Reynald Secher

Génocide en Vendée :
les archives parlent:
Vingt-cinq ans après la publication de son livre, « Le Génocide franco-français : la Vendée-Vengé », Reynald Secher, démontre, preuves à l’appui, que le génocide de la Vendée a bien été conçu, voté et mis en œuvre personnellement par les membres du Comité de salut public et par la Convention.
Massacre du Moulin-de-la-Reine, le 5 avril 1794, 22 femmes et enfants sont fusillés (vitrail de l’église de Montilliers, par Jean Clamens, 1901). Crédit DR

Jusqu’en 1985, date de soutenance de ma thèse sur Le génocide franco-français : la Vendée-Vengé, personne n’avait réfléchi à la nature de la répression en Vendée.
Jusqu’à cette date, tout le monde s’accordait à ne voir en cette affaire qu’une guerre civile avec quelques débordements dus à la volonté exclusive du général Turreau, général en chef de l’Armée de l’ouest.
L’initiative de cette recherche revient à un professeur alsacien, Jean Meyer, spécialiste de l’histoire moderne qui avait découvert la Vendée militaire au hasard d’une affectation comme enseignant au lycée Clemenceau à Nantes. Choqué par le silence universitaire, il me demande d’essayer d’étudier la possibilité de faire une thèse sur le sujet de la Vendée.
À partir d’un carottage réalisé à La Chapelle Basse-Mer, commune natale, deux conclusions se sont imposées :
– Contrairement au discours officiel, il existe une documentation originale conséquente émanant des deux côtés, c’est-à-dire tant des Républicains que des Vendéens.
– Les bilans des massacres et des destructions immobilières du côté vendéen sont impressionnants puisque cette commune perd plus de 800 habitants sur 3250 et plus de 362 maisons sur 980.
Jean Meyer me demande alors d’extrapoler ses méthodes sur l’ensemble de la Vendée militaire soit sur un territoire de 10 000 km2 pour une population de 805 000 habitants.
Ce qui me frappe c’est de voir que les 770 communes qui constituent la Vendée militaire subissent les mêmes faits, au même moment avec les mêmes conséquences. Qui plus est, les discours meurtriers des généraux chargés des opérations font tous référence aux mêmes lois et aux mêmes ordres exprimés.
C’est ainsi que je découvre que la Convention a voté deux lois d’anéantissement et d’extermination de la population. La première date du 1er août 1793. Elle prescrit la déportation des femmes et des enfants et l’extermination de tous les habitants résidant en Vendée, la nationalisation de tous les biens et leur destruction. La seconde date du 1er octobre 1793. C’est un avenant à la première loi qui prescrit l’extermination de tous les habitants sans exclusion.
Tout naturellement, conformément d’ailleurs aux témoignages des généraux chargés de la gestion des colonnes infernales qui se mettent en marche le 21 janvier 1794, j’établis le rapport de cause à effet et en déduis que c’est un génocide conformément à la définition de la Convention de Nuremberg de 1945-1947, crime imprescriptible.
La découverte fortuite d’un mémoire de Gracchus Babeuf, rédigé en janvier 1795, et une lecture attentive des procès du député Carrier qui, entre autres, est l’auteur des noyades de Nantes et de celui du général Turreau me persuade que ce sont les membres du Comité de salut public, notamment Robespierre, Carnot et Barère, qui sont à l’origine de ce plan d’extermination et d’anéantissement et non pas la Convention. Faute de preuve, je ne peux aller plus loin dans ma recherche.
Ce n’est que tout récemment que je découvre aux Archives nationale la preuve tant attendue. En fait, il s’agit du dossier original signé par tous les membres du Comité de salut public. Non seulement je ne m’étais pas trompé dans mon analyse, mais j’avais sous-estimé les événements.
En fait, la guerre civile ne dure que 5 mois en Vendée, de mars 1793, date du soulèvement, au 27 juillet 1793, date de la rédaction de la première loi. Cette loi a été conçue et par les membres du Comité qui l’impose à la Convention. Pour être certain qu’elle sera bien appliquée, ce sont les députés eux-mêmes qui prennent la tête des opérations notamment à Nantes.
En fait ce génocide dure un an.
Dans la seconde partie de mon ouvrage, Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d’un crime légal contre l’humanité, je traite de la mémoire et notamment de la mise en œuvre d’une politique réfléchie de mémoricide mise au point par le Comité lui-même afin que non seulement la vérité ne soit pas connue mais pour faire en sorte que les bourreaux soient vus comme des victimes et les victimes comme des bourreaux. Cette seconde partie est bouleversante et explique, entre autres, que ce crime n’ait jamais été connu et, pire, que la République ait rendu des hommages officiels aux bourreaux. À titre d’exemple : Robespierre, Carnot, Barère ont donné leur nom à des lycées, des rues, des places, une station de métro à Paris etc. Le député Fourcroy qui avait imaginé gazer les Vendéens a même sa statue sur l’hôtel de ville de Paris. À l’horreur du crime proprement dit s’ajoute une autre horreur, plus incroyable, due à une manipulation réussie.
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