Après 42 ans de règne et 8 mois de résistance face aux assauts de la France, des Etats-Unis d’Amérique et de la Grande Bretagne, le Guide libyen Mouammar Kadhafi a été tué le jeudi 20 octobre dernier dans sa ville natale de Syrte. Si elle permet aux rebelles du Conseil National de Transition libyen de s’emparer totalement du pouvoir, cette mort de Kadhafi n’est pas sans conséquences sur l’avenir de la Libye et de l’Afrique toute entière.
On ne sait pas encore par qui et comment le Guide libyen a été tué ce jeudi 20 octobre 2011. Mais ses premières images, que certaines chaînes de télévision occidentales ont diffusées en boucle, montrent bien que Mouammar Kadhafi était vivant au moment de sa capture, mais qu’il avait été exécuté de sang froid par la suite.
Un assassinat lâche, honteux, odieux et immoral ! En attendant le jour où toute la vérité va éclater sur la responsabilité des puissances occidentales et de leurs valets du CNT dans cet assassinat, il y a lieu dès maintenant de commencer à s’interroger sur les conséquences que le mort de Mouammar Kadhafi aura forcément sur l’avenir de la Libye elle-même et celui de l’Afrique de façon générale.
Pour la Libye, rien ne sera plus comme avant. La belle stabilité sociale et politique que le pays a connue durant le règne du défunt Guide va laisser la place à une guerre civile et à une perte totale de l’autorité de l’Etat. En effet, les rivalités tribales, que Mouammar Kadhafi a réussi à taire, vont désormais se manifester au grand jour. On sait déjà que des sérieuses divergences opposent les dirigeants du CNT depuis que leurs troupes sont entrées dans Tripoli. Aujourd’hui que le pouvoir leur est totalement revenu, le malaise va certainement s’approfondir.
A cela il faut ajouter la logique de vengeance à laquelle va certainement faire recours la tribu de l’ancien Guide Kadhafi. On va certainement assister à une situation comme celle de l’Irak où l’assassinat – tout aussi honteux et lâche – de Saddam Hussein n’a pas permis au pays de retrouver le bonheur promis par les Occidentaux. Mais là où les Libyens vont certainement regretter la guerre dans laquelle la France, les Etats-Unis d’Amérique et la Grande Bretagne les ont poussés, c’est sur le plan social.
En effet, on peut sans risque de se tromper que la Libye ne sera plus désormais ce seul pays unique au monde où les citoyens ne paient pas l’impôt et accèdent gratuitement aux soins de santé et à l’éducation. Ce pays unique au monde où l’Etat subventionne les mariages et offre un toit à chaque famille. Tout cela est terminé !
Tout comme nous autres pauvres nigériens, les Libyens vont désormais apprendre à vivre selon les politiques néolibérales et hautement antisociales des Institutions de Bretton woods, notamment la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Selon une dépêche de France 24, une mission du FMI sera en Libye dès le mois novembre prochain, pour certainement donner des directives aux nouveaux maîtres de Tripoli sur la façon dont ils doivent gérer les finances publiques libyennes. De leur côté les puissances ayant appuyé le CNT à chasser Kadhafi de Tripoli vont mettre le pétrole libyen sous coupe réglée.
Dans au plus tard deux ans, ceux qui auront la chance de vivre sur cette terre entendront, pour la première fois, des fonctionnaires libyens en train de grever pour protester contre le non payement des salaires ou voir des libyens dans les rues de Niamey en train de mendier pour manger. Il est vrai qu’une poignée de Libyens qui seront à la solde des puissances occidentales trouveront suffisamment à boire et à manger et pourront boire leur bière et caresser des femmes dans n’importe quelle rue de Tripoli, mais la grande masse regrettera beaucoup la période où la Libye était dirigée par un certain Mouammar Kadhafi.
Pour l’Afrique, la mort de Kadhafi présente de nombreuses conséquences dont certaines ont déjà commencé à être ressenties dans beaucoup de pays. C’est le cas de ce retour massif de nombreux noirs africains dans leurs pays parce que la Libye a cessé d’être cette terre d’hospitalité que Kadhafi a voulu qu’elle soit en créant les conditions pour que les ressortissants des autres pays africains y vivent et travaillent sans être inquiétés, tant qu’ils faisaient l’effort de respecter les lois et règlements du pays.
Tout le monde a vu comment les rebelles du CNT se sont pris aux noirs africains sous le fallacieux prétexte qu’ils étaient des mercenaires au service de Kadhafi. Aujourd’hui encore, ils sont des milliers ces Africains qui sont détenus par le CNT dans des conditions qui ne respectent aucun principe des droits de l’homme.
L’Afrique doit surtout pleurer la mort de Kadhafi parce que c’est lui qui s’est battu pour poursuivre le travail entamé par des héros comme Kwame N’Krumah et Patrice Lumumba pour défendre son honneur et sa dignité vis-à-vis de l’impérialisme occidental. Quelle que soit la forme sous laquelle ses détracteurs veulent le présenter, feu Kadhafi fut un digne fils de l’Afrique auquel bien de jeunes aiment s’identifier. Si ses pairs n’avaient pas été suffisamment lâches, il aurait depuis longtemps fini de bâtir un Etat africain à l’image des Etats-Unis d’Amérique et de l’Union Européenne qui veulent aujourd’hui jouer aux gendarmes du monde.
Source: journal la Griffe
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