06.05.2012

Il se sera battu comme un beau diable. Mais, il était certainement le dernier à savoir qu’il n’avait plus le profil de l’emploi. Nicolas Sarkozy est tombé hier à la suite d’une élection démocratique comme on peut rêver de le vivre. J’étais encore en train de taper ce texte quand un ami m’a envoyé un twitte de Gérard Depardieu « j’ai eu Sarkozy au téléphone, nous avons perdu. » quelque temps après, il me faire part d’une autre actualité. Il m’annonce que la garde républicaine était en route pour Tulle, le village de François Hollande. Nous étions à une heure de la proclamation officielle des résultats. Une chose ne nous échappait plus depuis la mi-journée de cette journée électorale. Les résultats partiels qui nous parvenaient sur l’ensemble des votes provenant du monde entier où les Français ont exprimé leur devoir citoyen n’ont à aucun moment infirmé tout ce que les souhaits et les sondages ont pratiquement programmé depuis le début de cette campagne électorale. Il est 17 h 30 quand mon ami qui tient a me faire vivre chaque instant de cette victoire m’envoie un autre message « le journal de 17 h de RTBF donne Hollande vainqueur avec 53% » cette chaine de télévision belge avait pris ses dispositions en délocalisant dans les locaux de l’ambassade de Belgique en France pour échapper a la restriction française de ne parler du résultat qu’a partir de 20 h. A partir de ce moment, ceux qui avait prévu sabrer le champagne, s’ils ne l’avaient pas fait bien avant, pouvaient le faire. La place de la concorde était désespérément vide pendant que les Français ne faisaient qu’affluer à la rue Solferino et à la place de la Bastille. Il faut retenir pour la petite histoire que tous les réseaux qui font de notre monde un petit village planétaire étaient bien pressés de tourner la page Sarkozy. L’empressement était tel qu’on se demandait si c’est la victoire de François hollande ou la défaite de Sarkozy qui était le plus désirée. La nuance est fondamentale parce que dans l’histoire de la cinquième République en France un chef d’Etat n’a jamais autant cristallisé la colère de son peuple et des autres nations. Du début jusqu’à la fin, la fin du mandat de Nicolas Sarkozy n’a jamais rimé avec sa reconduction. Il a trainé des casseroles jusqu’à sa chute ce 06 mai 2012. A croire que le peuple s’est rendu compte qu’il s’était engagé dans un tunnel d’erreur en élisant Sarkozy. En France, il peut y avoir des citoyens contents de l’avènement de François Hollande au pouvoir. Ils connaissent certainement l’homme et ce qu’il peut apporter au peuple français. Mais pour nous qui jubilons sous les tropiques, ce n’est pas parce que François Hollande défendra nos intérêts au détriment de ceux des Français, notre joie que nous ne bouderons pas est simplement le signe de la fin d’une collusion politique qui avait confondu croisade armée, bombardement des palais et assassinat de chef d’Etat avec coopération respectueuse entres les peuples. Sarkozy représentait pour nous la résurgence des vieux démons de l’esclavagisme, de la colonisation à travers une françafrique qui ne s’est jamais aussi mieux portée. « On l’a eu Ị » comme si nous étions dans une partie de chasse pour se débarrasser d’un monstre qui s’est aventuré dans la prairie de notre coexistence pacifique avec l’ex-puissance coloniale. La chute de celui qui incarnait l’hyper-présidence en France, pour ne pas dire la dictature, et la joie qui l’accompagne de part et d’autre des Pyrénées marquera-t-elle le début d’une coopération rationnellement hygiénisée avec tous les peuples ? La balle est désormais dans le camp de François Hollande parce que pour notre part, en dépit de l’approximation qu’on nous a imposée ici, nous sommes mentalement prêts pour regarder dans la même direction que tout dirigeant qui veut bien construire une civilisation des hommes mutuellement heureux de cheminer ensemble.

Joseph Marat

Désarmement et irresponsabilité

Nous avons tous le regard tourné vers la présidentielle française, mais nous n’avons pas oublié qu’il y a plus d’un an la nôtre se dénouait à coup de bombardement. Je me remémore encore ce moment parce qu’avant-hier, pendant qu’on savourait la trêve électorale, mon jeune frère est venu me rendre visite. Il était 20 h et il était pressé de rentrer chez lui. « Grand frère, il faut que je rentre. Nous qui sommes à la lisière d’Abobo, nous continuons de vivre les affres de la guerre. Tous ceux qui ont été armés durant L’avènement du commando invisible à Abobo, n’ayant pas été désarmés et n’ayant rien reçu en retour de leur activisme ont décidé du “pay yourself” Depuis quelque temps ils font des incursions nocturnes dans notre quartier pour dévaliser les résidents. Hier nous avons eu droit à plus de quatre heures de tirs entre minuit et cinq heures du matin à l’alentour. » Sur le coup, il m’est revenu que l’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire avait envoyé une demande de couverture aujourd’hui pour un séminaire sur le désarmement. La rédaction avait trouvé cette invitation curieuse. Un an après avoir installé son poulain au pouvoir, l’ONU n’avait toujours pas régler le problème du désarmement en Cote d’Ivoire. Avec tout ce qui se passe dans les rues et avec tous les braquages à armes quelquefois lourdes, on se demande si elle a même commencé ce travail. Les faits sont d’autant plus graves qu’après avoir fait un tapage médiatique autour de la « mort de 7 femmes » dans une commune annexée par un commando dit invisible pour renverser un pouvoir qui a toujours réclamé le désarmement pour éviter de tels accidents, l’ONU ferme désormais les yeux sur l’insécurité et la mort en silence de la population civile sur toute l’étendue du territoire ivoirien. L’indice de sécurité n’a jamais été aussi alarmant en Côte d’Ivoire. Dans le même temps, l’ONUCI n’a jamais été autant invisible. Les diplomates qui étaient en première ligne pour brocarder le régime du président Laurent Gbagbo rasent aujourd’hui les murs pour susurrer aux oreilles de leurs compatriotes de rester prudents et de ne circuler dans le pays qu’entre 6 et 19 h. Pour une fois, j’ai du mal à pointer du doigt la gouvernance de Dramane Ouattara. Il voulait être chef d’Etat, c’est tout. Le reste le concerne de très loin. C’est d’ailleurs de bonne guerre. Qui n’aimerait pas être à sa place. Et il a le droit de penser de façon machiavélique que la fin justifie les moyens. La grande déception nous vient de cette organisation de nations créée au lendemain de la seconde guerre mondiale pour préserver le monde de la guerre et veiller à la promotion de la dignité humaine. Tout porte à croire qu’elle est entre les mains des forces du mal et elle se porte mieux là ou sa charte est constamment déchirée.

Joseph Marat

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