Du quotidien « le Temps » de ce jour

En faisant parapher par chacun de ses trente six ministres une «charte d’éthique» en début août 2011, au Palais de la Présidence de la république au Plateau, Alassane Ouattara a amené bien d’observateurs nationaux et internationaux de la vie socio-économique ivoirienne à applaudir à tout rompre. Se disant que lecombat était engagé désormais de front contre la corruption, le passe-droit et le clientélisme. Les «reconstructeurs» (c’est le nouveau nom des barrons et cadres du rhdp) qui, malgré la cogestion du Pouvoir d’Etat avec Laurent Gbagbo, l’accusent aujourd’hui de tous les maux. en somme en faisant prêter serment à 36 collaborateurs, sur sa « charte d’éthique », et que désormais, qu’ils ne poseraient pas les mêmes actes qu’ils reprochaient au régime précédent. en matière de gouvernance, de transparence et d’équité dans la conduite de certaines affaires de la république. Mais hélas, la corruption, la course effrénée à l’enrichissement illicite, le trafic d’influence, les abus de biens sociaux, le népotisme, le clientélisme, les détournements en tous genres» prennent une forme rampante. Pour tout dire, ces fléaux qui minent notre société, ont de beaux jours devant eux.

Entre les « bonnes intentions » de Ouattara et le vécu quotidien des ivoiriens, il y a un grand fossé. Les faits se passent de commentaires. En moins de 7 mois de gestion du Pouvoir d’etat, des actes posés dans par certains membres du gouvernement ou des collaborateurs supposés laissent croire que certaines pratiques reprochées à tort ou à raison au régime précédent, sont en train de refaire surface. Dans la dernière semaine du mois d’octobre 2011, la presse nationale et internationale s’est fait l’écho d’une affaire d’importation de plus de 25 mille tonnes de viande de volaille et abats congelées hors cedeao, entre Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre de la Production animale dans l’actuel gouvernement Ouattara et l’interprofession des aviculteurs de côte d’ivoire( ipravi). Les producteurs locaux se fondant sur des arguments solides, se sont opposés au projet d’ordonnance porté par le ministre Adjoumani de non seulement faire entrer massivement de la viande de volaille sur le territoire ivoirien mais aussi de faire baisser le prélèvement compensatoire sur le kilogramme de viande de volaille importée hors cedeao qui est tombé de 1000 Fcfa à 400 Fcfa par kilogramme.
Sous le prétexte que cette mesure viserait à aider les ménages ivoiriens à avoir davantage accès à cette protéine animale, ce projet d’ordonnance du ministre Adjoumani a été discuté en conseil de gouvernement et est passé en conseil des ministres sans que l’ipravi ne soit véritablement consultée. Pourtant, les acteurs de ce segment d’activité n’ont pas manqué d’arguments pour faire reculer la tutelle. Qui en réalité avait déjà savamment préparé son affaire. Pour, disent-ils, «faire la passe à des importateurs amis». Parmi ces bénéficiaires, le nom d’un d’entre eux revient de façon récurrente et très célèbre pour avoir séjourné à la Maca, après l’éclatement d’un scandale historique sous le régime Bédié. « Cet richissime opérateur économique est depuis quelques années reconverti dans l’importation de viande congelée. Il aurait aidé le ministre à s’installer à la faveur de son retour au gouvernement après la crise postélectorale, née de la présidentielle de novembre 2010.
