Afin de se préparer à l’effet de cette fuite, le département américain de la Défense a mobilisé il y a plusieurs semaines une équipe chargée de passer au peigne fin les archives militaires. Ce département craint que les documents ne contiennent des informations concernant des attaques contre la coalition, les forces de sécurité irakiennes, les civils ou les infrastructures du pays. 

Les documents proviendraient d’une base de données située en Irak qui contenait «des actes importants, des rapports faits par des unités sur le terrain, des rapports tactiques». Le Pentagone a exhorté Wikileaks à rendre les documents à l’armée américaine. 
Le site Wikileaks, lancé en 2006, s’était fait connaître du grand public en diffusant fin juillet 77 000 documents secrets et détaillés sur la guerre en Afghanistan. La diffusion des documents a provoqué la colère du Pentagone. Et le site d’information dit ne pas vouloir s’arrêter en si bon chemin : 15 000 autres documents sur l’Afghanistan doivent encore sortir prochainement. 
Pour la diffusion des documents sur l’Irak, Wikileaks devrait s’appuyer sur les mêmes médias que lors des précédentes fuites, à savoir l’américain New York Times, le britannique The Guardian, et l’allemand Der Spiegel. La diffusion en juillet d’une énorme quantité d’archives du Pentagone sur la guerre en Afghanistan avait provoqué la sensation et déclenché une tempête médiatique. 
L’administration américaine avait affirmé que la sortie du site mettait en danger la vie des soldats américains. Les archives mettaient à nu les pratiques à la limite de l’acceptable pour une armée qui se dit libératrice. Ces documents avaient jeté une lumière crue sur la guerre, avec des révélations sur les victimes civiles. 
Le site Wikileaks n’a pas révélé la source de ces fuites concernant la défense américaine, mais les soupçons pèsent sur un soldat actuellement détenu dans une prison militaire aux Etats-Unis. Le jeune homme avait été arrêté en mai après la transmission, toujours à Wikileaks, de la vidéo d’une bavure américaine en Irak qui montrait des hélicoptères américains tirant sur des civils. Le soldat est depuis inculpé pour avoir «transmis des informations de défense à une source non autorisée». 
Et la réplique du Pentagone ne s’est pas fait attendre. Depuis quelque temps, le site Wikileaks connaît des difficultés dans son existence même. Comme par hasard, son fondateur, Julian Assange, fait désormais l’objet d’une enquête judiciaire suite à des accusations d’agression sexuelle en Suède.
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