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Gbagbo : question d’objectivité (1)

Gbagbo : question d’objectivité (1)

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Fabien d’Almeida anime une chronique sur la toile. Entre autres textes qu’il publie actuellement sur le site Pensée noire, celui qu’il a intitulé Gbagbo : question d’objectivité, nous a été signalé par un ami, éboueur des profondeurs du web, comme un texte très intéressant. Il n’a pas eu le temps de me dire en quoi il avait trouvé ce texte intéressant, mais après l’avoir parcouru, j’ai compris l’ironie de mon ami qui voulait rire des entourloupes de nos frères d’en face pour parer à la bourrasque des réprobations face à leur politique de rattrapage ethnique. Pour ceux qui auraient eu l’eau à la bouche, « passez, il n’y a rien à voir » parce que Fabien d’Almeida dit simplement ceci : « ceux qui défendent Laurent Gbagbo manquent d’objectivité ». Il part des omissions des défenseurs du président Gbagbo comme le Suisse Jean Ziegler, au projet de rupture monétaire qu’on prêterait à Gbagbo sans aucun fondement, en passant par les pratiques françafricaines de gestion politique qui n’auraient pas souffert de la Refondation. C’est simplement ridicule. Ridicule au sens où André Comte Sponville emploie ce terme dans son livre : le capitalisme est- il moral ? Dans cet essai, le philosophe dresse plusieurs niveaux de jugements et déduit de cette stratification que nous donnons souvent dans le ridicule en mélangeant les genres dans nos prédicats. Par exemple, demander à un chef d’entreprise qui licencie de répondre à la question du bien ou du mal est absurde parce que ce n’est pas la réponse à cette question d’ordre moral qui résoudra le problème que lui imposent les lois économiques de production et de rentabilité du marché! Doit-il, au nom de la morale, laisser péricliter son entreprise ? Même le chef d’entreprise qui, pour faire le bien, s’abstient de licencier, n’atteindra pas moins le même objectif quand il mettra la clé sous le paillasson. Dans l’ordre de la science, de la technique et de l’économie, les considérations d’ordre moral sont donc ridicules, selon André Comte-Sponville. Je pense, en lui empruntant le schème de la réflexion, qu’il est aussi ridicule de rechercher l’objectivité dans l’ordre de la pratique politique. Ce qu’on demande au politicien, c’est d’être loyal. La question de l’objectivité n’est pas une fin en soi pour un homme politique. On trouve rarement d’ailleurs un homme politique objectif. Ils sont tous, en politique, toujours en train de défendre des positions…

Gbagbo : question d’objectivité (2)

Ce qu’on demande à l’homme politique, c’est d’être loyal. La loyauté, d’après le Lexilogos en ligne, c’est : « en parlant d’une personne, La fidélité manifestée par la conduite aux engagements pris, au respect des règles de l’honneur et de la probité. Synonyme : droiture, honnêteté. Antonyme : déloyauté.» cette description du trait de l’esprit d’une personne loyale, ne nous dit certes pas que la notion de loyauté vient de loi, mais nous pouvons en déduire aisément qu’on n’est honnête, droit ou respectueux des engagements pris que justement lorsqu’il y a des engagements qui fonctionnent comme des lois, des principes, le droit à suivre. La politique, d’après le grec ancien, est l’art de conduire la cité. Aujourd’hui on dirait l’art de conduire l’Etat. En toute logique, on ne parle d’Etat que lorsqu’on a mis fin à l’anarchie de la jungle. C’est-à-dire lorsque les composantes de la société étatique se sont mis d’accord pour instituer les conditions de leur liberté en se dotant d’une loi fondamentale. La loyauté d’un homme politique se détermine donc par rapport au respect et à la promotion de la constitution de son pays, au-delà, le respect des principes de base du régime politique qu’on s’est choisi. En Côte d’Ivoire, nous nous sommes dotés d’une dernière Constitution en 2000 et aucun homme politique ivoirien ne conteste le choix de la démocratie comme régime politique devant y prévaloir. Nous avons, à travers cette mise au point, tout un arsenal de principes qui permet de déterminer la loyauté et le poids politique de chaque homme politique ivoirien. En dehors de sa loyauté vis-à-vis de la loi fondamentale et des principes élémentaires de la démocratie, la vie privée d’un homme politique ne devrait intéresser personne. Les opposants du Président Gbagbo ont cru éroder son crédit politique en l’affublant du concept de «boulanger», croyant naïvement que les petits marchés qu’ils passent avec le chef de l’Etat sur fond de chantage politique devraient être au dessus de la loi fondamentale. Oubliant que le «boulanger» a été jusqu’à trouver des ressorts constitutionnels pour faire d’un inéligible au départ candidat exceptionnel à l’élection présidentielle. Qu’on nous dise à quel article de notre constitution et à quel principe politique répond la levée d’une rébellion contre un régime démocratique. A quel principe démocratique correspond le bombardement des institutions d’un Etat pour vider un contentieux électoral ? A quel principe républicain et politique répond le rattrapage ethnique. Est-on beaucoup moins boulanger, quand après avoir passé toute sa vie politique à promettre un orage de milliards à un peuple, on lui sert la misère à la fin ?

Joseph Marat

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