Chicago Skyline 2008

Réunis au sommet de Chicago dimanche dernier, les chefs d’Etats membres de l’Organisation du traité Atlantique-nord ont validé le lancement de la première phase de réalisation d’un bouclier anti-missile couvrant l’Europe. Justifié pour prévenir de toute attaque provenant du Moyen-Orient sur l’Europe, ce dispositif est depuis longtemps dénoncé par la Russie, qui elle-même craint pour sa sécurité.

 

En projet depuis 2010, la mise en œuvre du système global de défense anti-missile de l’Otan en Europe vient d’être validée par les chefs d’Etats membres de l’Alliance. Il sera entre autre composé d’un radar puissant situé en Anatolie, ainsi que des missiles SM3 déployées sur des frégates en Méditerranée, ainsi que d’intercepteurs placés en Roumanie et en Pologne. Sa vocation première sera de protéger l’Europe de tout risque d’attaque en provenance du Moyen-Orient, en particulier de l’Iran. Une décision qui dans un contexte géostratégique incertain semblait « nécessaire »« nous faisons face à des menaces réelles » a plaidé Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’Otan.

 

En France, le nouveau président François Hollande qui avait émis des réserves durant sa campagne électorale, a approuvé le projet avec un certain pragmatisme. Il a affirmé que le pays conserverait son autonomie dans son système de dissuasion nucléaire, mais il a également fait part de l’implication directe d’industriels français dans la réalisation du bouclier. Néanmoins, il a plaidé pour un « contrôle politique de son utilisation », et une maîtrise de toute dérive budgétaire dans la réalisation du projet. Cette « sorte de ligne Maginot du ciel Européen » fait néanmoins l’objet de critiques, très onéreuse, certains experts se questionnent également sur sa fiabilité supposée en cas d’attaque.

L’Otan, dont la raison d’être a souvent été remise en question ces vingt dernières années depuis la chute de l’URSS, suscite parallèlement l’inquiétude du côté de la Russie. Cette dernière ne cesse de clamer son opposition au projet depuis 2010, la portée des missiles lui faisant craindre pour sa propre sécurité. Elle a un moment souhaité être intégrée au système, ce que l’Alliance qui souhaite conserver sa marge de manœuvre vis-à-vis du Kremlin a refusé. Certains y ont vu la raison de l’absence de Vladimir Poutine à la réunion du G8 qui a suivi le sommet de Chicago. Par ailleurs, la Russie a fait part mercredi du succès de l’essai d’un nouveau missile intercontinental, « en réponse au déploiement d’un système global de défense antimissile par les Américains », a ainsi déclaré le général Viktor Essine, un ancien directeur des troupes des missiles stratégiques russes.

Sources : LePoint.frLa CroixL’Humanité

Publicités

Une pensée sur “Le nouveau bouclier antimissile de l’Otan agasse la Russie”

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.