Le poste de police du camp de gendarmerie d’Agban s’est enrichi d’un nouvel hôte. Dépuis le dimanche 13 novembre 2011, le prénommé Chérif, un Américain d’origine ivoirienne, fait partie des prisonniers du régime Ouattara. L’Ivoiro-américain a été arrêté le dimanche à 16h en compagnie d’un certain Adjoumani, son ami, compagnon et guide. Selon nos informateurs, Chérif vit actuellement avec un œil sévèrement poché, conséquence de la piqûre d’un insecte sûrement venimeux, au violon du camp d’Agban.

Apparemment, cette arrestation qui traduit la psychose de coup d’Etat qui paralyse les tenants du régime ivoirien a commencé à faire des vagues. Dépuis mardi, des représentants de l’ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire défilent à Agban pour voir le prisonnier de Ouattara et échanger avec ses geôliers en vue d’obtenir, vraisemblablement, sa libération.
L’histoire de l’arrestation de Chérif est des plus cocasses. Cet Ivoiro-américain, revenu dans son pays d’origine après plusieurs décennies de vie aux Etats-Unis, a dû se croire en terre civilisée, démocratique, comme au pays de l’Oncle Sam. Depuis son arrivée, il ne fait que tourner dans la banlieue d’Abidjan. Caméra et appareil photo en main, il filme et immortalise tout ce qui l’interesse. Ses virées touristiques l’ont conduit dans des lieux de plaisir comme Grang Bassam, Assinie et autres plages. Mais Chérif s’est permis de photographier et de filmer aussi des sites détruits par la guerre de la France pour installer M. Ouattara au pouvoir. C’est le cas de l’Université de Cocody et du Golf Hôtel, lieu d’où l’assaut contre le régime Gbagbo a été planifié et exécuté. Ce sont des endroits que le pouvoir ne doit certainement pas souhaiter voir filmer et photographier impunément.
Chérif l’apprend mais trop tard, à ses dépens. Il poursuivait sa séance de photos au Golf Hôtel quand il a été arrêté mardi. Les «sécurocrates» d’Alassane Ouattara l’accusent de préparer un coup d’Etat pour renverser leur champion. Chérif a cru d’abord à une blague de mauvais goût, puis à une méprise et à un fâcheux malentendu. Mais son calvaire dure depuis cinq jours et le défilé des envoyés de l’ambassadeur Philip Carter III au camp d’Agban ne semble n’y rien changer. Enfin, pour le moment.
Au moment où Alassane Ouattara fait croire que son régime a fait beaucoup d’efforts pour la sécurité des biens et des personnes en Côte d’Ivoire, l’aventure de cet Ivoiro-américain vient rappeler à tous que lesdits efforts ne sont bénéfiquent qu’au clan du nouveau chef de l’Etat. En vérité, n’importe qui peut être arrêté n’importe où et pour n’importe quoi. S’il n’est du clan.
César Etou
Source: Notre Voie/Infodabidjan
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