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Saluons très bas le départ d’un monument.

Saluons très bas le départ d’un monument.

La dépouille du ministre d’Etat Paul Antoine Bohoun Bouabré a été porté en terre le samedi 31 mars dernier à Niakia dans le département de Saioua. Un leader africain s’en est allé. A son sujet, les hommages sont loin d’être de circonstance. Car en vérité, même si le corps est roi, certains sont dignes d’éloges. Pour le ministre de l’économie et des finances des premiers gouvernements de Laurent Gbagbo, il n’est vraiment pas exagéré de dire que le continent africain vient de perdre un digne fils. La guéguerre politique ne devrait pas nous empêcher de juger de la valeur de l’homme au vu de ce qu’il a rendu possible. Rien que pour cela, il faut se consoler à l’idée que l’homme est devenu un immortel. Ce sont ses pires ennemis qui ont bloqué ses avoirs, qui n’ont eu aucune humanité à le laisser mourir, et qui devraient se réjouir de son entrée dans les oubliettes, qui aujourd’hui lui rendent le plus bel hommage en ne jurant que par le PPTE pour sauver leur régime. C’est à Bohoun Bouabré qu’on doit tout le travail préliminaire qui a conduit au point d’achèvement de l’initiative PPTE. Avant, il a orchestré la parfaite réalisation du concept de budget sécurisé. Pour ceux qui ont une conception progressiste de la révolution, Bohoun Bouabré est un révolutionnaire dans le milieu de l’économie. Là où des leaders politiques nous ont habitués à l’endettement comme seul mode de gouvernance, Bohoun Bouabré a conçu et réalisé le budget sécurisé. Pour la première fois dans l’histoire un gouvernement décide et réussit à faire vivre un pays africain à partir de ses propres ressources. Bohoun Bouabré a mérité qu’on l’inscrive au panthéon des plus grands économistes de notre temps. C’est une réputation qui n’est pas surfaite. Il n’est pas un rebelle qui a cru faire avancer son pays en prenant des armes. Il est loin de ceux qui sont décriés partout en Afrique pour avoir fait la promotion de la politique économique de paupérisation (PEP). Nous avons fortement espérer que Bohoun Bouabré revienne aux côtés de Laurent Gbagbo pour nous faire oublier les fanfaronnades des pseudo-économistes spécialisés en rebellions et coups de force de tout genre. Mais alea jacta es. Saluons très bas le départ d’un monument.

Joseph Marat

Alzheimerique

Le vendredi dernier, Dramane Ouattara a fait un talk show à la Rti après le journal de 20h avec des journalistes triés sur le volet. Jusqu’aujourd’hui, nous continuons de nous demander à quel objectif a répondu cette sortie. Au fil des analyses et des interrogations il nous parvient que Dramane Ouattara a nié avoir parlé de rattrapage ethnique lors de son dernier passage en France et a même affirmé qu’il a fait ″mieux » en un an que Laurent Gbagbo en dix. Pour ce qui est de la négation du concept du rattrapage ethnique, pour ne pas effaroucher le Conseil National de la Répression de la Presse de l’Opposition, je raconterai une anecdote qui parle d’un ailleurs politique. Il s’agit de François Bayrou sur le plateau de Canal Horizon. Celui-ci a nié mordicus avoir dit que tous les hommes politiques français se tiennent par les noyaux durs qui sont une allusion directe aux « couilles ». Alors le lendemain l’humoriste chroniqueur Yahnn Barthes balance aux téléspectateurs toutes les occurrences montrant M. Bayrou dire au cours d’un meeting, non pas une seule fois mais au minimum cinq fois ce qu’il niait la veille. En France, les journalistes se sont permis de parler de la maladie d’Alzheimer. François Bayrou n’a pas plus de 70 ans. Suivez mon regard et ayez l’air amusé. Quant à avoir fait ‟mieux″ en un an que le prédécesseur en dix, nous sommes nombreux à être perplexes. Nous aurions tellement aimé que ce soit vrai. Parce que lorsque nous finissons de dresser la liste de toutes les régressions politiques, sociales et économiques que nous avons connues ces derniers temps, on se dit deux choses. Soit la langue de notre despote ″éclairé″ a fourché, soit ″mieux″ ne veut plus dire mieux. Si c’est un lapsus, il faut espérer qu’il nous dise, à une autre occasion, qu’il n’a jamais dit cela. Ce ne sera pas nouveau. Si nous nous trouvons devant une affirmation qu’il juge lui-même vraie, il faudra véritablement s’inquiéter parce que ″mieux″ n’aura jamais autant voulu dire ″pire″.

Joseph Marat

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