L’attitude des hommes du régime Ouattara confirme chaque jour le fait que la Côte d’ivoire est devenue un far-West contrôlé par les bandes armées pro-Ouattara qui commettent toutes sortes de crimes au quotidien. Un pays dans lequel les investisseurs ne peuvent pas prendre le risque de s’aventurer à l’heure actuelle. La preuve, le dictateur d’Abidjan et ceux qui occupent les lieux avec lui n’ont pas confiance aux Frci (Forces pro-ouattara) qu’ils ont armées. Alors qu’ils font croire que le gouvernement compte sur elles pour disent-ils «assurer la sécurité des biens et des personnes». C’est certainement pour cette raison que Ouattara lui-même, selon certaines sources, aurait formellement interdit à ses enfants de mettre les pieds en Côte d’ivoire. Car il sait que le feu couve toujours.

A sa suite vient, dans l’ordre, son Premier ministre Guillaume Kigbafory Soro, secrétaire général des Forces nouvelles (Fn), autrement dit les rebelles qui occupent toujours la moitié Nord du pays et qui continuent de piller les ressources de l’Etat dans les zones sous leur contrôle. Le chef de la rébellion, Soro lui-même, ne se sentirait «pas en sécurité ici», nous a-t-on révelé. Il a donc fait évacuer depuis longtemps ses enfants en Europe. Et il a l’intention de les y maintenir encore longtemps, en attendant de voir clair dans cette «situation confuse», d’après des indiscrétions.
Les familles de Soro et de ses ministres «au frais»
Le chef du gouvernement considère que son pays n’est pas sûr et qu’il est plus prudent d’en éloigner ce qui leur sont chers. Surtout que Guillaume Soro aurait «trop de problèmes ces derniers temps». Les échecs sociaux et économiques de son gouvernement qui a étalé toutes ses limites. Les murmures des Frci qui réclament les primes que les instigateurs de la rébellion leur ont promises, et qui ont l’intention de ne pas déposer les armes, mais plutôt de les conserver pour vivre du racket, des braquages et autres larcins tant qu’elles ne seront pas payées.
Ses démêlés avec Ouattara qui veut l’expédier à sa place à la Cour pénale internationale (Cpi). Et justement les enquêtes de la Cpi qui vont couvrir les crimes de guerre que ses rebelles et lui ont commis depuis le coup d’Etat du 19 septembre contre le régime du président Laurent Gbagbo qui s’est mué en un mouvement armé. Bien sûr les chefs de guerre qui ont promis la descente aux enfers à son mentor et à lui, si jamais ils s’avisaient de les livrer à la Cpi. Le malaise croissant à la gendarmerie. La phobie des coups d’Etat qu’on accuse les « ex-Fds » de préparer…Autant de causes de migraine qui n’encouragent pas le chef du Mpci (Mouvement rebelle qui a attaqué la Côte d’ivoire en Septembre 2002) à faire revenir les siens. Il craindrait, avons-nous appris, qu’on ne leur fasse subir un mauvais sort car on ne sait jamais.
L’autre ponte du pouvoir qui préfère savoir ses enfants en lieu sûr à l’extérieur serait, à en croire certains, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité de Ouattara. Le ministre de la Sécurité lui-même ne serait pas, au regard de la situation, en mesure d’assurer la sécurité de sa famille ici. On se souvient que dans un débat auquel il a été invité sur Rfi, Ahmed Bakayoko n’a pas fait de difficultés pour reconnaître que les Frci posent toujours problème, malgré «les efforts que les autorités font ». Et que des éléments incontrôlés se livrent toujours à des exactions. Même s’il s’est gardé d’évoquer ce jour-là les vols, les saccages et incendies volontaires, les violences et les assassinats que ses rebelles continuent de perpétrée, Il a avoué que leur réinsertion reste à l’ordre du jour.
