Mireille Saki – Infodabidjan

A l’appel de Pacôme Zégbé, responsable du CRD (Congrès pour la Résistance et la Démocratie), des ivoiriens ont manifesté ce mardi 08 novembre devant l’hémicycle français. Ils y étaient pour protester contre l’occupation de leur pays par l’armée française, pour dénoncer les crimes qu’elle y a commis et pour demander son départ du territoire ivoirien.

La manifestation a été marquée par une projection inhabituelle de filme. Ce filme, présentaient l’arrestation du Président Gbagbo portant un gilet par balle de l’armée française, contenait des images qui montreraient une sorte de complicité, dans cette arrestation, de l’ex-ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, S.E.M. Jean Marc Simon.
Des images chocs des tueries de la coalition rebelle-Licorne-onuci à Abidjan ont été également diffusées à travers ce filme.
Ce filme a été jugé très gênant par et pour les autorités françaises. Un ordre aurait donc été donné aux policiers de faire arrêter la manifestation. Cet ordre qui serait venu de l’hémicycle français a été aussitôt mis en exécution.
Un renfort impressionnant de policiers est arrivé sur les lieux dans les minutes qui ont suivi. Tout se passait bien jusqu’à ce que les manifestants soient encerclés par la police, dans le but de procéder à des arrestations.
Des manifestants ont subit la violence policière. Ils ont été molestés. C’est dans ces circonstances que des policiers, une dizaine environ, ont pris pour cible Mireille Saki. Ils ont procédé à son arrestation en se ruant sur elle. Comme la plupart des intervenants, elle était intervenue pour dénoncer et condamner toutes les pratiques de la France en Côte-d’Ivoire. Mireille saki est responsable du CFIA-CI (Collectif des français d’origine ivoirienne et des Amis de la Côte-d’Ivoire), et gérante de CYCOM PRESTIGE (entreprise communication).
Cette jeune dame a fait montre de son engagement et de sa détermination au cours et en dehors des manifestations de la résistance patriotique des ivoiriens de France. Son interpellation arbitraire ne peut que susciter des interrogations, qui pour l’heure restent sans réponse. Jusque tard dans la nuit d’hier (8 novembre), nul ne savait encore où elle a été incarcérée. Il était impossible à son avocat d’entrer en contact avec elle. Mais aux dernières nouvelles Mireille Saki a été libérée.
Un autre manifestant prénommé Léandre a également été interpellé par la police française. D’autres manifestants parmi les animateurs et les intervenants étaient bien dans le “collimateur” de la police. Mais ils ont su prendre le large pour rester en liberté. Cet agissement de la police française laisse peser une réelle menace des libertés en France. «Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.» Cette prescription ressort de l’article 10 de la Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789. L’article 11 de la même déclaration stipule que «La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme: tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.» Nul ne sait encore ce qui est réellement reproché aux personnes arrêtées.
Pour une manifestation autorisée et légale, les autorités françaises ont fait usage de la force pour empêcher que des français entendent et voient ce qui s’est réellement passé en Côte-d’Ivoire.
Cette obstruction à la liberté d’opinion et de manifestation, révèle aussi une face, peu luisante, du pays dit des “droits de l’homme”.
Correspondance Speciale de Z. T
Infodabidjan.net
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