“Les coups d’états classiques sont révolus. On peut planifier un coup d’état sur dix ans aujourd’hui….ils se mettent en place depuis bien plus longtemps que vous ne le pensez. J’ai été surpris, en relisant les journaux, de voir que ce qu’on reprochait à Gbagbo en décembre, on le disait déjà en 2010… Les coups d’état sont plus excitants et plus exaltants que les présidents élus !“.
Parlant des leaders politiques et de certains chefs d’état africains, Gregory Protche n’est pas passé par quatre chemins pour les fustiger : « ils n’ont aucune conviction politique….Ouattara doit être certainement de la droite mais il sera là où on le met ».
Pour Protche, les médias français, et en particulier l’Agence Française de Presse (AFP), se sont livrés à “une communication violente et propagandiste contre le Président Gbagbo et sa femme….ils n’étaient plus des personnalités politiques mais plutôt des sorciers ”.
Au sujet des médias, le conférencier a lancé un appel solennel aux africains et aux ivoiriens en particulier, à soutenir et aider les médias locaux crédibles afin de leur permettre de survivre et donner les vraies informations. “Abonnez-vous aux journaux crédibles comme le Nouveau Courrier, vous aurez l’information vraie. Durant la guerre en Côte d’Ivoire, la presse locale dans sa majorité ne faisait que reprendre les dépêches de l’AFP, ce qui est dommage ! Il faut aider vos bons journalistes….un abonnement au Nouveau Courrier équivaut à trente fois la vérité contre six fois le mensonge “.

Gregory Protche a également parlé de son séjour au Ghana avec les exilés politiques et les milliers de déplacés de guerre. Selon Protche, “la Côte d’Ivoire supérieure est en exil et le pays vit en ce moment avec la partie inférieure“. Le conférencier s’est dit impressionné par l’attitude des exilés qui ont eu pour première préoccupation de scolariser les enfants. « C’est une grande victoire pour Gbagbo…..si tout le monde est éduqué, on peut discuter ”, dit-il.
Protche pense que le camp Ouattara a gagné une bataille, pas la guerre. “Vous êtes entrés dans une espèce de guerre d’Algérie parce que vous n’avez pas lâché….cette guerre n’est pas une défaite, il va falloir la mener autrement… Votre honnêteté ne vaut rien sur le marché… On peut faire fi des décisions du conseil constitutionnel ! ” s’exclame-t-il.
Aux environs de 17h 30, Mme Mathilde Thepault, l’invitée de Gregory Protche en provenance de Senlis, la ville d’origine de Jean-Marc Simon ( l’ex-ambassadeur de France en Côte d’Ivoire ) s’est prononcée sur le « génocide dans l’ouest de la Côte d’Ivoire au nom de l’association « Halte au Génocide, Mémoire et Justice ». Mme Thepault s’est voulue très claire concernant « le projet de remplacement des populations dans l’ouest du pays par les hommes de Ouattara de connivence avec les organisations internationales ». Toutes les actualités des massacres du peuple Wè sont disponibles sur WOBEBLI.NET , le site du village virtuel Wè.
Au cours de son allocution, Mme Thepault s’est indignée de l’appellation « miliciens » attribuée aux jeunes résistants de la région de l’Ouest. « Si les résistants sont des miliciens, c’est que Guy Moquet était un milicien… Ce sont des jeunes libériens qui ont fui la guerre du Libéria et qui se sont installés dans la région. Leurs hôtes ont été attaqués, ils n’ont fait que les aider à se défendre… L’Ouest est le poumon de la Côte d’Ivoire : l’or, le fer, etc… ».
Mme Thepault a également parlé du litige foncier qui est à l’origine des conflits dans la région. Elle a conseillé à son audience de se procurer le livre de Theodore Dagrou & Antoine Djessan « Les non-ivoiriens et le code foncier de la Côte d’Ivoire » pour mieux comprendre comment les autochtones de la région sont arnaqués par les autorités d’Abidjan. Mme Thepault a enfin annoncé que l’Association Halte au Génocide, Mémoire et Justice fait une collecte de fournitures scolaires pour les enfants exilés (contact : 0669494006).
C’est dans une atmosphère de sérénité et surtout d’optimisme que le conférencier a procédé à la dédicace de « On a gagné les élections mais on a perdu la guerre » aux environs de 19h30.
Les résistants de la diaspora ivoirienne du monde entier se retrouveront le samedi 14 avril à Paris, Place de la Nation à 14h, pour commémorer le premier anniversaire de l’enlèvement du Président Laurent Gbagbo.

La lutte continue.
Cebastien Gnahoré

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