Ce qui fait peur au pouvoir
« Mais qu’il ne faut surtout pas tenter, après le combat qu’ils ont mené pour le pouvoir, de les désarmer par la force ». Après de tels aveux, on comprend que, dans un tel contexte le ministre censé assurer la sécurité des populations ivoiriennes ne maîtrisent pas la situation. Aussi préfère-il laisser sa famille à laquelle il tient beaucoup, comme tout le monde, au «frais», sous le doux climat européen.
L’autre ministre qui a mis en lieu sûr sa progéniture est celui de la Justice Ahoussou Jeannot. Il estime, à ce qui se raconte, que ses enfants doivent rester en France pour l’heure. Sans doute est-il bien placé pour savoir que la justice en Côte d’ivoire n’existe que de nom depuis que son président Alassane Ouattara est venu au pouvoir. Et que son régime reste «infréquentable» à l’extérieur en raison de l’insécurité et de la terreur que les Frci sèment pour le compte du pouvoir.
Ahoussou Jeannot n’ignore pas que la destination Côte d’Ivoire fait peur à travers le monde. Et que les investisseurs refusent de s’aventurer sur un territoire où l’environnement des affaires n’est pas sécurisé. Parce que les forces régulières qui ont les compétences et la formation pour assurer leur sécurité n’ont pas encore totalement été réhabilitées. Car le pouvoir préfère laisser les Frci terroriser les Ivoiriens. La Côte d’Ivoire reste «un partenaire à problème» estiment les Etats de la sous-région. La réalité est que ce pays demeure «une destination à risque» depuis l’arrivée de Ouattara au palais, dans les conditions tragiques. L’actuel locataire du palais d’Abidjan n’a-t-il pas supplié Sarkozy, lors de la visite du Premier ministre français François Fillon à Abidjan, en juillet 2011, de maintenir les Forces militaires françaises en Côte d’Ivoire, voire d’en accroître les effectifs pour, assurer la sécurité de son régime ?
Aussi ces Etats ont-ils décidé d’attendre « août 2012 pour se faire une meilleure idée de l’évolution de la situation en Côte d’Ivoire. Pour l’heure, même les «amis» de Ouattara se gardent de demander à leurs ressortissants de venir investir à Abidjan. C’est la même consigne au niveau européen où on estime que les conditions ne sont pas encore réunies «pour l’instant», pour que les bailleurs de fonds, les entreprises et les hommes d’affaire se risquent en Côte d’ivoire. Ce n’est donc par Ahoussou Jeannot, bien au fait du danger qui nous guette, qui va laisser ses adorables enfants rentrer au pays. Un pays où le pouvoir parle, tous les matins, de manœuvres de «déstabilisation», de «coups d’Etat» en vue contre Ouattara. Les mêmes préoccupations hantent Amadou Gon qui, selon nos sources, ne tient pas à exposer sa famille dans la confusion qui a suivi l’arrivée de Ouattara au pouvoir dans les évènements sanglants du ce lundi noir du 11 avril 2011. Il ne serait pas question, pour lui, de les laisser à Abidjan où le régime a maille à partir avec les gendarmes.
Ni même chez lui à Korhogo où Laurent Gbagbo est maintenue arbitrairement en détention depuis 2004 jours. Gon a donc logé tranquillement les siens dans un pays sûr, outremer. Il fait partie des nombreux tenants du pouvoir qui demandent que les exilés et les réfugiés politiques rentrent chez eux en côte d’Ivoire, alors qu’ils ont envoyé femmes et enfants à Paris, dans les capitales européennes ou aux Etats-Unis et refusent de les faire revenir, parce que l’insécurité en Côte d’Ivoire a franchi un seuil critique.
Au demeurant, si Ouattara et ses ministres veulent prouver aux Ivoiriens en exil qu’ils peuvent rentrer chez eux sans aucune crainte, ils feraient mieux de donner l’exemple eux-mêmes. Que ceux qui sont allés «sécuriser» leurs familles en Europe les fassent revenir, s’ils sont sûrs de ne rien avoir à craindre ici.
K. Kouassi Maurice du quotidien « Le Temps ».
Par thruthway Publié 
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