La chaine frigorifique et une bonne partie de la marchandise à écouler étaient rentrées sur le territoire ivoirien quand l’ipravi a eu vent de cette mesure d’importation massive » nous indique un producteur local qui a gardé l’anonymat. La mort dans l’âme et très amer après avoir pris connaissance du communiqué du conseil des ministres qui adopté la décision. (voir en encadré l’extrait du communiqué du conseil des ministres). Une déclaration pondue par L’ipravi le samedi 29 octobre 2011 avant le conseil des ministres disait en substance : «nous nous insurgeons contre les propositions de notre ministère de tutelle de donner libre cours aux importations de viande de volaille. La décision du ministère des ressources animales et halieutiques qui vient d’opter pour une politique favorable aux importateurs anéantira les nombreux acquis de la filière avicole ivoirienne » avant de dire plus loin que l’ouverture du marché ivoirien aux importations va détruire le marché local. Car selon les membres de l’ipravi « la politique du ministère va contribuer à la mort programmée de la filière qui génère plus de 3000 emplois. Toute chose qui va entraîner, par ailleurs, un appauvrissement du monde rural ivoirien avec la perte d’un débouché de plusieurs dizaines de milliards de Fcfa. si cette situation se confirme, elle aura pour conséquence, une plus grande dépendance de la côte d’ivoire vis-à-vis de l’extérieur pour son approvisionnement en viande de volaille. C’est pourquoi l’interprofession sollicite l’intervention du chef de l’Etat pour « protéger les acquis de la filière avicole ivoirienne ». Mais hélas !! Les importateurs ont remporté la partie
Education nationale : «l’affaire Celpaid fait des vagues»
si ici, la mesure a été adoptée en conseil des ministres, dans le secteur de l’éducation nationale, un autre dossier qui n’est pas passé sur la table du conseil des ministres, du moins à notre connaissance, fait grand bruit depuis quelque temps. de quoi s’agit-il ? en effet, tous les parents d’élèves de côte d’ivoire sont contraints, en ce qui concerne l’inscription de leurs enfants dans l’enseignement public au niveau du Primaire et du secondaire de le faire en ligne. si nous n’avons pas à redire sur ce mode d’inscription, qui innove, c’est ce marché de gré à gré qui a été passé avec un opérateur privé par la volonté de la ministre Kandia Camara de l’éducation nationale. celpaid, c’est d’elle qu’il s’agit, de notoriété, est la propriété en tant qu’actionnaire majoritaire d’un membre influent du gouvernement ivoirien en charge de la construction et de l’assainissement.
Pour cette rentrée des classes en cette année académique 2011-2012 donc, le paiement des frais d’inscription se fait en ligne, des frais d’inscription via le système de l’opérateur celpaid. Une jeune entreprise spécialisée dans les opérations de paiement en ligne. En effet, le parent d’élève ou l’élève fait le versement des 6.000 Fcfa sur le compte bancaire de celpaid, soit à la coopec, soit à la cnce. Ensuite, muni du reçu de versement et le numéro matricule de l’enfant, le parent se rend chez le représentant celpaid de sa localité en vue de procéder à l’inscription en ligne de son enfant. a la fin de l’opération d’inscription, le représentant celpaid imprime le reçu électronique qu’il remet au parent d’élève ou à l’élève pour faire les formalités administratives à la scolarité de son établissement. Ainsi, selon les responsables du ministère de l’éducation nationale, « toute inscription qui ne se fera pas selon cette procédure ne sera pas prise en compte ».
mais comment la ministre Kandia Camara, a pu faire ce « deal » avec cette entreprise sans passer par appel d’offre via la direction des marchés publics (Dmp) ?
Un aussi juteux marché de près de 5 millions d’élèves, à raison de 6000 Fcfa par élève, cela donne au bas mot, 30 milliards de Fcfa. Le contrat, selon des indiscrétions, n’aurait pas respecté les règles établies en matière de passation des marchés publics. Le code des marchés publics fait obligation de procéder par appels d’offres, au dessus d’un certain montant. Précisément pour un montant d’au moins 30 millions de Fcfa. or ici, il s’agit d’un « deal » qui porte sur au moins 30 milliards de Fcfa qui pourrait être revu à la hausse. car, des acteurs du monde du système éducatif ivoirien affirment qu’après ce premier marché, la même entreprise va décrocher celui des inscriptions en ligne pour les droits des candidats aux différents examens à grands tirages. citons le concours d’entrée en sixième et le cepe, fixé à 500Fcfa par candidat contre deux mille Fcfa par candidat au brevet d’étude de fin du Premier cycle (Bepc). Pendant que le droit d’examen au baccalauréat est fixé à 5000Fcfa. Sans oublier la confection des badges scolaires. comme quoi le jackpot est lourd, les commissions et les retro commissions également.
