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Côte d’Ivoire :analyse politique de Joseph Marat

Côte d’Ivoire :analyse politique de Joseph Marat

Le statu quo ante de Dramane

Dramane Ouattara est rentré avant hier de dix jours de vacances. Je me refuse de mettre dans la balance, dix jours d’absence injustifiée du chef de l’Etat d’un pays à qui on a besoin d’enseigner, par le haut, la valeur du travail qui fait sortir du sous-développement. On dit que le poisson pourrit par la tête. Depuis l’avènement de l’homme à la tête de l’Etat ivoirien, le PPTE dans sa version la plus dégradante est devenu plus qu’une réalité, la seule vision politique et l’absentéisme une valeur. Dramane Ouattara est tout le temps absent. Faisant certainement croire à ses partisans qu’il travaille à provoquer l’orage des milliards. Il a totalement oublié, absentéisme oblige, que la véritable abondance de milliards est un produit du travail quotidien de nos propres potentialités. Les aides extérieures ont beau s’appeler aides au développement, elles n’ont jamais sorti un pays de sa misère. Ouattara devrait plutôt nous apprendre à pêcher et à travailler notre patrimoine que de se promener dans l’arrière cour du looser Sarkozy, à jouer le prestidigitateur d’une hypothétique pluie de milliards. Cela fait plus d’un an qu’on attend que le ciel s’assombrisse. Rien ! Si ! le PPTE le 26 juin prochain ! Une promesse qui ne lui appartient pas et qu’il a vidée de toute sa substance par sa propension à se promener chez Nicolas Sarkozy, le seul chef d’Etat qui ne le recevra plus bientôt. Cela va-t-il changer ? Allons-nous nous mettre enfin au travail pour sortir de l’illusion d’une assistance extérieure ? Pour notre malheur, quand Dramane Ouattara descend de l’avion qui le ramène pour la énième fois de chez le même Sarkozy et au moment ou nous attendons qu’il nous donne la couleur du temps, il nous assène que rien ne va changer. François Hollande peut remplacer Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Il peut changer la politique en France. Il peut imprimer sa marque dans le rapport de la France avec l’Europe et les autres pays du monde. Il fera tout pour donner vie à son slogan de campagne en faisant du changement maintenant, il y aura une limite à toutes ses simagrées : la Côte d’Ivoire de Dramane Ouattara. Son ami Sarkozy lui a certainement dit : « ne t’en fais pas, j’intimerai l’ordre à Hollande de ne rien changer à mon dispositif que j’ai installé en Côte d’Ivoire. Il a beau être un chef d’Etat socialiste, avec ton pays, il sera de l’extrême droite comme j’ai tenté de l’être pour me sauver des eaux de la défaite. » Que voulez-vous ? De toute façon le ridicule ne tue pas !

Joseph Marat (Aujourd’hui)

Clemenceau contre Ferry

Je tiens à partager avec vous aujourd’hui cette intervention de Georges Clemenceau contre le fondateur de la franc-maçonnerie Jules Ferry au parlement français en 1885. L’histoire de l’humanité tanguait entre la fin de l’esclavagisme et le début de l’aventure coloniale. Aujourd’hui avec la fin du Sarkozisme l’histoire nous rappelle qu’elle a l’art de se répéter. « Voilà, en propres termes, la thèse de M. Ferry et l’on voit le gouvernement français exerçant son droit sur les races inférieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation. Races supérieures Ị races inférieures Ị c’est bien tôt dit. Pour ma part, j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand. Depuis ce temps, je l’avoue, j’y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieurs Ị (…) C’est le génie de la race française que d’avoir généralisé la théorie du droit et de la justice, d’avoir compris que le problème de la civilisation était d’éliminer la violence des rapports des hommes entre eux dans une même société, et de tendre à éliminer la violence, pour un avenir que nous ne connaissons pas, des rapports des nations entres elles. (…) Regardez l’histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l’oppression, le sang coulant à flots, le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur Ị Voici l’histoire de votre civilisation Ị (…) combien de crime atroces, effroyables, ont été commis au nom de la justice et de la civilisation Ị je ne dis rien des vices que l’Européen apporte avec lui : de l’alcool, de l’opium qu’il répand, qu’il impose s’il lui plaît. Et c’est un pareil système que vous essayez de justifier en France dans la patrie des droits de l’homme Ị Je ne comprends pas que nous n’ayons été unanimes ici à nous lever d’un seul bond pour protester contre les paroles de M. Ferry. Non, il n’y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inferieures. Il y a la lutte pour la vie qui est une nécessité fatale, qu’ à mesure que nous nous elevons dans la civilisation nous devons contenir dans la limite de la justice et du droit. Mais n’essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation Ị ne parlons pas de droit, de devoir. La conquête que vous préconisez, c’est l’abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires pour s’approprier l’homme, le torturer en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce n’est pas le droit, c’en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre à la violence l’hypocrisie Ị » Georges Clemenceau à l’Assemblée Nationale française en 1885, cité par Pierre Péan dans Carnage

Joseph Marat (Aujourdhui)

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