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Un patron de la presse israélienne dit qu’Obama ne peut pas stopper le  »régime d’apartheid » des colons à cause du "lobby juif"

Un patron de la presse israélienne dit qu’Obama ne peut pas stopper le  »régime d’apartheid » des colons à cause du "lobby juif"

Par Philip Weiss
Amos Schocken, le propriétaire de Haaretz, écrit (1) en Israël (pas ici aux Usa, c’est impossible) que le mouvement colonialiste Gush Emunim (Le Bloc des Fidèles, en hébreu, ndt) construit « un régime d’apartheid » en Israël et en Palestine et qu’il est soutenu par « le lobby juif » aux États-Unis. Ce lobby est « totalement soumis » aux décisions des colons ; et ceci explique le fléchissement d’Obama.
Un colon juif et un soldat israélien en patrouille près de Ramallah, Cisjordanie occupée
(REUTERS/Gil Cohen Magen)
En essayant de comprendre le revirement d’Obama sur sa déclaration au Caire en 2009, Schocken fait ce que Walter Russell Mead, du Council of Foreign Relations (2) jure de ne jamais faire : il accrédite l’influence des juifs américains sur la politique du parti démocrate. Mead traiterait Schocken d’antisémite pour dire une chose pareille.

Quant à la question de Schocken : pourquoi se sont-ils alignés ? Il ne comprend pas le point de vue de la minorité juive. On a dit aux leaders juifs américains, après 67 et 73, qu’ils étaient le seul rempart empêchant la destruction d’Israël et qu’ils devaient soutenir les dirigeants israéliens, quoi qu’il arrive. (Chuck Schumer (3) :  »Je suis le gardien d’Israël. ») Ce sont des consignes à forte charge religieuse que de jeunes juifs essayent de reformer. Merci à Paul Mutter (4).
Extrait de l’article d’Amos Schocken cité plus haut :
Le terme « apartheid » se réfère au système non démocratique de distinction entre les droits des Blancs et des Noirs tel qu’il a existé en Afrique du Sud. Bien qu’il y ait une différence entre l’apartheid qui a été pratiqué là et ce qui se passe dans les territoires, il y a aussi de nombreux points de ressemblance. Il y a deux groupes de population dans une région, dont l’un possède tous les droits et les protections, tandis que l’autre est privé de droits et est gouverné par le premier groupe. Ceci est une situation manifestement non démocratique.
Depuis la Guerre des Six Jours, aucun autre groupe en Israël n’a eu la ténacité idéologique de Gush Emunim et il n’est pas surprenant que beaucoup de politiciens aient vu cette idéologie comme un moyen de réaliser leurs ambitions politiques personnelles. Zevulun Hammer, qui a vu dans cette idéologie le moyen de prendre la direction du Parti Religieux National et Ariel Sharon, qui s’en est servi pour prendre la direction du Likud, n’étaient que deux d’entre eux. Aujourd’hui, Avigdor Lieberman aussi suit ce chemin, mais il y en eut et il y en a d’autres, comme feu Hanan Porat, pour qui la réalisation de cette idéologie était et reste le but de leur activité politique.
Cette idéologie voit la création d’un régime israélien d’apartheid comme un outil nécessaire pour sa réalisation. Les actions illégales et la criminalité pure et simple ne lui pose aucun problème, parce qu’elle repose sur des hyper-lois qu’elle a adoptées et qui n’ont aucun rapport avec les lois de l’Etat, et enfin parce qu’elle repose sur une interprétation pervertie du Judaïsme. Elle a marqué des succès décisifs. Même quand les actions inspirées par l’idéologie de Gush Emunim sont en conflit avec la volonté du gouvernement, elles gagnent toujours rapidement son soutien. Le fait que le gouvernement est effectivement un outil de Gush Emunim et de ses successeurs est clair pour quiconque traite avec les colons, créant une situation de démultiplication de force.
Cette idéologie a joui d’un succès immense partout aux États-Unis. Le Président George H.W. Bush a pu bloquer des garanties financières à Israël à cause des colonies créées par le gouvernement d’Yitzhak Shamir (qui a dit que mentir est autorisé s’il s’agit de réaliser l’idéologie de Gush Emunim. Le discours de Benjamin Netanyahu à l’université de Bar-Ilan n’était-il pas un mensonge semblable ?). Aujourd’hui, cependant, les candidats à la nomination présidentielle du parti républicain rivalisent entre eux pour savoir lequel d’entre eux soutient Israël et l’occupation avec le plus de force. Celui qui adopterait l’approche du premier Président Bush condamnerait sa candidature.
Quelle que soit la raison de cet état de choses – le grand nombre d’évangéliques affiliés au parti républicain, la nature problématique des relations de l’Occident avec l’Islam ou la puissance du lobby juif, qui est totalement accro à l’idéologie de Gush Emounim – le résultat est clair : Il n’est pas facile, et peut-être impossible, pour un président américain d’adopter une politique militante contre l’apartheid israélien. » 
C’est ce que Schocken questionne.
(1) « The necessary elimination of Israëli democracy », Amos Schocken,Haaretz1, 25.11.2011.
(2) Council of Foreign Relations : Think Tank étatsunien 
(3) Chuck Schumer, sénateur de New-York.
(4) Pauk Mutter Ecrivain, chercheur américain, collaborateur du site Mondoweiss.
Source : Mondoweiss
Traduction : AB pour ISM et Cellule44
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