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Le renversement du président?Laurent Gbagbo le 11 avril 2011 a marqué le retour de la Côte d’Ivoire dans l’escarcelle de “l’empire français”. La France a retrouvé le contrôle total (politique, économique, militaire, etc.) du fleuron de ses ex-colonies en Afrique.
Comme en 1961, c’est Paris qui décide de tout aujourd’hui, 60 ans plus tard, en Côte d’Ivoire. Comme en 1961, c’est le retour des coopérants militaires français dans tous les domaines régaliens de la sécurité et de la défense de la Côte d’Ivoire. Comme en 1961, un accord de défense sera bientôt signé entre Paris et Abidjan (à l’occasion de la visite d’Etat d’Alassane Dramane Ouattara en France, en décembre prochain, a-t-on appris). Comme en 1961, cet accord disposera de clauses secrètes dont l’objectif est de défendre le pouvoir du “chef d’Etat ami de la France” installé à la tête de la Côte d’Ivoire.

 

Contrairement à 1961, l’argument qui justifiera une quelconque intervention militaire de Paris pour sauver “l’ami ivoirien” de tout coup bas sera la défense de “la?démocratie”. Contrairement à 1961, la France ne sera pas seule à agir, à cause du qu’en-dira-t-on relatif à la Françafrique. Elle aura, au cas échéant, l’appui diplomatique ou même armé de “l’allié américain” et de l’Onu. En attendant, les coopérants militaires français sont de retour.
Le vendredi 21 octobre dernier, le général de corps d’armée Bruno Clément Bollé, directeur de la Coopération et de Sécurité de Défense au ministère français des Affaires étrangères et européennes, était en “visite d’amitié et de travail” en Côte d’Ivoire. Il a rencontré le nouveau Commandant supérieur de la Gendarmerie, le général de Brigade Kouassi?Kouakou Gervais.
Selon des sources militaires, la France marquera son retour fort visible dans la formation des gendarmes ivoiriens. Ce qui n’existait pas durant les dix dernières années sous la présidence Laurent Gbagbo. Le chef de l’Etat d’alors estimait qu’il existe des compétences de haut niveau au sein de la gendarmerie ivoirienne pour former des gendarmes et bâtir une politique de sécurité urbaine efficace.
D’ailleurs, il n’avait pas tort. Les Ivoiriens ont pu l’apprécier, par exemple, avec l’efficacité du CeCos dans la lutte contre le banditisme. Ces compétences n’ont pas disparu de la gendarmerie ivoirienne, mais le nouveau pouvoir est inscrit dans une autre logique…
C’est ce qui explique que le nouveau chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, qui a remercié solennellement, le samedi 21 mai 2011, à Yamoussoukro, le président français, Nicolas Sarkozy, de l’avoir aidé à s’installer au pouvoir, s’est entouré de coopérants militaires français pour sa sécurité. Le général français Claude Réglat assure la charge de conseiller militaire de Ouattara. Deux ex-officiers de la Direction du renseignement militaire français (Drm) s’occupent des écoutes installées dans les sous-sols du palais présidentiel ivoirien.
Le Premier?ministre Guillaume Soro n’est pas en reste. Selon La lettre du Continent N° 618 du 8 septembre 2011, le colonel français Marc Paitier a été rattaché au ministère de la Défense que gère Soro. A en croire des sources concordantes,?ces coopérants militaires français ont joué un rôle essentiel dans la rédaction de l’accord de défense qui sera paraphé par Ouattara et Sarkozy en décembre prochain.
A l’instar de la gendarmerie, la police sera également sous tutelle française. La formation des policiers devra dorénavant obtenir le sceau de?Paris.?Les équipements (armes, véhicules, boucliers anti-émeutes, etc.) seront livrés par la France. Tenez-vous bien, sans aucun appel d’offres. Même son de cloche pour l’armée de terre, de mer et l’air. Tout sera contrôlé par Paris. Comme en avril 1961, quand Debré signait l’accord de défense avec Houphouët sous “le regard” de Jacques Foccart.
Source: Didier Depry – Notre Voie
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