Français : Pyramide du souvenir, Quartier du f...
Français : Pyramide du souvenir, Quartier du fleuve - Bamako, Mali (Photo credit: Wikipedia)

 

Se réclamant de la société civile malienne, Oumar Traoré et Amady Konandji, depuis Bamako, ont joint par téléphone, la rédaction de Notre Voie, jeudi dernier, pour dénoncer le mauvais sort qui s’abat sur leur pays. Si pour l’enseignant et l’économiste, le putsch qui a renversé le Président ATT se justifie, ils condamnent, en revanche, la situation dans la partie-nord du Mali et la Cedeao avec son embargo sur le pays.

 

«Nous soupçonnons la France. C’est elle qui est derrière la partition du Mali et proclamation de fait de l’indépendance de l’Azawad. On sait que la France a toujours collaboré avec les Touaregs parce que le Mali refuse de lui accorder une base militaire qu’elle veut installer à Tessalit pour contrôler la région du Sahara pour des raisons sécuritaires et profiter de son sous-sol riche en pétrole. Le Mali étant un pays souverain et nationaliste, il n’a pas voulu marchandé son territoire avec la France. Et on a tout compris avec le discours pas du tout franc de ses autorités politiques depuis les nouvelles attaques des rebelles Touaregs. Alors que la France pouvait aider le Mali à rétablir l’intégralité de son territoire nationale, elle n’a rien fait».

 

Bamako s’organise

 

«Actuellement, à Bamako, nous sommes à la fois inquiets et en train de préparer la résistance aux attaques imminentes des rebelles Touaregs et la reconquête de l’Azawad. Cela pourrait être un succès si des pays amis comme la Chine, la Russie et à l’Allemagne acceptaient d’apporter leur aide à la junte. Car pour nous, le territoire malien ne doit passer ni aux mains des islamistes ni des Azawadiens. Il demeurera laïc, un et indivisible. Partout, ici à Bamako, on ne parle que de l’occupation des trois régions du Nord du pays (Gao, Tombouctou et Kidal) et du sort de nos frères qui s’y trouvent. Que le monde entier comprenne que les Touaregs ne sont pas majoritaires là-bas. Ils sont concentrés à Kidal dont la ville satellite est Tessalit.

 

Les majoritaires au Nord, ce sont plutôt les Sonraï. Ils sont généralement originaires de Gao et de Tombouctou. Après eux, il y a les populations maliennes arabes qui ont pour fief Tombouctou. En dehors de la situation dans le Nord, on est préoccupé par l’embargo sévère décrété, depuis mardi, par la Cedeao contre le Mali. Franchement, on ne comprend pas cette décision parce que c’est le peuple qui va en souffrir. A Bamako, on déplore surtout la mauvaise gestion du dossier malien, aux cotés de la France, par le président ivoirien, président en exercice de la Cedeao. Il ne fait même pas du problème de l’Azawad, un préalable».

 

La junte pas pour la guerre

 

«Mardi dernier, le capitaine Sanogo s’est adressé à la Nation. Franchement, son discours a touché les populations maliennes. Il a indiqué qu’ATT pourrait être passible d’une poursuite judiciaire pour haute trahison et malversations. Il a également annoncé une Convention nationale qui devait avoir lieu aujourd’hui (jeudi 5 avril, ndlr). Mais suite au boycott de cette réunion par la majorité des partis politiques parce qu’ils se sentent également visés pour avoir gouverné avec ATT, elle a été reportée. Mais le ministre des Affaires étrangères burkinabé qui était arrivé est resté sur place pour faire le point avec la junte militaire qui n’est pas pour la guerre. Au contraire, elle veut remettre de l’ordre dans le pays. Regardez, ce qui se passe au Nord et aujourd’hui (jeudi dernier, ndlr), des gens ont été arrêtés à l’aéroport en possession de 160 kg d’or. Où allaient-ils ? C’est de tout cela que la junte ne veut plus. Pour le moment, les écoles sont ouvertes. Sauf au Nord et le lycée français Liberté de Bamako qui sont fermées».

 

Ce qu’ATT a fait et n’a pas osé

 

«ATT est né à Mopti, ville frontalière de Gao. Il a une culture peulh et est d’ethnie Sonraï, sa femme est peulh. C’est donc notre frère Malien. Mais il a déconné pendant les 10 ans de son mandat. Le problème de l’Azawad a atteint cette ampleur à cause de la gestion personnelle qu’il en a faite. Il a passé son temps à discuter tout seul avec les Touaregs. ATT croyait les convaincre tout seul, sans tenir compte de l’opinion des autres populations maliennes. Pour les amadouer, il distribuait de l’argent et des villas à un groupuscule d’entre eux. Les jours qui suivent, on les voyait se pavaner à bord de véhicules 4X4 à travers Bamako et d’autres grandes villes du Mali. Quelque temps après, d’autres Touaregs le faisaient encore chanter. Ainsi le vrai problème n’a jamais été touché du doigt.

 

ATT le sait. Son malheur a commencé par le massacre des soldats de l’armée nationale à Aguel’hok dans le Nord. Ils ont été assassinés froidement par les rebelles de l’Azawad. On pouvait éviter ça. Mais quand on parlait à ATT, il disait qu’il est avant tout un militaire, qu’il connaît la guerre et qu’il sait comment on la fait. Et voilà qu’aujourd’hui, la guerre est là. Elle nous est imposée parce que nos frères Touaregs ont pris les armes. Les Maliens sont meurtris dans leur chair et dans leur âme. Ils veulent le soutien et la solidarité de tous. Aideznous, avant qu’il ne soit trop tard ! »

 

S.A

 

Source: Notre Voie

 

Publicités
Publié dans : Mali

Une pensée sur “Des Maliens accusent : “La Côte d’Ivoire et la France ont mal géré le dossier””

  1. C’est chaud maintenant! Chacun son petit tour. C’est malheureux que les mêmes coups soient infligés aux Africains dans l’indifférence totale d’autres Africains

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.