leurs promesses. Voici un homme qui est le contraire de ce que l’on dit des politiciens et qui malgré tout pense faire des prouesses exceptionnelles si ce n’est  pour  mener tout le monde en bateau. Lui qui a moqué  la demande du point d’achèvement PPTE de Laurent Gbagbo, est aujourd’hui le plus heureux de cette initiative.  Avec ses promesses mirobolantes d’amener la Côte d’Ivoire au rang de pays émergent au bout de cinq ans, on se tord de rire sur ses qualités de grand gestionnaire… La réalité doit lui échapper vraiment !

Le prix du mensonge

Houphouët-Boigny a laissé un bon pactole de plusieurs milliards de nos francs au Vatican auquel  seul le président démocratiquement élu en Côte d’Ivoire doit  avoir accès. Du coup, l’histoire de la dernière  élection présidentielle en Côte d’Ivoire soldée par un coup d’Etat, a pris la dénomination contraire de ce que tout le monde a vu. M. Nicolas Sarkozy, ex-président français, se targuant d’être l’ami de M. Alassane Ouattara a fait des pieds et des mains sur la scène internationale pour faire déclarer que  cet ami a été démocratiquement élu.  On les voit venir, mais le Vatican n’est pas naïf. Malgré lui, Jonathan Goodluck, en sa qualité de président d’une institution sous-régionale africaine, a été contraint de prendre fait  et cause pour M. Alassane Ouattara via Nicolas Sarkozy. Peu après, à peine élu président de la république nigériane, le voilà confronté à Boko Haram. Abdoulaye Wade, ex-président sénégalais, racine pivotante du pouvoir d’ADO en Afrique,  est tombé de très haut aux dernières présidentielles,  face à son propre ancien premier ministre Macky Sall. Nicolas Sarkozy lui-même, le parrain d’ADO,  a été humilié par celui qu’on nomme « la gauche molle » en France. C’est dire que, même face à un mouton, Sarkozy serait tombé. M. Faure Gnassingbé, président du Togo a cherché et a trouvé ses ennuis en s’accommodant du mensonge du régime des rattrapeurs d’Abidjan, ces derniers temps. On ne sait pas jusqu’où iront ses ennuis sociaux. Les présidents Gabonais et  congolais qui ont joué un rôle positif en faveur d’ADO ont en ce moment,  leur dose d’ennuis sociaux. Enfin,  Amadou Toumani Touré (ATT) au Mali, du temps de la crise ivoirienne,  a accueilli la réunion de destitution du gouverneur de la BCEAO, M. Dakoury Tabley ;  moins d’un an plus tard,  il a rejoint le groupe des ex-présidents  suite à un coup d’Etat. Et la liste est très longue de ceux qui ont été volontairement  ou  involontairement associés au complot du mensonge qui a porté ADO au pouvoir en Côte d’Ivoire. Ils  sont tous  sanctionnés  pour le mensonge en politique au point que la proximité d’ADO pue la malédiction du pouvoir. Le voisin septentrional Blaise Compaoré est sur la sellette : soit il aura  un clash avec ADO soit ses ennuis vont bientôt commencer avant de se voir chasser  du pouvoir.  La démocratie est incompatible avec le mensonge. Ensuite, Dieu  le seigneur des Armées aux combats,  a sa méthode pour abattre  ceux qui n’ont pas son onction pour gouverner. Quand tous ses soutiens seront évincés du pouvoir, ADO tombera naturellement, il n’est donc point nécessaire de faire un coup d’Etat ; même s’il voit des complots partout ou entend des voix à la Jeanne d’Arc. Ainsi, il comprendra qu’on ne change pas la voie tracée par Dieu pour chacun.

Louis-Freddy Aguisso

Infodabidjan.net

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