Barack Obama, president of the United States, ...
Barack Obama, president of the United States, giving a press statement after meeting with four presidents from Africa. From left to right, President Mahamadou Issoufou of Niger, President Boni Yayi of Benin, President Alpha Condé of Guinea, and President Alassane Ouattara of Cote D’Ivoire. This photo was taken in the Cabinet Room of the White House on July 29, 2011. This is an official White House photo taken by Samantha Appleton. (Photo credit: Wikipedia)

Un ancien proverbe Mandingue dit: «Si votre tante est une grande potière, c’est la qualité de son canari qu’il faut surveiller, pas le goût de la sauce qui y cuit.» La sagesse de nos ancêtres nous invite, paradoxalement, à être plus attentifs à la pratique d’une personne dans le domaine où elle est réputée compétente. En 1999, suivant cette leçon de la tradition, nous avions observé la pratique économique du Président Bédié. Notre conclusion fut celle-ci: «La république de Bédié n’a pas de ligne de conduite qui permette de déceler une empreinte politique organisatrice. Ultralibérale, elle se veut en même temps d’orientation socialisante! (?) Cette orientation bidirectionnelle a pour conséquence de rendre l’Etat impuissant. Acharné à vouloir rattraper de la main gauche ce qu’il laisse filer de la main droite, l’Etat devient obligatoirement impotent.[1]» Pour le Président Gbagbo, chacun peut voir l’état dans lequel il a laissé le système éducatif du pays. Depuis un an, nous avons élu un autre économiste. L’économie est donc le prisme par lequel il faut observer l’action du Président Ouattara. Cette fois-ci, c?est à l’orée du mandat que nous voulons poser le diagnostic, afin que le mal soit jugulé à la source. Car, ainsi que l’atteste un proverbe Wobè du 19e siècle, «l’animal naît avec sa graisse!» Comme sous Bédié, les premières décisions économiques du gouvernement de Ouattara inclinent l’Etat vers l’impotence. Il y a un énorme hiatus entre les buts affichés et les moyens. Trois de ces décisions nous permettrons d’illustrer ce que nous décelons d’incohérent dans cette politique. Mais avant, il nous faut dire un mot du background intellectuel du Dr Alassane Ouattara, qui peut expliquer ses initiatives. Economiste orthodoxe posant comme intangible l’existence de «lois» économiques, analogues aux lois naturelles, auxquelles doit se plier l’organisation de la société, Alassane Ouattara professe une pensée économique néolibérale. Celle de la TEG, dominante au FMI, hostile à l’Etat, et dont la privatisation et la flexibilité sont les outils favoris. Malgré l’échec de cette orthodoxie et les désastres sociaux corollaires, reconnus par le propre Independant Evaluation Office (IOE) du Fond, Alassane Ouattara et ses pairs, Jean-Claude Trichet ou Stanley Fisher, restent droit dans leurs bottes. Ils n’ont pas changé leur credo friedmannien frappé dans le marbre de l’Ecole de Chicago. Pour cette école, ce qui prime ce sont les agrégats macroéconomiques et non les marques de développement humain [2].

 

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