Il est vrai qu’aujourd’hui, malgré les exactions des FRCI qui ne veulent pas se faire oublier, tant qu’on ne leur a pas donné ce qu’on leur a promis pour s’engager dans la guerre postélectorale, le pays se réveille régulièrement dans une sorte de calme relatif. On pourrait le dire à la décharge du régime de Dramane Ouattara. La Côte d’Ivoire semble voguer sur des eaux trop calmes depuis que Dramane Ouattara est au pouvoir et que les démocrates sont soit en exil, soit en prison, s’ils ne sont pas morts lors du bombardement de nos institutions ou par asphyxie financière. Comment peut-il en être autrement ? Ce sont les véritables politiciens démocrates qui sont traqués. Au pouvoir, se trouvent désormais les Soro Guillaume, Sidiki Konaté et Dramane Ouattara. Respectivement, auteur du livre « Pourquoi je suis devenu rebelle », soi-disant spécialiste des coups d’Etats en Côte d’Ivoire et le soutien indéfectible de la cause des rebelles ivoiriens. On comprend aussi pourquoi en dépit du calme plat, le discours politique soit très dilué. Ce n’est pas ce qu’ils savent faire le mieux. La dernière incongruité est d’Ahmed Bakayoko devant une organisation des patrons de presse le jeudi dernier à l’Hôtel ivoire. C’est le canard dont il est le créateur et qui nous a habitués à des fresques divisionnistes, qui rapporte les bouts de phrase de son mentor à la Une du numéro d’hier. Dans un florilège indigeste de propos qui manque de sérieux : « Le FPI a pris Gbagbo en Otage », « Ce qui se passe à la DST », « L’avocat de Simone est impliqué dans un trafic d’armes », on reste surtout frappé par celui-ci : « Koné Katina a pris des sacs d’argent à la Bceao ». Premier niveau de banalité : on attend mieux, en termes de précision, d’un ministre de l’intérieur. Combien y avait-il dans les sacs de Koné Katina quand il fuyait la horde de rebelles qui déferlait sur Abidjan ? La précision est importante parce que cela pourrait peut-être nous permettre de comprendre pourquoi l’argent n’appelle plus l’argent sous le régime de Dramane Ouattara. Est-ce parce que Koné Katinan a desséché les caisses de la Bceao que les milliards refusent de pleuvoir en Côte d’Ivoire ? Deuxième niveau d’inconstance : Ahmed Bakayoko qui insinue qu’il attend de pied ferme Koné Katinan pour lui demander des comptes, au mépris de tout projet de réconciliation, ne dit aucun mot sur les succursales de la Bceao en zone CNO dévalisées par les promus de la classe dirigeante actuelle. Troisième niveau d’incohérence : après un an de gouvernance d’un pays dit réunifié, les agences sinistrées de la Bceao restent toujours fermées, obligeant les opérateurs économiques de courir toujours le risque de traverser le pays pour venir faire leurs opérations dans les agences du sud que Koné Katinan a dévastées. Allez-y comprendre quelque chose !

 

Joseph Marat

 

 

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