Lu pour vous dans le quotidien « Aujourd’hui » du 13/01/ 2012
« L’un des avocats du président Laurent Gbagbo a séjourné de manière continue à La Haye du 21 au 25 décembre et a partagé pendant tous ces jours la cellule du président qui lui parlé de ses conditions de détention à Korhogo.
Entre deux consultations, une proche du président Gbagbo qui aussi l’un de ses avocats a partagé l’intimité du président à La Haye où elle est restée sans discontinuer pendant cinq jours. Elle a pu ainsi voir de près ce qu’est la vie du père de la démocratie ivoirienne, déporté dans des conditions que la cour pénale internationale elle-même devra clarifier. Selon des confidences qu’elle a laissé entendre de cette longue entrevue, il est notable de noter que le président Gbagbo commençait à désenfler, notamment des deux bras.

Deux séances de kinésithérapie l’aide à retrouver la plénitude de l’usage de ses bras qui ont dû être souvent enchaînés. Laurent Gbagbo prend désormais plus régulièrement ses médicaments, se rend aussi souvent à la bibliothèque de la CPI où il se livre à la lecture qui est son passe-temps favori et a aussi droit à des moments de convivialité avec certains codétenus, Jean-Pierre en particulier, à internet et un agent de la CPI reçoit ses communications. Le président Gbagbo n’aimant pas d’ordinaire que n’importe qui lui touche la tête, c’est cette avocate qui lui a coupé les cheveux qui à l’audience avaient sensiblement poussé. « Ce sont des commodités européennes, VIP, parce qu’après tout il s’agit de hautes personnalités qui ont dirigé leur pays à de hauts niveaux », indique celle qui nous amis dans la confidence.
Mais ces commodités n’enlèvent pas moins le caractère de lieu de restriction de liberté à cette prison de Scheveningen située dans la banlieue de La Haye et ne peuvent faire oublier ce que furent les conditions de détention du président Gbagbo dans le goulag Korhogolais. Selon lesdites confidences, Laurent Gbagbo a lui-même affirmé qu’il est incapable de raconter l’histoire de sa maltraitance. « Je ne peux même pas vous dire ce que j’ai subi à Korhogo », entre le 13 Avril et le 30 novembre. Il avait droit à deux repas comme il l’a dit lui-même, mais sa ration alimentaire était la même : du riz avec une aile de poulet le matin et du riz avec une cuisse de poulet à midi dans une sauce faite d’eau. « Alors, il disait à son médecin personnel incarcéré avec lui : toi mange, tandis que celui-ci le suppliait de se nourrir un peu, ne serait-ce que pour réaliser le vœu de ses geôliers. Ayant gardé l’habitude du jeûne, le président Gbagbo résistait comme il le pouvait. Mais il y a aussi des matins où il n’avait pas droit à la nourriture, ceci pour l’obliger à ne pas prendre ses médicaments. Il a vécu ainsi pendant huit mois. Et si son calvaire semble aujourd’hui quelque peu atténué.
Ses proches, eux, continuent de subir le courroux des autorités françaises qui mesurent bien l’impact de la mobilisation autour de Laurent Gbagbo et qui inventent toutes les tracasseries contre ses partisans, y compris contre sa famille dont la plupart a été minutieusement fichée par les autorités d’Abidjan.
Ainsi, un membre de la famille du président qui s’était occupé de son dernier fils a été bloqué pendant des heures à l’aéroport parisien Roissy Charles de Gaulle et n’a dû son salut qu’à raison de l’inadéquation entre le nom de jeune fille et son nom d’épouse. Par ailleurs, il a fallu qu’intervienne également Me jacques Vergès qui défend le président Laurent Gbagbo et son épouse. La France n’est donc pas à une magouille près et l’affaire Kieffer dont le surgissement ne relève point d’un hasard de calendrier est là pour le démontrer. »
Source : Aujourd’hui.
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