L’avènement de M. Alassane Dramane Ouattara au pouvoir a été salué par la communauté internationale. Pouvait-il en être autrement quant on sait toute l’énergie qu’elle a dégagée pour que le « président désigné » et « certifié » s’installe au palais d’Abidjan ? Evidemment non. Sa prise de pouvoir qui n’échappe pas, dans la forme et dans le fond aux critiques, a été présentée comme l’exhumation de la démocratie en Côte d’Ivoire. Nous avons, religieusement écouté la communauté dite internationale, celle que le Ministre Jean Jacques Béchio appelait affectueusement « la dame au visage laid et rabougrit ». Nous ne pouvions rien dire parce qu’elle seule maîtrise mieux, la définition de la démocratie. A mille lieues du peuple ivoirien, elle nous a imposé sa définition. Et depuis, la démocratie est en marche en Côte d’Ivoire, nous dirons même qu’elle courre. En un mot, elle se porte très bien.
Dans la démocratie du 11 Avril 2011, différente de la démocratie apaisée chère à M. Henri Konan Bédié, tout fonctionne comme Alice au pays des merveilles. La vie y est rose, les ventres sont repus de liberté. Lorsque vous déposez votre valise au portail de cette démocratie, un panneau vous dit clairement « Bienvenu au pays de l’atteinte à la sûreté de l’Etat » juste pour vous signaler que dans ce régime, l’atteinte à la sûreté de l’Etat est le mets le mieux partagé. Plusieurs ivoiriens en savent quelque chose, eux qui ont cru que la dictature internationale de Gbagbo avait fait son deuil. Dans la démocratie du 11 Avril 2011, cette infraction est un ferry dans lequel les personnalités les plus en vue se reposent. Depuis des jours, Me Dadjé Rodrigue, l’avocat de Simone Ehivet Gbagbo est dans ce ferry. Il est donc accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Dès qu’il a déposé ses valises à l’aéroport, la très célèbre et vigilante Direction de la Surveillance du Territoire (DST), lui a souhaité « Bienvenu au pays de l’atteinte à la sûreté de l’Etat ». Pendant trois semaines, il s’est tourné les pouces, loin de sa robe noire, dans les cellules de la brillante Direction de la Surveillance du Territoire (DST). Naturellement, il ne pouvait s’attendre à une assistance juridique, puisque c’est cela la démocratie du 11 avril 2011. Les membres de sa corporation ont jaspiné, fait le siège des locaux où se repose joyeusement leur collègue, mais le pouvoir est resté dans sa détermination à faire de notre pays, un Etat DEMOCRATIQUE. Le pouvoir ne va pas quand même rétropédaler pour tomber dans la dictature internationale de Gbagbo ! Me Dadjé, se trouve aujourd’hui à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA).
M. Ousmane Sy Savané, Directeur Général du groupe cyclone, s’est lui aussi entendu dire « Bienvenu au pays de l’atteinte à la sûreté de l’Etat ».Cueilli à son bureau, ce monsieur à tout simplement été conduit dans le très envié « camp Boiro » de la DST, le pouvoir a réussi à verser les accusations portées contre lui, dans le vaste registre des délits de droit commun. Tout naturellement cette détention est compatible avec la violation de ses droits élémentaires. C’est cela la démocratie du 11 Avril 2011. M. Ousmane Sy Savané, après son transit au « camp Boiro » de la DST, s’est vu offert une cellule à la MACA.
En dehors de ses deux personnalités, le grand horloger sait combien de personnes ont eu la chance d’être accusée d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Comme nous le disions, c’est un ferry ou tout le monde a sa place, civils, militaires, partisans de l’ancien dictateur international Laurent Gbagbo.
Dans la démocratie du 11 Avril 2011, ceux qui n’ont pas la chance d’être accusés d’atteinte à la sureté de l’Etat, sont tout simplement mercenaires ou miliciens libériens. Au fronton des communes pro-Gbagbo l’on peut lire « Ici vivent des miliciens et mercenaires libériens » Ces pestiférés qui ne songent qu’à semer le trouble sont châtiés comme le Président Bédié l’avait promis aux militants du Rassemblement des Républicains (RDR) parti de Dramane Ouattara. D’Abidjan à Taï en passant par Dabou, Sikensi, Vavoua, le pouvoir possède une sonde qui lui permet de détecter facilement et rapidement les miliciens et mercenaires libériens. Il suffit d’un petit coup d’éclat pour qu’à Yopougon des FRCI détectent 200 mercenaires libériens. Même l’ombre de ses soldats est considérée comme un mercenaire pro-Gbagbo où des miliciens. Certains vont préparer des coups d’Etat à 18 dans la forêt du Banco, tous des miliciens présentés au monde par la télévision ivoirienne. Seigneur quelle affaire ! Ne cherchons pas à savoir s’ils sont bien traités. On se creuserait les méninges en vain. C’est ainsi que fonctionne la démocratie du 11 Avril 2011.
Tous les pro-Gbagbo sont potentiellement des mercenaires ou miliciens libériens ! Pour ceux qui ont la chance de vivre dans un quartier majoritairement pro-Ouattara il suffit d’un craquèlement de brindille pour qu’ils soient désignés et présentés par la RTI comme des mercenaires libériens assoiffés de sang. C’est ainsi que fonctionne la démocratie du 11 Avril 2011.
La MACA semble avoir été réhabilitée pour accueillir ses indélicats. C’est sûr que les anciens pensionnaires, devenus pour certains, des membres de l’armée régulière du pouvoir hautement démocratique de Côte d’Ivoire, ne regretteront pas d’avoir cédé leurs cellules.
En Cote d’Ivoire, c’est ainsi que fonctionne la démocratie made in 11 Avril 2011. Les accusations fantaisistes se multiplient, la violation des droits de l’homme vole de succès en succès défiant ainsi Alexandre le Grand.
Vive la démocratie du 11 Avril 2011!

Les Pamphlets d’Alain Bouikalo
bouikhalaud10@gmail.com

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.