Pour plus de transparence et pour des questions de bonne gouvernance, tant prônée par le nouveau régime, si on ne pouvait pas passer par appel d’offre, qui mettrait en compétition l’adjudicataire du gré à gré et les autres opérateurs de téléphonie mobile qui peuvent faire le même type d’inscription, en ligne, on pouvait inviter les parents d’élèves à se rendre aux guichets du Trésor public qui est représenté dans toutes les villes de côte d’ivoire, contre une quittance comme cela se fait jusque-là. en ce qui concerne le baccalauréat, par exemple, depuis 1992, le droit d’examen est versé au Trésor public. Alassane Ouattara était le Premier ministre de feu Felix Houphouët Boigny. Pendant que le Premier ministre actuel, Soro Guillaume était élève en terminal a au Lycée classique et moderne de Bouaké. En clair, le Trésor public de côte d’ivoire qui s’est inscrit dans une démarche qualité depuis quelques années, a l’expertise et la capacité de collecter en toute transparence, un si grand montant que les ivoiriens ne trouveraient à redire.
Dans un souci d’avoir une idée exacte du processus ayant conduit à la conclusion de ce juteux contrat, nous avons approché la direction générale de celpaid. Là-bas, on parle peu voire pas du tout. Le directeur délégué, Souleymane Ouattara que nous avons joint au téléphone, pour convenir d’un rendez-vous, a promis nous rappeler et nous attendons toujours. Le samedi 19 novembre 2011, aux environs de 11heures 53 mn, nous revenons à nouveau, à la charge. Malheureusement, au bout du fil, en lieu et place de m. Souleymane Ouattara, c’est un certain Kouamé, commercial selon ses dires, qui décroche. Après avoir décliné notre identité et présenté notre requête qui était de solliciter un rendez-vous avec la direction générale de celpaid, pour échanger sur ce, qui est reproché à l’entreprise, notre interlocuteur nous dira poliment : « moi je suis commercial, m. Souleymane est occupé laissez moi votre contact pour qu’on puisse vous rappeler pour votre rendez-vous ». Nous continuons d’attendre.
La banque mondiale approchée pour avoir sa réaction sur cette affaire qui prend les contours d’un « scandale en puissance», notre source là aussi, n’a pas voulu se prononcer. « la banque mondiale n’ a rien à voir dans cette affaire. La côte d’ivoire est un Etat souverain… », S’est-elle contentée de nous répondre au téléphone. Une réponse apparemment officieuse et pas convaincante pour l’instant, venant d’une institution pourtant très pointilleuse sur les questions de gouvernance et de transparence en matière de passation des marchés publics et de gestion des deniers publics. Aussi, la transparence et la quête de l’excellence, de la compétitivité et de la rigueur, semblent être sous le boisseau dans bien de structures publiques et parapubliques. Il est revenu de façon récurrente, qu’ au moment ou des établissements publics à caractère industriel (epic) et des sociétés dont la radio diffusion télévision ivoirienne( rti) qui est un epic, dans le secteur de l’audiovisuel et la société des Palaces de Cocody( sdpc),une société d’Etat opérant dans le secteur du Tourisme et de l’hôtellerie, pour ne citer que celles-là, qui viennent de procéder respectivement à des licenciements collectifs et à des chômages techniques sur deux mois pour motif économique, on recrute à la pèle notamment à la rti, où il est fait état d’un recrutement de 150 personnes dont 30 du contingent en provenance de la télévision de campagne de Ouattara, Tci. Or, dans le contrat du travail, l’objectif d’un licenciement ou de mise en chômage technique pour motif économique, est de diminuer les charges salariales de l’entreprise afin de lui permettre de retrouver au bout d’un certain temps une bonne santé financière, et rappeler par la suite et en premier, les travailleurs qui ont été touchés par la mesure. Quitte à eux de refuser ou négocier leurs départs définitifs de l’entreprise. Vraisemblablement, dans le cas d’espèce, ça n’a pas été le cas.
Au niveau des régies financières, précisément à la douane, au moment tous les concours et recrutement à la Fonction publique ont été annulés par le ministre Gnamien Konan, ancien dg des douanes sous Gbagbo désigné à l’époque par appel à candidature et en toute transparence, il vient d’être procédé à un recrutement de trois cent combattants issus des Forces nouvelles (Fn)…. Lire lasuite ici.
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