Abidjan IvoireBusiness

Combattant armé non identifié.

Combattant armé non identifié.

Le 05 mai 2012 par IVOIREBUSINESS – Selon des sources concordantes, l’évasion spectaculaire de plus d’une centaine de détenus hier à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan

(MACA) serait l’œuvre de combattants armés non identifiés qui auraient pour ambition de renverser le régime Ouattara. Qui sont-ils et d’où viennent-ils ? Nous ne pouvons pas répondre à cette question avec exactitude. Toujours est-il que c’est par centaines et par petits groupes qu’ils ont désormais ralliés Abidjan, ou ils seraient dans toutes les communes. Car hier, plusieurs témoins joints sur place ont entendus des tirs nourris d’armes automatiques à Yopougon zone industrielle et même à Adjamé.
Les tirs à Yopougon étaient des échanges entre les soldats FRCI et des soldats armés non identifiés, lesquels ont réussi la prouesse de faire évader des centaines de détenus de la MACA. Le ministre de l’intérieur Hamed Bakayoko qui a reconnu au journal de 20h l’existence de ces échanges de tirs a préféré mettre cela sur « une catégorie d’opposants qui refusent la réconciliation parce qu’ils auraient un calendrier. Ils espèrent qu’en France Sarkozy va tomber et que le gouvernement de François Hollande va renverser celui d’Abidjan ». Avouant du coup sans s’en rendre compte que ce sont les gouvernements français qui renversent les gouvernements en Afrique. Que le régime Ouattara dont il est issu a bel et bien été installé par Nicolas Sarkozy. Selon le ministre, tous les évadés ont été rattrapés. Faux juste une dizaine, rétorque un garde pénitentiaire joint sur place et qui a préféré garder l’anonymat.
Selon plusieurs sources jointes sur place, les échanges de tirs nourris à l’arme automatique et à l’arme lourde entre insurgés et FRCI ont débuté vendredi matin à Yopougon zone industrielle, obligeant les populations à se terrer chez elles. La nouvelle s’est très vite répandue comme une trainée de poudre dans la capitale économique ivoirienne, et a suscité un mouvement de panique générale à Yopougon, où plusieurs commerçants ont fermé leurs magasins, tandis que les populations restaient enfermées chez elles, relatent-on.

Entre 9h30 et 10H, des coups de feu étaient entendus de l’intérieur de la MACA. Forces de l’ordre en faction et combattants armés non identifiés se tiraient dessus sans qu’on sache ce qui se passait.
Résultat des courses : Une centaine de prisonniers – d’autres sources évoquent le chiffre de 300 – se seraient alors faits la belle.
Le régisseur de la MACA, Yao Kouassi Patrice, contacté par IvoireBusiness, s’est refusé à tout commentaire. Ce, malgré notre insistance.
L’après-midi, selon plusieurs sources jointes sur place, les FRCI assistés de la BAE et de l’ONUCI ratissaient la forêt du Banco à la recherche de prisonniers et de combattants armés.
Ce n’est pas la première fois que des prisonniers se font la belle de façon aussi spectaculaire, avec ou non des complicités. C’était d’abord à Dimbokro au mois de janvier dernier où dix-sept pensionnaires prirent la poudre d’escampette. Seulement quatre selon ont été rattrapés, quatre autres ont perdu la vie dans leur tentative de fuite. Puis le 1er mai dernier, 96 détenus sur les 160 que compte la prison civile d’Agboville, ont pris la clé des champs.
Les prisons d’Abidjan (MACA), de Dimbokro et d’Agboville sont-elles un message de révolte contre le régime Ouattara ? Car chaque fois, les prisonniers avant de se faire la belle scandaient « Libérez Gbagbo ». Nous y reviendrons.

Patrice Lecomte

Envoyé spécial à la MACA

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